J'ai inversé ma conception du consentement

Vous voulez parler -ou entendre parler de l'asexualité ? Faites-nous part de ce qui vous passe par la tête, comment vous ressentez votre asexualité, votre relation aux autres, comment tout ceci influence votre vie.
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Aelyz
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J'ai inversé ma conception du consentement

Message par Aelyz » 07 mars 2018, 13:32

DISCLAIMER :
Je vous raconte comment ça se passe pour moi dans une relation très particulière. C'est MA façon de vivre mon asexualité, elle ne convient probablement pas à tous les asexuels, je ne pose pas ça là comme une "solution miracle" ou une "épiphanie". Tout ce que je vais raconter s'applique à moi et je me suis dit que le témoignage aurait un intérêt pour certain, peut générer des discussions et éventuellement, peut-être, après mûre réflexion, faire réaliser à d'autres que c'est quelque chose qu'ils/elles pourraient envisager.

J'ai inversé ma conception du consentement.

Le consentement dans ma vie d'Ace c'est un truc qui m'a toujours fait grincer des dents. Avant de comprendre que j'étais Ace, je consentais à l'acte sexuel avec une personne parce qu'il me semblait que tous les signes étaient présents pour me dire "eh ! c'est le moment où tu dois dire oui ou non !". Ces signes :
Lui, il a clairement envie
Moi, ça me dérange pas.

Voilà, c'était oui, il me disait "j'ai envie de toi" je disais "moi aussi" alors que bon... c'était plutôt "ok, bah ça va tu me dégoutes pas".

Et puis j'ai compris que j'étais asexuelle. Asexuelle dans la définition toute plate "une personne qui ne ressent pas d'attirance sexuelle pour les autres" (ça va, c'était au cas où vous l'auriez oubliée et que vous n'auriez pas envie de lever les yeux de ma prose). C'est tout, Asexuelle toute simplette, pas de sex-repulsed, de sex-positive, pas de grey, pas de demi, pas de sapio, skolio, romantico banane flambée, juste asexuelle.

Bon, ça m'a valu quelques drames dans ma vie de couple, ça m'a fait prendre du recul sur pas mal de choses, ça a fait du grabuge dans ma tête. J'ai lu, me suis abonnée à tous les flux RSS sur le sujet, lu tous les articles, les bouquins, les fictions, vu les reportages, les mini-séries, pledge sur indiegogo pour des campagnes. Quand je me suis sentie prête à assumer mon asexualité, quand j'ai compris qu'il fallait éduquer, j'ai commencé à en parler, j'ai acheté la bague (que je porte depuis presque 8 mois maintenant), je suis rentrée dans les débats sur l'acceptation par les LGBT des aces et... et je me suis cassé les dents.

J'ai réalisé que j'apparaissais pour certaines femmes LGBT comme une menace.
Quelle menace me direz-vous ? 1m60, 60 kilos, une tête d'enfant de 12 ans, des grosses joues et un ptit bidon de McDonald's, pourquoi faisais-je peur ?
Je faisais peur à cause de mon consentement. Ce consentement gris, qui va à l'encontre de toutes les tendances actuelles de l'émancipation de la femme, de sa sortie de la domination de l'homme, par le renouvellement permanent du consentement.

"Tu as des rapports sexuels alors que tu n'en as pas envie, pauvre fille, tu ne te rends même pas compte que tu te fais violer à chaque fois." - tressaillement derrière mon ordinateur. Dans ma tête, tempête de neige et pas du genre "ah sympa, il neige, on va pouvoir aller au ski cette année".
"Tu te rends compte que ton discours encourage les hommes à se moquer du consentement des femmes et à les forcer s'il le faut." - Premières larmes, moi j'encourage des hommes à croire que se moquer du consentement c'est bien ?
"C'est ça le problème avec vous, les asexuels, vous détruisez tout ce pour quoi on se bat en embrouillant les gens avec vos discours à la con "c'est pas parce que je suis ace que j'ai pas de rapports sexuels" blablabla. Si t'as pas envie tu fais pas. C'tout"
Je tente de me défendre "Personnellement, j'ai pas envie mais j'ai pas pas envie non-plus". Je réalise que mon discours est flou, qu'il est incohérent, incompréhensible. "T'as pas envie de quelqu'un, pas la peine que la personne te dégoûte pour savoir que tu DEVRAIS PAS faire quelque chose que tu n'as pas envie de faire".

