militer, visibilité, un très bon lien pour reflechir

Comment le monde nous voit-il, comment nous voyons le monde : apparitions dans la presse, interviews, événements, etc.
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melancolie
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militer, visibilité, un très bon lien pour reflechir

Message par melancolie »

Bonjour, j'ai trouvé un bon article sur Yagg sur le militantisme, ce qui peut faire réléchir sur notre propre positionnement à la visibilité et au militantisme /

http://leztranz.yagg.com/2011/06/24/mil ... isibilite/
Je pensai : "Pourquoi est-ce que quelqu'un ne fait pas quelquechose pour cela ?"
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Re: militer, visibilité, un très bon lien pour reflechir

Message par melancolie »

Militer

Je ne me pose pas la question de savoir si je dois militer, je milite, je suis dans l’acte et non dans le questionnement, mais militer, qu’est-ce que ça veut dire ? Défendre une cause, une idée, une conviction, sa position ?

Wikipédia définit « militer » par : « Aux origines, le terme militant (du latin miles, militis : « soldat ») concernait les personnes qui se battaient, les armes à la main, pour défendre (ou imposer) leurs idées et convictions propres ou celles de leur école de pensée. Le militantisme peut désigner un « zèle ardent » dont font preuve certains en vue de rallier des personnes à une cause. Au XXIe siècle, dans les pays à culture et fonctionnement démocratique, un militant utilise des méthodes moins violentes, encore que certaines actions agressives et contraignantes puissent parfois entrer dans la panoplie du militantisme. »

Donc je lis « pour défendre (ou imposer) leurs idées et convictions propres ou celles de leur école de pensée ». Militer est donc très subjectif. Il peut y avoir des militants de tous les bords. Prenons un exemple frappant, Christine Boutin, Christian Vanneste militent pour que le mariage reste hétérosexuel, le mouvement LGBT milite pour que le mariage soit ouvert à tous les couples. Même dans la formulation il y a des différences. Qui a raison ? Si j’écoutais Darwin je donnerais raison à Boutin et à Vanneste mais si j’écoute le courant Humaniste ou même le Romantisme, la vérité revient aux LGBT. Est-ce la différence entre l’Humain et l’Animal qui oppose Darwin et le courant Humaniste ? Je vais peut être un peu loin dans les méandres de la métaphysique.

En soi, nous sommes tous des militants de notre cause. Ne serait-ce que avoir des idées et les défendre, c’est militer ?

Concrètement, militer, qu’est-ce que cela veut dire ? Marcher aux marches des fiertés, zapper C. Boutin lorsqu’elle prend la parole en public, envoyer des communiqués de presse aux journalistes, manifester devant les ministères ?

Chacun milite à sa mesure, selon ses moyens, ses envies, ses idées, chacun milite comme il le peut et pour les idées qu’il a. La forme du militantisme ou plutôt les formes du militantisme sont très diverses, ainsi que les stratégies. Certains préféreront un militantisme politique – aller dans les instances politiques pour faire des « avancées » législatives, convaincre des députés et des sénateurs, envoyer des lettres au président de la République – d’autres préféreront un militantisme un peu plus musclé, et organiseront des manifestations, des occupations, des squattes, des zaps – empêcher par la force une personne de s’exprimer en public, ou une action qui peut être qualifiée de flashmob en visant une personne -, d’autres encore préféreront réaliser un militantisme « intellectuel » en écrivant des articles, des livres, en informant, en créant des sites web informatifs, en organisant des colloques, en réalisant des études scientifiques, d’autres encore peuvent faire un militantisme journalistique – Yagg par exemple -, et pour finir il y a ceux qui ne militent pas de façon évidente mais qui s’investissent sur le « terrain » et qui sont souvent appelés les « associations de terrain » qui viennent en aide, en soutien aux personnes qui en font la demande. Il y a une multitude de possibilités pour militer, et bien sûr, il est parfaitement possible de les combiner entre elles, il est d’ailleurs rare que les militants n’en utilisent qu’une seule. Les stratégies sont toutes aussi diversifiées, certains peuvent choisir d’aborder une cause d’un point de vue idéologique, qui peuvent être perçus comme des utopistes, et qui sont prêts ni au dialogue ni à la négociation, d’autres choisissent d’aborder une cause d’un point de vue plus pragmatique, qui sont souvent qualifiés de « traites » par les précédents car ils sont prêts à faire des concessions s’ils peuvent gagner un peu de terrain ailleurs. A cela vous pouvez aussi ajouter l’éthique de chaque militant, ce que sa moral lui permet ou non de faire. Tout cela combiner, nous pouvons en déduire que chacun milite à sa manière.

