Besoin de reconnaissance ?

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Virgil21
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Besoin de reconnaissance ?

Message par Virgil21 » 02 sept. 2019, 14:23

Hello hello,
Sujet de philo aujourd'hui pour aborder un petit sujet : Le "besoin de reconnaissance".

Ce qui viens en tête lorsqu'on évoque ce terme c'est le besoin d'être "visible", de compter aux yeux d'autrui (individu/ groupes).
Consciemment ou non, on cherche à ce que notre personnalité soit perçue,acceptée, apprécié ou aimer.
Besoin ou désir? On peut résumer la nuance avec les termes "nécessité de"et "envie de". Il m'est nécessaire d'être accepté pour être bien, et j'ai envie d'être plus apprécié pour me sentir mieux.

J'ai "besoin" d'amis pour avoir plus... confiance en moi par exemple. J'ai besoin d'avoir cette confiance pour mon équilibre, ma constitution.
Pour le désir on peut prendre celui qui s'exprime à travers les conventions sociales. Se traduisant par la bienveillance que l'on essais d'avoir pour autrui par exemple . "Agis avec l'autre comme tu souhaite qu'il agisse avec toi".

Dans le cas du couple il est je pense commun de désirer être aimer d'une façon similaire à la sienne (consciemment ou non) .
Par exemple si X aime Y pour ses défauts. Il attendra surement que Y l'aime aussi pour ses propres défauts. Je prends cet exemple car le dicton veux "qu'on apprécient les gens pour leur qualités et qu'on les aiment pour leurs défauts".

Bon après la notion de "réciproque " est peut être moins une constante qu'une tendance générale. Ce n'est qu'un exemple, il y a de fortes nuances dans les besoins, les désirs qui s'expriment dans tous le spectre entre relations amicales et relations amoureuses (sans parler de l'amour filiale, si complexe qu'on va le laisser de coté).

Bref ce besoin et ce désir de reconnaissance, dont la notion de réciprocité peut découler à pourtant un moteur pour le moins paradoxal.
En particulier de nos jours. Ce moteur étant de mon point de vu l'égo.
Je ne vais pas développer ici tous ce qu'on peut lui mettre sur le dos (en bien ou mal) mais j'aimerais explorer quelques liens entre Désir de reconnaissance, Sociabilisation et comment l'Asexualité" peu trouver une place. Oui au fait je vais favoriser la notion de "désir" par commodité.

Petit schéma :

Image

1)
Sur le schéma j'ai voulu souligner l'interdépendance entre Désir de reconnaissance et sociabilité. Ils s'alimentent l'un l'autre. L'ego en profite plus ou moins directement et des process tels que la réciprocité sont à la fois outils sociaux et recompense du désir.

Maintenant imaginons que l'égo d'une personne soit si dense, si fort que cela provoque chez elle un désir de reconnaissance disproportionné. Gargantuesque. On imagine bien que cela nuirait à sa sociabilsation car des mécanismes tels que la réciproque du respect pourraient sauter.
La question qui en découle serait : peut-on demander à quelqu'un de comprendre une orientation différente de la sienne (comme l'asexualité) à partir du moment ou cette personne n'arrive pas ou plus à admettre des règles basiques de sociabilisation générales?
Si son égo handicap plus ou moins lourdement sa conscience (on suppose qui lui en reste^^).

2)
En partant du principe que l'homme est un animal sociable, on peut avancer que sa pulsion de vie est en rapport avec ses congénères non?
Ne dit-on pas que tout ce que l'on fait, on le fait pour les autres? Que nombre de personnes "vivent pour les autres"? Ou qu'au bout du compte nous serons réduit à ce que les autres jugerons de nos actes?
Imaginons cette fois à l'inverse une personne n'ayant pas ou très peu d'égo. Et qu'elle ne soit pas forcément "réceptive" à ce désir de reconnaissance. Que ce désir ne lui soit pas, peu familier et/ou qu'elle mène une vie solitaire par exemple.
Les gens plus sociaux (pas forcement dans les normes) trouverons peut être qu'elle est égoiste. Qu'elle ne voudra pas entendre ou ne pourras pas comprendre leurs problématique. D'autant plus si c'est une orientation sexuelle hors des normes. J'entends par là que les minorités n'arrivent pas nécessairement à s'admettent entre elles (même hors religions).

