Comment aborder le sujet?

Vous avez des questions sur l'asexualité ?
C'est ici que ça se passe.
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Framboize
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Comment aborder le sujet?

Message par Framboize » 15 nov. 2015, 11:27

J'ai parcouru pas mal le forum depuis ma récente inscription. Lire les présentations, les témoignages et se reconnaître en partie (ou même parfois totalement) dans beaucoup donne vraiment un sentiment d'apaisement, d'appartenance, et on se sent libérée (j'suis sûre que je vous ai mis une chanson dans la tête, là, désolée!!). J'ai vraiment sentie physiquement un poids s'envoler et c'est assez agréable. J'ai encore tout de même du mal à me dire : je suis asexuelle, c'est comme ça, c'est mon identité au même titre qu'un hétéro se dit hétéro ou un homo, homo! Y'a encore une infime partie de moi qui me dit que "peut-être que ça va s'arranger!", sous-entendant que c'est un problème auquel il faut trouver une solution!

Pourtant intellectuellement, j'ai bien assimilé que ce n'en est pas un, que c'est une caractéristique (à défaut de trouver un meilleur mot) comme une autre, comme être blanc, noir, grand, petit, quelque chose qu'on ne choisit pas et qui est immuable (sauf feu Michael Jackson :wink: ).

Bref, j'ai conscience qu'avant d'aborder le sujet avec mes proches, il faut que moi-même je sois convaincue de ce côté immuable, convaincue que cette identité sexuelle est une parmi d'autre. Je pense que c'est plus difficile de le voir ainsi car cette identité justement se caractérise par l'absence de sexualité (pour faire simple!).

J"en viens à ma question : comment abordez-vous le sujet? Comment avez-vous fait la première fois pour en parler? Comment le faites-vous maintenant au quotidien (même si j'imagine que ça ne vient pas sur le tapis à chaque moment de la journée!)? A qui l'avez-vous dit? A quel moment le dites-vous dans les débuts d'une relation potentiellement romantique?

ET question qui tue : comment réagissent les gens??? Quand je m'imagine en parler à mes amis, j'imagine qu'ils vont se dire :
1. C'est quoi ce truc, comment c'est possible?
2. Mouais, c'est juste une manière de dire que t'es une prude, coincée du cul!
3. Ah tiens, encore une nouvelle mode en matière de sexualité!! Par contre celle-ci est beaucoup moins fun que d'être bi, c'est quoi l'intérêt en fait??
4. Mais non, t'inquiètes, c'est parce que t'as pas rencontré THE ONE, l'élu, celui qui te fera changer d'avis!
5. Ah merde, y'a peut-être des médecins qui peuvent t'aider! T'as déjà vu un psy pour ça?

Et franchement, y'a aucune de ces réactions qui m'enchantent vraiment. Il y a aussi ceux qui feront semblant de comprendre (et je conçois que ce ne soit pas facile à comprendre) et qui, au fond d'eux, penseront ce que j'écris plus haut.

Alors oui, on s'en fout de ce que les gens pensent!! Oui, en théorie, mais en pratique, on sait tous que c'est faux! On vit en société, hormis vivre en ermite sur une île déserte, nos relations avec les autres dictent notre vie, en partie. Après 35 ans à m'être posée tout un tas de questions, à m'être forcée à sembler dans la norme, à avoir donné le change même si mon célibat de longue durée entrecoupé de relations très courtes et très peu nombreuses fait que mon entourage s'interroge sans doute sur mon cas, mais je suis sûre qu'aucun n'a pensé à l'asexualité parce qu'aucun ne sait ce que c'est, ni même que ça existe!

Voilà, à vous de jouer!!

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didou
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Re: Comment aborder le sujet?