Et j'ai réalisé à quel point la barrière entre "ça ne me dérange pas " et "je veux pas" était floue pour moi aussi. Je me suis effondrée en constatant le nombre de relations sexuelles que j'ai acceptées alors que j'étais plus proche de "je ne veux pas" que de "peu importe". Ca m'a fait tellement de mal.

La relation qui m'a fait comprendre l'équilibre dans ma petite tête.

J'ai rencontré quelqu'un il y a 1 an.
Quelqu'un avec qui j'ai démarré une relation "interdite" parce que en dehors de mon couple "officiel".
Quelqu'un a qui j'ai dit très vite que j'étais Ace, quelqu'un qui a cru que cela signifiait que je refusais qu'il me touche sexuellement.
Quelqu'un de qui est parti du principe que je ne consentais à aucun acte, que ça me faisait peur, que ça me dégoûtait. Que, "par défaut", ma réponse c'était "non, surtout pas, stop".
Quelqu'un qui ne m'a mis aucune pression, qui m'a posé des questions, a essayé de comprendre, a admis que c'était pas simple à comprendre.
Très connectés, nous sommes entrés dans une dynamique Dominant/soumise. Rien de sexuel, simplement moi, sous ses ordres, à son service. Un jour, alors qu'on s'embrassait, il a commencé à me caresser, il m'a murmuré "j'ai envie de toi" et il s'est arrêté. Il s'est levé. Et il m'a dit "tu n'auras jamais envie de moi c'est bien ça ?" je lui ai dit "effectivement, cependant je te fais suffisamment confiance pour que tu débutes quelque chose de sexuel, et que je suive, et que je prenne du plaisir, mécaniquement". J'ai parlé un peu froidement, parce que je sais que c'est plus clair, moins embrouillé si je m'exprime sans sentiment, juste chirurgicalement.
Et là, il m'a parlé du consentement. "Mais du coup... Tu n'es jamais consentante."
Ca a fait un déclic en moi. Pour moi le consentement était inversé.
"Je suis toujours consentante, mon consentement permanent, c'est quelque chose que je te donne parce que j'ai confiance en toi. Ce que je garde et qui m'appartient, c'est le droit à tout moment de reprendre mon consentement et de dire que je veux qu'on s'arrête."

Je me sens beaucoup beaucoup mieux depuis que j'ai réalisé ça (c'était il y a quelques mois).
Eteinte, la culpabilité atroce de ne pas envoyer les bons signaux, disparue, la crainte de donner un "demi-oui" un peu mensonger. Je donne un oui franc permanent à quelqu'un en qui j'ai confiance, quelqu'un qui sait que je suis Ace et ne se prend pas la tête en se disant "à chaque fois que je la touche elle a peur" "elle le fait pour me faire plaisir mais elle en a pas du tout envie", quelqu'un qui sait que le jour où je passe de "ça ne me dérange pas " à "stop" je dirai stop.

Epilogue

J'ai voulu témoigner de ça parce que c'est à 100% quelque chose de lié à mon asexualité, et que, peut-être ça peut intéresser, aider à comprendre pour ceux qui ne voient pas comment on peut être Ace et consentir à du sexe sans en avoir vraiment "envie" à la base.

Je tiens à dire que c'est grâce à vous tous que je vis mon asexualité de manière si ouverte et cool et que vous me donnez le courage d'ouvrir Twitter, de lancer un live et de dire "Je suis Ace, y'en a plein des comme moi, et on ne se veut pas menaçant pour une cause ou pour un combat".
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Re: J'ai inversé ma conception du consentement

Message par LilyB » 07 mars 2018, 14:32

Bonjour Aelyz !

J'ai beaucoup aimé te lire, c'est très intéressant de partager ta vision des choses et ce que tu as compris avec le temps qui a pu t'aidé (je sais pas si c'est clair ^^).
En te lisant, j'ai réalisé que je suis exactement dans le même cas que toi. J'ai toujours dis "oui" à une relation sexuelle sans envie, juste en pensant "aujourd'hui ça ne me dérange pas". Et ça m'a surprise de voir les réactions des femmes LGBT que tu as reçu, je n'aurais jamais vu ça comme ça niveau consentement. Au début, ça me paraissait un peu radical et exagérer lors de la lecture de ce passage, et en continuant, ça devient cohérent :)
C'est vrai qu'au final il y a une question de consentement, mais je fais la même chose, quand je dis oui à une personne c'est parce que je lui fais confiance et ça n'inclut pas le fait que je dirais oui à chaque fois, certains ont l'air de prendre ça pour acquis si tu dis "oui" une fois. Aujourd'hui c'est oui parce que je veux te faire plaisir et que je te fais confiance, mais demain j'ai tous les droits de garder mon consentement et de te dire non.

