Qui suiiiiis-je ?

Vous avez des questions sur l'asexualité ?
C'est ici que ça se passe.
daria
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Qui suiiiiis-je ?

Message par daria » 11 mars 2017, 13:19

Coucou les petits loups.
Je vais commencer ce pavé en vous remerciant pour toute l'aide que vous apportez sur ce forum. J'y ai passé le plus clair de ces deux dernières journées, et même si je ne suis pas plus avancée, ça fait du bien de voir que je ne suis pas toute seule dans mon questionnement métaphysique.

Je vais essayer de ne pas vous endormir mais il y a plein de choses à dire ; je vais faire de mon mieux. Si personne ne me répond, au pire ça m'aura sûrement fait du bien de mettre tout ça noir sur blanc.

Je suis une fille, j'ai 26 ans et je n'ai absolument aucune expérience amoureuse ou sexuelle. J'ai toujours regardé tout ça de très loin, en déplorant de ne pas être comme tout le monde mais en sachant parfaitement qu'il faudrait que je sois une autre personne pour m'y mettre moi aussi. Je suis du genre solitaire, qui vit beaucoup dans sa tête, des hobbies envahissants, très peu d'amis (mais des très bons), relation fusionnelle avec ma mère. J'habite encore avec elle pour des raisons financières. Voilà pour le portrait.

Je vais commencer par le traumatisme que j'ai eu à 2 ans et ½, comme ça c'est fait : j'étais chez les Tout Petits en maternelle, j'étais innocemment allée faire mon petit pipi, et des garçons de Grande Section qui étaient venus nettoyer leur matériel d'arts plastiques m'ont immobilisée au sol, entièrement déshabillée et peinte en bleu. Je m'en suis souvenue vers mes 6 ans, dans un cauchemar, mais je suis sûre que ça m'a perturbée puisqu'à l'heure qu'il est, je ne peux toujours pas faire pipi si je sais qu'il y a quelqu'un à proximité. Je ne supporte pas non plus qu'on me touche (le supplice de la bise argh), je ne sais pas si c'est lié, mais comme ça c'est dit.

Sinon :

Petite fille, les baisers à la télé me gênaient, les histoires d'amour fictionnelles me sortaient par les trous de nez, et je trouvais débiles mes camarades qui passaient leur temps à parler d'amoureux.

Je suis très influençable (j'ai toujours eu l'impression de ne pas être normale, et en même temps une envie désespérée de rentrer dans le moule), donc j'ai fini par me dire vers 13-14 ans que l'amour ça devait quand même être très chouette, et que j'étais censée espérer que ça m'arrive à moi aussi.

Comme j'étais de nature très curieuse et que les cours d'SVT n'étaient pas tombés dans l'oreille d'une sourde, à 12 ans je savais déjà comment me masturber (j'ai sauté une classe). Je trouvais ça à la fois génial et honteux ^^

Niveau sentimental par contre, arrivée au lycée je n'étais toujours tombée amoureuse de personne. Je me réfugiais dans les fanfictions pour essayer de comprendre ce que c'était. Padmé et Anakin, si vous m'entendez >.< J'ai été plus ou moins harcelée au collège (intello de service qui a sauté une classe, trop gentille, timide... crachons-lui dessus, ouiii), ce qui a engendré chez moi une légère phobie sociale, alors je me suis dit que c'était pour ça.

Comme ce n'était pas le même établissement, j'ai pu recommencer à zéro et j'étais enfin intégrée, avec de vrais amis, et j'ai donc pensé que voilà, ça y est, j'allais enfin être comme tout le monde. J'ai eu quelques occasions, dont deux très concrètes, mais je ne concevais pas que quiconque puisse m'aimer et encore moins me désirer. Ce genre d'attention m'embarrassait au plus haut point, j'étais tellement gênée que je mettais du temps à tuer clairement leurs espoirs.
J'avais un meilleur ami avec qui c'était un peu ambigu (pour lui en tout cas) ; une fois, j'ai passé la nuit dans son lit et il a fait une tentative de rapprochement, alors j'ai fait semblant d'être endormie en espérant de toutes mes forces qu'il retourne de son côté. J'étais profondément dégoûtée.