Vous comprendrez aisément pourquoi les militants sont si différents, et arrivent rarement à unir leurs forces, même si dans le fond, les idées sont souvent les mêmes. Il est bien plus facile de se poser en s’opposant, la négation, le nihilisme est une pratique qui demande peu d’investissement, peu de recherche et peu de réflexion comparé à la construction, à l’élaboration, à la proposition.

D’autant plus que le militantisme peut devenir un mode de vie, c’est bien souvent une cause qui touche personnellement le militant et qui, de fait, peut perturber son objectivité. Sa singularité sera constamment en conflit avec ses décisions. Militer peut prendre du temps, et peut devenir le cercle d’amis, le lien social dans lequel les militants vivent. Le discours devient ultra spécialisé, un jargon se développe et par conséquent le discours peut devenir obscur pour le néophyte. (ex : pour les personnes non tranz, allez à une marche Existrans et essayer de comprendre ce qu’il s’y passe, et même la marche des fiertés, est-ce que seulement une personne sur 10 connait les réels enjeux de cette marche ? ).

Qu’est-ce qui fait la légitimité des militants. Inutile d’aller chercher bien loin la réponse. Le nombre, raison pour laquelle beaucoup d’associations se regroupent en inter-associative pour négocier avec les pouvoirs publics – la force et la légitimité des organisateurs des marches LGBT en France reposent sur le nombre de participants aux marches -.

En réalité, des militants, il y en a peu, très peu, beaucoup de gens ont des idées, peu les défendent. Probablement parce que peu veulent s’investir, peu veulent s’engager, se montrer.
Humilité

Le militantisme n’est pas que vertu, militer, c’est surtout défendre sa paroisse. L’associatif reste le moyen le plus facile pour être une personne morale, pour devenir quelqu’un de visible, pour donner une légitimité à sa parole en s’appuyant sur une prétendue légion d’adhérent à son association. Militer n’est pas qu’altruisme et solidarité, c’est malheureusement avant tout, égoïsme et contestation et parfois on trouve de la générosité.

Comme je le disais le paragraphe précédent, c’est souvent une cause qui touche personnellement le militant qui le pousse à militer. Etre homo, être tranz, peut nous pousser à rejoindre ou à créer une association pour se défendre, défendre ses droits, mais aussi en acquérir de nouveaux et nous faisons cela au nom de la grande cause LGBT. Lors que cela se déroule ainsi, cela reste altruiste, car pour un collectif le militant accepte de s’exposer pour un certain nombre d’autres personnes, mais il y a aussi des militants qui cherche la gloire, la reconnaissance et la célébrité.

Parce qu’il est facile dans l’associatif de poser ses idées comme un dogme, comme une vérité absolue, nous travaillons avec nos Universaux et tentons de drainer vers nos tropismes les gens qui nous écoute. A force de tenter de convaincre les auditeurs, nous oublions souvent de nous convaincre nous même de nos idées.

Les règles scientifiques prennent peu d’importance dans les arguments, l’expérience et le travail de terrain prévalent dans l’associatif, de même, les personnes concernées par une problématique sont plus légitimes pour en parler que d’autres, alors que d’un point de vue extérieur, cela s’inverse. Les uns diront que les autres ne peuvent pas savoir parce qu’ils ne sont pas concernés, les autres diront que les uns ne sont pas objectifs parce qu’ils sont concernés.

Sommes-nous dans le vrai, sommes-nous dans la raison, sommes-nous dans le juste, sommes-nous encore raisonnable, sommes-nous compréhensibles ? Notre éthique n’a de limite que notre sens moral, notre déontologie n’a de frontière que ceux qui ont le courage de s’opposer à nous. Experts en rhétoriques et en droit, les militants usent de tous les moyens pour parvenir à leurs fins. A LEURS fins. Est-ce l’intérêt général qui prévaut. Remarquez la dichotomie entre le militant qui milite pour le droit individuel, les libertés individuels, et l’Etat qui conserve et protège les libertés collectives.

Tout comme je suis en train de le faire en écrivant cet article, je pose comme un dogme mes idées sur le militantisme, l’humilité et la visibilité.
Visibilité

L’arme du militant est aussi, souvent, de pousser les limites d’un système pour mieux en montrer les défaillances et exploiter là où ça fait mal l’adversaire, mais c’est aussi ces actions d’éclats qui permettent des avancées jurisprudentielles, c’est parce que des militants ont poussé la discrimination sur eux, que la loi, l’Europe en l’occurrence, a pu condamner la France. C’est très paradoxale, pour faire cesser les discriminations, il faut pousser à la discrimination, sinon c’est l’omerta étatique.

