La découverte de mon asexualité
- Walther
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Re: La découverte de mon asexualité
Tu as raison, j'ai aussi plusieurs amis homme avec qui j'échange pas mal, mais ça reste des hommes, c'est pas pareil qu'avec une femme, on a pas les mêmes discussions, ni forcément le même niveau d'intimité.Baelfire a écrit : 30 janv. 2026, 11:18 C'est pas grave que ce ne soit que des hommes. Ce qui est important c'est de créer des relations.
Je sais pas pourquoi, mais je préfère toujours les femmes comme médecin, j'ai beaucoup moins de problèmes de parler de choses même intime.
Quand j'ai été opéré il y a 3ans, j'avais le choix entre quatre chirurgiens, j'ai choisi la seule femme, juste par ce que c'était une femme.
J'ai travaillé dans le passé dans des équipes mixte, environs 50/50 homme/femme, et aussi dans des équipes uniquement masculine, j'ai vraiment pas aimé, c'est la foire à la surenchère.
Vive la Reine!
- clotaire
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Re: La découverte de mon asexualité
Pour ma part je suis actuellement dans un milieu pro où les femmes sont globalement majoritaires (cela n'a pas toujours été le cas), et il m'arrive d'être le seul homme dans une réunion ou un groupe de travail. Cela ne m'a jamais dérangé. A l'inverse quand il n'y a que des hommes dans un groupe, je ressens le manque de diversité. Globalement j'ai besoin d'avoir les deux. Mais je comprends que pour certaines personnes, c'est plus difficile et il faut savoir le respecter aussi...
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Martin2
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Re: La découverte de mon asexualité
Je suis à la fois d'accord avec Walther et Baelfire. Je m'entends bien avec les hommes, que ce soit dans ma famille ou avec mes collègues, même s'ils sont S et pas très ouverts aux alternatives, et ça me fait du bien de passer du temps avec eux, de rigoler.
Mais ce n'est pas pareil que les relations avec les femmes. Avec ma meilleure amie à l'université, on parlait vraiment de tout et n'importe quoi, on rigolait d'un rien, on était vraiment comme deux enfants. Il n'y avait aucune ambiguïté et je suis d'accord que ce type de relations n'est pas une question de genre. C'est juste que les sujets de discussion et les préoccupations ne sont pas les mêmes. La question de la sexualité n'est jamais sur la table avec les femmes qu'on ne connait pas intimement et ça fait du bien. On peut se concentrer sur l'aspect intellectuel, cérébral plus facilement. A l'inverse, il y a toujours une forme de concurrence ou de comparaison avec d'autres hommes, même inconsciemment.
Comme Walther, je préfère consulter des femmes. Mes psychothérapeutes étaient des femmes et je n'avais aucun mal à parler de choses très intimes. Je fais des massages de temps en temps et pareil, je ne peux le faire qu'avec une femme. Je n'aime pas quand un homme me touche, même dans le milieu médical. J'ai une connaissance ostéo qui aurait pu me prendre, mais j'ai préféré sa collègue. J'ai besoin de cette douceur, à la fois dans le toucher et dans les mots, que je ne ressens pas chez les hommes.
Comme toi Clotaire, je préfère être le seul homme dans un groupe de femmes, qu'être noyé dans un groupe d'hommes. On se sent un peu plus... unique, disons, et on se sent moins "menacé", physiquement ou dans les mots. Bon, si je n'étais qu'avec des femmes de mon âge, j'aurais un certain malaise, dans le sens où je pourrais me faire draguer par l'une d'entre elles
ça ne me dérange pas, au fond, mais ça me met une pression, je me sens au centre de l'attention de quelqu'un. C'est souvent rare, voir impossible que ce soit réciproque et je n'aime pas blesser les gens, je l'ai déjà fait plusieurs fois plus jeune
C'est bête parce que je recherche l'intimité émotionnelle avec une femme...