Quand j'entendais les filles autour de moi parler de leur première fois, ou de leur état de manque sexuel parce qu'elles étaient célibataires depuis deux semaines, et quand je voyais tous les drames amoureux se dérouler autour de moi sans rien y comprendre, j'avais l'impression d'être un ovni. En première, je suis tombée dans les troubles du comportement alimentaire (je faisais du 36 mais je me voyais plus grosse que tout le monde, encore une séquelle des moqueries du collège je suppose) et ça m'a encore un peu plus éloignée de leur monde.

Parallèlement à ça, j'avais une vie imaginaire avec Matthew Bellamy, le chanteur de Muse. Je me rends compte maintenant que je n'étais pas vraiment amoureuse de lui (sans blague), mais je vous jure que j'ai pleuré pendant des heures en découvrant des photos de lui avec sa copine de l'époque. J'ai dû perdre au moins quatre ans de ma vie à me servir de lui comme d'excuse pour ne réussir à aimer aucun garçon réel.

Les albums de Muse étant de plus en plus décevants, j'ai fini par me sortir de cette parenthèse niaiseuse. Mais les vrais garçons ne m'attiraient toujours pas. Et pourtant j'essayais de leur trouver des qualités, mais rien. Quand des inconnus faisaient des tentatives d'approche, je me fermais comme une huître.
À quelques mois de mes 20 ans, j'ai commencé à avoir terriblement honte d'être encore vierge et de ne jamais avoir embrassé personne (quand je vous disais que j'étais influençable). Alors j'ai posté un message sur un forum, une sorte de petite annonce pour qu'un inconnu vienne s'en charger et que je m'en débarrasse une bonne fois pour toutes. Avec du recul je me rends compte du genre de personne que ça a dû attirer. J'ai reçu beaucoup de réponses évidemment. Et puis je me suis dégonflée, heureusement ; peut-être que je ne serais plus vierge à l'heure qu'il est si j'étais allée jusqu'au bout, mais je pense que je ne pourrais pas me regarder en face.

Après ça, je suis tombée je ne sais pas trop comment sur un extrait d'un épisode de Skins, avec Naomi et Emily. Et là, j'ai cru à l'épiphanie. Je me suis dit « mais oui c'est ça ! ». (J'ai les larmes aux yeux en tapant ce paragraphe, je ne sais pas pourquoi). J'étais lesbienne, c'était facile en fait. Tout concordait ; en y repensant, les rares rêves érotiques que j'avais faits parlaient de filles. Et toutes les fois où je trouvais des filles magnifiques, ce n'était pas juste par jalousie. Et tous ces posters d'Arwen dans ma chambre. Aaaaaaaah.

S'en est suivie une longue période où je regardais des films lesbiens en cachette (Loving Annabelle, Imagine Me And You...). Les rares scènes de filles sur lesquelles je tombais à la télé me faisaient chaud au cœur. J'essayais de rendre mon style le plus emo possible, parce que dans ma tête c'était plus reconnaissable.

J'ai pensé le dire à ma mère à ce moment-là, j'étais tellement heureuse d'avoir enfin « compris ». Mais je me suis dit qu'il valait mieux avoir quelqu'un à lui présenter, histoire d'être plus crédible.

Pendant la fac, j'ai retrouvé un peu de contrôle sur mes TCA, mais ils ont laissé place à l'automutilation. Du coup, j'ai arrêté de me poser des questions, parce que l'AM avait pris toute la place dans ma vie. Je me suis vraiment retranchée sur moi-même. Quand j'arrivais à aller en cours, je me sentais tellement loin de tout et de tout le monde. Personne ne pouvait me comprendre, gnagnagna. 

Je m'en suis à peu près sortie, même si je suis très marquée dans tous les sens du terme. Ensuite, j'ai commencé à travailler, et ça a monopolisé toute mon énergie. D'autant plus que ça m'a fait revenir dans ma petite ville bourgeoise coincée, chez ma mère, donc aucune chance de trouver une potentielle amoureuse.

J'ai plus ou moins fait la paix avec mon corps depuis que je me suis mise à la pole dance il y a un an. Bon, le côté sensuel est inenvisageable pour moi, c'est l'aspect aérien-féérique qui me fascine, mais ça m'a vraiment aidée. Je me suis réconciliée avec le sport, et maintenant je suis presque fière quand je me regarde dans la glace (à défaut d'être maigre, on voit mes abdos, ouii). Je pense que ça y est, je ne vois plus mon corps comme un ennemi, même si je déteste toujours autant qu'on me touche.