Militer, c’est s’exposer, c’est être visible, c’est attirer l’attention sur soi, c’est parler aux médias, signer les communiqués de presse, signer les articles pour les journaux, publier des livres. Le bénéfice secondaire est évident, le narcissisme est largement renforcé.

Mais c’est aussi en faire les frais, prendre de plein fouet les discriminations, celles que le militant a provoqué mais aussi les dommages collatéraux, imprévisibles, inattendus. Un militant visible est souvent réduit par le public à sa cause. Ce n’est plus une personne qui milite, mais l’homosexuel militant, ou la tranz militante, et cela dépend de la cause défendue. Etre porte parole d’une ONG qui lutte contre la faim dans le tiers monde doit être plus facile à assumer publiquement que porte parole d’une association tranz (peut être que je me trompe, mais dans ce cas là, qu’on me le prouve).

Je me pose alors la question, dois-je continuer à militer ? A en faire les frais ? Et si oui comment se protéger, soi, sa famille, ses amis, sa vie privée, sa future vie professionnelle, car lorsqu’on est encore étudiante, il n’y a pas toute une carrière, et un poste, une situation qui pérennise la vie et garanti un salaire.

Une demi solution reste l’usage d’un pseudonyme.
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Re: militer, visibilité, un très bon lien pour reflechir

Message par melancolie »

Être vu, ou n’être pas vu.

En ce moment, Judith Silberfeld est à Moscou, où elle couvre la Gay Pride pour Yagg : démarche de journaliste et acte militant, revendique-t-elle. Et j’admire. Ici et là, dans les blogs ou dans les commentaires des articles, de nombreux militants s’expriment avec justesse sur la nécessité de s’impliquer dans la lutte pour les droits lgbt. Ils luttent, ils appellent. Ils ont raison, bien sûr, en particulier quand ils affirment que plus nous serons visibles au quotidien, dans des situations banales, plus nous serons acceptés comme n’importe quel être humain et briserons les préjugés.

Et moi, dans tout cela ? J’ai beau admettre sans peine la validité de leurs arguments, je me sens parfois lâche. J’ai l’impression, parfois, de laisser aux autres le soin de défendre mes droits. Certes, je n’ai jamais eu l’âme d’une pasionaria. Mais même sans aller jusque là, je constate à quel point les craintes que le ciel tombe sur ma tête de linotte m’entravent.

J’exerce un métier public, où mon image est capitale. Je suis prof. Ce n’est pas grand chose, mais cela suffit pour que je repousse le bras de ma petite amie lorsqu’elle veut m’enlacer à l’occasion d’une promenade dans ma petite ville de province. Cela suffit à ce que je me mette aux aguets quand elle veut m’embrasser dans la rue. Cela suffit à ce que je me tende et m’écarte d’elle lorsque nous croisons mes élèves ou mes anciens élèves au coin d’un trottoir.

La semaine dernière, elle m’a fait remarquer que dans la mesure où, en tant qu’enseignante, j’avais une bonne réputation, je ferais mieux de m’appuyer dessus pour vivre plus sereinement, et plus visiblement, ma vie privée. Le raisonnement est pertinent : puisque je suis globalement appréciée par mes élèves, ils percevraient sans doute de façon positive le fait que je suis homosexuelle. Ou du moins s’en ficheraient-ils. Ainsi je ferais acte de visibilité et contribuerais à ce que le regard sur les homos glisse vers l’indifférence. Et cela d’autant plus que Compiègne est quand même une ville où les lesbiennes ne sont guère invisibles : on y croise régulièrement des couples main dans la main, y compris des adolescentes dans mon lycée. Il y a peu de chance qu’on vienne m’insulter ou, pire, me refaire le portrait. En somme, en tant que prof, j’aurai un certain pouvoir, bien qu’à une échelle très locale, pour faire changer le regard des gens sur l’homosexualité.

Cependant, demeurent dans un coin de mon esprit deux événements qui me retiennent. D’une part, la mutation forcée d’un collègue qui avait été outé, au motif que son « image de fonctionnaire » avait été atteinte par la révélation de son homosexualité, et que son autorité dans l’établissement risquait d’être mise en cause. Je précise que les élèves et parents d’élèves avaient soutenu ce collègue. La pression et l’éviction étaient venues de la hiérarchie rectorale. On sait, notamment par le biais de l’affaire du « Baiser de la Lune », que l’Education Nationale a des airs de Grande Muette sur le sujet. D’autre part, il y a deux ans, une ancienne élève avec qui je prenais un café m’avait raconté que certains élèves me croyaient bi. J’avais ri, et m’étais gardée d’éclairer sa lanterne sur le sujet, simplement parce que je n’avais pas envie de parler de ma vie privée avec elle. Toutefois, elle avait ajouté : « vous savez, quand j’ai entendu ça, je vous ai défendue.
- Défendue ? Mais dire de quelqu’un qu’il est bi, ce n’est pas une insulte ! »