En tant qu'asexuelle, c'est vrai que le moment du "oui" ou "non" avant le passage à l'acte est très important, c'est très pesant, ça donne l'impression qu'on doit faire un choix maintenant tout de suite et qu'il aura des conséquences pas forcément positives...
Enfin bref, je te comprends tout à fait et ton message m'a éclairé un peu mieux sur ma vision de cette pesante partie de la vie qu'est "l'acte sexuel" ^^

Merci d'avoir partagé ça :)
"Je crois en tout jusqu’à ce qu’il soit réfuté. Donc, je crois aux fées, aux mythes, aux dragons. Ils existent tous, même si c’est dans votre esprit. Qui peut prétendre que les rêves et les cauchemars ne sont pas aussi réels que l’ici et maintenant ?" - John Lennon

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Re: J'ai inversé ma conception du consentement

Message par Hestia » 07 mars 2018, 15:02

Merci pour ton témoignage; la question du consentement est assez importante, et je pense que ton témoignage peut effectivement aider un certain nombre de personne à comprendre ou à s'y retrouver dans leur vécu.
Tu as des rapports sexuels alors que tu n'en as pas envie, pauvre fille, tu ne te rends même pas compte que tu te fais violer à chaque fois." - tressaillement derrière mon ordinateur. Dans ma tête, tempête de neige et pas du genre "ah sympa, il neige, on va pouvoir aller au ski cette année".
Même si je conçois que dans certaines situations, il est possible pour les victimes de viol d'avoir de la difficulté à reconnaitre qu'elles ont été violées ou se font violer, ici je pense que les personnes qui t'ont dit cela n'ont pas compris que tu n'as pas d'attirance sexuelle, l'absence d'envie se concentre uniquement là-dessus et non pas sur la question du consentement; c'est à dire être OK pour pratiquer.
C'est ça le problème avec vous, les asexuels, vous détruisez tout ce pour quoi on se bat en embrouillant les gens avec vos discours à la con "c'est pas parce que je suis ace que j'ai pas de rapports sexuels" blablabla. Si t'as pas envie tu fais pas. C'tout"
C'est de l'acephobie
T'as pas envie de quelqu'un, pas la peine que la personne te dégoûte pour savoir que tu DEVRAIS PAS faire quelque chose que tu n'as pas envie de faire".
Oui, mais tes interlocutrices étaient obstinées dit donc, tu ne leur a pas dit que tu faisais quelque chose que tu ne voulais pas, mais que tu étais asexuelle. A noter que même si un individu désir sexuellement une personne, celui-ci n'est pas forcément consentant à faire toutes les pratiques sexuelles que la personne qui l'attire désir pratiquer avec lui.

Enfin, je veux bien comprendre que la formulation des phrases de votre conversation ait pu porter confusion à l'époque, mais de mon point de vu vouloir faire plaisir à la personne avec qui on a un rapport sexuel c'est un consentement. L'absence de consentement c'est lorsqu'on fait quelque chose contre notre gré, lorsqu'on est forcé ou avons le sentiment d'être forcé.
Je suis une personne non-binaire, et j'apprécie qu'on parle de moi avec des mots et des phrases épicènes, et j'accepte qu'en m’accorde au féminin lorsqu'il est difficile de faire autrement.

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Re: J'ai inversé ma conception du consentement

Message par Aelyz » 07 mars 2018, 15:45

Ca me fait plaisir LiliB que mon témoignage t'ait apporté quelque chose :) Je vois tout à fait ce que tu veux dire, je trouve ça marrant que d'autres ne voient pas le consentement comme "le pouvoir de dire non" et mais comme "l'obligation de dire oui avec entrain".