Et maintenant que j'ai un peu de recul sur tout ça, et que j'essaye d'être honnête avec moi-même, je me rends compte que je n'arrive pas à m'imaginer MOI dans une relation avec quelqu'un. C'est une version romancée de moi que je vois main dans la main avec une fille, pas la vraie moi qui aime juste qu'on la laisse tranquille.
Et quand je me masturbe (oui, ça m'arrive encore), c'est honteux, automatique, sans fantasme (impossible pour moi de m'imaginer en train de le faire avec quelqu'un, ça me bloque tout de suite), et à des fins pratiques (chasser la migraine, atténuer le stress, oublier que j'ai envie de vider le frigo...).

Une fois de plus, je suis très curieuse. J'aimerais vraiment savoir ce que ça fait de coucher avec quelqu'un. Mais il faudrait que ce soit une personne que je ne reverrais jamais. Et si ça se faisait, qui me dit que mon dégoût ne me freinerait pas avant même de commencer ?

Breeeeeef je n'y comprends rien.

J'aimerais juste savoir qui je suis. Est-ce que je suis aromantique ? (ça c'est à peu près sûr)
Asexuelle ? Ou juste traumatisée par ce pseudo-viol qui remonte à la maternelle ?

À la fin du mois, je vais voir la gynéco, pour la première fois depuis qu'elle m'a prescrit la pilule en continu lorsque j'avais 18 ans (je sais, pas bien). Cette fois-ci, vierge ou pas vierge, je crois que je n'aurai pas le choix de me faire examiner ; je repousserais bien l'échéance encore quelques années mais j'ai bien peur de souffrir d'endométriose et je ne peux pas rester comme ça.

Et si je pouvais avoir une explication à lui donner sur ma virginité, ce serait chouette. Parce que là, j'ai juste l'impression d'être une empotée de la vie.
C'est bête, mais je suis perdue et déprimée depuis que j'ai pris ce rdv chez la gynéco. J'avais fini par enfouir toutes ces questions, à trouver un semblant d'équilibre dans ma vie, et là tout revient me frapper de plein fouet.

Personne ne le sait, au fait. Personne n'ose me demander, même mes plus proches amis. Du coup, je laisse planer le doute, je sous-entends que j'ai eu des histoires mais rien de sérieux. J'ai trop honte, même si je sais que je devrais plutôt avoir honte de m'être laissée formater par la société.

Ça me rassurerait d'être asexuelle-aromantique, et de savoir que c'est bon, je peux arrêter d'essayer d'être « normale », et enfin souffler. Mais j'ai peur d'être juste une traumatisée de la vie et d'avoir un travail monstrueux à faire sur moi (encore un).


Je suis vraiment désolée, c'est complètement décousu, et pourtant j'ai essayé de respecter la chronologie.

La bonne nouvelle, c'est que je n'aurai pas trop l'occasion de me connecter ce week-end, ce qui vous laisse tout le temps de digérer ce pavé :)
Modifié en dernier par daria le 12 mars 2017, 11:11, modifié 1 fois.

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Re: Qui suiiiiis-je ?

Message par PassionA » 11 mars 2017, 13:51

Bonjour Daria,

En inversant les genres, je me retrouve beaucoup dans ton témoignage. Je suis un peu passé par les mêmes étapes que toi, pas forcément exactement au même moment dans ma vie - vu que je me suis toujours entouré au maximum de personnes qui ne parlait pas de sexe ou de couple avant que ça deviennent juste impossible (début 20aine) et que je suis un garçon - mais de façon surprenante c'est pas loin de mon vécu quand même.

La différence essentielle c'est que pour ma part je ne suis plus vierge, j'ai eu quelques aventures quand je me cherchais (hétéro et homo) - vu qu'à la différence de toi, je ne suis pas dégouté par le sexe (peut-être que ce dégout de ton corps vient de ton traumatisme?). Mais il faut bien se rendre à l'évidence, traumatisé ou pas, quand on a pas envie, on a pas envie.