Je songeai alors qu’il valait mieux que mes élèves ignorent que je suis homo. Je ne vis pas terrée sous des couches d’hétérosexualité factice. Je ne suis pas une lesbienne invisible, et je m’étonne toujours que certains puissent me penser hétérosexuelle, comme cette élève-ci, ou, pire, un collègue, jadis, qui m’avait déclaré sa flamme alors même que je lui avais signalé que j’étais en couple avec une fille – résilience, quand tu nous tiens… Mes collègues et la hiérarchie de mon établissement sont au courant de mon orientation sexuelle, et cela n’a jamais posé aucun problème. Lorsque mes cours concernent les discriminations, je parle de toutes les discriminations. Il y a des élèves gay qui sont déjà venus me voir pour que j’intervienne dans des situations où ils craignaient d’être victimes d’homophobie. Et je sais que certains élèves ne sont pas dupes. Ils ne sont pas idiots. Mais je ne suis pas complètement à l’aise. Je redoute la possibilité qu’un élève culotté pose la question de mon orientation sexuelle, que la classe devienne infernale et ingérable, qu’un parent m’accuse de prosélytisme, ou que cela ternisse mes relations de prof à élève lorsque celui-ci est de sexe féminin, et que ma hiérarchie m’abandonne en cas de pépin.

Bien sûr, j’ai la chance de vivre en France, et pas en Russie, ou ailleurs. Ce qui pourrait m’arriver ne serait jamais bien grave. Mais j’ai conscience qu’il reste du boulot. Et parfois, je m’en veux de ne pas retrousser mes manches pour affronter la merde.
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Re: militer, visibilité, un très bon lien pour reflechir

Message par Roland 32 »

Quel pavé!

En temps qu’ancien syndicaliste actif je pense que milité demande d'abord faire preuve d'une bonne dose d'abnégation. Il serait illusoire de penser qu'en partant au combat et montant aux créneaux on ne finissent pas pas prendre un mauvais coup.
A part la satisfaction, toute personnelle, d'avoir fait avancer quelque peu les choses, de remerciements, que nenni... On sombre très vite dans l'oubli collectif dès que le but est atteint.
Militer c'est aussi s'exposer et se faire bon nombre d'ennemis, même dans son propre camp. Reste à trouver des alliés sur lesquels on peu compter et qui ne évanouirons pas dans la nature quand il faudra faire face à l'adversité.
Militer c'est finalement abandonner une partie soit sans rien attendre en retour, ou si peu. C'est un choix personnel mais une expérience qui peut s'avérer très enrichissante.
On s'ennuie très vite lorsque on ne s'occupe que de soi.
Une vie ne suffit pas lorsque on s'occupe des autres.
.

franz
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Re: militer, visibilité, un très bon lien pour reflechir

Message par franz »

Je suis plus que dubitatif sur la présentation quelque peu idyllique du militantisme par Roland. Aussi, j'aurais plutôt tendance à prendre parti (tiens, tiens...) pour le "pavé". Mon lourd et long passé militant m'incite à penser que l'on milite, souvent inconsciemment d'ailleurs, pour soi. Les belles idées (et pourquoi ne devraient-elles être que belles ?!) ne sont, le plus souvent que très secondaires, la question essentielle du militant étant "quelle idées vais-je devoir faire miennes pour être aimé ?" L'idée est un moyen, non une fin. Au sein de sa communauté, le militant n'a pas à justifier qu'il est véritablement porteur du discours qu'il énonce puisque chacun des membres du groupe considère ledit discours comme le socle dont il n'y a plus à discuter. Si un de ces membres s'écarte de ces règles minimales mais impératives d'adhésion, il sera immanquablement mis au ban par la majorité. Pour subsister, un militant a besoin de faire partie intégrante d'une armée. Il ne prendra pas un tel risque. Tout au plus, il pourra fédérer autour de lui une équipe de putschistes qui devra faire avec le fameux socle commun et donner l'illusion d'un simulacre de changement possible. Donc le militantisme dans son acception traditionnelle est le niveau zéro de la pensée. Pour exister, il faut se conformer à ce qui est considéré comme vrai. Se conformer sur paroles, sans que le recours à l'expérience soit exigé. Les totalitarismes ont bien saisi cet état du militant, en s'affichant comme les détenteurs d'une vérité scientifique. Le souci est qu'ils ont ignoré, au passage, que la science exige le passage par l'expérimentation.

