magazine psychologie mai 2006

Comment le monde nous voit-il, comment nous voyons le monde : apparitions dans la presse, interviews, événements, etc.
cerise2
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magazine psychologie mai 2006

Message par cerise2 » 29 avr. 2006, 10:17

Tout est dit dans le titre, ce mois-ci dossier sur l'asexualité.
Bonne lecture

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Syd
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Message par Syd » 29 avr. 2006, 12:04

Merci pour l'info :D
SUr le site du magazine, on y lit juste ceci :

Pourquoi ils ne font pas l’amour
« Asexuels » ou abstinents, jeunes ou moins jeunes, ils n’ont plus de vie sexuelle. Enquête sur un phénomène en progression.

« L’abstinence est la faim d’autre chose »
Un entretien avec le journaliste et écrivain Jean-Philippe de Tonnac.


( http://www.psychologies.com/cfml/sommaire/index.cfm )

Apparemment ils parleraient de tous ceux qui ne "font pas l'amour", quelle que soit leur raison... Donc parlent de abstinents aussi...
Va falloir que j'attende mardi pour en savoir plus... quel suspense :x A moins que quelqu'un d'autre le déniche avant ?

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Jullianna
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Message par Jullianna » 29 avr. 2006, 14:36

:D Merci aussi , Cerise

bon , je vais essayer de me le procurer pour ce week end ...

mais déjà , le titre " gripe " ... phénomène en progression :x !! ... :o :lol:

cerise2
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Message par cerise2 » 29 avr. 2006, 14:51

si mon scanner fonctionnait je vous aurais envoyé les pages.

En ce qui concerne l'ecriture , psychologie mag n'est pas très objectif mais les intervenants oui comme Catherine Blanc (sexologue - "La sexualité des femmes n'est pas celle des magazines") et Jean Philippe de Tonnac ( Nouvel obs.)

Quand je dis "Psychologie mag n'est pas très objectif", c'est surtout à la manière de poser les questions comme celle _ci :
"Les abstinents (je ne m'arrête pas sur le mot abstinent) que vous avez rencontrés espèrent-ils un jour renouer avec la sexualité ?" cette question je la comprend comme l'idée que ce sont des cas désespérés et qu'un jour il vont s'en sortir, (...parce que quand même c'est malheureux...). Enfin je le percois comme ca.


Ou encore cette question de PM : "Les autoproclamés "asexuels" prétendent n ressentir aucun désir. L'américain David Jay, leur chef de file, n'avait que 22 ans lorsqu'il a fondé ce mouvement en 2001. Un peu jeune pour être crédible, non ?"

En quelque sorte je trouve que les questions de PM correspondent finalement à l'etat d'esprit ambiant concernant les "ceux qui ne le font pas " et sont le reflet des interrogations des S.

Autre reflexion de PM toujours dans le meme état d'esprit :
"D'autres bien campés dans le printemps de leur désir, se retrouvent abstinents malgré eux, faute de trouver le bon partenaire..." (ceci me parle car c'est vraiment l'impression que je laisse auprès de mon entourage, du style , la pauvre elle a pas encore trouvée....) -

et j'adore la réponse succulente de JP de Tonnac : C'est effectivement le cas de ces célibataires qui fréquentent les speed dating, etc.... Je crois que ce qui reunit bon nombre d'entre eux, c'est souvent mmoins l'envie de rencontrer l'aâme soeur que de rester à l'abri d'une rencontre qui les inquiète encore, tout en donnatn l'air de chercher... Chercher c'est encore socialement correct.

En définitive c'est plutôt interressant...

Pour les amateurs de statistiques :
Analyse des comportements sexuels en France (ACSF) : 6.2% des hommes et 12.4% des femmes ne font jamais l'amour, ces resultat datenet de 1992. Combien sont-ils aujourd'hui ? prochaine évaluation en 2007

et en France va falloir se réveiller, voila ce qui est dit :
En France , ces mouvements ne semblent pas véritablement avoir fait d'emules....( nous français sommes des abstinents) . Il est ajouté :l'abstinence ( a comprendre asexuels car visiblement la langue française aime remplacer un mot brut pour un mot plus soft*) a mille visages : celui du jeune homme qui repousse le moment de se lancer, de l'adepte d'une voie sprirituelle, ou de la mmère célibataire qui ne rencontre pas de nouveau compagnon.

(* rien a voir avec le sujet masi ca me rappelle une emission sur la cinq qui parlait de la pauvreté et qu'en france on nommait cla la précarité car c'était moins choquant, tout le monde en a une vague idée et comme cela on peut penser que ca n'existe pas en France. Mais quand appellerons -nous un chat un chat... c'est à l'image du politiquement correct... bref). Je me calme , je me calme.... zen Cerise

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Syd
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Message par Syd » 29 avr. 2006, 15:59

Ah merci pour cette petite synthèse, Cerise2 :D

Donc, on mélange joyeusement les A et les abstinents, pas seulement au niveau des appellations mais aussi au niveau des significations.
cerise2 a écrit :En quelque sorte je trouve que les questions de PM correspondent finalement à l'etat d'esprit ambiant concernant les "ceux qui ne le font pas " et sont le reflet des interrogations des S.
On peut en déduire que les auteurs de l'enquête ne sont jamais venus sur notre forum... Car ils semblent assez en retard par rapport aux articles du Monde 2 et de COurrier International (qui commencent à dater un peu). On devrait avoir dépassé le stade des "interrogations" pourtant. :? Les réponses sont là pour qui veut s'en donner la peine.

