Je m'appelle Thibault, j'ai 31 ans et suis hétéro S pour reprendre les termes que j'ai découvert ici. Je suis tombé sur ce forum il y a un peu plus d'un an et j'aime bien le parcourir quand j'ai un petit coup de blues ou bien quand je cherche des réponses.
Je poste ici dans l'idée d'apporter mon témoignage à mes compères S qui trainent ici en quête d'une réponse. J'ai pris conscience que mon problème n'était pas soluble, ça pourrait aider certains à se situer même si nos problèmes et notre perception de ceux-ci sont subjectifs.
Ma chérie et moi nous sommes connus quand j'avais 20 ans et elle 19. C'était ma première histoire d'amour et de sexe, elle avait eu avant moi une relation amoureuse et certainement sexuelle même si elle était restée très vague à ce sujet et je n'avais pas insisté la sentant gênée. Je me souviens encore, même si ça commence à remonter maintenant, que les premiers mois de notre relation étaient "tout feu, tout flamme" sur tous les plans et j'en garde un souvenir ému. Je n'arrive pas à me souvenir combien de temps cette période a duré mais certainement moins d'un an, ensuite le rythme de nos ébats a diminué mais pas notre amour donc ça me convenait bien. Puis les râteaux se sont accumulés, le manque de confiance s'est installé en moi et les premières disputes et tentatives de dialogues sont arrivées... Des disputes qui se soldaient par des excuses de ma part, pour avoir eu des mots pas très fins et des dialogues qui se soldaient par des promesses de sa part qui voyait bien que son absence d'envie me chagrinait.
Jusqu'à nos 4 ans de relation, nous sommes restés sur ce schéma. Je faisais comme si tout allait bien de mon côté et au bout d'un moment ça éclatait, puis nous nous faisions des promesses qui ne pouvaient être tenues. Du jour au lendemain, à la suite d'un week-end qu'elle avait passé chez sa meilleure amie, elle a changé de coupe de cheveux, mis plus de maquillage et des jolies tenues. J'ai tout de suite compris qu'elle se faisait draguer et qu'elle y était réceptive. Je l'ai confrontée immédiatement et j'ai rompu. 4 mois de séparation durant lesquels nous étions malheureux et finalement nous nous sommes retrouvés et avons pris un nouveau départ. Les premiers mois de ce nouveau départ, j'ai senti du mieux dans nos relations charnelles. J'en étais le seul instigateur mais n'ayant connu que ça dans ma vie, je m'en contentais. Ce moment n'a duré que quelques mois et le naturel est revenu au galop.
Puis toutes les années qui ont suivi -6 si je compte bien- se sont établies sur le schéma suivant : 1 à 2 fois par mois, pas en semaine, pas en journée sauf si rien de prévu, à mon initiative exclusivement. 90% du temps j'essuyais un refus, les 10% restants c'était OK mais sans grand enthousiasme ou avec un soupir, ce qui ma la coupait net. Des disputes et dialogues de temps en temps, histoire de remettre le sujet sur la table et finalement rien ne change. D'un autre côté, nous sommes complices, nous soutenons dans nos carrières, ma famille est devenue la sienne, nous avons acheté une maison ensemble et en 2022 avons eu une petite fille incroyable qui est la copie conforme de son père.
Puis l'an dernier j'ai fêté mes 30 ans, sans vraiment y prêter attention et sans me dire que je passais une étape particulière. J'ai jeté un coup d'œil dans le rétroviseur puis à l'horizon. Et là j'ai compris que je ne pourrais jamais me contenter de cette frustration et que j'allais devenir de plus en plus con et aigri au fil des ans. Je me suis mis en quête d'une solution, j'ai cherché sur Google et suis finalement tombé ici. Je me suis vu à travers certains témoignages et j'ai vu ma compagne à travers d'autres. J'ai compris qu'elle était comme ça et que je n'y pouvais absolument rien.
J'ai passé ces 10 dernières années de ma vie à devenir un meilleur homme pour lui témoigner mon amour mais aussi dans l'espoir de mériter son désir. Il ne se passe pas une journée sans que je lui dise à quel point c'est une belle femme, je la rassure quand elle a des complexes, je la fais rire, j'essaye de la surprendre avec des rendez-vous galants, je la fais voyager, elle n'a jamais à faire à manger puisque j'adore lui faire plaisir avec ses plats préférés, le ménage et les travaux dans la maison sont pour moi, je lui offre sa dose de papouilles dans les cheveux quand elle le souhaite, je m'occupe de notre fille presque autant qu'elle s'en occupe et je les place toutes les deux au centre de ma vie. Elle en est reconnaissante et elle me le dit parfois mais ça s'arrête là.
Cette dernière année, nos rapports sexuels se sont davantage espacés mais principalement par ma faute. J'ai enfin compris qu'elle le faisait uniquement dans le but de me faire plaisir et/ou d'avoir la paix et de le savoir me dégoûte. J'y retourne encore car physiquement j'en ai besoin mais je sais que la fréquence va encore diminuer: le plaisir physique est là mais le plaisir émotionnel n'y est plus.
Comme beaucoup de mères, elle a reporté son affection sur notre fille ces deux dernières années. Les gestes de tendresse sont devenus très rares à mon égard et les douces paroles se sont envolées. Autant dire que je vis très mal la situation mais je n'ai pas le choix, je ne peux pas forcer ces choses là.
Pour couronner le tout, j'ai commencé à me rendre compte que je plaisais aux femmes. Je travaille dans une grosse entreprise du secteur cosmétique et nous sommes 2500 personnes sur le site dont 60% de femmes. Je me suis arrangé physiquement avec le temps et suis devenu beau mec. J'ai une certaine aisance relationnelle et un sens de l'humour particulièrement redoutable. Cela doit transparaitre puisque je me fais régulièrement accoster, ce qui ne m'était jamais arrivé auparavant. Ca flatte l'égo mais je ne conçois pas le sexe sans sentiments dans ma vie... J'y prendrais du plaisir charnel sur le moment puis les remords viendraient.
Pour ceux qui m'ont lu jusqu'au bout, j'en suis maintenant là dans ma vie : faire le choix de la frustration et du chagrin pour rester auprès des deux femmes que j'aime et continuer à être un homme bien ou briser le cœur de ma famille dans l'espoir de soigner le mien.
Je n'attends aucune aide de votre part, simplement je souhaite avertir mes compères S de ce qui peut les attendre s'ils n'ouvrent pas les yeux assez vite.
Prenez soin de votre cœur.