A partir du moment où l'on demande à une organisation militante de prouver par des actes la réalité de ses discours et autres engagements, la puissante machine se met en marche pour contrer ce qu'elle considère comme un danger de mort imminent. Elle se sentira d'autant plus menacée, dans le cas de figure où "l'opposant" se réclame des mêmes valeurs qu'elle. En témoigne, par exemple, la violente charge du parti communiste à l'endroit des existentialistes sartriens ou des premiers contestataires de 1968. Le militant cherche à véhiculer une image sans tâche. Il ne supporte donc pas que quelqu'un ait l'audace de douter de sa pureté. Pourtant, tant que la pensée ne se traduit pas en actes, elle n'est même pas parvenue à l'état embryonnaire de son existence réelle. Voilà très clairement ce en quoi l'individualisme dénoncé avec acharnement, a du bon. Les faux prophètes éprouvent de plus en plus de difficultés a s'attirer la sympathie du plus grand nombre, sur la base de simples paroles. Néanmoins, la médaille a son revers puisque les plus grandes causes ont besoin d'un élan collectif pour être portées avec efficacité.

Mais qui sait... Peut-être qu'un jour, les tabous qui rendent bien service à une minorité, finiront dans les oubliettes de l'histoire. Le jour où, par exemple, un militant socialiste pourra proposer une alternative au système de retraite par répartition, sans prendre une volée d'oeufs frais à travers la tronche... où il pourra être échangé sereinement sur l'homoparentalité dans un environnement très droitier, la démocratie sera enfin arrivée à maturité.
Je suis plutôt satisfait d'avoir découvert ce site... En effet, je viens de découvrir que je ne suis pas un marsien... A vrai dire, je suis un peu déçu... Enfin mon égo est un peu déçu... Eh bien NON! Je ne suis pas le seul!!!!!

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Esteban75
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Re: militer, visibilité, un très bon lien pour reflechir

Message par Esteban75 »

franz a écrit :Je suis plus que dubitatif sur la présentation quelque peu idyllique du militantisme par Roland.
Je ne trouve pas la description du cas particulier syndical du camarade très idyllique: on se bat, on s’investit, et lorsqu'on gagne, point de remerciement et en prime ceux qui avaient refusé de se mobiliser qui sont les premiers à profiter des acquis ! pas très idyllique mais ce fut une réalité !

Je parle au passé car aujourd'hui il est devenu très difficile de mobiliser, demande voir à ceux qui sont encore actifs Roland ! lorsqu'on arrive à le faire on peut obtenir ce que l'on demande, mais si personne ne veut se battre derrière les représentant syndicaux, on n'obtient rien et malheureusement cet état de fait se généralise...
franz a écrit :Mais qui sait... Peut-être qu'un jour, les tabous qui rendent bien service à une minorité, finiront dans les oubliettes de l'histoire. Le jour où, par exemple, un militant socialiste pourra proposer une alternative au système de retraite par répartition, sans prendre une volée d'oeufs frais à travers la tronche... où il pourra être échangé sereinement sur l'homoparentalité dans un environnement très droitier, la démocratie sera enfin arrivée à maturité.
L'alternative au système par répartition, c'est d'y introduire la bourse pour que l'argent travail et que la caisse de retraite s'abonde toute seule c'est ça ? en ce moment ça marcherait super bien !! la retraite à 45 ans tellement la spéculation nous aurait rapporté Lol

Ce que tu décris là c'est que tous les partis deviennent centristes, c'est pas la démocratie c'est le parti unique !
Chacun son idéologie, chaque parti doit militer pour démontrer que son idée est la bonne. à la rue et ses représentant de choisir ou de construire une synthèse lorsque la question ne nécessite pas une réponse tranchée.

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Re: militer, visibilité, un très bon lien pour reflechir

Message par Esteban75 »

melancolie a écrit : Bien sûr, j’ai la chance de vivre en France, et pas en Russie, ou ailleurs. Ce qui pourrait m’arriver ne serait jamais bien grave. Mais j’ai conscience qu’il reste du boulot. Et parfois, je m’en veux de ne pas retrousser mes manches pour affronter la merde.
Très intéressantes réflexions, moi non plus je n'ai pas encore le courage de militer pour des causes qui touche à ma vie intime... mais il ne faut pas culpabiliser, si on n'a pas une famille ou un métier qui permet de pouvoir le faire sans se gâcher la vie, nul cause ne mérite d'y laisser sa vie sauf dans les périodes exceptionnellement sombres et graves, je pense à la Résistance par exemple.