Amalgames et interrogations, on est pas sortis de l'auberge... :| D'un autre côté, un article de plus sur la non pratique sexuelle, c'est sympa pour les A qui s'ignorent qui liront ça :)

Précarité/pauvreté... zen Cerise, moi aussi ça m'agace prodigieusement. :x

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Eclora
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L'enquête intitulée "Pourquoi ils ne font pas l'amour&q

Message par Eclora » 30 avr. 2006, 16:58

Cerise2 a écrit :En ce qui concerne l'ecriture , psychologie mag n'est pas très objectif mais les intervenants oui comme Catherine Blanc (sexologue - "La sexualité des femmes n'est pas celle des magazines") et Jean Philippe de Tonnac ( Nouvel obs.)
En effet, l'enquête du magazine est bourré de sous-entendu.
En plus, le dossier porte essentiellement sur les abstinents et non sur les A.

-------------

Concernant l'article intitulé "Ils ne font pas l'amour" :

-Dès l'intro ça part en vrille :

Aux Etats-Unis, ils se proclament "asexuels". En France, ils sont tout simplement abstinents*.
(*déjà là on comprend que le sujet va se contenter du minimum. Petite note : la rédactrice de l'article, Laurence Lemoine, connaissait pourtant l'existence du site Aven, puisqu'elle le mentionne dans son article, alors pourquoi n'a-t-elle pas eu l'idée de faire un tour sur le forum français avant de rédiger son article ?)

(A noter également que sur les 3 pages que font l'article seules une vingtaine de ligne (d'environ 6 mots chacune en moyenne) sont réellement consacrées à l'asexualité tels que nous, A, la définissons.)

-Les sous-entendus :

Qu'est-ce qui empêche* des individus, seuls ou en couple de faire l'amour ? (*empêche ??? Cela sous-entend qu'il y a forcément un élément donc une cause qui crée un blocage)

Le phénomène a commencé à être médiatisé en 2001, lorsqu'un jeune homme de 22 ans, David Jay, crée le site Aven dans l'espoir* de fédérer tous ceux qui, comme lui, vierges ou pas, n'ont aucun goût pour le sexe. La pudibonderie n'y serait** pour rien. Lui et ses semblables seraient** "asexuels" par nature, comme on se découvre un jour hétéro, homo ou bi.
(*dans l'espoir ??? pourquoi ne pas avoir écrit "dans le but" ou "dans l'objectif". Si la journaliste à choisi l'espoir ce n'est pas pour rien, quand utilise-t-on ce terme, si ce n'est lorsque l'on est au porte du désespoir justement ?! Donc cela sous-entend que David Jay été désespéré au point d'être obligé de crée un site pour qu'avec de la chance il puisse se rendre compte qu'il n'est pas le seul à être A.
**serai(en)t ??? utilisation du conditionnel, ce qui sous-entend que la journaliste doute de la sincérité de ces propos.)

Sur le Vieux Continent, une jeune artiste néerlandaise, Geraldin Levi Joosten-van Vilsteren, prend le relais de cette revendication identitaire. En ce qui la concerne, elle ne se proclame pas seulement "asexuelle", mais tout bonnement "non-libidoïste" : jamais elle n'aurait* ressenti un frémissement de désir sexuel. Et jamais, elle le jure, elle n'en aura.
Elle a 23 ans**…

(*aurait ??? conditionnel quand tu nous tiens !
**23 ans, sous-entendu elle est trop jeune pour être certaine de ne jamais ressentir de désir, donc ce qu'elle dit ne tiens pas la route.)

Et l'abstinence a mille et un visages* : celui du jeune homme qui repousse le moment de se lancer**, de l'adepte d'une voie spirituelle qui consacre son énergie libidinale*** à des buts plus élevés, ou de la mère célibataire**** qui ne rencontre pas de nouveau compagnon.
(*mille et un visages ??? Alors pourquoi ne pas mettre des points de suspension après les trois cas énoncés !?
**repousse le moment de se lancer ??? Sous-entendu il a la trouille ou manque de confiance en lui et plus simplement les deux.
***Energie libidinale ??????????????? Alors là je reste baba !!! Comment peut-on utiliser ses pulsions sexuelles à des fins spirituels ??? Pour les croyants du site une p'tite question pour m'éclairer : avez-vous besoin de pulsions sexuelles pour "suivre le chemin de Dieu" ? Je suis perdue là.
****La mère célibataire ??? Sous-entendu, elle a une bonne excuse, voire plusieurs : déjà elle a un ou des enfants, ensuite elle n'a probablement pas le temps une mère célibataire qui travaille n'a pas le temps d'aller draguer en boîte, et enfin, selon l'âge de cette mère célibataire il se peut qu'elle soit quelque peut "défraîchi" donc forcément la pauvre elle ne risque pas de trouver un nouveau compagnon)

La conclusion de "l'enquête" : Si l'abstinence est politiquement incorrecte, elle est un passage naturel* pour beaucoup d'entre nous. Réjouissons-nous de ne pas être des bêtes…de sexe!
(*passage naturel ??? sous-entendu ça peut arriver mais ça ne doit pas durer. Je suppose que c'est en "parallèle" à ce passage de l'article: Un journaliste du Canard enchaîné, David Fontaine, s'est penché sur ces nouveaux célibataires trentenaires de plus en plus nombreux à connaître de longues périodes d'abstinence (entre six mois et cinq ans), à un âge où la sexualité est censée battre son plein.)