Bref, je me retrouve totalement quand tu dis que c'est une version idéalisée de toi qui recherche l'amour et pas la vraie toi. C'est clairement la même chose pour moi, il m'arrive d'imaginer l'amour pendant quelques minutes, mais tel que l'on s'invente une histoire où l'on est différent et qu'on vit quelque chose d'impossible - comme un fantasme en fait. Parce qu'en réalité, ce ne sont pas des choses qu'il m'est déjà arrivé de ressentir pour quelqu'un.

Donc, oui, quand on combine les deux ça donne aromantique et asexuel. C'est une définition qui peut faire peur, surtout quand il faut expliquer ça devant des yeux de poissons morts. Souvent, le mieux c'est juste de ne rien dire. Tu vois ce qui est cool c'est que généralement les gens s'en foutent royalement, ou alors savent être suffisamment délicat pour ne pas aborder le sujet. D'ailleurs, tu n'as pas à fournir d'explication à ton médecin quant à ta virginité - j'avoue n'avoir aucune idée de ce qu'est une séance chez une gynécologue, mais ça me surprendrais qu'elle te demande des comptes.

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Re: Qui suiiiiis-je ?

Message par didou » 11 mars 2017, 15:59

Bon, pour ce qui est des "troubles", ne t'en fait pas tu ne sera pas là première à être passée par là.

Que ton retrait par rapport à la sexualité provienne de ton expérience à la maternelle ou non, ça ne change rien. Effectivement, ce que tu décris ressemble bien à l'asexualité.

Ah, les années collège et lycée... Souvent dur pour les binoclard.e.s qui travaillent bien :?

Pour ta gynécologue, pourquoi chercher une explication à lui donner ? D'une part si ça se trouve elle ne te posera pas la question. D'autre part, si elle te la pose, tu n'as aucune raison de tenter de mentir. si tu ne souhaites pas dire clairement que tu es vierge, tu peux toujours le faire à demis-mots, de manière humoristique. Ne je sais pas, genre... "Ah oui ? Je n'avais pas remarqué" :mrgreen:

Pour ce qui est d'avoir du travail à faire sur soi, je pense que c'est plus ou moins le cas de tout le monde, à plus forte raison lorsque l'on n'est pas bien rangé dans la "normalité sociale" :? Je pense que le plus dur est d'arriver à s'accepter tel que l'on est et de tenir tête aux autres. C'est un vrai boulot et souvent, l'âge aide. Par contre, c'est certain que ça ne se fait pas sans dégâts collatéraux sociaux :twisted: Mais au moins, on a la conscience tranquille d'être resté fidèle à ses convictions. Mais je concède que c'est une lutte loin d'être aisée.
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Re: Qui suiiiiis-je ?

Message par Tomoyo » 12 mars 2017, 11:07

Si ça peut te rassurer, j'ai vu plusieurs gynécos différentes (à cause de déménagements) et elles ne m'ont jamais fait sentir mal sur le sujet de la virginité. "Vous avez des rapports?" "Non." "Vous n'en avez jamais eu?" "Non." Voilà. Je n'ai pas cherché à en dire plus, et elles n'ont jamais cherché à en savoir plus. Ça ne les regarde pas et ce n'est pas leur place de donner un quelconque jugement de toute manière.

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Re: Qui suiiiiis-je ?

Message par galaad » 12 mars 2017, 11:29

oui, l'intérêt de ces questions pour les gynécologues sont médicale, la vie du patient de toute façon ça rentre dans le secret médical donc ces gens là n'en n'ont rien à fiche.
Méfiez vous des seraphins, leur fureur peut être destructrice, si vous croisez l'un d'entre eux, il pourra vous sauver la vie ou vous tuer d'un revert de main...

"on ne peut guère vivre sans amour, mais on peut vivre sans sexe"

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Re: Qui suiiiiis-je ?

Message par daria » 12 mars 2017, 11:59

Oh je n'avais pas reçu de notifications pour vos réponses! Merci à tous les trois.

(Et merci pour la part de gâteau de bienvenue, je suis une gourmande ça tombe bien).
(Je sais que ce n'est pas très poli d'avoir posté avant de m'être présentée, mais je n'aime pas faire les choses à moitié, et pour l'instant j'assume tellement mal que j'ai peur d'être reconnaissable si je tape une vraie présentation. Et une présentation vague c'est pas drôle. Peut-être qu'un jour j'oserai, vous allez voir je suis marrante :P)

PassionA, merci (on en est déjà au troisième merci en trois paragraphes), je me sens moins seule d'un coup (pour le côté aromantique en tout cas). Ça fait plaisir de voir que des trucs qui nous paraissent complètement fous une fois écrits résonnent en fait chez d'autres personnes.