franz
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Re: militer, visibilité, un très bon lien pour reflechir

Message par franz »

Mon message précédent était un tantinet provocateur. J'aurais pu choisir un autre exemple que celui du système de retraite par répartition. Bien entendu, les licenciements massifs ayant vocation à alimenter des fonds de pension doivent être combattus. Mais je persiste à penser, qu'à l'instar des placements boursiers, le système de retraite par répartition est un pari. Qui peut dire avec certitude qu'il existera encore dans vingt ans ? Pourtant, les générations d'actifs le financent, sans souci du retour sur "investissement". Je suis plus partisan d'un financement coopérativiste où chaque associé (et pas actionnaire !!!) est véritablement acteur à un moment T. Vive l'autogestion !!!

Pour faire écho à Esteban, nous pouvons ENCORE militer sans risque inconsidéré, tout en faisant avancer nos idées. Je suis assez adepte du "Mourir pour des idées... mais de mort lente". Il n'y a pas mieux que Brassens dans l'opposition aux idées toutes faites.
Je suis plutôt satisfait d'avoir découvert ce site... En effet, je viens de découvrir que je ne suis pas un marsien... A vrai dire, je suis un peu déçu... Enfin mon égo est un peu déçu... Eh bien NON! Je ne suis pas le seul!!!!!

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Re: militer, visibilité, un très bon lien pour reflechir

Message par CLP »

melancolie a écrit :.
Je crois que ce à quoi Mélancolie veut en venir, c'est au militantisme pour notre propre cause. Si tant est qu'elle existe, cette cause. Non ?

Je crois que la plupart de ceux qui s'intéressent à la question on compris ma position sur le sujet, même si je viens d'arriver. Je crois qu'on peut le faire. Je ne dis pas que c'est facile, que ça va tout changer en un clin d’œil ou que sais-je, mais je crois que c'est possible.

Maintenant les articles de Mélancolie permettent aussi de mettre le doigt sur les problèmes. Oui, ça me fait peur de m'exposer. Oui, j'ai mauvaise conscience à ne rien faire. Et oui, je suspecte qu'au fond je sois intéressé pour mon propre profit par cette aventure. Et alors ?

Ce que je vois aussi, c'est qu'on a les capacités de le faire. Il n'y a qu'à lire la conversation savante entre Esteban et Franz. C'est pas le cerveau qui va nous manquer.
Et je vois aussi que la volonté existe. Pas tout le monde, bien entendu, et c'est pas grave. Mais certains d'entre vous ont envie, c'est assez clair.

Alors ?

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Esteban75
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Re: militer, visibilité, un très bon lien pour reflechir

Message par Esteban75 »

CLP a écrit :
melancolie a écrit :.
Ce que je vois aussi, c'est qu'on a les capacités de le faire. Il n'y a qu'à lire la conversation savante entre Esteban et Franz. C'est pas le cerveau qui va nous manquer.
He, Looool ! :D :D mais j'en connais qui apporteraient des bouteilles au réunions et après ça part en sucette !

Le truc qui me gène un peu lorsqu'on parle de cause et de militantisme, maintenant que j'ai au moins compris l'utilité de faire connaitre l'affaire pour que les A qui s'ignorent et qui pour certains souffrent de pas comprendre ce qu'ils leur arrive et pense être seuls au monde... C'est que ça reste un état qu'on a pas choisi, alors on va défendre quoi ?

Le parallèle avec les homos on peut pas le faire. Les homos allaient en prison quand c’était interdit par la loi, perdaient leur travail et se faisaient tabasser dans la rue ! Là ok, il y a cause à défendre, se mouiller pour changer les choses, se battre, militer pour faire avancer la cause ça prend tout son sens !
Nous ça se voit pas qu'on est A, à moins d'en parler personne ne va te le reprocher dans la rue ou au travail, en plus presque personne ne sait que ça existe pour l'instant.
Alors on va se battre pourquoi ? pour pouvoir sortir un matin et dire voilà, je couche pas et j'en suis fière et croire que personne ne va se foutre de ta gueule ? Et bien moi j'éprouve aucune fierté, pas de honte non plus d’ailleurs, j'ai pas choisi, alors je raconte pas vu que pour l'instant personne comprend et franchement j'ai une vie tout à fait normale par rapport à ça, voir plus équilibré que le bon quart de S que je croise tous les jour et qui ont leur vie brisée par leur couple.

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Re: militer, visibilité, un très bon lien pour reflechir

Message par CLP »

Esteban75 a écrit :.

Il faut que ce soit des choses très simples.