-Les prétendues causes de l'abstinence :

Sont en cause la peur de décevoir, mais aussi la peur des fantasmes à l'œuvre dans la sexualité, que les plus jeunes ne sont pas encore en mesure, physiologiquement et psychiquement, d'intégrer dans leurs échanges.
Quant aux couples touchés par l'abstinence, eux seuls peuvent savoir s'ils s'acheminent vers la fin de leur relation – où l'absence de projet tarit le désir – ou vers un nouvel équilibre.


Et d'après la psychanalyste et sexothérapeute Catherine Blanc, les mécanismes de défense que nous mettons en place – en l'occurrence ici le refus de la sexualité – règlent souvent plusieurs problèmes à la fois.
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Eclora
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L'entretien avec J-P de Tonnac

Message par Eclora » 30 avr. 2006, 17:05

L'entretien avec Jean-Philippe de Tonnac :

Je vous retranscrit tout d'abord le petit encadré qui fait office de "pub" pour le livre qu'il va publier, intitulé : La révolution asexuelle. Ne pas faire l'amour, un nouveau phénomène de société. (Albin Michel, 298 p., 19 €, à paraître le 4 mai).

Le silence du corps.

Le dégoût de la chair,
la crainte d'être déçu,
la déception, l'inhibition,
le besoin de marquer
une pause, la ferveur religieuse…
Il existe tant de raisons de refuser son corps à l'autre.
L'auteur a mené une longue enquête journalistique
auprès de ceux qui ne font pas l'amour,
et prêté sa plume magnifique aux prémices
d'une révolution silencieuse.


------------

Psychologies: Après "ceux qui ne mangent pas", dans Anorexia, vous consacrez un ouvrage à "ceux qui ne font pas l'amour". D'où vient cet intérêt pour "ceux qui ne font pas" ?
J-P de Tonnac: J'ai toujours éprouvé de la sympathie pour les personnes qui se trouvent volontairement en marge ou exclues de l'idéologie ambiante. Dans cette société du "devoir jouir", je me sens des affinités avec ceux qui résistent à la pression. Ceux chez qui la sexualité exhibée, traduite en termes de longueur, de durée, de nombre de partenaires, suscite de la méfiance, voire du dégoût. Je trouve qu'il y a dans leur refus une dimension philosophique – peut-être altermondialiste – qui revient à dire : je ne suis pas une bête pour devoir assouvir un appétit sans "dialoguer" avec lui. Ce qui est humain, c'est de pouvoir discuter avec nos pulsions, les différer, les sublimer…


Je zappe la question "qui sont les abstinents ?", parce que la réponse est "un peu tout le monde" en beaucoup plus long :lol:

Psychologies: Le désintérêt pour la chose constituerait donc un mouvement de fond ?
J-P de Tonnac: Il est probable que l'accès au plaisir ait toujours été une affaire complexe. On sait bien qu'il ne suffit pas que deux corps s'unissent pour qu'il en résulte des apothéoses d'extase. Mais ce qui caractérise notre époque, c'est ce fossé abyssal entre l'érotisme acrobatique montré par les médias et les rapports souvent ennuyeux vécus par la plupart des gens. Brassens chantait :"Quatre-vingt-quinze fois sur cent, la femme s'emmerde en baisant". Mais la plupart des hommes n'y trouvent pas leur compte non plus. Le grand acquis de la révolution sexuelle est peut-être que la femme n'est plus la seule à simuler ! La merveilleuse harmonie entre deux désirs est une chose plutôt rare. Ceux qui n'ont pas cette chance n'ont plus qu'à faire semblant. Ou bien à renoncer.


Psychologies: Il semblerait pourtant que les couples en difficultés consultent davantage les sexologues.
N'y vont-ils pas pour retrouver une sexualité épanouissante ?
J-P de Tonnac: Ils viennent surtout pour être rassurés. Les médecins ont beau répéter qu'en matière de sexualité, il n'y a pas de norme, il existe aujourd'hui un incroyable besoin d'être "normal"…Beaucoup de couples s'imaginent que ne pas faire l'amour finit par se voir. D'autres se demandent si la perte du désir peut avoir des incidences sur leur santé physique, mentale ou sociale. Bien souvent, si on leur prescrit des produits sexo-actifs, ils ne les prennent pas. Car leur véritable demande n'est pas de retrouver ce qui a été perdu, mais d'entendre qu'il n'y a rien de grave ni d'exceptionnel à leur cas. Le sexologue Sylvain Mimoun rapporte que, au cours des années 1970, ses collègues et lui ont cherchés à ouvrir à leurs patients les voies du plaisir. Aujourd'hui, ils sont là pour rassurer ceux qui ne font pas l'amour.


Psychologies: L'abstinence dans le couple est-elle liée à l'érosion de l'amour ?
J-P de Tonnac: Pas nécessairement. Avec les années, ou peut-être par manque de conviction, on se dégage de la nécessité impérieuse du désir, et l'amour peut en sortir grandi. On s'habitue à dormir côte à côte sans plus y penser. Et le couple se consolide dans ce peu de désir. L'abstinence peut ainsi être un gage d'équilibre, une solution pour vivre ensemble. C'est aussi le signe qu'au-delà du désir, on avait des raisons de partager une vie. Le désir à pris d'autres voies.