Message par didou » 15 nov. 2015, 15:42

Framboize a écrit : J"en viens à ma question : comment abordez-vous le sujet? Comment avez-vous fait la première fois pour en parler?
Bon, j'ai donné ma manière d'aborder le sujet à l'instant dans le sujet http://www.asexuality.org/fr/forum/view ... f=3&t=7134
Framboize a écrit : Et franchement, y'a aucune de ces réactions qui m'enchantent vraiment. Il y a aussi ceux qui feront semblant de comprendre (et je conçois que ce ne soit pas facile à comprendre) et qui, au fond d'eux, penseront ce que j'écris plus haut.
Oui, enfin, bon... Ils pensent ce qu'ils veulent... Ça rejoint ce que je vais te répondre juste en dessous...
Framboize a écrit :Alors oui, on s'en fout de ce que les gens pensent!! Oui, en théorie, mais en pratique, on sait tous que c'est faux!
Ca dépend des gens. Avec une bonne dose d'associalibité :lol: on finit par arriver effectivement à dire "f@ck" à ceux qui ne nous apprécient pas comme on est. Je concède que ça prend du temps. Mais ça soulage vachement ! Quant à ceux auxquels on ne peut pas dire "f@ck" (genre, son boss), bin il faut se dire que la vraie vie est ailleurs et se faire un plaisir de minimiser les rapports, de les garder au strict nécessaire.
Comme je l'ai dit dans un autre message, ça dégraisse sacrément le carnet d'adresses et c'est tout bénef': besoin d'un téléphone plus petit, plus rapide de retrouver un contact et moins d'anniversaires à se souvenir :twisted:
Framboize a écrit :On vit en société, hormis vivre en ermite sur une île déserte, nos relations avec les autres dictent notre vie, en partie.
Oui, comme tu le dis: "en partie". Les aspects intimes et personnels de la vie n'ont à être à gouvernés que par soi-même et ceux que l'on apprécie (généralement, c'est symétrique). Les autres, ouste...
Framboize a écrit :Après 35 ans à m'être posée tout un tas de questions, à m'être forcée à sembler dans la norme,
Je pense que beaucoup d'entre nous se sont forcés à y rentrer... On dirait que ça n'a pas vraiment marché sur le long terme :D Mais on en vit que mieux en fait.
Faisons une petite expérience et comparons comment l'on se sentait lorsque l'on était en train d'essayer de rentrer dans les normes et comment on se sent une fois que l'on a compris que de toute façon on n'y rentrera pas. Personnellement, j'ai moins de noeuds au cerveau depuis la seconde alternative.

Bon, mais ce n'est que mon expérience et les conséquences que j'en ai tirées. Ça peut être différent pour d'autres.
Règle n°1 : pas avant le mariage. Règle n°2 : ne pas se marier

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Re: Comment aborder le sujet?

Message par Baelfire » 16 nov. 2015, 09:00

1. C'est quoi ce truc, comment c'est possible?
Il faut que je répète avec des mots que tu comprennes c'est ça ?

2. Mouais, c'est juste une manière de dire que t'es une prude, coincée du cul!
Exactement! Maintenant regarde ailleurs steuplait

3. Ah tiens, encore une nouvelle mode en matière de sexualité!! Par contre celle-ci est beaucoup moins fun que d'être bi, c'est quoi l'intérêt en fait??
Oh du dénie! Encore une nouvelle mode en matière de réaction. Mais c'est beaucoup moins fun que d'essayer de comprendre voir d'accepter. C'est quoi l'intérêt en fait ?

4. Mais non, t'inquiètes, c'est parce que t'as pas rencontré THE ONE, l'élu, celui qui te fera changer d'avis!
Tu dis la même choses aux homos ? "Nan mais t'inquiète pas c'est que t'a pas encore trouvé la femme qu'il te faut." ?

5. Ah merde, y'a peut-être des médecins qui peuvent t'aider! T'as déjà vu un psy pour ça?
Tu dis la même chose aux lesbiennes c'est ça ?


Voilà des exemples de réponses. Tu ne peux pas empêcher les gens de croire ce qui les arrange. C'est au fil du temps et des discussions que leur esprit s'ouvrira. Mais la première réaction ça...c'est pas tellement contrôlable.

Pour ma part je n'ai que des réactions positives ou encore des "Limite si je ne t'envie pas de ne pas être dépendante de ça". Y a que mon copain qui m'a dit "ben écoute vu que tu es la seule A avec qui j'ai une relation je peux pas me rendre compte ce que ça va faire ou pas...mais j'en avais déjà entendu parlé et je comprends".

Aprés je ne l'ai pas dit à ma famille mais je n'en vois pas l'intérêt.

D'ailleurs est-il vraiment important que tu en parles ? Parce qu'en fait y a rien à raconter c'est ça le truc aussi
♪Love is in the A ♫

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Re: Comment aborder le sujet?