Mais ce n'est pas pareil que les relations avec les femmes. Avec ma meilleure amie à l'université, on parlait vraiment de tout et n'importe quoi, on rigolait d'un rien, on était vraiment comme deux enfants. Il n'y avait aucune ambiguïté et je suis d'accord que ce type de relations n'est pas une question de genre. C'est juste que les sujets de discussion et les préoccupations ne sont pas les mêmes. La question de la sexualité n'est jamais sur la table avec les femmes qu'on ne connait pas intimement et ça fait du bien. On peut se concentrer sur l'aspect intellectuel, cérébral plus facilement. A l'inverse, il y a toujours une forme de concurrence ou de comparaison avec d'autres hommes, même inconsciemment.
Comme Walther, je préfère consulter des femmes. Mes psychothérapeutes étaient des femmes et je n'avais aucun mal à parler de choses très intimes. Je fais des massages de temps en temps et pareil, je ne peux le faire qu'avec une femme. Je n'aime pas quand un homme me touche, même dans le milieu médical. J'ai une connaissance ostéo qui aurait pu me prendre, mais j'ai préféré sa collègue. J'ai besoin de cette douceur, à la fois dans le toucher et dans les mots, que je ne ressens pas chez les hommes.
Comme toi Clotaire, je préfère être le seul homme dans un groupe de femmes, qu'être noyé dans un groupe d'hommes. On se sent un peu plus... unique, disons, et on se sent moins "menacé", physiquement ou dans les mots. Bon, si je n'étais qu'avec des femmes de mon âge, j'aurais un certain malaise, dans le sens où je pourrais me faire draguer par l'une d'entre elles
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Re: La découverte de mon asexualité
Pour ma part, je n'ai pas vraiment de préférence homme / femme.
J'ai connu des femmes gentilles, sensibles et compréhensives. J'ai connu des harceleuses et des garces manipulatrices.
J'ai connu des hommes sensibles qui se faisaient parfois marcher dessus. J'ai connu des harceleurs et des ambitieux prêts à trahir leur meilleur ami pour une promotion.
Par contre, je pense que si on a "homme isolé dans un groupe de femmes" ou "femme isolée dans un groupe d'hommes", on peut avoir un phénomène peut-être emprunt de séduction latente (je n'ai jamais compris en fait) qui fait que "l'élément isolé" est choyé.
On peut aussi avoir l'inverse et voir "l'élément isolé" se faire bouffer tout cru.
J'ai connu des femmes gentilles, sensibles et compréhensives. J'ai connu des harceleuses et des garces manipulatrices.
J'ai connu des hommes sensibles qui se faisaient parfois marcher dessus. J'ai connu des harceleurs et des ambitieux prêts à trahir leur meilleur ami pour une promotion.
Par contre, je pense que si on a "homme isolé dans un groupe de femmes" ou "femme isolée dans un groupe d'hommes", on peut avoir un phénomène peut-être emprunt de séduction latente (je n'ai jamais compris en fait) qui fait que "l'élément isolé" est choyé.
On peut aussi avoir l'inverse et voir "l'élément isolé" se faire bouffer tout cru.
- Fabienne
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Re: La découverte de mon asexualité
D’un point de vue relationnel, aller prendre un café ou plus, je préfère largement les femmes. Il n’y a pas d'ambiguïté, la discussion en est plus libre. Maintenant, il y a des pestes, d’une saveur très particulière par rapport aux hommes.
Médical. Cela dépend. Je choisis souvent des femmes. Osteo, hommes , leur poigne est plus ferme. Il y a, d'ailleurs, peu de femmes dans ce métier...
Groupes. Au yoga, à la danse, les hommes sont peu nombreux. Ils sont choyés par le/ la professeur ( e). J’aime qu’il y en ait un bon nombre, cela change l’énergie du groupe.
Au karaté, les femmes sont peu nombreuses. Elles se font souvent bouffer. Il y a beaucoup de machos. Mais travailler à deux avec une femme au karaté, c'est souvent pire qu'avec un homme. C’est la grande foire de la chipie arrogante et agressive.
Globalement, j’aime les hommes ou les femmes gentil-l-e-s. Ce n’est pas un scoop. Mais c’est une denrée très rare.
Définir ce qu’est la gentillesse... ça pourrait faire tout un topic.