Psychologies: Les autoproclamés "asexuels" prétendent ne ressentir aucun désir. L'américain David Jay, leur chef de file, n'avait que 22 ans lorsqu'il a fondé ce mouvement en 2001. Un peu jeune pour être crédible, non ?
J-P de Tonnac: Il est certain que la sexualité a besoin de temps pour se déployer et que les "asexuels" organisés autour du site Aven sont majoritairement des jeunes gens, vierges pour la plupart, ou alors pas très convaincu par leurs premières expériences. Néanmoins, il faut respecter ces personnes qui sont en train d'élaborer une réponse, fut-ce un refus prématuré, à la pression qu'on leur impose. Il y a une forme de courage à dire à ses parents ou aux copains qui vous demandent des comptes que l'on n'est pas tellement intéressé par ce sexe qui à l'air d'exciter tout le monde. On peut imaginer que dans un pareil contexte, "l'entrée en matière" soit un peu difficile, qu'elle suscite des réticences et de l'inquiétude. Les asexuels prétendent représenter un quatrième genre, à côté des hétéros, des homos, des bi. Je crois davantage à une réaction identitaire dont l'extrémisme est à la mesure de l'incitation à consommer. Nous n'avons pas assez de recul pour savoir combien le resteront.


Psychologies: Les abstinents que vous avez rencontrés espèrent-ils un jour renouer avec la sexualité ?
J-P de Tonnac: Là encore, les cas sont très variés. Certains, comme les "asexuels" ou leurs homologues "non-libidoïstes" aux Pays-Bas, adoptent une position très rigide, car l'abstinence est l'étendard grâce auquel ils affirment leur identité. Comme les anorexiques lorsque la maladie s'installe, ils sont "ceux qui ne font pas l'amour" et vous ne les décrocherez pas de ce rocher qui les rassure. D'autres ont fait un choix plus amer : ils ont renoncé à une vie sexuelle qu'ils ont pourtant aimée, mais qui cristallise toutes leurs désillusions sur le couple et l'amour. Ils entrent alors en "hibernation", le temps de faire le deuil d'une histoire ou le point sur leur vie. Dans ce temps de pause, il arrive que l'on se découvre une orientation sexuelle différente. Ou que, grâce à ce retour sur soi, on devienne disponible pour "la" rencontre qui va bouleverser notre vie. Le désir à ses saisons…Au cours de mon enquête, une femme m'a confiée qu'elle était restée mariée des années à un homme insignifiant, mais affreusement brutal au lit. Un jour, à 50 ans passés, elle s'est résolue à le quitter. Elle pensait bien en avoir fini avec les hommes. C'est alors qu'elle a rencontré celui qui lui a fait découvrir le plaisir. A faire semblant au lit, et souvent partout ailleurs, nous gagnons le droit de passer à côté de nos vies.


Psychologies: D'autres, bien campés dans le printemps de leur désir, se retrouvent abstinents malgré eux, faute de trouver le bon partenaire…
J-P de Tonnac: C'est effectivement le cas de ces célibataires qui fréquentent les sites de rencontres ou les soirées de speed dating. Je crois que ce qui réunit bon nombre d'entre eux, c'est souvent moins l'envie de rencontrer l'âme sœur que de rester à l'abri d'une rencontre qui les inquiète encore, tout en donnant l'air de chercher. Toutes ces soirées fournissent un bon alibi pour rester dans l'attente, continuer de panser ses plaies ou d'explorer ses envies. Chercher, c'est encore socialement correct. L'abstinence n'est pas absence de faim, dans ce cas, mais faim d'autre chose, faim gigantesque que les rencontres risquent, croit-on, de ne jamais satisfaire.


Psychologies: Au fond, ce qui caractérise ces renoncements, c'est le sens de l'absolu.
J-P de Tonnac: Exactement. Un refus de ce qui va peut-être décevoir et une attente toujours du sublime. En écrivant mon livre, j'ai eu un peu le sentiment de décrire la sexualité depuis la rive où l'on ne fait pas l'amour. De ce côté-ci du fleuve, des gens parlent de ceux qui s'ébattent sur la rive d'en face. Ils disent leur envie, leur déception, leur nostalgie. Ceux qui tiennent les discours les plus définitifs sur le sexe tentent peut-être de nous convaincre pour mieux se convaincre eux-mêmes que cet amour-là n'est pas pour eux. Mais en creusant un peu, il y a quelque part le rêve de quelque chose de plus beau, de plus grand que ce que l'on connaît déjà.


Psychologies: Ils leur faudrait donc réévaluer leur désir à la baisse pour revenir à des jeux amoureux ?
J-P de Tonnac: Ou en tout cas prendre le temps de le découvrir. Notre société essaie de travestir nos désirs en besoins. Nous n'avons pas le temps de les explorer qu'elle les a déjà comblés, saturés, et a fini par nous aliéner à eux. Il n'y a plus aucune saveur dans l'objet de nos addictions. Ceux qui renoncent à assouvir leurs pulsions sexuelles préfèrent leur désir immense aux petites morts annoncées. Les germes, les braises de ce désir leur paraissent infiniment plus prometteurs que ces plaisirs rapides, ces sensations fausses qui les éloignent d'eux-mêmes. Le retour à la sexualité semble dès lors passer par un temps d'apprivoisement. Le succès du tantra montre bien ce besoin que nous avons de faire correspondre la pratique à un désir authentique, réapproprié. Il y a dans cet apprentissage l'espace d'une redécouverte de la sensation, du contact, de l'abandon. Si elle n'est pas une voie de connaissance de l'autre et de soi, la chair est triste, en effet.
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Message par Miaous » 01 mai 2006, 04:54

Image Image Image Image Image

Tu as tout retapé à la main? Si oui, chapeau. Si non, bah chapeau pour avoir retrouvé l'interview :D