3)
Disons maintenant qu'une personne asexuelle avec un égo "normal", ait un désir de reconnaissance auprès de la population générale.
Elle sait que son orientation va/risque de l'ostraciser ce qui affecte "en amont" son désir.
Avec des répercussions probables (comme la frustration) sur son égo, comme sur sa capacité à sociabiliser (vouloir et pouvoir). Je ne cherche pas a dire que l'anticipation du rejet engendre le rejet. Je veux juste souligner que l'égo est capable de toujours plus s'auto-complexifié, que les impacts sortants soient positifs ou négatifs.

Pour décortiquer les "négatifs" de ce cas précis on pourrait dire que la sociabilisation passe par tout un usage de codes (plus ou moins modernes). Que la sexualité au bout du compte n'est qu'un code. Le problème c'est que ce code n'est pas comme les autres et qu'il porte une symbolique très forte (trop forte?).
J'ai parfois l'impression que les gens considèrent instinctivement cette absence de gout pour le sexe comme une absence inadmissible de "codage". Que quelque chose de viscérale empêche leur esprit d'admettre voir supporter le "code Ace" (au-dela de l'absence de signes spécifiques extérieurs).
Et que si ils peuvent "admettre" ou tolérer le code Abstinent ils le font surtout via l'optique religieuse.

Je sais pas si le temps pourras faire entrer le code Ace dans les esprits. Si on parle solution peut être qu'en attendant il faut essayer de maitriser son désir de reconnaissance (anticiper les déconvenues par exp) ou le combler par le biais d'autre "codes".
Comme des supports indirectes. "- Oh tu aime mon oeuvre? Si elle est aussi réussie c'est que je n'ai pas de pulsions sexuelles parasites et que je ne perds pas de temps à souiller et laver mes draps moi.." :P
Il est souvent bon ou plus simple aussi d'utiliser les outils et cellules communautaires (pour préserver les besoins et désirs) tout en accompagnant une certaine médiatisation en parallèle. Si les étendards du courage et de l'espoir ne sont pas trop lourd à porter/assumer.

4)
Et si on partais du principe que l'homme n'est pas "naturellement" ou pas complètement un animal sociable?
Devrait-on considérer le désir de reconnaissance comme un véritable désir profonds? Ou comme un "outil nécessaire" a la sociabilisation ?
Un "désir fabriqué", conditionné par l'évolution pour mieux faire collaborer l'espèce. Un désir mirage étant moins là pour conforter l'égo que pour lui faire admettre implicitement que sa survie dépends de la bonne santé de l'égo des autres?
Serions nous tous tels des nourrissons, à la foi égoistes et incapables de survivre sans les autres tant d'un point de vu technique que psychique?

La pour le coup ce serait peut être plus corsé d'aller expliquer à un S, peut importe son niveau d'égo, que la survie de l'espèce passe par le salut des Ace qui n'éprouvent pas naturellement le besoin, le désir ou le plaisir à se reproduire. Enfin il faudra de bons profs quoi! :wink:
Plus sérieusement si ce désir était vraiment un mirage il induirait des répercussions sur des piliers psychiques tels que l'amour, obligeant à des méditations un peu moins poétiques qu'a l'accoutumé sur les attraits/objectifs de la vie.