Déjà, il faut récupérer les adresses mails. des journalistes qui travaillent sur le sujet. Ce qui nous permet de faire des communiqués de presse. C'est d'ailleurs presque ce qu'on vient de faire (un communiqué de presse) sur l'autre post où la journaliste du Point à posté un lien. Et si on est assez bon, les journalistes nous contacteront en amont, avant de faire des articles, pour avoir notre point de vue. On contrôle notre image et la façon dont on parle de nous.

Après ça, les choses se discutent, mais je lance deux, trois pistes, histoire de donner une idée.

On est tous d'accord qu'il y a un travail à faire auprès des praticiens de santé. Un travail d'information, et aussi un travail de critique. On peut par exemple envoyer une lettre ouverte aux principales associations de psychiatres et psychanalystes. On explique la façon dont on se pense et on se considère et on leur demande de prendre parti. (Nous asexuels, etc.) On envoie la même lettre à tous les journalistes qui s'intéressent au sujet.

On peut aussi faire une liste noire des praticiens de santé qui ont tenu des propos choquants (Il y en a quand même un certain nombre). Et pareil, on la met sur notre site et on l'envoie à tous les journalistes.

Et d'ailleurs, si on donne un titre à l'opération, ça devient une campagne...

Autre chose, il faut suivre ce qu'on dit de nous, dans la presse, mais aussi les publications spécialisées. Pour pouvoir parler en connaissance de cause. Ne pas être en position d'attente, mais être actif face à tout ce qui se dit. En plus en faisant ça, on devient experts sur le sujet et les journalistes reviennent vers nous.

Mais le plus important, c'est d'avoir une attitude. Une attitude qui dit : on existe. C'est bien d'être comme nous. On peut être humain et heureux et asexuel. Vous vous trompez si vous croyez que vous allez nous faire disparaitre ou nous excuser. C'est ça la fierté.

En fait, c'est des choses plutôt simples. (Et en plus c'est amusant !)

Esteban75 a écrit :franchement j'ai une vie tout à fait normale par rapport à ça, voir plus équilibré que le bon quart de S que je croise tous les jour et qui ont leur vie brisée par leur couple.
Moi j'aime beaucoup ça. Ça peut très bien devenir une façon de réagir, au second degré. Exemple : les 10 raisons pour devenir asexuels. Ou bien : pourquoi la sexualité devrait être inscrite dans le DSM. :twisted: (Second degré, hein !)

franz
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Re: militer, visibilité, un très bon lien pour reflechir

Message par franz »

Je suis d'accord avec CLP pour dire qu'il y a un énorme travail de sensibilisation à faire. En effet, l'asexualité reste, à mon sens, considérée par beaucoup comme une pathologie. Pour 90% de la population, l'asexualité serait la conséquence d'un trouble psychologique lié à tout un tas de causes supposées (apparence physique non-assumée, état dépressif, traumatisme vécu lors de l'enfance...).

Le plus grave se produit lorsque des professionnels de santé se rangent à cet avis du commun. Les conséquences peuvent être lourdes puisque l'autorité de la parole de ces professionnels pourraient conduire certaines personnes à se considérer malades, alors qu'elles ne le sont pas. Nous pouvons toujours penser que quelqu'un se sentant bien ne va pas avoir l'idée de consulter un psy. Pour autant, la pression de son environnement proche (famille, amis...) est parfois susceptible de semer le doute. Et des psy mal intentionnés ou incompétents trouveront toujours une petite case dans laquelle ranger ces grands malades : dymorphophobie, dépression, trouble bipolaire, schizoïdie...

Il faut donc sensibiliser, sensibiliser... et sensibiliser. A mon sens, c'est à ce prix que chacun pourra vivre son asexualité, sans avoir à peser le moindre de ses mots en craignant d'être démasqué.
Je suis plutôt satisfait d'avoir découvert ce site... En effet, je viens de découvrir que je ne suis pas un marsien... A vrai dire, je suis un peu déçu... Enfin mon égo est un peu déçu... Eh bien NON! Je ne suis pas le seul!!!!!

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Esteban75
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Re: militer, visibilité, un très bon lien pour reflechir

Message par Esteban75 »

CLP a écrit : On peut aussi faire une liste noire des praticiens de santé qui ont tenu des propos choquants (Il y en a quand même un certain nombre). Et pareil, on la met sur notre site et on l'envoie à tous les journalistes.


livrer à la presse une liste de diffamation des praticiens qui pensent pas comme nous ou comme toi ?