Mais il ne faut pas oublié qu'il y a une mauvaise interprétation de certaines définitions: il y a confusion entre asexualité et abstinence. Image
Et je comprends tout a fait la réaction de certaines personnes, qui ont du mal à croire que l'on ne puisse par ressentir de désir face à une personne que tout le monde trouve désirable. Faut juste être capable de sortir des schémas de pensée habituels et ça devient plus clair ensuite :D
Quand ils cherchent à discréditer les intervenants en invoquant leur jeunesse, ils oublient que c'est dans ces tranches d'âge que les hormones s'agitent le plus Image

Dans l'interview, les asexuels sont montrés de façon plutôt négative et il y a encore méprise sur l'asexualité. Mais bon, il a le mérite de soulever une question qui a été soulevé sur le site anglais et que je me suis également posé :
Il y a des S qui sont devenus A, mais il doit y avoir des personnes qui doivent vivre la situation inverse, de A vers S. Mais quelle proportion? Image


-Ca s'émerveille chez les abeilles-
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Re: L'enquête intitulée "Pourquoi ils ne font pas l'amo

Message par Syd » 01 mai 2006, 15:14

Merci beaucoup Eclora :D (et bravo pour le boulot ;-) ).
Eclora a écrit :Aux Etats-Unis, ils se proclament "asexuels". En France, ils sont tout simplement abstinents
J'adore, j'adoore ! Non seulement ils n'ont rien pigé aux asexuels, mais ils ont rien capté aux abstinents non plus.

Alors effectivement, entre les conditionnels, les sous-entendus sur l' "espoir" et l' "empêchement", les arguments creux (la jeunesse, alors que tant d'A ont plus de 20 ans, et que David Jay a maitenant 28 ans), cet article est un chef-d'oeuvre de toutes les conneries qu'on a pu écrire sur nous. Il y a tant de perles, ma parole, c'est un champion du monde !Image
Eclora a écrit :Pour les croyants du site une p'tite question pour m'éclairer : avez-vous besoin de pulsions sexuelles pour "suivre le chemin de Dieu" ? Je suis perdue là.
Et moi je suis pliée de rire Image


L'interview est plus intéressante, mais complètement à côté de la plaque nous concernant. Parler de "réaction identitaire" montre une nouvelle fois que soit le journaliste n'a pas pris la peine d'étudier en profondeur notre réalité, soit ne peut tout bonnement pas imaginer et concevoir que des gens puissent le plus simplement du monde ne pas ressentir de désir sexuel pour quiconque.

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Message par Eclora » 01 mai 2006, 18:07

Miaous a écrit :Tu as tout retapé à la main? Si oui, chapeau.
Bah je voulais tout retapé avec les doigts de pieds mais j'y suis pas arrivé :lol: :P :wink: (j'ai aucun mérite, ça m'a pris moins d'une heure, sur un week-end de trois jours c'est pas exagéré :wink: )
Miaous a écrit :Mais il ne faut pas oublié qu'il y a une mauvaise interprétation de certaines définitions: il y a confusion entre asexualité et abstinence
Le problème c'est que l'article est en rapport avec la sortie du livre de Jean-Philippe de Tonnac, et que ce dernier a décidé de réunir sous le terme d'asexualité tout ceux qui ne font pas (ou plus) l'amour quelles que soient leurs raisons.
Je vais posté les témoignages qui sont rapportés dans le magazine et qui, si je ne m'abuse, sont extrait du livre de J-P de Tonnac. Dans ces témoignages, on peut voir qu'il y a une utilisation très abusif du terme abstinence qui est utilisé à toutes les sauces même quand l'absence de sexualité de celui qui témoigne est subi, alors qu'à la base l'abstinence est une privation volontaire et non imposé.
Miaous a écrit :Quand ils cherchent à discréditer les intervenants en invoquant leur jeunesse, ils oublient que c'est dans ces tranches d'âge que les hormones s'agitent le plus Image
Oui, ils l'oublient car ils pensent avant tout au fait que quand on est jeune :
- on ne sait pas ce qu'on veut
- on ne connait rien à la vie
- on se rebelle
etc...
Bref les préjugés et autres stéréotypes bien connu.
Miaous a écrit :Il y a des S qui sont devenus A, mais il doit y avoir des personnes qui doivent vivre la situation inverse, de A vers S. Mais quelle proportion? Image
La proportion doit être moins importante car, paraît-il, moins on a de rapports moins on a envie d'en avoir, et plus on reste longtemps sans faire l'amour plus la possibilité de le faire un jour s'amenuise (donc peu de A deviendront S).
A l'opposé, plus on pratique, plus on risque d'en être lassé, dégoûté, bref une fois qu'on a tout fait on est blasé (donc les S "excessifs" risquent de devenir A quand ils auront eus leur "dose")
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Message par Eclora » 01 mai 2006, 18:32

Syd a écrit :Non seulement ils n'ont rien pigé aux asexuels, mais ils ont rien capté aux abstinents non plus.