Médical. Cela dépend. Je choisis souvent des femmes. Osteo, hommes , leur poigne est plus ferme. Il y a, d'ailleurs, peu de femmes dans ce métier...
Groupes. Au yoga, à la danse, les hommes sont peu nombreux. Ils sont choyés par le/ la professeur ( e). J’aime qu’il y en ait un bon nombre, cela change l’énergie du groupe.
Au karaté, les femmes sont peu nombreuses. Elles se font souvent bouffer. Il y a beaucoup de machos. Mais travailler à deux avec une femme au karaté, c'est souvent pire qu'avec un homme. C’est la grande foire de la chipie arrogante et agressive.
Globalement, j’aime les hommes ou les femmes gentil-l-e-s. Ce n’est pas un scoop. Mais c’est une denrée très rare.
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Re: La découverte de mon asexualité
Le mieux c'est d'avoir de tout dans ses relations. C'est comme ça qu'on apprend plein de choses. Mais commencer par quelques personnes c'est déjà bien. C'est juste le début.
Pour ma part j'ai pas d'à priori homme/femme/autre amicalement. A partir du moment où une personne est intéressante et dégage une aura sympa je me fiche pas mal de son genre. Si il y a une chose que j'ai appris c'est que les clichés spécifiques aux genres ont rarement lieu d'être. A notre époque en tout cas.
Pour ma part j'ai pas d'à priori homme/femme/autre amicalement. A partir du moment où une personne est intéressante et dégage une aura sympa je me fiche pas mal de son genre. Si il y a une chose que j'ai appris c'est que les clichés spécifiques aux genres ont rarement lieu d'être. A notre époque en tout cas.
Dernière modification par Baelfire le 01 févr. 2026, 20:12, modifié 1 fois.
- clemclementine
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Re: La découverte de mon asexualité
Je suis d'accord avec Baelfire. J'ai du mal à réfléchir en termes de femmes/hommes. Il y a tellement d'autres paramètres. Je préfère ne pas essentialiser les caractéristiques. Je trouve que la question de l'âge joue aussi beaucoup : être ami avec des gens plus jeunes ou plus âgés contribue à la diversité des relations. Des gens qui viennent de la ville, de la campagne, qui viennent de France ou d'ailleurs, qui exercent un métier plus manuel ou plus de bureau. Bref, toute la diversité est bonne à prendre. Mais ce n'est pas toujours facile car on est vite pris dans des bulles.
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Martin2
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Re: La découverte de mon asexualité
Je réfléchis depuis quelques temps à mon possible aromantisme. Je pensais être tombé follement amoureux plusieurs fois dans ma vie, mais ce n'était que de la limérence, donc tout l'inverse. En dehors de ça, que reste-t-il? Pas grand-chose, si ce n'est rien.
J'ai apprécié des personnes, avec qui j'ai passé beaucoup de temps pendant mon cursus scolaire. C'étaient des amis, mais ça n'allait jamais plus loin. Il ne se passait rien en dehors du cadre scolaire, dans l'intimité émotionnelle ou dans le toucher physique... Et je ne cherchais pas, consciemment ou inconsciemment, à aller plus loin. Il faut dire que jusqu'à la fin des mes études (à 23 ans) je savais que je ne restais dans une ville ou une région que provisoirement, parce que je déménageais régulièrement à cause de la profession de mon père.
J'ai un attachement évitant, et je suis ultra-indépendant sur tous les domaines de la vie, c'est une certitude, et depuis longtemps maintenant. Je ne m'attache à personne. Je ne suis même pas attaché à mes parents, ma sœur, ou mes proches. Vers mes 10 ans j'ai même dit à ma mère d'arrêter de m'embrasser pendant le coucher. Je ne ressentais déjà plus rien, c'était déjà une gêne. Toute ma vie, j'ai dû me séparer (géographiquement parlant) de personnes avec qui j'avais tissé un certain lien, et puis une fois ce lien rompu, il était définitivement rompu, sans trop de regrets ni retour en arrière, ni nostalgie, ni manque.