Message par PaulL » 16 nov. 2015, 09:16

Personnellement j'ai fini de l'annoncer de manière officielle à ma bande de pote. Ils se doutaient déjà que j'étais différent d'eux et l'ont très bien pris. Ceux dont je me doutait qu'ils me poseraient des questions en ont posés, ceux que je me doutais qu'ils s'en fichent parce qu'ils m aiment comme je suis me l'ont dit aussi.
Alors je sais qu'ils ne peuvent pas vraiment comprendre ce que je suis, mais je sais aussi que j'ai pleinement confiance en eux et je sais qu'ils me poseront d'autres questions plus tard.
Je suis convaincu de ce que je suis et ils l'ont remarqué. Par ailleurs, leur dire simplement qu'à 14 ans quand mes potes commençaient à avoir ces "pulsions" je ne les comprenait pas, ça a beaucoup fait d effet et ils ont pris conscience que ça existe.

Mais après je sais que J ai mûrement réfléchi à leur dire et surtout à comment leur dire, à qui le dire en premier, en second ou en troisième (sachant qu'ils sont 8 ^^). Voilà, il faut préparer ce genre de chose. Mais il faut aussi que toi tu t acceptes pleinement, que tu sois "en paix" avec ça.

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Re: Comment aborder le sujet?

Message par Zimou » 16 nov. 2015, 10:53

Framboize a écrit :J'ai encore tout de même du mal à me dire : je suis asexuelle, c'est comme ça, c'est mon identité au même titre qu'un hétéro se dit hétéro ou un homo, homo! Y'a encore une infime partie de moi qui me dit que "peut-être que ça va s'arranger!", sous-entendant que c'est un problème auquel il faut trouver une solution!
Il y a très certainement une raison à se ressentit. Comprendre pourquoi tu ressent ça te permettra soit de comprendre que tu faisait erreur et que tu avais raison de croire que c'est effectivement un problème, soit de comprendre que tu avait des aprioris, peut être une mauvaise idée inconsciente de ce qui est un problème ou non. Tu dois comprendre pourquoi tu ressent ça pour comprendre si c'est réellement un problème (un bon pressentiment) ou un biais inconscient (un faux pressentiment). alors à ce moment, tu sera sur d’être A ou pas, tu comprendra que c'est naturel et tu te posera moins de questions.
Framboize a écrit :Je pense que c'est plus difficile de le voir ainsi car cette identité justement se caractérise par l'absence de sexualité (pour faire simple!).
ça fait simple en effet, mais malheureusement c'est faux et ça ne permet donc pas de comprendre si on dit ça. l'asexualité ne se caractérise que par l'absence d'attirance sexuel, donc l'absence de recherche d'une sexualité à assouvir sans autre raison que l'envie d'assouvir une sexualité. Ce n'est pas du tout l'absence de sexualité, ça c'est l'abstinence, c'est pas du tout là même chose. Si tu explique à tes proche que l'asexualité est l'absence de sexualité, c'est normal que tu ai peur qu'ils te pose les questions que tu pense qu'ils te poseront. mais si tu leur explique correctement ce qu'est l'asexualité, tu verra que si ils ont bien compris il ne poseront pas toute ces questions :
Framboize a écrit :ET question qui tue : comment réagissent les gens??? Quand je m'imagine en parler à mes amis, j'imagine qu'ils vont se dire :
1. C'est quoi ce truc, comment c'est possible?
là, il faut juste expliquer que c'est possible de la même façon qu'il est possible à une personne de tomber amoureux et d'avoir de l'attirance sexuel pour une personne du même sexe qu'elle.
Framboize a écrit :2. Mouais, c'est juste une manière de dire que t'es une prude, coincée du cul!
Si tu n'explique pas l'asexualité comme étant une absence de sexualité, ils ne diront pas ça. ou alors il suffira de leur répondre que l'asexualité n'est pas de ne pas avoir de sexualité et donc que ça n'a rien à voir avec d’être prude ou coincé (normalement, si c'est bien expliqué ils ne devraient pas le penser)
Framboize a écrit :3. Ah tiens, encore une nouvelle mode en matière de sexualité!! Par contre celle-ci est beaucoup moins fun que d'être bi, c'est quoi l'intérêt en fait??
là tu peux lui répondre qu'il suis aussi la mode la plus... modé : l'hétérosexualité. c'est la mode, la majorité des gens le sont.