Alors effectivement, entre les conditionnels, les sous-entendus sur l' "espoir" et l' "empêchement", les arguments creux (la jeunesse, alors que tant d'A ont plus de 20 ans, et que David Jay a maitenant 28 ans), cet article est un chef-d'oeuvre de toutes les conneries qu'on a pu écrire sur nous. Il y a tant de perles, ma parole, c'est un champion du monde !
Tout à fait d'accord. D'une part on a la pseudo-journaliste qui ne connait visiblement pas son sujet, et qui en plus n'est pas impartial dans sa façon de poser les questions. Et, d'autre part on a J-P de Tonnac que le sujet intéresse mais qui préfère le traiter comme ça l'arrange en mettant tout le monde dans le même sac, du coup même un type qui se fait jeté et qui reste sans petite amie 6 mois est déclaré abstinent donc asexuel (alors qu'il n'est ni l'un ni l'autre !!!)
Syd a écrit :Parler de "réaction identitaire" montre une nouvelle fois que soit le journaliste n'a pas pris la peine d'étudier en profondeur notre réalité, soit ne peut tout bonnement pas imaginer et concevoir que des gens puissent le plus simplement du monde ne pas ressentir de désir sexuel pour quiconque.
Oui, c'est un peu comme ce qu'avait écrit le sexologue Dominique Chatton dans son article "les asexuels mis à nu", il y parlait de "revendication identitaire" et disait : "Nous sommes dans une société du «J’suis comme ça». Dès qu’on est confronté à quelque chose d’un peu difficile à modifier, on en fait une nouvelle identité"
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Les témoignages

Message par Eclora » 01 mai 2006, 19:02

Il y a sept témoignages :

-> Elisa, 47 ans, mariée, n'a pas fait l'amour pendant sept ans.
"Peu à peu mon appétit sexuel s'est enfui. (…) Je ne sentais pas mon corps comme un corps sexué. Je m'en servais beaucoup pour travailler – c'est très physique, et sensuel, de s'occuper des chevaux – et c'était assez. J'étais physiquement loin de tous, même de ceux que j'aimais.
Je ne touchais plus, on ne me touchait plus, comme si c'était dangereux, que ça pouvait réveiller quelque chose d'ingérable dans mon corps…Mes fantasmes étaient sans visage. Mon désir n'était dirigé vers personne. Je rêvais d'un "autre" avec qui je ne serais pas seule…Evidemment, le plaisir solitaire ne comble pas ce désir là. J'ai aussi abandonné ça, pendant de longues périodes. Jouir seule, ça n'a pas beaucoup de sens. Ce que j'aime, moi, c'est la jouissance à deux. (…) Je n'avais pas abandonné l'idée de la sexualité, encore moins de l'amour, mais je m'en suis éloignée par la force des choses. On vit très bien sans, même si on vit beaucoup mieux avec. (…)"


-> Clotilde, 27 ans, célibataire, n'a jamais fait l'amour.
"Je n'ai jamais fait l'amour. Je n'en ai jamais eu envie, ni avec un garçon, ni avec une fille. Ma vie sexuelle se résume à un ou deux flirts, rien de bien convaincant. J'ai un ami très cher, auquel je tiens beaucoup, mais il n'a jamais été question de ça entre nous. Je ne préfère pas. J'ai un fort besoin de tendresse, mais aucun désir sexuel. Pour moi, l'amour se définit par la complicité, la dépendance affective, la confiance absolue, la possibilité de tout se dire, et encore plein d'autres choses, mais pas le sexe. Je ne sais pas pourquoi, ça ne me fait pas envie. Peut-être que dans ma soif de perfectionnisme et d'idéalisme, je confonds amour et amitié. Peut-être que j'ai besoin de travailler beaucoup sur moi pour accepter que mes relations amoureuses ne soient pas calquées sur la relation fusionnelle et non charnelle que j'ai avec mon frère… Elle représente toujours pour moi "le" modèle relationnel par excellence. Faire l'amour ne me manque pas. Le seul problème que ça me pose, c'est que je me demande si je suis normale. Et à quoi va bien pouvoir ressembler ma vie…"

(il avait pourtant bien commencé ce témoignage)

-> Jacques, 32 ans, moine, n'a pas fait l'amour depuis dix ans.
"Je suis moine depuis dix ans. Les gens ont du mal à comprendre que l'abstinence n'est pas pour nous une souffrance, mais une forme de liberté. Je cherchais dans le sexe quelque chose d'infini que je n'y ai jamais trouvé. Je me perdais dans les relations violemment fusionnelles et j'en retirais plus de vertiges que de plaisirs. C'était une course sans fin. Au monastère, j'ai appris à canaliser mon énergie vers d'autres objectifs, qui m'emplissent mille fois mieux. On croit que le corps a besoin de sexualité pour exulter. C'est faux! Je ne me prive pas, je choisis. Le sexe ne me manque ni plus ni moins que le vin, la viande ou le cinéma du dimanche soir. Ca n'est pas un effort, c'est un autre chemin. Mon désir est orienté vers autre chose : la prière, la fraternité, la profondeur spirituelle…C'est pour ça que mon corps ne souffre pas de cette abstinence. Et moi non plus."

(ah bah oui parler d'abstinence sans mettre le témoignage d'un moine c'est comme visiter Paris sans aller voir la Tour Eiffel)

-> Guillemette, 50 ans, divorcée, n'a pas fait l'amour depuis six ans.
"Cela va faire six ans que je n'ai pas fait l'amour. Mon mari, après une grave dépression, a quitté la maison. Je n'ai pas choisi de renoncer à la sexualité, mais la réalité s'est installée. Les deux premières années, je n'ai pas ressenti de manque. Et puis est apparue une angoisse latente, presque plus intellectuelle que physique; une petite impression de déprime, que je me débrouille pour chasser bien vite. Je ne vis pas l'abstinence comme une frustration, mon humeur reste égale, ça ne rejaillit pas sur ma relation aux autres. Mais j'essaye de décortiquer pourquoi je suis aussi distante avec la gent masculine. Je n'en suis pas encore aux solutions, mais je me dis qu'il serait peut-être temps de balayer les fausses excuses et d'accepter de vivre pleinement ma vie de femme."