Didou, je confirme, les pauvres ados trop naïfs devraient être dispensés des années collège. ^^

Aaah quatrième réponse pendant que je tape. Merci galaad. J'ai quand même très peur d'être jugée, la seule chose qui me console c'est le secret médical en effet. (Sans parler de l'examen en lui-même qui me tétanise d'avance)


Je viens de relire le roman que j'ai posté hier, et en plus d'avoir trouvé deux fautes très moches (n'ayez crainte, les voilà dégommées), j'ai réussi à résumer mon problème:

Ça m'irait totalement d'être asexuelle + aromantique.
Mais est-ce qu'on peut vraiment dire que je suis asexuelle s'il y a des causes (traumatisme, dégoût, dissociation du corps)? Est-ce qu'on peut vraiment parler d'orientation sexuelle dans ce cas?

Parce que si c'est "juste" un trouble psychologique, ça voudrait dire que ça se soigne. Mais 1) j'ai la flemme, 2) j'ai honte, et 3) pourquoi je me forcerais?

Surtout que j'ai aussi remarqué que je rejetais en bloc tout ce qui touchait à la vie adulte: conduire, faire ses papiers, regarder les infos, avoir un boulot, (mettre des talons :roll: ), penser à se mettre en couple et à avoir une famille... Je ne me vois pas comme une adulte.
Est-ce que je serais juste méééééégaaaaaa en retard? En plus d'être un peu écorchée par la vie? Du coup, ma situation serait encore plus risible?



J'en arrive très souvent à me dire - attention c'est horrible, ne me tapez pas - que j'aimerais avoir été victime d'un viol (un vrai hein, pas à la peinture ^^). Au moins j'aurais une "excuse" une fois pour toutes, on me prendrait au sérieux d'un seul coup, ET en bonus je ne serais plus vierge.
Je suis bête.
Je me rends compte que je dis des choses très méchantes, mais rassurez-vous, c'est juste pour moi hein.


Je viens aussi de me rendre compte, maintenant que j'ai un compte justement, que vous recevez ce genre de message trois fois par jour. Je suis désolée pour la redite, mais je n'ai pas trouvé de réponse dans tous les posts que j'ai pu lire. Je ne sais même pas ce que j'attends ; je crois que j'ai envie que vous fassiez tout le travail à ma place 8-) haha

Merci pour votre patience ^^

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Re: Qui suiiiiis-je ?

Message par clotaire » 12 mars 2017, 12:05

Bienvenue daria :-)

Félicitations pour ton témoignage, j'ai l'impression que tu parviens à y voir un peu clair quand même !
A mon avis, rien ne t'empêche de te définir asexuelle et aromantique, si ça te rassure. Tu n'as pas à essayer d'être normale. Il suffit de savoir accueillir le changement si un jour il advient. En attendant, mieux vaut assumer ce que tu es maintenant.

EDIT après ta réponse : tu as raison, peut-être que ce n'est pas une orientation ; peut-être que ça pourrait se soigner, mais ce n'est pas pour autant qu'on a intérêt à le faire. La honte n'est pas une raison valable je pense, il faut la dépasser, mais les raisons 1) et 3) que tu invoques, oui. Ne te tracasse pas !

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Re: Qui suiiiiis-je ?

Message par FTC » 12 mars 2017, 13:29

Je comprends ton idée de dire que pour toi ce ne serait pas une orientation sexuelle. Mais personnellement dans ce cas là, et même pour n'importe qui à ce sujet, je préfère regarder les symptômes. Certes potentiellement cela peut évoluer, mais l'important est qu'ajourd'hui tu ne ressens pas d'attirance donc en soi tu serais asexuelle. Peut-être que c'est dû à ton traumatisme, ou peut-être pas. En allant au fond du raisonnement, on pourrait presque imaginer que tu fais de la post-rationnalisation à essayer de trouver une origine à ton asexualité, car inconsciemment tu ne l'acceptes pas encore à 100% (je dis pas que c'est le cas, mais juste dans l'idée d'aller au bout de la pensée :) )

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Re: Qui suiiiiis-je ?

