Merci pour ta réponse !Erialc a écrit : 23 avr. 2026, 08:55Salut Gri,Grignoteuse de bouquins a écrit : 23 avr. 2026, 04:55 Notre côté factuel pourrait les irriter, et leur sentiment personnel d'être "bête" primerait sur la qualité de l'interaction et de l'échange.
Ce serait donc une question d'égo ou de complexe d'infériorité.
[...] J'ai tendance à facilement déclencher la susceptibilité irascible des neurotypiques, leur jalousie, leur colère, et tout un tas d'émotions liée à leur faible estime d'eux même, même avec une phrase neutre. D'autres personnes la réécrivent de la même façon, quelques minutes plus tard, et elles ne subissent pas le même traitement. Question de timing ou d'heure du post ? Je ne sais pas. J'aurais aimé avoir un autre super pouvoir en tout cas![]()
Je ne pense pas qu'ils devinent que tu es autiste. Je pense comme tu le dis qu'ils perçoivent juste le "Mais on me prend pour un.e imbécile !". Le filtre neurotypique est appliqué partout, c'est le seul filtre d'explication que bien des gens ont.
Sauf que quand je donne des explications plus sommaires, je me heurte à la problématique inverse : "tu ne m'expliques pas parce que tu penses que je suis trop bête pour comprendre !". Ca fait un moment que ça ne m'est pas arrivé, mais c'est jamais évident...
J'ai retrouvé le lien de l'étude sur l'intervalle d'acceptation-rejet de l'autre chez les neurotypiques :
https://www.nature.com/articles/srep40700
La difficulté d'empathie et de compréhension des émotions de l'autre serait bidirectionnelle. Je ne pense pas non plus qu'ils puissent deviner l'autisme de quelqu'un, même IRL. Cependant il y a une évidence qui pointe qu'assez rapidement, ils sentent que quelque chose est différent chez nous, et ça active leur système d'alerte. Ils se sentent en danger si par exemple on ne les regarde pas dans les yeux, et ça mène à des réactions plus ou moins agressives. Ca m'est arrivé tellement de fois de me faire crier dessus à cause de ça. Ça me paraît quand même assez fou, étant donné que dans plein de cultures, regarder dans les yeux est perçu comme une marque d'irrespect. Parfois on fait face aux mêmes problèmes que des personnes ayant une autre éducation culturelle.
Je n'en ai pas encore cherché sur internet, mais ça ne m'étonnerait pas qu'ils puissent également le faire à travers l'écran. L'autisme ce n'est pas seulement que notre tête ne leur revient pas, c'est principalement un déficit de compréhension intuitive des codes sociaux (entre autres).
Donc on pourrait laisser échapper des bizarreries au travers des messages. Ca me paraît tellement évident que depuis que j'ai 8 ans et que je traîne sur internet, je copie-colle tous mes messages sur un document texte annexe tellement j'ai l'habitude que mes messages soient supprimés, ignorés, etc (qui n'ont rien de particulièrement provocants ou jugeant. En général je donne simplement des informations à des gens qui en ont demandé, et dans un certain nombre de cas les personnes sont contentes de tomber sur une personne pédagogique qui ne perd pas son calme sur des sujets de société).
En tout cas même si ils ne détectent pas magiquement notre autisme, on a tendance à cristalliser une attention négative. Ma vie et mes difficultés tournent tellement autour de ça que réfléchir ce sujet ne me paraît pas farfelu. Évidemment je ne réduit pas l'autisme à ça :
Certaines femmes autistes vont avoir tendance à faire énormément de masking, à connaître tous les micro-codes sociaux par cœur car elles savent que c'est une violence de ne pas s'y plier (surtout en tant que femme ; là où quelque chose est accepté comme une intervention "factuelle, intelligente et admirable" chez un homme, elle va être perçue comme "prétentieuse, provocante et dérangeante" chez une femme). Certaines ont même pour intérêt spécifique les relations sociales, et sont donc très sociables et très douées dans ce genre de domaine. C'est le cas d'énormément de femmes autistes.
J'ai l'impression que le fait que je ne rentre pas dans les stéréotypes de genre, même dans mon autisme m'expose beaucoup plus à ces présomptions sexistes/psychophobes d'agressivité. Une psychologue m'avait expliqué il y a quelques années que j'avais un autisme très marqué "masculin", car je reste souvent sur le côté factuel et pragmatique, mais que ça m'exposait à davantage de danger parce que ce ne sont pas des traits typiquement acceptés chez les "femmes". Quand j'étais enfant, je pouvais dire la même chose qu'un ami qui était passionné de sciences, et je me faisais mettre au coin parce que ça vexait la prof. Lui recevait des félicitations. Il y a un double standard quand on est autiste, perçu-e comme femme, et qu'en plus de ça on ne rendre pas dans les codes sociaux liés au genre. Beaucoup de femmes vont donc utiliser leur apparence comme outil de masking (maquillage, vêtements à la mode - ça donne une certain statut social), ou alors faire exprès de minimiser leur intelligence pour qu'on leur foute la paix. Dans mon cas, passer pour un-e débile et faire semblant de ne rien comprendre m'a sauvé de pas mal de situations gênantes.
Par rapport à la taille du message : je respecte les usages en place sur les réseaux et je mets souvent un TL;DR (too long didn't read) pour ceux qui veulent aller droit au but. Je ne fais pas particulièrement différemment des autres, et je ne suis pas sur un réseau où les smileys sont courants. En fait c'est même plutôt la norme de ne pas mettre d'emoji, sinon on passe pour un troll ou une personne peu sérieuse ou trop jeune.
J'ai discuté directement avec la personne à qui je répondais, elle m'a dit qu'il n'y avait rien d'offensant dans mon message mais que les modos ne préféraient pas se mouiller quand un sujet avait le potentiel de déplaire. Et elle m'a d'ailleurs remercié pour ma réponse complète. Quelqu'un d'autre m'a expliqué entre temps que certaines personnes aiment entretenir un rapport de pouvoir sur ce réseau, et que certaines personnes comme moi sont + facilement des cibles que d'autres. Pour ce qui est de la ponctuation, j'ai horreur des énormes pavés sans ponctuation ni paragraphes, je ne les lis même pas. J'ai un trouble de la convergence binoculaire et mes yeux saccadent beaucoup. J'essaie de ne pas le faire subir aux autres
Toutes ces règles sont bien sûr une question de contexte et je trouve que je les respecte bien en réalité. Toutes les interactions sur internet ne visent pas à se faire des potes, donc en général je n'ai pas de problème à m'adapter suivant le contexte. Mais ça n'empêche pas les neurotypiques de trouver des petites failles pour tout mal interpréter, parfois dans l'optique de se défouler.