Framboize a écrit :4. Mais non, t'inquiètes, c'est parce que t'as pas rencontré THE ONE, l'élu, celui qui te fera changer d'avis!
Il suffit de leur faire comprendre que l'asexualité n'est pas un avis. avoir un avis c'est se dire qu'on veut ou ne veut pas de sexualité, qu'on est pour, neutre, ou contre, et si on choisit qu'on est contre ou qu'on n'en veut pas, en effet l'élus pourra peut être faire changer les choses. mais en aucun cas cela te rendra sexuel, tu aura juste changer d'avis sur ta sexualité. et si ça te rend sexuel, c'est que tu l'étais avant. découvrir la sexualité ne transforme pas un asexuel en sexuel ^^
Framboize a écrit :5. Ah merde, y'a peut-être des médecins qui peuvent t'aider! T'as déjà vu un psy pour ça?
un psy pour faire quoi? car si 'est pas expliqué comme une absence de sexualité, ils ne te conseilleront pas de voir un psy pour que tu puisse avoir une sexualité (ce qui est souvent la raison pour laquelle quelqu'un te conseillera de voir un psy). Si c'est voir un psy pour te donner de l'attirance, suffira de dire que ce n'est pas une maladie et que des psy ont déjà essayé sans résultat (il y en a aussi pour qui ça marche, mais ceux pour qui ça marche n'était pas A : l'asexualité ne se guéris pas. là c'est à toi de t'assurer que tu es bien A et qu'un psy n'y fera rien : que tu es bien dans ta situation, que tu es sur que ce n'est pas un problème ou causé par un problème)
Framboize a écrit :J"en viens à ma question : comment abordez-vous le sujet? Comment avez-vous fait la première fois pour en parler? Comment le faites-vous maintenant au quotidien (même si j'imagine que ça ne vient pas sur le tapis à chaque moment de la journée!)? A qui l'avez-vous dit? A quel moment le dites-vous dans les débuts d'une relation potentiellement romantique?
J'en ai parlé à tout le monde autour de moi mais parce que j'avais une bonne raison de le faire (sinon j'en aurai très peu parlé). Pour la plupart, je leur dit quand on parle sexualité. c'est dans le sujet. Et si tu parle jamais sexualité avec les gens à qui tu veux le dire, ça n'aura pas bien d’intérêt de leur dire ^^ pour la relation potentiellement romantique, je le dit des que je pense que je m'attache à la personne. faut être claire des le début, avant même que tout commence. Même si vous parlez pas sexualité (ou relation de couple), il faut l'annoncer. sous la forme d'un "faut que je te dise : je suis asexuel. Je voulais que tu le sache pour apprendre à mieux se connaitre".
Framboize a écrit :Et franchement, y'a aucune de ces réactions qui m'enchantent vraiment. Il y a aussi ceux qui feront semblant de comprendre (et je conçois que ce ne soit pas facile à comprendre) et qui, au fond d'eux, penseront ce que j'écris plus haut.
comme PaulL, je l'ai dit à mes amis et j'ai confiance en eux. ceux qui avaient des doutes m'ont posé des questions ouvertement ou m'en pose encore. pour les autre ils ont visiblement compris. Si c'est bien expliqué et que tu anticipe les questions, que tu donne les réponses dans ton explication de l'asexualité, ils ne se les poseront pas.
La définition de l'asexualité est "une personne qui ne ressent d'attirance sexuelle pour personne". Cependant, vous seul pouvez décider quel terme vous convient le mieux.
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Re: Comment aborder le sujet?

Message par Imoto » 17 nov. 2015, 17:34

Je ne dois pas être la seule bien sûr, mais je pense que cela dépendra extrêmement de ceux à qui tu veux en parler. L'idéal me semble profiter d'une perche tendue ou ouvrir une plus large discussion, peut-être en introduisant l'asexualité avant, ou au contraire en révélant peu à peu de petites choses sur soi et l'autre (ou les autres), ce qui permettra d'être plus à l'aise. Après, ce n'est pas évident avec tous...
Si tu veux mes expériences, je les ai écrites dans ce topic http://www.asexuality.org/fr/forum/view ... 51#p175151
L'anormalité n'est pas anormale ; c'est une parfaite normalité qui ne serait pas normale :¤@µ:
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Re: Comment aborder le sujet?