Aujourd'hui, j'ai des relations sociales classiques, avec mes proches que je vois régulièrement, ou quelques amis ou connaissances, sans pour autant avoir de vraie connexion émotionnelle ou physique. Il est clair que je suis coupé de tout, mais sans savoir si ça me plait ou non. D'un côté, je ressens un certain confort dans mon célibat et le fait que je vois peu de personnes au quotidien. Je me sens nul socialement parlant, j'ai peu confiance en moi, je me fatigue vite au contact des autres (introversion), je veux être libre de toute responsabilité, toute pression. J'ai essayé d'avoir un chat à la maison. Au 5ème jour j'ai pleuré pendant une demi-heure parce qu'il bouleversait mon quotidien. J'étais toujours sur mes gardes, à le surveiller, et je me forçais à lui faire des caresses. Ça m'agaçait quand il montait sur certains meubles, bref, je suis seul chez moi, le reste c'est dehors, même les humains, et c'est très bien.
J'essaie de m'imaginer dans une relation amoureuse et mon système nerveux se met en panique totale dès le moindre toucher, même deux mains qui se frôlent. J'ai un énorme pic de stress, le fight or flight qui me paralyse. Je me sens vraiment gêné dans l'intimité. Je ne sais pas où me mettre, quoi faire... Se tenir la main, dire des mots doux, embrasser, se câliner, offrir des cadeaux... tout ceci m'est totalement étranger, je n'ai pas les codes. Pour moi, les gens font semblants, comme des acteurs, y a rien de sincère. Je ne l'ai jamais fait et je n'arrive pas à m'imaginer à le faire de façon sérieuse. C'est comme les câlins avec le chat, je le faisais surtout pour le rassurer au début, puis le calmer ensuite, mais de mon côté je ne ressentais rien du tout, je trouvais que je perdais mon temps. Je vois la vie de couple des autres et je me sens comme un étranger à côté. Je ne comprends pas. Je n'ai jamais compris. Comme la sexualité, j'aime bien le concept, mais ce n'est pas pour moi, on dirait. C'est comme si je devais me forcer à devenir quelqu'un d'autre. Il y a tout de même une exception avec les enfants de mes cousins. Je suis le "tonton rigolo" et on fait souvent les idiots ensemble, et parfois ils demandent des câlins ou se collent à moi. C'est agréable, bien sûr, mais je ne ressens rien en particulier. Après quelques minutes, j'ai eu ma dose et je peux m'en passer pendant 2 mois. Je m'en suis même passé pendant des années. Disons que quand ça arrive, ça ne rend pas ma vie plus gaie, plus rose.
Dans ce monde où tout est sexualisé et romantisé, peut-être est-ce là pourquoi je ne veux pas me lier d'amitié avec les autres. Déjà parce que je n'en ressens pas le besoin, ou je n'ai plus envie de faire d'efforts pour les perdre à nouveau, ou je ne sais pas (plus) comment faire, ou je suis habitué à être solitaire, je sais pas, peut-être un mélange de tout. Et puis ça me gêne d'arriver dans l'intimité sans le vouloir et devoir mettre un stop à la personne en face. Ça m'est déjà arrivé et c'est nul. Et même si j'espère secrètement me rapprocher d'une quelconque personne, si c'est réciproque je vais me mettre à paniquer et à vouloir fuir. De l'autre côté, comme je le disais la semaine dernière, ça me rend malheureux, par moments, de voir les autres dans des liens forts, et moi tout seul. Je ne sais pas trop quoi faire, sur quel pied danser, et c'est ce qui me déchire ces derniers temps.
J'ai apprécié des personnes, avec qui j'ai passé beaucoup de temps pendant mon cursus scolaire. C'étaient des amis, mais ça n'allait jamais plus loin. Il ne se passait rien en dehors du cadre scolaire, dans l'intimité émotionnelle ou dans le toucher physique... Et je ne cherchais pas, consciemment ou inconsciemment, à aller plus loin. Il faut dire que jusqu'à la fin des mes études (à 23 ans) je savais que je ne restais dans une ville ou une région que provisoirement, parce que je déménageais régulièrement à cause de la profession de mon père.
