Un peu de moi et de ce qui me trotte dans la tête...

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~ Lila ~
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Un peu de moi et de ce qui me trotte dans la tête...

Message par ~ Lila ~ » 11 sept. 2013, 01:33

Bonjour ~

Je pense être asexuelle. Et maintenant que j'ai écris cette phrase, j'ai envie de l'effacer, de l'empêcher d'être vraie. Mais je résiste, et je me lance pour ce qui risque d'être un déballage de tout ce que j'ai sur le cœur.

Quand j'étais petite (en dessous de 10 ans), j'avais des amoureux. Des amoureux de petite fille, sans grande importance.
Ce sont les seuls histoires d'amour que j'ai connu de ma vie.

Aujourd'hui, j'ai 19 ans et je suis vierge. Totalement. Je n'ai jamais embrassé personne, ni fille ni garçon. Je n'en ai jamais éprouvé l'envie. Pire même, l'idée me rebute. Je ne vous parle même pas de mon ressenti vis à vis des vraies relations sexuelles, qui elles m’écœurent littéralement.
Même mentalement, je suis innocente comme une gamine. Je ne saisis pas les sous-entendu sexuels dans les conversations, je n'ai pas l'esprit mal tourné et j'ai encore du mal à admettre que pratiquement tout tourne essentiellement autour du sexe.

Dans ce monde dicté par la sexualité, je n'ai pas l'impression d'avoir ma place.
Mais surtout, j'ai l'impression que je n'ai pas le droit de me prétendre asexuelle, parce que je n'ai jamais essayée d'être "sexuée".

En réalité, je suis timide. Extrêmement timide. Et malheureusement pour moi, cette timidité a causé un énorme renfermement sur moi-même à l'âge où l'on est supposé développer sa sexualité (entre 11 et 16 ans). Je n'avais pas d'ami, pas d'entourage, j'étais seule.
Encore aujourd'hui, je n'ai aucun ami "réel", même si je m'en suis fait quelques-uns "virtuels" grâce à des forums.
Mais ça n'empêche pas que ma vie sociale est totalement désertique. Du coup, je me demande si mon absence de sentiments amoureux et de désirs n'est pas simplement du à une absence de candidats? Est-ce que c'est possible de ne jamais avoir rien éprouvé juste parce que je ne me mêle pas assez aux autres?
Y a-t-il un âge à partir duquel on peut dire qu'on a suffisamment attendu le "déclic amoureux" pour admettre que jamais on ne l'aura?

Et aussi, à partir du moment où l'on n'a pas d'attirance physique pour quelqu'un, comment différencie-t-on une personne de qui on est amoureux d'un ami proche? Y-a-t-il réellement une différence?
J'idéalise l'amour. Je rêve d'une relation amoureuse, remplie de tendresse, d'attention, de câlins et de bonheur. J'attends la personne qui viendra réaliser ce rêve. Celui ou celle qui me complétera et qui me tiendra la main pour avancer dans la vie.
J'attends, mais plus j'attends, plus j'ai peur. Que cela ne vienne jamais. Que je sois condamnée à être seule pour toujours, parce que je suis différente.

Les relations sexuelles me dégoutent. Pour moi, elles sont une menace, qui tombera un jour parce que le monde est fait de telle sorte qu'on ne peut pas y échapper.

Mais l'amour, lui, il me fait rêver. Et pourtant, j'ai peur d'en être privée.

Et je suis incapable de dire si c'est parce que je suis trop renfermée sur moi-même, ou si c'est parce que quelque chose en moi est fait de telle sorte que non, jamais je n'aurais le droit de connaitre les fameux papillons dans le ventre.

Au final, je ne sais pas qui je suis, ce que je suis et encore moins ce que je veux. L'avenir fait peur, et le fait de ne pas être comme les autres le rend encore plus incertain pour moi.

Je ne sais pas ce que je cherche ici, mais ça fait du bien de mettre des mots sur ce qu'on ressent. Je vous remercie de m'avoir lue, et m'excuse d'avoir pris de votre temps.

Passez une bonne journée et à bientôt peut-être ~

sophsanc
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Re: Un peu de moi et de ce qui me trotte dans la tête...

Message par sophsanc » 11 sept. 2013, 10:43

ne vous inquiétez pas, tout ce que vous décrivez, je l'ai ressenti et je le ressents encore aujourd'hui

une psychanalyste m'a fait la morale des années durant, aujourd'hui, je suis mariée et j'ai deux enfants et... je rêve de ne plus jamais avoir de relations sexuelles ! j'aime bien mon mari mais sans plus, et j'ai horreur de faire ça !

je suis sans doute totalement frigide : et alors ! je ne fais de mal à personne !

je ne comprends pas cette société qui n'admet pas les personnes qui n'aiment pas la sexualité

on est plus conciliant avec les personnes qui se droguent au tabac qu'avec ceux qui ne veulent pas de vie sexuelle alors que la sexualité est juste une corvée sans intérêt

je préfère cent fois lire un bon roman, cela me donne beaucoup plus de plaisir !

en tout cas, j'ai réussi à me faire prescrire de l'androcur : j'ai indiqué à la gynéco que je souffrais de trop fortes pulsions sexuelles, elle m'a cru, et résultat, je suis débarassée desdites pulsions, le bonheur !