Message par Framboize » 20 nov. 2015, 17:14

Merci à tous et toutes pour vos témoignages et réponses possibles, certaines m'ont bien fait sourire!! En effet, y'a pas à le dire à tout le monde ni tout le temps mais je pense à mes parents, par exemple, qui se disent sans doute (les connaissant) : mais qu'est-ce qu'on a mal fait, pourquoi elle est toujours ou quasi toujours célibataire? Encore, si j'étais en couple, je n'aurais pas à expliquer à qui que ce soit ce que l'on fait ou ne fait pas dans l'intimité, ce serait plus simple. Mais force est de constater que quand on est A, ben, on n'est pas souvent en couple (en particulier pendant toute la période ou en fait, on se demande ce qu'on est!!). J'ose espérer que quand on a plus la sensation de savoir qui on est et ce qu'on veut, on peut plus facilement accepter l'idée d'être en couple si c'est ce dont on a envie, bien sûr, et, euh, comment dire, je ne sais pas si c'est vraiment mon cas! (j'sais pas si c'est toujours très clair ce que je dis!!)

Bref, ce que je veux dire en fait c'est que au-delà de l'asexualité, c'est surtout la solitude volontaire qui est incomprise. Même quand c'est un choix, quand on le vit bien, ça renvoie toujours à quelque chose de triste. Et donc tout le monde pense nous rendre service en essayant de nous refourguer un voisin, un copain, un cousin, un collègue! Et comme j'suis polie, j'hésite à dire : "mais, occupe-toi de ton c*l, merci!!"

En fait, la question que je me pose surtout c'est : "Est-ce que j'aime vraiment être seule? Ou est-ce que c'est juste plus confortable pour moi que de me confronter à l'autre, dans tout ce que ça implique, quotidiennement, intimement, sexuellement? Est-ce que c'est un manque de courage ou juste un manque d'envie?" Arghhhhhhh, j'aime pas ne pas avoir de réponse à mes questions!!

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Re: Comment aborder le sujet?

Message par didou » 20 nov. 2015, 23:23

Framboize a écrit :En effet, y'a pas à le dire à tout le monde ni tout le temps mais je pense à mes parents, par exemple, qui se disent sans doute (les connaissant)
Les connaissant, seule toi pourra déterminer s'il faut leur en parler.
Framboize a écrit :mais qu'est-ce qu'on a mal fait, pourquoi elle est toujours ou quasi toujours célibataire?
J'ai eu le droit à ce genre des questions en filigrane pour d'autres raisons. On peut tout à fait comprendre que pour un parent, des questions surgissent lorsque les enfants ne semblent pas rentrer dans la "ligne droite du parti".
En tant que parent, je n'ai pas (encore ... j'espère être épargné) eu le triste privilège d'affronter une telle situation (je veux dire, l'enfant ne se sentant pas comme "tout le monde"). Encore que, étant dans une situation très particulière (puisque ici, entre autre), je ne crains pas de sembler rebuté par quoi que ma progéniture puisse m'annoncer.
Framboize a écrit :Mais force est de constater que quand on est A, ben, on n'est pas souvent en couple [...]
Si si :lol: Mais par erreur :D
Framboise a écrit : J'ose espérer que quand on a plus la sensation de savoir qui on est et ce qu'on veut, on peut plus facilement accepter l'idée d'être en couple si c'est ce dont on a envie,
Oui, mais il faut que l'autre côté soit aussi à même de comprendre et d'accepter.
Framboise a écrit : Et donc tout le monde pense nous rendre service en essayant de nous refourguer un voisin, un copain, un cousin, un collègue! Et comme j'suis polie, j'hésite à dire : "mais, occupe-toi de ton c*l, merci!!"
:lol: Moi j'ai un collègue qui depuis que je suis en train de divorcer passe son temps à me dire "depuis (sous-entendu que je divorce), tu es devenu plus "beau"... "Un mélange d'Hugues Auffray, etc etc" (enfin bref, certainement une attirance refoulée :D) "Tu vas avoir les minettes qui vont te tombe dessus..." :? Bon, je lui ai dit 1 fois, 2 fois, 3 fois que non, certainement pas, bin il et bouché à l'émeri. Donc certainement que dans sa "gentillesse", il pense me caresser dans le sens du poil... Mais bon, dans les faits... il ferait mieux de regarder son écran d'ordinateur :twisted: Et ça finit invariablement de mon côté par "certainement pas". Ce n'est pas "f@ck", mais ça signifie la même chose :wink:
Framboise a écrit : En fait, la question que je me pose surtout c'est : "Est-ce que j'aime vraiment être seule? Ou est-ce que c'est juste plus confortable pour moi que de me confronter à l'autre
Pour avoir un élément de réponse (parmi d'autres), si tu te sens bien comme ça, alors "l'envie" et le "confort" se confondent.
J'ose avec impertinence dire que depuis que je ne suis plus en couple, je fais plein de choses que je ne faisais plus. Donc oui, je suis un infâme monstre, mais j'aime être seul :evil: N'en déplaise à quiconque.
Framboise a écrit :dans tout ce que ça implique, quotidiennement, intimement, sexuellement?
Là, tu pousses la question encore plus loin, en intégrant les conséquences intimes et sexuelles de la vie à deux.
Pour avoir regardé "un peu" urbi et orbi sur le forum et les divers sites, tu sembles mixer le fait de ne pas avoir envie de sexe et celui de ne pas avoir envie de vivre avec quelqu'un. Mais bon, je pars sur des subtilités que je ne maîtrise pas encore.
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Re: Comment aborder le sujet?