J'ai un attachement évitant, et je suis ultra-indépendant sur tous les domaines de la vie, c'est une certitude, et depuis longtemps maintenant. Je ne m'attache à personne. Je ne suis même pas attaché à mes parents, ma sœur, ou mes proches. Vers mes 10 ans j'ai même dit à ma mère d'arrêter de m'embrasser pendant le coucher. Je ne ressentais déjà plus rien, c'était déjà une gêne. Toute ma vie, j'ai dû me séparer (géographiquement parlant) de personnes avec qui j'avais tissé un certain lien, et puis une fois ce lien rompu, il était définitivement rompu, sans trop de regrets ni retour en arrière, ni nostalgie, ni manque.
Aujourd'hui, j'ai des relations sociales classiques, avec mes proches que je vois régulièrement, ou quelques amis ou connaissances, sans pour autant avoir de vraie connexion émotionnelle ou physique. Il est clair que je suis coupé de tout, mais sans savoir si ça me plait ou non. D'un côté, je ressens un certain confort dans mon célibat et le fait que je vois peu de personnes au quotidien. Je me sens nul socialement parlant, j'ai peu confiance en moi, je me fatigue vite au contact des autres (introversion), je veux être libre de toute responsabilité, toute pression. J'ai essayé d'avoir un chat à la maison. Au 5ème jour j'ai pleuré pendant une demi-heure parce qu'il bouleversait mon quotidien. J'étais toujours sur mes gardes, à le surveiller, et je me forçais à lui faire des caresses. Ça m'agaçait quand il montait sur certains meubles, bref, je suis seul chez moi, le reste c'est dehors, même les humains, et c'est très bien.
J'essaie de m'imaginer dans une relation amoureuse et mon système nerveux se met en panique totale dès le moindre toucher, même deux mains qui se frôlent. J'ai un énorme pic de stress, le fight or flight qui me paralyse. Je me sens vraiment gêné dans l'intimité. Je ne sais pas où me mettre, quoi faire... Se tenir la main, dire des mots doux, embrasser, se câliner, offrir des cadeaux... tout ceci m'est totalement étranger, je n'ai pas les codes. Pour moi, les gens font semblants, comme des acteurs, y a rien de sincère. Je ne l'ai jamais fait et je n'arrive pas à m'imaginer à le faire de façon sérieuse. C'est comme les câlins avec le chat, je le faisais surtout pour le rassurer au début, puis le calmer ensuite, mais de mon côté je ne ressentais rien du tout, je trouvais que je perdais mon temps. Je vois la vie de couple des autres et je me sens comme un étranger à côté. Je ne comprends pas. Je n'ai jamais compris. Comme la sexualité, j'aime bien le concept, mais ce n'est pas pour moi, on dirait. C'est comme si je devais me forcer à devenir quelqu'un d'autre. Il y a tout de même une exception avec les enfants de mes cousins. Je suis le "tonton rigolo" et on fait souvent les idiots ensemble, et parfois ils demandent des câlins ou se collent à moi. C'est agréable, bien sûr, mais je ne ressens rien en particulier. Après quelques minutes, j'ai eu ma dose et je peux m'en passer pendant 2 mois. Je m'en suis même passé pendant des années. Disons que quand ça arrive, ça ne rend pas ma vie plus gaie, plus rose.
Dans ce monde où tout est sexualisé et romantisé, peut-être est-ce là pourquoi je ne veux pas me lier d'amitié avec les autres. Déjà parce que je n'en ressens pas le besoin, ou je n'ai plus envie de faire d'efforts pour les perdre à nouveau, ou je ne sais pas (plus) comment faire, ou je suis habitué à être solitaire, je sais pas, peut-être un mélange de tout. Et puis ça me gêne d'arriver dans l'intimité sans le vouloir et devoir mettre un stop à la personne en face. Ça m'est déjà arrivé et c'est nul. Et même si j'espère secrètement me rapprocher d'une quelconque personne, si c'est réciproque je vais me mettre à paniquer et à vouloir fuir. De l'autre côté, comme je le disais la semaine dernière, ça me rend malheureux, par moments, de voir les autres dans des liens forts, et moi tout seul. Je ne sais pas trop quoi faire, sur quel pied danser, et c'est ce qui me déchire ces derniers temps.