Message par didou » 12 mars 2017, 13:35

daria a écrit : Surtout que j'ai aussi remarqué que je rejetais en bloc tout ce qui touchait à la vie adulte: conduire, faire ses papiers, regarder les infos, avoir un boulot, (mettre des talons :roll: ), penser à se mettre en couple et à avoir une famille... Je ne me vois pas comme une adulte.
Est-ce que je serais juste méééééégaaaaaa en retard? En plus d'être un peu écorchée par la vie? Du coup, ma situation serait encore plus risible?

Oh bin lorsque l'on voit la "vie adulte" de nos jours, il y a bien des raisons de la rejeter :mrgreen: Personnellement, j'assume totalement les responsabilités qui m'incombent ... mais juste celles-là, celles incompressibles. Après, les autres, dont le paraître, au diable !!!
Je préfère jouer aux Nerfs avec quelques collègues, mes gamins, voir avec les élèves, avoir de assiettes dépareillées qui me feraient passer pour un indigent lorsque des gens viendraient, garder ma vielle salopette de 20 ans que je recouds amoureusement et qui ne fait pas "Mooonsieurrr classe, imposant ... donc forcément respectable" :mrgreen: J'assume totalement de savoir dire "je ne sais pas", même aux élèves, ce qui forcément ne fait ni sérieux ni adulte puisque les adultes savent tout, quitte à mentir ou à faire semblant :twisted: Même à la banque je désespère les chargés de clientèle car je n'y comprends rien et ça me gonfle. Une fois ils voulaient faire un point avec moi et ont tenté de me faire ouvrir je ne sais quel nouveau compte... Je leur en ai fait fermer 3 que mon ex-femme m'avait fait ouvrir (car elle, c'était un truc qu'elle suivait). Moi, tant que je ne suis pas à découvert, tout va bien. Mais voilà, ces trucs que les adultes chérissent... pfffff, faich'...

Alors peut-être que c'est un point de vue qui s'emboîte très bien avec mon asexualité, peut-être une tout ça n'est qu'une même chose. Pour autant, je paye mes factures en temps, je m'occupe de mes gamins, j'aide à droite à gauche, je sais réparer une porte. Donc, on peut très bien ne pas vouloir rentrer dans le moule "adulte" et vivre relativement bien, tant que l'on gère le minimum nécessaire. Alors après, certes, certaines personnes vous regardent d'un oeil suspicieux voire mauvais, mais bon, si l'on devait s'arrêter à ça...

Pour ce qui soit du traumatisme versus orientation, comme @FTC, je préfère regarder les symptômes.
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Re: Qui suiiiiis-je ?

Message par PassionA » 12 mars 2017, 15:01

daria a écrit : Ça m'irait totalement d'être asexuelle + aromantique.
Mais est-ce qu'on peut vraiment dire que je suis asexuelle s'il y a des causes (traumatisme, dégoût, dissociation du corps)? Est-ce qu'on peut vraiment parler d'orientation sexuelle dans ce cas?

Parce que si c'est "juste" un trouble psychologique, ça voudrait dire que ça se soigne. Mais 1) j'ai la flemme, 2) j'ai honte, et 3) pourquoi je me forcerais?

Surtout que j'ai aussi remarqué que je rejetais en bloc tout ce qui touchait à la vie adulte: conduire, faire ses papiers, regarder les infos, avoir un boulot, (mettre des talons :roll: ), penser à se mettre en couple et à avoir une famille... Je ne me vois pas comme une adulte.
Est-ce que je serais juste méééééégaaaaaa en retard? En plus d'être un peu écorchée par la vie? Du coup, ma situation serait encore plus risible?
Regarde les choses de cette façon: ton traumatisme est lié aux garçons, est-ce que ça a fait de toi une homo? Non. Le traumatisme c'est quelque chose que tu dois gérer, à ta façon ou avec de l'aide, mais je ne crois pas que ça t'empêcherai d'avoir des envies réelles si tu étais vraiment allosexuelle - même sans les mener jusqu'au bout. Bien sûr, tu es la seule à pouvoir vraiment savoir. Autrement, on ne soigne pas l'orientation sexuelle.

Tu n'es clairement pas la seule à avoir des problèmes pour entrer dans la vie d'adulte. Je suis comme ça, même si je suis très solitaire et que je dois bien m'occuper un peu de tout ces trucs là, je n'ai jamais eu l'impression d'être devenu adulte. Les adultes, ce sont juste des enfants qui ont vieilli.