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Re: Un peu de moi et de ce qui me trotte dans la tête...

Message par RValiasRV » 11 sept. 2013, 16:17

Je confirme les propos de sophsanc, nous sommes nombreux à être passés par là :
Aujourd'hui, j'ai 19 ans et je suis vierge. Totalement. Je n'ai jamais embrassé personne, ni fille ni garçon. Je n'en ai jamais éprouvé l'envie. Pire même, l'idée me rebute. Je ne vous parle même pas de mon ressenti vis à vis des vraies relations sexuelles, qui elles m’écœurent littéralement.
Les relations sexuelles me dégoutent. Pour moi, elles sont une menace, qui tombera un jour parce que le monde est fait de telle sorte qu'on ne peut pas y échapper.
Ah c'est un sentiment qu'on est nombreux à éprouver, et pas facile à «assumer» : on peut nous reprocher d'être dégouté par le sexe plutôt que d'être asexuel...
En réalité, je suis timide. Extrêmement timide. Et malheureusement pour moi, cette timidité a causé un énorme renfermement sur moi-même à l'âge où l'on est supposé développer sa sexualité (entre 11 et 16 ans). Je n'avais pas d'ami, pas d'entourage, j'étais seule.
Encore aujourd'hui, je n'ai aucun ami "réel", même si je m'en suis fait quelques-uns "virtuels" grâce à des forums.
Mais ça n'empêche pas que ma vie sociale est totalement désertique. Du coup, je me demande si mon absence de sentiments amoureux et de désirs n'est pas simplement du à une absence de candidats? Est-ce que c'est possible de ne jamais avoir rien éprouvé juste parce que je ne me mêle pas assez aux autres?
Y a-t-il un âge à partir duquel on peut dire qu'on a suffisamment attendu le "déclic amoureux" pour admettre que jamais on ne l'aura?
Je ne me prononcerais pas pour le déclic amoureux, en revanche, j'ai pu vérifier autour de moi une idée simple : c'est dans (à partir de) ses années d'études dans le supérieur que l'on se forme ses amitiés de long terme. Et cela peut se faire bien plus tard, avec des initatives du type OVS, dans la vie associative (voire professionnelle...), etc...
Et aussi, à partir du moment où l'on n'a pas d'attirance physique pour quelqu'un, comment différencie-t-on une personne de qui on est amoureux d'un ami proche? Y-a-t-il réellement une différence?
Je ne sais pas si l'on peut tomber amoureux sans avoir d'attirance physique (en ce qui me concerne, cela n'est arrivé que dans des squishes, et encore...), mais la différence, c'est cette obsession de l'être aimé, cette envie d'être en permanence avec la personne en question, du moins, c'est comme cela que je vois les choses.
J'idéalise l'amour. Je rêve d'une relation amoureuse, remplie de tendresse, d'attention, de câlins et de bonheur. J'attends la personne qui viendra réaliser ce rêve. Celui ou celle qui me complétera et qui me tiendra la main pour avancer dans la vie.
Je pense que c'est une bonne chose d'avoir cet idéal, il peut te servir de guide pour savoir vers quoi aller, et prendre des décisions en fonction
J'attends, mais plus j'attends, plus j'ai peur. Que cela ne vienne jamais. Que je sois condamnée à être seule pour toujours, parce que je suis différente.
On a longuement essayé de m'inculquer cette même crainte, je ne suis plus sensible à cet argument à présent.
Au final, je ne sais pas qui je suis, ce que je suis et encore moins ce que je veux. L'avenir fait peur, et le fait de ne pas être comme les autres le rend encore plus incertain pour moi.
Je pense que tu as au contraire toutes les raisons de te montrer optimiste : dis-toi maintenant que tu connais l'asexualité, et que tu sais que tu n'est pas la seule à être «différente» !
Je ne sais pas ce que je cherche ici, mais ça fait du bien de mettre des mots sur ce qu'on ressent. Je vous remercie de m'avoir lue, et m'excuse d'avoir pris de votre temps.
Merci à toi surtout, c'est toujours aussi émouvant d'avoir des témoignages de parcours pas si différents dans le fond :)
L'homme a toujours voulu croire en quelque chose car il est difficile de croire en soi.

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