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Re: La découverte de mon asexualité
Merci Martin pour ton partage. J'ai lu ton message avec attention. Je trouve que c'est difficile de répondre...
Il y a des personnes qui ont besoin de très peu de contacts avec les autres. D'autres qui ont un besoin irrépressible d'être sans cesse entourés.
Dans les deux cas, il est de toute façon fondamental de savoir être à l'aise avec soi-même, et de ne pas chercher à se comparer à autrui.
Je crois que je vais redire ce que je disais dans mon message précédent. S'il y a des points sur lesquels tu veux travailler (gagner en confiance, être plus à l'aise avec l'intimité etc.), parce que tu sens que c'est une vraie difficulté, que ça te gêne, alors, oui, ça vaut le coup de s'y mettre, à son rythme, mais sans faire le lien avec les questions d'aromantisme, d'asexualité, et encore moins en se comparant aux autres. Ce que tu as à y gagner, c'est une forme de liberté et d'authenticité envers toi-même. Mais si finalement, ce qui te fait souffrir, c'est surtout le fait de se comparer aux autres, de te sembler privé de choses que d'autres ressentent ou vivent, alors la question est davantage d'apprendre à s'accepter tel qu'on est.
J'espère ne pas être trop maladroite dans ma réponse.
Il y a des personnes qui ont besoin de très peu de contacts avec les autres. D'autres qui ont un besoin irrépressible d'être sans cesse entourés.
Dans les deux cas, il est de toute façon fondamental de savoir être à l'aise avec soi-même, et de ne pas chercher à se comparer à autrui.
Je crois que je vais redire ce que je disais dans mon message précédent. S'il y a des points sur lesquels tu veux travailler (gagner en confiance, être plus à l'aise avec l'intimité etc.), parce que tu sens que c'est une vraie difficulté, que ça te gêne, alors, oui, ça vaut le coup de s'y mettre, à son rythme, mais sans faire le lien avec les questions d'aromantisme, d'asexualité, et encore moins en se comparant aux autres. Ce que tu as à y gagner, c'est une forme de liberté et d'authenticité envers toi-même. Mais si finalement, ce qui te fait souffrir, c'est surtout le fait de se comparer aux autres, de te sembler privé de choses que d'autres ressentent ou vivent, alors la question est davantage d'apprendre à s'accepter tel qu'on est.
J'espère ne pas être trop maladroite dans ma réponse.
Dernière modification par clemclementine le 06 févr. 2026, 20:00, modifié 2 fois.
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Martin2
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Re: La découverte de mon asexualité
Honnêtement, je ne cherchais pas vraiment de réponses... j'avais juste besoin d'en parler à ce moment où je l'ai posté
Mais je te remercie pour tes quelques mots, savoir qu'on est lu fait toujours plaisir
Je ne pense pas me comparer aux autres, mais plutôt à ma version de moi-même quand j'étais enfant et jeune adulte. Notamment par rapport à ma relation avec les femmes. J'aime être en leur compagnie et ça me plairait bien d'avoir une relation intime, émotionnelle, et pas spécialement sexuelle. Mais je comprends mieux ce qui s'est passé depuis 10 ans, et comment le guérir. C'est juste que j'arrive pas vraiment à initier les choses à cause de ce repli sur soi et ce manque de confiance qui n'a fait que grandir, alors qu'il n'était déjà pas grand. Une discussion, un geste, des choses anodines que je ne fais plus, je ne sais plus faire. Parce que je vois encore trop les relations hommes-femmes sous le prisme de la romance et la sexualité
parce que plus on vieillit, plus on se met la pression de la société sur le dos 
Je sens des transformations, des évolutions depuis quelques mois, avec l'arrêt de la pornographie systématique, l'acceptation de mon asexualité et mon questionnement sur l'aromantisme. Je pense avoir besoin de quelques mois supplémentaires pour y voir encore plus clair et sans doute améliorer les choses dans ma tête.