Message par Framboize » 21 nov. 2015, 00:47

Ben ouais, c'est ça, est-ce que j'ai juste pas envie de sexe (et donc pas envie d'être avec quelqu'un par extension puisque jusque là, j'avais pas imaginé être avec quelqu'un sans sexe) ou est-ce que j'ai juste envie d'être seule avec moi-même??!

Maintenant que j'ai compris qu'il était concevable (après lecture intensive du forum) d'être en couple sans sexe (concevable ne voulant pas dire évident et facile, bien sûr), alors est-ce que c'est quelque chose qui pourrait m'attirer?? Et bien, ma foi, j'suis pas sûre! Ou alors, si, dans les rares occasions où la solitude me pèse : quand je dois tondre la pelouse, ouvrir un bocal de cornichons, ou bricoler (JE PLAISANTE, ne m'envoyez pas la brigade des féministes !!!!). Il y a des fois où, oui, avoir une épaule musclée sur laquelle se reposer, ça peut être séduisant mais le couple c'est pas à la carte, il ne s'agit pas d'avoir un mec au moment où on en a besoin ou envie uniquement, en général, il est aussi là dans les moments où on en n'a ni besoin, ni envie!! Il faudrait l'équivalent du sexfriend mais sans sex, un friend, quoi!! Bon, ok, je choisis Joey, il est un peu con, mais au moins il est drôle!! ;)

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Re: Comment aborder le sujet?

Message par Tatamie » 08 déc. 2015, 17:03

Framboize a écrit :Ben ouais, c'est ça, est-ce que j'ai juste pas envie de sexe (et donc pas envie d'être avec quelqu'un par extension puisque jusque là, j'avais pas imaginé être avec quelqu'un sans sexe) ou est-ce que j'ai juste envie d'être seule avec moi-même??!
La même chose pour moi et sans doute beaucoup d'autres... Du coup, faut bien se barricader. C'est dommage de couper court à une éventuelle histoire sympa, d'être mieux seul qu'avec quelqu'un mais on s'y habitue, c'est ça le pire!!
C'est là que c'est rassurant, de voir qu'il y a d'autres personnes qui ont le même point de vue, ce qui ne veut pas dire qu'on sera forcément en couple un jour avec quelqu'un qui a ce point commun (non négligeable).
Framboize a écrit :Bon, ok, je choisis Joey, il est un peu con, mais au moins il est drôle!! ;)
Très bon choix! ^^ Mais hyper S pour le coup!!

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Re: Comment aborder le sujet?

Message par Framboize » 08 déc. 2015, 22:22

C'est vrai qu'il est très S, Joey, mais avec de bons gâteaux et de bons petits plats, ça peut peut-être être suffisant pour faire diversion!!

Bon, sinon, j'ai abordé le sujet pour la première fois avec un ami qui voudrait être plus qu'un ami et qui avait eu des difficultés à comprendre ma distance envers lui malgré un intérêt de ma part (mais plus sur le plan intellectuel, amical, peut-être romantique mais il est bien trop tôt pour le dire me concernant).