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Re: Qui suiiiiis-je ?

Message par galaad » 12 mars 2017, 15:43

daria a écrit :J'en arrive très souvent à me dire - attention c'est horrible, ne me tapez pas - que j'aimerais avoir été victime d'un viol (un vrai hein, pas à la peinture ^^). Au moins j'aurais une "excuse" une fois pour toutes, on me prendrait au sérieux d'un seul coup, ET en bonus je ne serais plus vierge.
Je suis bête.
pour avoir vécu des situations assez similaires à ça... OUI tu es bête, mais tu as raison, ça parait être un bon moyen d'avoir une excuse avec le petit bonus, enfin à ce prix là autant créer une histoire factice, ça fait moins mal.

Après ceux qui sont victimes d'un viol oublient souvent (pour bonne raison) qu'un coup de langue est pire qu'un coup de lance et que le viol physique c'est rien face au viol psychologique (manipulation, touça)
Méfiez vous des seraphins, leur fureur peut être destructrice, si vous croisez l'un d'entre eux, il pourra vous sauver la vie ou vous tuer d'un revert de main...

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Re: Qui suiiiiis-je ?

Message par Baelfire » 12 mars 2017, 17:50

daria a écrit :J'ai plus ou moins fait la paix avec mon corps depuis que je me suis mise à la pole dance il y a un an.
Yeaaah ! Faudra vraiment que j'essaye un de ces jours.

Bon tu as fais la paix avec ton corps, mais avec toi-même ? On a l'impression que tu t'en veux de quelque chose et tant que tu ne te seras pas pardonnée ça peut être difficile de t'ouvrir à une amoureuse. Ca peut venir de ce qui t'es arrivée en maternelle et je pense que tu devrais bosser là dessus pour pouvoir te libéreeeer, délivreeeeer :)

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Re: Qui suiiiiis-je ?

Message par daria » 13 mars 2017, 10:52

Oh je suis vraiment désolée si je t'ai blessé, Galaad, j'avais bien précisé que j'allais dire quelque chose d'horrible mais j'aurais dû me rendre compte que ça pouvait faire du mal, même avec avertissement. Je suis bien consciente que c'est une des pires choses à subir dans la vie. J'espère que tu acceptes mes modestes excuses :/

(mais je pense vraiment ce que j'ai dit, ce qui montre à quel point je souffre de ma situation)
(c'est d'autant plus violent que tout me revient d'un coup après plus de 3 ans sans me poser de questions)
(j'aime bien les parenthèses!)

J'ai dormi deux heures cette nuit. Il y a trop de choses intéressantes à lire sur ce forum. :cake: :cake: :cake: Toujours aucune certitude malheureusement. J'ai l'impression que le fait d'essayer d'accepter que je ne suis pas faite pour les relations me donne un ultime élan de "regarde tout ce que tu vas manquer". "Et si je me trompais? Et si je passais à côté de ma vie?"
C'est un peu un effet "non non attendez laissez-moi y rêver une dernière fooooooois". Comme le dernier gâteau avant un régime. (Je ne sais pas si c'est de votre faute, mais j'emploie des métaphores pâtissières à outrance depuis quelques jours)

En essayant à tout prix de mettre un nom sur cet aspect de moi, j'ai réveillé (le Balrog) la romantique qui ne rêve au fond que de ça:
Image
Dans une dimension où je ne serais pas moi, bien sûr.

J'ai envie de pleurer!

Le pire, c'est que j'ai une amie avec qui je pourrais tout à fait vivre ça. Elle n'a jamais rien tenté, mais on plaisante régulièrement sur la perspective de nous marier et d'habiter ensemble tant nos bizarreries sont compatibles, elle n'arrête pas avec ses compliments, et il n'est pas rare de trouver des petits cœurs dans ses messages. :oops:
Mais je tiens beaucoup trop à elle pour me servir d'elle comme de "test", elle a déjà eu le cœur brisé plusieurs fois. Et j'ai aussi trop peur de tout gâcher. Et on en revient aussi à ma honte profonde d'être aussi inexpérimentée.

Compliquéééééééééééé.


