Réflexions philosophiques sur le corps et l’esprit

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philosophia
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Réflexions philosophiques sur le corps et l’esprit

Message par philosophia » 20 mars 2019, 21:17

Bonsoir à tous/toutes,

Je vous partage quelques une de mes réflexions philosophiques sur le corps et l’esprit. Bonne lecture !

« La philosophie est une discipline par laquelle on cherche à mener sa vie le mieux possible en utilisant la raison et l’expérience.

Mon idée est la suivante : qui dit philosophie dit bien avant tout esprit. L’esprit est l’unique point de départ à toute connaissance possible, à toute création possible et à toute philosophie possible. Connaissance et création telles sont les deux finalités de l’esprit dans le contexte de la vie. Par la connaissance, on développe l’usage théorique de la raison, par la création on tire de cet usage de la théorie pure une volonté de démarcation grâce à nos action grâce au champ de la vie pratique. Cette démarcation de l’acquis vers une transformation (modélisation) personnelle c’est la création.

Le pouvoir ultime de l’esprit que j’appelle volonté est cette capacité unique à l’homme de trouver une disposition d’existence individuelle au sein du collectif, le but étant de trouver sa place dans le monde. Ce pouvoir, ou plutôt cette capacité naturelle est découpée dans l’espace et le temps. Il faut comprendre que l’esprit humain possède une part divine en lui du fait de son imprévisibilité et sa continuelle force de création. Il faut bien dire que l’esprit possède une double valeur qui le rend paradoxal et antinomique. D’une part l’esprit est limité dans le genre des connaissances qu’il peut acquérir, ce qui le différencie de l’esprit du Divin, qui a une connaissance claire du passé, du présent et de l’avenir par son statut de créateur ultime. Mais d’autre part, l’esprit, qui ne peut avoir une connaissance ultime du monde n’est jamais limité dans son pouvoir créateur. Pourquoi donc l’esprit pourrait-il infiniment créer alors qu’il ne peut infiniment connaître ? On comprend aisément ici le défaut de la science qui est limitée dans dans ses usages et dans sa construction même. Alors même que l’homme, à l’instant ou j’écris ne connaît pas le fondement ontologique et scientifique de l’univers, ce dernier peut indépendamment construire l’avenir. Un passé jamais découvert ne doit pas nous empêcher ou nous restreindre de construire l’avenir, Cette idée n’est pas uniquement valable sur les connaissances scientifiques mais également dans le champ de l’émotion et des relations humaines. Un regret du passé n’est qu’une passion triste, une plaie vive et regrettable qui n’influe en rien pour l’avenir, sauf si on l’alimente par soi avec un mauvais oeil nostalgique, c’est pourquoi dans le domaine de la raison comme dans ceux de l’émotion, l’avenir est toujours infiniment plus important que le passé.

La matière ne domine jamais l’esprit, même pas au moment de la mort. L’esprit est intensément plus intellgible que la matière en ceci qu’il ne dépend de rien d’autre que de lui même. L’esprit est libre au moment du passage de la terre de l’expérience sensible au ciel. Là ou la matière est dépendante, l’esprit est autonome. Dans une conception spirituelle du monde, l’esprit est toujours gagnant de quelque chose. Il est gagnant car il est toujours séparé de ce qui pourrait lui causer des dommages. Dans l’expérience de la terre, l’esprit est toujours tiraillé entre la liberté et le déterminisme. Il y a cependant des moments de la vie ou l’esprit est si libre, qu’il n’est même plus tiraillé par ces antinomies, mais ou il a le pouvoir ultime sur les choses.

La production artistique témoigne de la fin de l’antinomie. L’artiste est infiniment libre, son esprit ne vit que pour créer et c’est en ceci qu’on voit la force d’une oeuvre d’art. Même une structure formelle en art témoigne de la création (cubisme) – le jeu des formes, des couleurs et des traits conçus par l’artiste viennent de deux forces : celle de l’esprit pour la construction générale de l’oeuvre et le coeur dans l’émotion à faire transparaître à celui qui contemple. La force la plus haute de l’artiste quand il peint ou qu’il dessine, c’est cette capacité à se détacher de toute la culture qu’il a reçu de la famille (l’éducation) de l’école et de lui même (instruction). L’artiste est dans un au delà qu’aucune personne ne peut comprendre que lui car l’accès n’est pas partageable. Il en est de même pour le contemplateur de l’oeuvre de l’artiste ; une émotion in principio n’est pas communicable par son contenu inhérent de subjectivité. La beauté n’est pas une chose transmissible par les mots, elle va bien au delà du monde en transcendant le réel et en le rendant incompréhensible par le langage et la sémantique. Cela montre qu’on ne peut pas systématiser la beauté comme on a pu le faire pour la logique ou les sciences. La beauté est l’un de ses symboles issu du pouvoir de l’esprit.