Hestia :
Ouais incroyables ces conversations. J'étais perdue à l'époque, j'avais pas les bons arguments en main, chaque fois que je parlais je me prenais des "c'est dangereux ce raisonnement". Elles étaient plusieurs, elles étaient d'accord entre elles, elles savaient que j'étais Ace mais elles étaient dans ce mindset de "de toute façon les asexuels ne sont pas opprimés, ne subissent rien, ils ont pas à se plaindre et SURTOUT pas à expliquer qu'on peut avoir du sexe sans vraiment en vouloir". Elles n'en avaient rien à faire de la différence entre "attirance" "désir" et "envie". J'étais juste une menace formatée par le patriarcat pour elles.
Aujourd'hui si je devais avoir à nouveau cette conversation, je ne suis même pas sûre de faire les choses différemment, je crois carrément que je ne prendrais pas la peine de répondre, ces personnes sont acephobes mais pour elles c'est une phobie "rationnelle" et tout à fait "justifiée", comme elles pensent toutes avoir un master en tolérance...
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Re: J'ai inversé ma conception du consentement

Message par Ali-chan » 07 mars 2018, 18:15

Coucou, j'ai vraiment adoré ton témoignage car je me rends compte que c'est un peu comme ça que je verrais une relation si un jour j'en vis une avec un S et ça me fait surtout me dire que maintenant j'ai les mots qu'il faut pour en parler autours de moi à ceux qui comprennent pas que ça ne me dérange pas si j'ai vraiment confiance... Bref merci ^^

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Re: J'ai inversé ma conception du consentement

Message par Baelfire » 07 mars 2018, 18:31

Mais...c'est comme ça que ça se passe dans la vraie vie de couple en fait. Un consentement permanent mais avec le droit (le devoir même) de dire non quand on en a pas envie. Et il n'y a pas que les femmes qui disent non, c'est pas une question de genre. Ce qui est vraiment important d'inculquer et de s'inculquer c'est que personne ne doit de sexe à personne. A partir de ce moment là : faites vos jeux rien ne va plus !

Tu es tombée sur des extrémistes. Sont pénibles ceux-là, ils crient plus fort que les autres et masquent les gens biens.

Merci pour ta réflexion très intéressante. En fait j'aurais jamais pensé à mettre des mots là dessus, alors deux fois merci :)
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Re: J'ai inversé ma conception du consentement

Message par clotaire » 07 mars 2018, 19:01

Je n'ai pas d'expérience de tout ça mais c'est intéressant en effet. Notamment le fait de ne pas faire trop peur au partenaire S, pour ceux qui en parle en début de relation, que ce dernier ne pense pas que ça ne sera jamais possible alors qu'on aime et qu'on est prêt à se laisser faire...

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Re: J'ai inversé ma conception du consentement

Message par didou » 07 mars 2018, 19:30

C'est un témoignage et une analyse très intéressants.

Je rejoins au passage @Baelfire : dans un couple où tout fonctionne bien, il n'y a pas de dû avec un consentement permanent. Il faut que chacun des deux puisses sentir libre de dire "Nan, là, je n'ai pas envie de ci ou de ça". Sinon, effectivement, il survient une situation d'oppression.
Alors, ça n'empêche pas du tout que l'un ou l'une dise "Ok", en se disant "Bof, mais ça va lui faire plaisir". Et dans ce cas, c'est que le consentement accordé n'est pas pour se faire plaisir avec la relation elle-même, mais avec l'idée d'avoir fait plaisir à sa moitié.
Si toutefois c'est toujours ce dernier schéma qui se répète, il y a un risque qu'un bout d'un moment ça casse quelque part car à ne jamais s'écouter (soi-même), la frustration finit souvent par pointer le bout de son nez.
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Re: J'ai inversé ma conception du consentement