(ah parce que si on a pas de rapports sexuels ça signifie qu'on ne vit pas une vie de femme :? )

-> Pascale, 42 ans, divorcée, n'a pas fait l'amour depuis cinq ans.
"J'ai lu que les pulsions sexuelles d'une femme peuvent s'endormir, tout simplement. C'est ce que je ressens. Je n'ai jamais renoncé à avoir des activités sexuelles – j'ai même pas mal de prétendants -, mais je n'éprouve aucun désir, aucun besoin. J'ai tant souffert dans ma vie sentimentale…Je me retrouve seule avec trois enfants à éduquer, et l'unique chose que je ressens, parfois, c'est un manque de tendresse. En toute franchise, le manque de sexe est inexistant. Je me passe de relations sexuelles, car celles-ci sont irrémédiablement liées à la présence d'un homme dans ma vie. Après deux échecs, j'ai décidé que seuls mes enfants et mon travail, que j'aime, comptaient. Et j'y suis arrivé. J'aime ma liberté! Plus je connais les hommes et plus je pense que la plupart d'entre eux ne voient dans la tendresse que l'espoir d'avoir le sexe ensuite. Moi je crois qu'il est temps qu'ils apprennent, à leur tour, à pouvoir exister et s'assumer seuls. Quand ça sera le cas, nous pourrons enfin vivre tranquillement les uns avec les autres. Et le sexe ira de pair, tout naturellement."

(là aussi ça avait bien commencé)

-> Philippe, 45 ans, séparé, n'a pas fait l'amour pendant un an.
"Ni Catherine ni moi n'avons décidé d'arrêter de faire l'amour. (…)Quand elle avait envie, moi pas, et réciproquement. (…) On ne trouve pas les mots, et un jour, on se rend compte que l'on ne s'est pas touchés depuis un an…On a laissé les choses se détériorer pour arriver à une espèce de camaraderie tendre mais sans désir. Tout ce qui touche à la question devient très compliqué; c'est beaucoup plus simple de laisser tomber…C'est terrible de se retrouver comme un môme qui ne sait plus s'y prendre devant la femme avec laquelle il vit depuis dix ans…C'est bien moins dangereux de ne rien faire que de risquer que ça soit raté. Je n'ai pas réellement souffert de manque, pourtant l'abstinence m'a plongé dans un grand moment de solitude, très douloureux, dont je n'avais pas conscience. C'est en rencontrant une autre femme, qui m'a réveillé, que j'ai réalisé que je m'étais endormi."


-> Cécile, 38 ans, célibataire, n'a pas fait l'amour depuis dix-huit mois.
"L'homme que j'aime est parti il y a deux ans. Les premiers mois, le chagrin était si violent que tout s'est arrêté. Ma vie entière était en manque de lui. Petit à petit, l'absence s'est installée est là, j'ai commencé à sentir mon corps réclamer. Une sorte de désir urgent dont je ne sais pas quoi faire, ni vers qui ou quoi le diriger. Je n'ai envie de personne d'autre que lui… Je me débats depuis des mois avec ça. J'alterne les périodes d'abandon, où mon désir me laisse tranquille, et des périodes d'ébullition, où il me tourmente à devenir folle. J'ai l'impression d'être perdue dans un désert dont personne ne peut me sortir, pour le moment. J'ai fini par rencontrer d'autres hommes, pour essayer de rester vivante. J'ai de nouveau une vie sexuelle, des sensations, et même quelques jolies émotions. Je baise, mais je ne fais toujours pas l'amour. Et le manque est toujours là, profond, cuisant, parfois même désespérant."

(c'est son témoignage que je trouve désespérant, le pire c'est ça : "j'ai fini par rencontrer d'autres hommes, pour essayer de rester vivante" :shock: )
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Message par cerise2 » 01 mai 2006, 20:33

Bravo eclora pour la saisie du texte dans les deux sens...

En fin de compte les témoignages hormis celui du moine : bizarrement c'est celui qui peut être entendu par les non A (puisque la religion prône le voeu de chasteté et pour en avoir cotoyé ils respirent la joie de vivre -sorte de béatitude- on ne peux pas leur enlevé ça , vraiment c'est remarquable , je parle surtout des communautés religieuses, cela m'a toujours surprise) donc quelque part c'est normal.

Par contre les autres témoignages c'est à pleurer. Comment convaincre les S de cet état qui parait tellement désespérant. La j'en reviens à ma phrase préférée dans les moments d'incomprehénsion de la part de l'entourage : "Psychologie magazine : excusez-nous de vivre". Il y a toujours ce facheux dépit que je ne supporte pas limite ca fait pitié a lire.

Eclora - je te suis tout a fait dans ton raisonnement, si l'on prend les dernières phrases :
1- On vit très bien sans, même si on vit beaucoup mieux avec.
2- Le seul problème que ça me pose, c'est que je me demande si je suis normale. Et à quoi va bien pouvoir ressembler ma vie…"
3- mais je me dis qu'il serait peut-être temps de balayer les fausses excuses et d'accepter de vivre pleinement ma vie de femme." ( ca c'est la pire de tous, ben vla je/nous ne sommes pas des femmes , ca me rapelle une idée qu'une femme n'était pas une femme si elle n'avait pas procrée au moins une fois dans sa vie.... quoique que cette idée a toujours cours....)
4- Quand ça sera le cas, nous pourrons enfin vivre tranquillement les uns avec les autres. Et le sexe ira de pair, tout naturellement."
5- C'est en rencontrant une autre femme, qui m'a réveillé, que j'ai réalisé que je m'étais endormi."
6- Et le manque est toujours là, profond, cuisant, parfois même désespérant."