L'étape après c'est quoi la liste des A qui s'assument pas livrée en pâture pour les forcer au coming out ?
Des assos gay de lutte contre le sida avaient fait ça en leur temps, même pour lutter contre une épidémie mortelle c’était dégueulasse !
on existe. C'est bien d'être comme nous.
C'est pas bien d'être comme "eux" ? nous on est purs c'est ça ?
Vous vous trompez si vous croyez que vous allez nous faire disparaitre
Je comprends que tu emploies les méthodes de quelqu'un qui entre en guerre si tu as le sentiment qu'on veut te faire disparaitre parce que tu es A ! je suis pas sur que se soit une réalité et donc que la campagne militaire soit la bonne réponse.
Ça peut très bien devenir une façon de réagir, au second degré. Exemple : les 10 raisons pour devenir asexuels.
arrêter de coucher parce qu’il y a de bonnes raisons pour le faire ? ça c'est l'abstinence pas l'asexualité ! heureusement que c'est du second degré parce qu' avec la campagne militaire si fallait prendre tout ça au premier degré ce serait vraiment inquiétant ta façon de voir les choses...
franz a écrit :JPour 90% de la population, l'asexualité serait la conséquence d'un trouble psychologique lié à tout un tas de causes supposées
Tout est supposé sur les origines vu que rien n'est démontrable pour l'instant... on a pas choisi c'est tout ce qu'on sait, après d’où ça vient ... par contre je crois pas que 90 % de la population est une explication à proposer ou alors en tout cas c'est plus la peine de parler de visibilité: c'est encore plus connu que l'homosexualité: objectif aven atteint !
A mon sens, c'est à ce prix que chacun pourra vivre son asexualité, sans avoir à peser le moindre de ses mots en craignant d'être démasqué.
Et bien avec tous les S qui on une vies sentimentale désastreuse et et une vie sexuelle néante et donc, pour eux, frustrante ça en fait du monde qui se cache toute la journée ! mets toi derrière eux, personne te verra comme ça :lol:

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Re: militer, visibilité, un très bon lien pour reflechir

Message par CLP »

Esteban75 a écrit :.
Oh, je m'attendais pas à ça. :?

Tu nous fais un mauvais procès. Les commentaires que tu fais après mes citations ne reflètent pas ma pensée.
Je crois que nos positions sont différentes et je respecte la tienne.




Pour les autres lecteurs, je vous en prie, ne vous arrêtez pas à l'opposition entre Esteban et moi. Je crois que notre parole mérite d'être portée en public et il me semble aussi que ce n'est pas compliqué de le faire bien. Ce n'est pas la peine de partir en guerre, personne ne pense que nous sommes purs ou qu'un complot se trame contre nous. Pour ceux qui ont le courage de relire mes messages, ils verront que ce n'est pas ce que je propose. Une parole déterminée mais modérée devrait faire l'affaire.

Sur ce, bonne nuit à tous.

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Syd
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Re: militer, visibilité, un très bon lien pour reflechir

Message par Syd »

Esteban75 a écrit :Le truc qui me gène un peu lorsqu'on parle de cause et de militantisme, maintenant que j'ai au moins compris l'utilité de faire connaitre l'affaire pour que les A qui s'ignorent et qui pour certains souffrent de pas comprendre ce qu'ils leur arrive et pense être seuls au monde... C'est que ça reste un état qu'on a pas choisi, alors on va défendre quoi ?
A ce genre de réaction, je réalise que ce qui semble évident à bon nombre d'entre nous, ne l'est pas pour d'autres. C'est à prendre en compte.
CLP a écrit :On peut aussi faire une liste noire des praticiens de santé qui ont tenu des propos choquants (Il y en a quand même un certain nombre). Et pareil, on la met sur notre site et on l'envoie à tous les journalistes.
Moralement discutable et interdit par la loi.
En revanche, on peut mettre en avant dans un communiqué de presse les références bibliographiques des propos les plus avancés sur la question. Par ex, citer Dominique Chatton dont les propos sont très datés, c'est un peu flinguer son article (comme un article récent l'a fait, je sais plus lequel).
Esteban75 a écrit :je crois pas que 90 % de la population est une explication à proposer ou alors en tout cas c'est plus la peine de parler de visibilité: c'est encore plus connu que l'homosexualité: objectif aven atteint !
Je pense qu'il voulait dire que l'absence d'intérêt pour le sexe est vue par la majorité des gens comme forcément causée par un trouble psy (leur parler d'A dans ce contexte va rendre difficile leur compréhension).

Je n'ai pas le temps de participer davantage à la discussion, intéressante. Que les bonnes volontés ne soient pas perturbées par les réactions d'Esteban, d'tes façons on comprend pas tout ce qu'il dit :mrgreen: :oops: :wink:

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