Mais je te remercie pour tes quelques mots, savoir qu'on est lu fait toujours plaisir
Je ne pense pas me comparer aux autres, mais plutôt à ma version de moi-même quand j'étais enfant et jeune adulte. Notamment par rapport à ma relation avec les femmes. J'aime être en leur compagnie et ça me plairait bien d'avoir une relation intime, émotionnelle, et pas spécialement sexuelle. Mais je comprends mieux ce qui s'est passé depuis 10 ans, et comment le guérir. C'est juste que j'arrive pas vraiment à initier les choses à cause de ce repli sur soi et ce manque de confiance qui n'a fait que grandir, alors qu'il n'était déjà pas grand. Une discussion, un geste, des choses anodines que je ne fais plus, je ne sais plus faire. Parce que je vois encore trop les relations hommes-femmes sous le prisme de la romance et la sexualité
Je sens des transformations, des évolutions depuis quelques mois, avec l'arrêt de la pornographie systématique, l'acceptation de mon asexualité et mon questionnement sur l'aromantisme. Je pense avoir besoin de quelques mois supplémentaires pour y voir encore plus clair et sans doute améliorer les choses dans ma tête.
Dernière modification par Martin2 le 07 févr. 2026, 00:10, modifié 2 fois.
- clemclementine
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Re: La découverte de mon asexualité
Heureusement pour moi que tu ne cherches pas spécialement de réponse parce que j'avais du mal à voir comment faire. 
Je voulais te donner une réponse moi aussi, mais je n'avais pas la moindre idée de comment la tourner.
Je me reconnais partiellement dans tes propos.
Je n'arrive pas à établir de "relations profondes", vraisemblablement parce que je n'en ressens pas réellement le besoin. D'un côté, j'aimerai bien parce que ça a l'air cool d'avoir un.e meilleur.e ami.e du genre presque frère/sœur. De l'autre, toute personne qui me contacte un peu trop souvent va finir par me "gonfler".
Et ça me gonfle que ça me gonfle.
Pour ajouter un autre côté à l'équation, je recherche et j'entretiens des rapports sociaux mais je crois qu'ils restent "distendus" lorsqu'on compare aux autres personnes.
A vrai dire, je me suis même demandé si je ne penchais pas du côté du trouble de la personnalité schizoïde. En fait, je ne pense pas, je dois "juste" être très introvertie. Il y a peut-être aussi les facteurs "orientation sexuelle différente", "ego quasi inexistant", "matérialisme (trop) peu prononcé", "intérêts non partagés" qui jouent dans la difficulté à établir des liens avec des personnes hétérosexuelles qui ont de vrais plans de carrière et des rêves d'achats (du genre nouvelle voiture, piscine, etc.).
Bref, comme tu le vois, ma réponse est plus un bouquet de remarques disjointes qu'une véritable réflexion.
Heureusement que Clemclementine a bien répondu.
Je voulais te donner une réponse moi aussi, mais je n'avais pas la moindre idée de comment la tourner.
Je me reconnais partiellement dans tes propos.
Je n'arrive pas à établir de "relations profondes", vraisemblablement parce que je n'en ressens pas réellement le besoin. D'un côté, j'aimerai bien parce que ça a l'air cool d'avoir un.e meilleur.e ami.e du genre presque frère/sœur. De l'autre, toute personne qui me contacte un peu trop souvent va finir par me "gonfler".
A vrai dire, je me suis même demandé si je ne penchais pas du côté du trouble de la personnalité schizoïde. En fait, je ne pense pas, je dois "juste" être très introvertie. Il y a peut-être aussi les facteurs "orientation sexuelle différente", "ego quasi inexistant", "matérialisme (trop) peu prononcé", "intérêts non partagés" qui jouent dans la difficulté à établir des liens avec des personnes hétérosexuelles qui ont de vrais plans de carrière et des rêves d'achats (du genre nouvelle voiture, piscine, etc.).
Je pense que c'est vrai jusqu'à un certain âge. En même temps, cela dépend peut-être des personnes. En tout cas, dans mon milieu professionnel, à partir de 40-50 ans, beaucoup passent dans la catégorie "vieux croûtons ingérables" qui se moquent de ce qu'on pense d'eux et qui refusent de changer leurs habitudes.Martin2 a écrit : 06 févr. 2026, 23:58Parce que je vois encore trop les relations hommes-femmes sous le prisme de la romance et la sexualitéparce que plus on vieillit, plus on se met la pression de la société sur le dos
Bref, comme tu le vois, ma réponse est plus un bouquet de remarques disjointes qu'une véritable réflexion.