Message par Zimou » 08 mars 2018, 10:26

lorsque j'ai parlé de mon asexualité avec ma 1ere copine avec qui j'avais des relation sexuel très régulière, sa réaction a été "mais je te violais en fait!". Non, pas du tout, j'ai pas d'attirance mais je n'ai pas de dégout ou de négatif vis à vis de la sexualité. j'ai plutôt du positif. du coup non j'ai toujours été consentant. Par contre la découverte de l'asexualité m'a permit de prendre la liberté de me poser la question de mon propre consentement et à m’autoriser de dire non si j'ai pas vraiment envie. car avant, vous savez, un homme ça doit toujours vouloir, jamais refuser. du coup en partant de ce principe je me posais pas la question de mon consentement et il m'est peut être arrivé de dire oui (enfin de rien dire quand elle venait vers moi vu qu'il y a consentement par défaut) alors que je voulais pas. d'ailleurs, après ma rupture avec elle on a passé une soirée ensemble (nous étions resté amis) où elle a tenté d'aller plus loin et j'ai refusé. le fait de ne plus être en couple et plus obligé de dire oui m'a permis de dire non ce soir là. Du coup il est probable que je disait oui sans consentement avant.
Aujourd'hui les choses sont différentes. conscient de mon asexualité et ayant une copine avec qui ce fait ne pose aucun soucis, je m'autorise à dire non si je le souhaite. Enfin... ça m'est déjà arrivé une fois qu'elle se passe de mon consentement (elle m'a demandé si j'avais envi, j'ai pas eu le temps de répondre que j’étais pas sur que c'était déjà trop tard...) mais on en a discuter après pour pas que ça se reproduise et voilà, pas de soucis. en dehors de ça, je me rend compte que si elle a envi, ça me plait donc je refuse pas. je trouve plaisant d’être attirant dans toute les formes (physiquement et sexuellement), c'est bon pour mon estime de moi xD et puis bon, la sexualité reste positive pour moi donc pas de raison de la refuser.

Pour les réactions que tu as eu concernant les aces et leur consentement, c'est en effet de l'acephobie et de l’incompréhension de l'asexualité. l'asexualité c'est pas refuser la sexualité. En fait on dit toujours qu'avoir une sexualité quand on a pas envi est un viol. mais c'est un viol quand il y a refus. et ne pas avoir envi est souvent utilisé pour dire qu'il y a un refus. mais c'est faux, quand il y a pas envi, ça veut pas dire qu'il y a refus, il y a juste l'envi qui n'est pas présente. et il peut y avoir d'autre chose que l'envi qui peut aboutir au consentement. je vais faire une analogie moisie avec la bouffe mais quand je dit que j'ai pas envi de manger il y a en réalité 2 cas : quand je refuse de manger car j'ai déjà trop manger ou j'ai mal au ventre ou que je vais grossir. et quand j'ai réellement pas envi de manger, c'est à dire qu'il y a ni refus ni envi, genre je suis entrain de bosser et j'ai la tête à autre chose, j'y pense pas, mais si quelqu'un me propose de prendre un bon truc, je vais analyser si j'ai une présence d'envi ou une présence de refus pour faire mon choix si j'accepte ce qu'on me propose ou si je le refuse. en faite, ne pas avoir envi de quelque chose, c'est un absence, et on peut pas dire qu'une absence entraine quelque chose, une absence c'est neutre, c'est rien justement. dire "j'ai pas envi" n'est pas une bonne façon de dire son consentement (même si dans les fait ça reste comprit par tout le monde que si il y a pas envi, c'est qu'il y a refus. mais c'est pas vrai pour tout le monde, dont les aces, et c'est précisément ce qu'ont dit les personnes acephobe avec qui tu en a parlé, elles ne font pas la distinction).
La définition de l'asexualité est "une personne qui ne ressent d'attirance sexuelle pour personne". Cependant, vous seul pouvez décider quel terme vous convient le mieux.
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Ramón

Re: J'ai inversé ma conception du consentement

Message par Ramón » 08 mars 2018, 10:58

Consentir => "être en accord avec, s'accorder, se conformer à", on est bien dans le conformisme avec cette notion ;)
Désirer, vouloir,... On est dans l'individuel, le personnel.
Il faut se débarrasser de cette notion, on nous fait avaler bien trop de couloeuvres avec. D'ailleurs, on voit bien que cette notion devient le sacro-saint mot pour organiser les relations sociales : que ce soit chez les LGBT, les hétéros, les adultes avec les mineurs, les gouvernements avec les administrés,...