Bon, à part ça, je vais répondre à vos messages dans l'ordre pour n'oublier personne:

Merci clotaire! Je pensais en effet avoir réussi à faire le point sur moi-même, et... en fait non, c'est encore pire. On va y arriver!

FTC et didou, je suis plutôt d'accord avec vous sur l'importance des symptômes par rapport à la cause. C'est juste que j'ai l'impression de n'avoir aucune légitimité à me dire asexuelle puisque je n'ai pas d'expérience pour le justifier (je sais, je sais ; mais dans ma tête c'est impardonnable), et qu'il y a plein de "troubles associés". Mais vous avez raison, l'important c'est ce que je ressens et ce que je suis :) même si pour l'instant j'en ai honte ET qu'après insomnie je n'en suis même plus sûre. Hahaha

Didou, tu es un modèle de personne adulte cool, merci d'exister. Si tout le monde pouvait devenir grand-enfant au lieu de se prendre la tête, le monde tournerait plus rond.
Pareil pour toi Passion-A.

Très pertinente ta remarque, Baelfire *.* je ne m'étais pas rendu compte que je me sentais coupable de tout et n'importe quoi. Je ne sais pas ce que tu fais dans la vie, mais tu serais une bien meilleure psy que tous ceux que j'ai essayés! Peut-être que ma mésaventure toilettesque ne m'a traumatisée que pour le pipi. Peut-être que je me cherche juste des excuses. Mais il est certain que je dois apprendre à être plus gentille avec moi-même, merci de me l'avoir rappelé. Je ne sais pas si certains d'entre vous ont regardé My Mad Fat Diary, mais il y a un truc qui m'avait remuée: le psy de l'héroïne lui disait d'imaginer la version petite fille d'elle-même, et ce qu'elle lui dirait pour l'apaiser. Je devrais m'y mettre.
Moins merci pour la Reine des Neiges en boucle dans la tête par contre! :P
(La pole dance c'est trop bien).

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Re: Qui suiiiiis-je ?

Message par galaad » 13 mars 2017, 13:40

daria a écrit :Oh je suis vraiment désolée si je t'ai blessé, Galaad, j'avais bien précisé que j'allais dire quelque chose d'horrible mais j'aurais dû me rendre compte que ça pouvait faire du mal, même avec avertissement. Je suis bien consciente que c'est une des pires choses à subir dans la vie. J'espère que tu acceptes mes modestes excuses :/

(mais je pense vraiment ce que j'ai dit, ce qui montre à quel point je souffre de ma situation)
(c'est d'autant plus violent que tout me revient d'un coup après plus de 3 ans sans me poser de questions)
(j'aime bien les parenthèses!)
Rassures-toi, tu ne m'a pas blessé, j'ai juste voulut rappeler que le viol malgré tout ce qu'on met en avant de choquant et traumatisant n'est avant tout qu'une attaque physique qui peu se réparer et que le coté blessure mentale qui y est lier dépend de plein de facteur.

penses à l'idée qu'un coup de langue est pire qu'un coup de lance. l'insulte est plus douloureuse que le viol en gros, même si ça dépend des gens.
Méfiez vous des seraphins, leur fureur peut être destructrice, si vous croisez l'un d'entre eux, il pourra vous sauver la vie ou vous tuer d'un revert de main...

"on ne peut guère vivre sans amour, mais on peut vivre sans sexe"

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Re: Qui suiiiiis-je ?

Message par Baelfire » 13 mars 2017, 17:39

daria a écrit :
Très pertinente ta remarque, Baelfire *.* je ne m'étais pas rendu compte que je me sentais coupable de tout et n'importe quoi. Je ne sais pas ce que tu fais dans la vie, mais tu serais une bien meilleure psy que tous ceux que j'ai essayés! Peut-être que ma mésaventure toilettesque ne m'a traumatisée que pour le pipi. Peut-être que je me cherche juste des excuses. Mais il est certain que je dois apprendre à être plus gentille avec moi-même, merci de me l'avoir rappelé
Je suis pas psy mais merci pour le compliment :)

Pour approfondir un peu le sujet il se peut que tu t'en veuilles profondément de ne pas avoir su te préserver/protéger. Bien qu'en réalité tu n'y sois pour rien. Surtout à cet âge là. Ca pourrait expliquer maintenant un certain mécanisme de défense de ta part voir de violence contre toi-même (autmomutilation etc...).
♪Love is in the A ♫

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