Dernière modification par Orchis le 07 févr. 2026, 15:43, modifié 2 fois.
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Martin2
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Re: La découverte de mon asexualité
Et moi je me reconnais aussi partiellement dans cette citationOrchis a écrit : 07 févr. 2026, 15:41En fait, je ne pense pas, je dois "juste" être très introvertie. Il y a peut-être aussi les facteurs "orientation sexuelle différente", "ego quasi inexistant", "matérialisme (trop) peu prononcé", "intérêts non partagés" qui jouent dans la difficulté à établir des liens avec des personnes hétérosexuelles qui ont de vrais plans de carrière et des rêves d'achats (du genre nouvelle voiture, piscine, etc.)
Je pense qu'une bonne partie de notre comportement s'est joué pendant notre enfance, avec nos parents et l'attachement qu'on a développé. Je me rappelle chercher la proximité physique avec eux, le partage émotionnel aussi, mais il n'y avait personne en face. Quelque chose clochait. Je ne me sentais pas vraiment aimé, et cette recherche me blessait plus qu'autre chose. Idem avec ma sœur. Et puis leur couple ne me montrait rien, pas d'amour, pas de communication, aucun regard. C'étaient des colocataires. Imagine les dégâts que ça fait sur un jeune enfant
Dernière modification par Martin2 le 07 févr. 2026, 20:57, modifié 2 fois.
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Re: La découverte de mon asexualité
Encore une fois, heureusement que tu n'attends pas vraiment de réponse parce que le sujet est assez marécageux pour moi aussi donc j'aurais eu du mal à te fournir des lumières. ^^
En tout cas, aromantisme et difficultés sociales ne vont pas forcément ensemble.
Il y a beaucoup d'aromantiques qui sont ultra sociaux, méga tactiles et qui nouent des relations de type "queer platonique".
Je ne sais pas s'il y a là matière à creuser pour toi.
D'ailleurs, on peut ajouter une pincée de génétique (voire d'épigénétique ?) à l'équation.
J'avais commencé à rédiger une réponse plus longue, mais je me suis rendue compte que j'étais partie en hors sujet et que j'étais claire comme de l'eau de boudin.
Vu que je ne vais malheureusement pas être en mesure de te fournir des pistes valables
, je vais me contenter de te souhaiter moi aussi un bon cheminement. J'espère de tout cœur que tu trouveras les réponses.
En tout cas, aromantisme et difficultés sociales ne vont pas forcément ensemble.
Il y a beaucoup d'aromantiques qui sont ultra sociaux, méga tactiles et qui nouent des relations de type "queer platonique".
Je ne sais pas s'il y a là matière à creuser pour toi.
Oui, la problématique est d'attendre un signe d'affection de personnes qui ne sont pas en mesure d'en donner, parce qu'elles n'ont pas appris, parce qu'elles ne sont pas câblées pour ou parce qu'elles sont trop engluées dans leurs propres problèmes émotionnels. C'est peut-être ce qu'on appelle un traumatisme (trans)générationnel.Martin2 a écrit : 07 févr. 2026, 20:55Je pense qu'une bonne partie de notre comportement s'est joué pendant notre enfance, avec nos parents et l'attachement qu'on a développé. Je me rappelle chercher la proximité physique avec eux, le partage émotionnel aussi, mais il n'y avait personne en face. Quelque chose clochait. Je ne me sentais pas vraiment aimé, et cette recherche me blessait plus qu'autre chose. Idem avec ma sœur.
D'ailleurs, on peut ajouter une pincée de génétique (voire d'épigénétique ?) à l'équation.
J'avais commencé à rédiger une réponse plus longue, mais je me suis rendue compte que j'étais partie en hors sujet et que j'étais claire comme de l'eau de boudin.
Vu que je ne vais malheureusement pas être en mesure de te fournir des pistes valables