Pour "recadrer " un peu les choses je vais finir en reposant les questions de bases m'ayant amenées à ce thème de la reconnaissance :
La sociabilité est elle une chose inéluctable?
Peut on vivre "naturellement" sans les autres (sans leurs regards, besoins, désirs)?
Le désir de reconnaissance serait il issu d'une pulsion de vie qui nous pousse/force à croire qu' Etre c'est exister aux yeux d'autrui?, que ce soit d'une manière directe ou indirecte..?


Voilà tout ça reste sur des hypothèses subjectives et le Sujet est surtout destiné à la réflexion. Je n'ai fais que certains recoupements, il en autorise d'autres ainsi que le débat. Les questions de philo appellent généralement toujours plus de questions et les réponses éventuelles sont souvent subjectives. Et puis comme dirait l'autre : je doute de tout sauf de la nécessité d'user de mon doute. :)
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Re: Besoin de reconnaissance ?

Message par Grignoteuse de bouquins » 02 sept. 2019, 19:58

Merci pour ce sujet très intéressant ! :D
Je vais essayer de répondrez a toutes les questions mais ce n'est pas garanti ^^

1) Peut-on demander a quelqu'un de comprendre une orientation sexuelle différente de la nôtre :

Je pense que ça dépend ce que tu veux dire par comprendre : on peut demander a n'importe qui un peu ouvert d'esprit de respecter n'importe quelle orientation sexuelle . La comprendre , même si on est ouvert d'esprit , c'est pas donné a tout le monde . Par exemple , je comprend le "principe" de l'hétérosexualité , qui est d'être attiré sexuellement par le genre/sexe opposé . Mais je ne comprend pas comment on peut avoir une attirance sexuelle pour le genre opposé , et ça s'applique a n'importe quelle orientation sexuelle autre que la mienne : le concept d'attirance sexuelle ou de désir m'échappe totalement . Dans le principe ça reste très flou pour moi , je ne vois pas comment c'est possible . Mais ça ne veut pas dire que je ne comprends pas ce que c'est . Je comprend au niveau de la définition : pas au niveau "empathique" de la compréhension .

2) On peut partir du principe qu'on fait pas mal de choses pour les autres , déjà le fait de travailler et d'avoir un métier est d'être au service de la société non ?
Je ne pense pas que l'égo et le désir de reconnaissance soient liés : ca peut , mais pas obligatoirement de mon point de vue. Quelqu'un peut avoir beaucoup d'égo ou de confiance en soi et justement pour ça ne pas avoir besoin de reconnaissance . Ou alors avoir besoin de reconnaissance justement parce que la confiance en soi n'est pas forcément très développée . Mais je pense que l'égo et la confiance en soi sont deux choses différentes encore une fois : la confiance en soi va permettre par exemple d'avoir du courage , l'égo d'être vexé , d'avoir de l'orgueil . Peut être que je me plante , mais a mon sens l'égo est quelque chose qui amène plus de choses négatives que positives. Est ce que le fait de ne pas avoir beaucoup d'égo influe sur la confiance en soi , est ce que l'inverse est possible ?

4) C'est de ce principe que je pars : tous les humains ne sont pas sociables , et je n'aime pas cette phrase qui est une généralisation très grossière je trouve. Le désir de reconnaissance vient pour moi de l'environnement dans lequel on a vécu , des traits de personnalité qu'on a : si on a très peu de confiance en soi , pour booster tout ça , certaines personnes vont apprécier qu'on les rassures ect , qu'on reconnaisse leurs qualités , leurs défaut . Mais d'autres personnes n'auront pas forcément besoin de ce désir de reconnaissance , simplement car elles font les choses pour elles et ne vivent pas pour les autres , n'ont pas besoin qu'on vienne mettre le nez dans leurs affaires , et les deux existent , c'est pour ça que je trouve que le "l'humain est un animal sociable" est une phrase que je déteste.