En tout cas, cool pour toi ô/

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Re: J'ai inversé ma conception du consentement

Message par wildfires » 08 juil. 2018, 04:17

Encore une petite révolution dans ma caboche... Comme quoi, mettre des mots sur les choses c'est une p*** de bonne idée ! Mais là, ce partage sur le consentement gris ? Tu n'as pas idée comme j'ai juste envie de pleurer de soulagement ! Ca fait un an que je me torture (et que je torture mes relations) parce que "oui, tu vois, c'était bien hein, mais bon, je voulais pas vraiment. Je t'ai juste laissé faire..."
Alors bon, ça résout pas tout mais déjà, je suis pas seul.e à me débattre avec ce genre de questions et rien que ça ça fait du bien. Mais surtout, le consentement c'est vital, juste je vais peut-être l'appliquer à un autre niveau. Par exemple, j'ai remarqué qu'un niveau relativement bas d'intimité physique faisait que j'étais quasi automatiquement "pour" une relation sexuelle, du coup je vais insister encore plus pour ne pas claquer la bise à tout le monde, surtout dans les endroits "à risque" (genre Hello Kinky^^)
En tous cas, voilà qui me remets les idées à l'endroit : MERCI (je te ferais volontier une bise virtuelle mais je vais attendre de voir si t'es d'accord)

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Re: J'ai inversé ma conception du consentement

Message par Adeleka » 20 juil. 2018, 11:31

Bonjour Aelyz, tout d'abord je voulais te remercier, j'ai adoré te lire et tu parle d'une notion hyper importante. Moi je pense que le consentement c'est pas forcément lié à l'envie ou au désir d'une relation sexuelle, c'est simplement faire confiance à l'autre comme tu dis, et puis si on est dans un couple mixte (ou pas après tout) vouloir simplement faire plaisir à l'autre. Tant qu'accepter une relation ce n'est pas une souffrance, ce n'est pas forcé, alors la notion de consentement est juste et ce n'est pas un viol, surtout si toi même tu ne le ressens pas comme ça : )

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Re: J'ai inversé ma conception du consentement

Message par drole2bete » 22 juil. 2018, 23:31

Merci d'avoir aborder ce sujet qui est d'une grande importance je trouve et d'y avoir mis des mots. Je rejoins je pense ce consentement inversé et le dénominateur commun est la confiance que l'on a pour la personne, que l'on a rencontré pour une soirée ou pour plus longtemps. J'y mettrai un petit bémol tout de même. Et vous pose aussi la question. Parfois j'absorbe certainement l'envie de l'autre, de manière inconsciente, je me sens bien voire forte, en confiance et je ne suis pas dérangée à l'idée de faire l'amour avec elle. Et ce n'est qu'àpres l'acte que mon corps me parle et m'envoye des signes comme si je ne me sens pas très bien. Donc je trouve assez difficile de savoir si l'on souhaite réellement au fond de nous cela ou pas. Je pense que cela est plus évident quand on est en couple avéré mais comment cela se passe t il dans une phase transitoire où les personnes ne sont encore pas sûre d'être en couple? Vous voyez le truc?

drole2bete
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Re: J'ai inversé ma conception du consentement

Message par drole2bete » 17 août 2018, 20:30

ah non apparemment personne a compris le truc !

fiffi
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Re: J'ai inversé ma conception du consentement

Message par fiffi » 18 août 2018, 01:30

Si , je vois ce que tu veux dire . Parfois , on croit que mais comme le dit le proverbe : " chassez le naturel , il revient au galop " .

je ne suis pas passé à l' acte depuis longtemps mais la dernière fois , j' ai vraiment cru que j' avais enfin une sexualité " normale " . Au bout de deux mois , j' ai ressenti une grande lassitude et plus du tout l' envie de faire l' amour . On a fini par se séparer en s' accusant mutuellement de ne plus ressentir d' amour et dans une grande incompréhension ; n ' ayant jamais entendu parler d' asexualité , je n' ai pas pu lui fournir d' explication cohérente .
Je n' ai pas de regret par rapport à ce couple ; avec le temps je me suis vite aperçu qu' il était voué à l' échec et elle c' est bien vite consolée dans les bras d' un autre .

J' ai pourtant été sincère avec elle ; j' ai eu le désir de fonder un couple durable avec elle mais rien à faire : le manque d' attirance sexuelle c' est vite fait ressentir . Je n' ai pas eu de phase transitoire , je me suis juste dit que c' était la bonne personne . Cela m' a servi de leçon ; à partir de ce jour , j' ai expliqué que je n 'étais pas " performant " . J' ai renoncé à passer à l' acte .
Maintenant , j' ai pris pleinement conscience de mon asexualité , j' ai mit un mot sur mon ressenti : si je rencontre la bonne personne je pourrais lui expliquée en espérant qu' elle me comprenne .

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