Finalement tout ceci n'est qu'un joli coup de pub a faire vendre - Ca a prit la tournure des emisions à la Delarue sur les célibatires qui ne sont que : j'espère que vous allez bientôt retrouver quelq'un enfin dans ce genre la sinon tout le monde pleure...

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Message par Eclora » 02 mai 2006, 00:54

Des petits trucs que je n'ai pas trop apprécié dans l'entretien avec J-P de Tonnac :

"Psychologies: Après "ceux qui ne mangent pas", dans Anorexia, vous consacrez un ouvrage à "ceux qui ne font pas l'amour". D'où vient cet intérêt pour "ceux qui ne font pas" ?
J-P de Tonnac: J'ai toujours éprouvé de la sympathie* pour les personnes qui se trouvent volontairement en marge ou exclues de l'idéologie ambiante."

*Eprouvé de la sympathie :? quand je lis ça j'ai l'impression qu'on lui fait pitié, qu'en son for intérieur il se dit "les pauvres ils n'ont pas de chances de se retrouver dans une telle situation". C'est vexant.

"J-P de Tonnac: Il est certain que la sexualité a besoin de temps pour se déployer et que les "asexuels" organisés autour du site Aven sont majoritairement des jeunes gens, vierges pour la plupart, ou alors pas très convaincu par leurs premières expériences. Néanmoins, il faut respecter ces personnes qui sont en train d'élaborer une réponse, fut-ce un refus prématuré, à la pression qu'on leur impose*."
*Fut-ce un refus prématuré à la pression qu'on leur impose :? je suis prête à mettre ma main au feu qu'il est convaincu au moins à 95% que les asexuel(le)s ne sont ni plus ni moins que des "rebelles" qui ne veulent pas faire ce que la "norme" leur dicte.

"J-P de Tonnac: Là encore, les cas sont très variés. Certains, comme les "asexuels" ou leurs homologues "non-libidoïstes" aux Pays-Bas, adoptent une position très rigide, car l'abstinence est l'étendard grâce auquel ils affirment leur identité. Comme les anorexiques lorsque la maladie s'installe*, ils sont "ceux qui ne font pas l'amour" et vous ne les décrocherez pas de ce rocher qui les rassure."
Lorsque la maladie s'installe :? d'accord il fait allusion à l'anorexie quand il emploi le terme de maladie mais je trouve la comparaison très mal choisie...à moins qu'il ne pense que nous ne nous définissons que par ce qui nous différencie des autres. Il dit que c'est l'étendard grâce auquel on affirme notre identité, c'est faux quand on rencontre quelqu'un dans la rue on ne va pas lui dire : "salut je suis abstinent/asexuel/anorexique(pour reprendre sa comparaison)" ce n'est pas intelligent de dire que cette différence affirme notre identité car justement c'est le genre de chose qu'on essai de cacher!

"J-P de Tonnac: Exactement. Un refus de ce qui va peut-être décevoir et une attente toujours du sublime. En écrivant mon livre, j'ai eu un peu le sentiment de décrire la sexualité depuis la rive où l'on ne fait pas l'amour. De ce côté-ci du fleuve, des gens parlent de ceux qui s'ébattent sur la rive d'en face. Ils disent leur envie, leur déception, leur nostalgie*. "
Leur envie, leur déception, leur nostalgie ??? Il a combien de rives ce fleuve car je ne suis ni sur la rive où l'on fait l'amour, ni sur celle où on regarde ceux qui le font en les enviant et en étant nostalgique !?! En fait, je crois que c'est carrément le titre de son livre qui est incorrect, il n'aurait pas dû l'appeler "l'asexualité" mais "le célibat +/- forcé" ça aurait été plus approprié.

Cerise2 a écrit :Finalement tout ceci n'est qu'un joli coup de pub a faire vendre - Ca a prit la tournure des emisions à la Delarue sur les célibatires qui ne sont que : j'espère que vous allez bientôt retrouver quelq'un enfin dans ce genre la sinon tout le monde pleure...
C'est ça, le message qu'ils ont fait passé c'est (en gros) "on peut vivre sans relations sexuels mais c'est tellement triste et difficile à vivre qu'il vaut beaucoup mieux que cette période sans sexe soit la plus courte possible"

Quoi qu'il en soit, cette "enquête" sur l'asexualité est très mal faite, il aurait peut-être fallut qu'il commence par ouvrir un dico pour regarder ne serait-ce que la définition du mot abstinence ! (Mais je me demande si ce n'est pas une tromperie volontaire que de faire croire que se retrouver sans relations sexuelles sans l'avoir voulu c'est de l'abstinence, pour créé la confusion afin que les gens ne pensent pas que se puisse être une privation volontaire, que c'est subit(par conséquent pas agréable à vivre))
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Message par Lyk » 02 mai 2006, 03:02

(c'est son témoignage que je trouve désespérant, le pire c'est ça : "j'ai fini par rencontrer d'autres hommes, pour essayer de rester vivante" Shocked )
haha, ca me rappelle un ami qui va parler à des... heu... filles (pour rester général) en disant qu'il connait un mec capable de les trouver jolies, sans éprouver le moindre désir, et elles qui répondent : "il est mort?"

sur le coup, je n'ai pas compris
en y repensant, ca me fait beaucoup rire :)

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