Enfin, une autre dimension de la construction du réel est celle du rapport entre la nature et la culture. L’esprit créateur se détache des deux pour manifester sa création et ses idées dans le monde. La nature est un tiraillement nécessaire, la culture est un déterminisme relatif. Le philosophe, le politique ou l’artiste doivent chercher à s’émanciper de l’environnement qui est le leur pour intégrer la réflexion, la morale et la sensibilité dans le monde par la seule force de leur conscience ».

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Re: Réflexions philosophiques sur le corps et l’esprit

Message par Iloy » 21 mars 2019, 14:18

C'était intéressant, un peu difficile mais intéressant. Je ne puis dire que je pense à l'identique, mais n'ayant pas la connaissance philosophique profonde derrière, je ne vais que partager quelques réflexions que ton propos a éveillées, en espérant que ça ne soit pas trop dans le HS.

Je vais prendre essentiellement ma propre expérience d'écrivaillon, de lecteur, spectateur et joueur pour alimenter mon propos.
Par la connaissance, on développe l’usage théorique de la raison, par la création on tire de cet usage de la théorie pure une volonté de démarcation grâce à nos action grâce au champ de la vie pratique. Cette démarcation de l’acquis vers une transformation (modélisation) personnelle c’est la création. [...]
Mais d’autre part, l’esprit, qui ne peut avoir une connaissance ultime du monde n’est jamais limité dans son pouvoir créateur.
L'oeuvre artistique est pour moi intrinsèquement limité à la connaissance du monde, elle est même inhérente à la situation de l'artiste et à sa connaissance des choses au.x moment.s de sa création. Le pouvoir créateur je le désigne davantage comme une recréation, récréation potentielle et réflexion de l'esprit ; l'esprit réitère en transformant le monde. Le style de l'artiste pourrait même être vu comme des itérations de ses propos obsessions ou références.
Une création im-monde (ou a-monde) n'existe pas, tout se puise dans l'expérience, dans l'ancien, l'alien n'est jamais vraiment, en ce que les visions de l'esprit sont liées à l'expérience passée de notre artiste, comme ses rêves, désirs et afflictions.

L'art est une manière de communiquer le monde autrement, par une certaine abstraction, presque distanciation. Pour mieux réussir à l'aborder, pour toucher le sens profond et partager. Assez ironiquement, cette distanciation passe souvent par une individualisation renforcée, que l'artiste parle à cœur ouvert de lui-même ou qu'il entre dans le domaine de la fiction pour parler de sa vision de l'autre. Pour parler dans tous les cas de ce qu'il n'aurait pu exprimer autrement.
L’artiste est dans un au delà qu’aucune personne ne peut comprendre que lui car l’accès n’est pas partageable. Il en est de même pour le contemplateur de l’oeuvre de l’artiste ; une émotion in principio n’est pas communicable par son contenu inhérent de subjectivité.
Et je ne sais si c'est un malheur ou une grâce.

C'est un échec de l'artiste qui, alors qu'il se livre à communiquer le sens profond des choses tel qu'il le perçoit (consciemment ou non), se heurte à la réalité de l'échange : nos expériences étant toutes différentes, nous recevons les choses différemment et donc les comprenons différemment. Les œuvres mêmes les plus "universelles" ne nous touchent pas de la même manière.

C'est un échec si la tentative visée était la parfaite harmonie, la parfaite connexion, c'est un échec si l'artiste cherche à posséder son oeuvre. A partir du moment où l'oeuvre est partagée, elle échappe aux mains de l'artiste, elle est elle-même recrée par chaque receveur, à des degrés différents. C'est un échange qui se fait nécessairement par une traduction, le passage du "code" (vision du monde, esprit, mode de compréhension) de l'artiste au "code" du receveur. L'oeuvre est faite sienne par le receveur, par chaque receveur.

En cela, de cet échec se niche pour moi la plus grande victoire de l'art. Cette traduction fait et enrichit l'oeuvre et surtout touche à l'immatériel (l'oeuvre entre dans la culture, la pensée) autant qu'elle influe potentiellement sur le monde matériel (et donc sur les œuvres futures).
J'aurais tant aimé cependant, gagner pour vous, pour moi perdant, avoir été peut-être utile

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