Sinon , peut on vivre sans les autres : Dans une certaine mesure . Si on vit en ville , qu'on travaille , on se met au service de la société et on respecte des lois . Si on a besoin d'aide , on vis avec les autres . Mais avoir besoin de leur approbation pour porter ce vernis ou par rapport a l'orientation sexuelle , je pense que la ça deviens problematique . Par exemple , je n'ai pas besoin que mes parents approuvent mon asexualité , je m'en fiche total . Dans ce cas là , je n'ai pas besoin de leur approbation . On peut vivre sans forcément attendre énormément de choses des autres . Mais je dirais qu'à part si on est un ermite qui vit dans le maquis , on ne peut pas vivre sans les autres :lol:
Je ne pense pas qu'Être c'est exister aux yeux d'autrui , donc pour moi ça ne tient pas. On est là rien que par notre existence . Et le désir de reconnaissance est différent chez tout le monde , donc généraliser quelque chose comme ça serait beaucoup trop compliqué. J'imagine que chacun a ses raisons ^^ .
Pour terminer , je pense que quand on fait partie de minorités , on a à un moment où un autre besoin de se renseigner , peut être même de parler , donc d'une certaine manière de sociabiliser . A part si parler aux gens par écrit est extrêmement compliqué , je pense que c'est quelque chose qui revient souvent , le fait d'avour besoin d'être dans un endroit où les gens nous comprennent plus ou moins.
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Re: Besoin de reconnaissance ?

Message par clotaire » 03 sept. 2019, 14:16

Merci Virgil21 pour ces éléments qui sont de nature à aider la réflexion de chacun en matière d'introspection personnelle ;-)

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Re: Besoin de reconnaissance ?

Message par fiffi » 04 sept. 2019, 00:07

Virgil , ton post m' amène une réflexion , à savoir , ne sommes nous pas dans un cercle en tant que minorité ?

je désire vivre selon ma nature sans m' occuper de l' opinion des autres .
Je dois aussi me nourrir , me loger , me vêtir , etc. ; j' ai donc besoin d' argent pour subvenir à mes besoins et pour cela travailler . Ces considérations peu philosophique me force à changer plus ou moins mon comportement naturel . Pour garder mon job , je dois adopter certains codes , ceux de l' entreprise notamment et ne pas passer pour un " original " .

J' ai donc une nécessité de reconnaissance des autres même si je me moque de leur opinion . Je ne leur dirais pas que je suis asexuel . Si je tais mon asexualité , ils ne pourront pas connaitre les codes Ace et ne reconnaitront pas ma vrai nature . Je me suis enfermé tout seul dans un cercle .

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Re: Besoin de reconnaissance ?

Message par Cosmic Sea » 16 sept. 2019, 10:17

Pour moi, le désir de reconnaissance n'est rien de plus qu'un avatar, la manifestation d'une impulsion biologique primordiale modelée à son tour par la sélection naturelle ayant abouti au modèle organique qu'est l'animal social. S'en affranchir demanderait un saut évolutif ou un fait de civilisation, voire de transhumanisme. Est-ce désirable ? Est-ce trop idéaliste ? Faut-il rester matérialiste ? Faut-il rester humain et accepter des raccourcis/vecteurs/émotions qui finissent par devenir des finalités et dont le prix se paie invariablement en biais et travers ? Chacun son avis sur la question.

Je choisis délibérément la voie d'un idéalisme naïf pour arriver à un autre type de conclusion : faut-il comprendre pour accepter ? Sachant que la connaissance est trop souvent détournée de sa fonction première, et dépouillée de toute considération éthique, pour ne finalement devenir qu'un moyen pour s'approprier ou manipuler. Se foutre royalement de quelque chose qui a simplement été identifié comme n'étant pas une menace, sans avoir aucune véritable idée du comment ni pourquoi, mais l'accepter et le respecter quand même, n'est-ce pas suffisant ? Et donc par extension : pourquoi faudrait-il se justifier d'être asexuel, d'avoir les yeux verts, ou de ne pas aimer les épinards ?

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