Je savais que c'était quelqu'un de tolérant, d'ouvert d'esprit, et plutôt quelqu'un qui ne cherche pas à rentrer dans la norme (voire même qui cherche à s'en éloigner le plus possible), du coup, même si ça n'a pas été facile à dire, je m'attendais à avoir face à moi une oreille attentive (ou plutôt un clavier attentif) et ce fut le cas. Il ne connaissait pas vraiment l'asexualité mais n'a pas été choqué même si sans doute un peu étonné.Après lui avoir envoyé quelques liens, je pense qu'il a compris mais ça reste assez abstrait je pense quand on ne le vit pas. Malgré tout, ça m'a fait un bien fou de le dire une bonne fois pour toute à quelqu'un et bizarrement, ça n'a pas été à un ami de longue date ou à un parent proche mais plutôt à une connaissance relativement nouvelle, à la connaissance qui m'a fait enfin me poser les bonnes questions et m'interroger sur moi, mes blocages, mes angoisses et qui m'a permis de mettre une identité sur tout ça.

Il semble vouloir malgré tout avoir envie de continuer à me connaître, ce qui est assez flatteur, rassurant mais malgré tout effrayant. Je pense que de le dire ne pourra qu'être bénéfique dans les prémices de cette relation, si relation il y a. Jusque là, je mettais le plus de barrières possibles entre nous pour ne pas qu'il s'infiltre dans une faille, que ça devienne tactile, puis plus, puis plus, puis que je prenne mes jambes à mon cou. Du coup, j'étais toujours sur la défensive pour éviter d'initier quoi que ce soit et du coup, je n'étais pas tout à fait moi-même. Je me dis qu'en étant un peu plus libérée tout en sachant qu'il ne s'attend pas à du sexe, ça ne peut que mieux se passer. Malgré tout, je pense que même s'il finit par ne plus s'attendre au sexe, il continuera sans doute de l'espérer.

A voir avec le temps donc, mais comme on ne se voit que tous les 36 du mois, pas sûre que ça évolue vers quoi que ce soit.

En tout cas, je l'ai dit et c'était pas si horrible.

Est-ce que le dire à des personnes plus proches ou qu'on côtoie tous les jours sera plus difficile? possible! Le weekend dernier, je suis sortie avec mes collègues (féminines) et pour certaines ce sont devenues des amies, même assez proche, avec qui je peux parler de choses assez personnelles. L'alcool aidant, on en est arrivé à parler cul (bien sûr), enfin, elles ont surtout parlé, j'ai acquiescé, j'ai souri, j'ai bu pour me donner une contenance, j'ai fait des vannes pour faire diversion mais je ne me suis pas étalée sur la question. Et pendant ce temps, je me suis dit : "si je leur disais, j'pense que ça leur ferait un choc!!" J'avoue que ça m'a saoulé à force, j'avais l'impression d'être une végétarienne invitée à un barbecue où tout le monde se goinfre de barbak sans s'imaginer que ça peut en choquer certains (désolée métaphore alimentaire).

Bref, leur dire sera plus difficile ou alors je peux continuer à ne pas leur dire car ça ne regarde que moi mais malgré tout, si ça fait partie de moi et si je livre d'autres aspects de moi, pourquoi pas aussi celui-là!? En clair, je vais continuer à me poser quelques questions, mais c'est comme ça qu'on avance, non?

XYZ
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Re: Comment aborder le sujet?

Message par XYZ » 09 juil. 2017, 06:17

Framboize a écrit :
15 nov. 2015, 11:27
ET question qui tue : comment réagissent les gens??? Quand je m'imagine en parler à mes amis, j'imagine qu'ils vont se dire :

1. C'est quoi ce truc, comment c'est possible?
2. Mouais, c'est juste une manière de dire que t'es une prude, coincée du cul!
3. Ah tiens, encore une nouvelle mode en matière de sexualité!! Par contre celle-ci est beaucoup moins fun que d'être bi, c'est quoi l'intérêt en fait??
4. Mais non, t'inquiètes, c'est parce que t'as pas rencontré THE ONE, l'élu, celui qui te fera changer d'avis!
5. Ah merde, y'a peut-être des médecins qui peuvent t'aider! T'as déjà vu un psy pour ça?
Attention je vais m'éclater a écrasé ces bêtises XD

1. C'est quoi ce truc, comment c'est possible?
J'ai un enregistrement automatique tout prêt pour te ré-expliqué ;) Je te laisse avec ça faut que j'aille faire les courses bye. (Ne jamais perdre son temps avec quelqu'un qui ne veut pas vraiment comprendre, autrement dit, quelqu'un qui n'est pas réceptif et qui dès le début rejette une éventualité.)

2. Mouais, c'est juste une manière de dire que t'es une prude, coincée du cul!
Attention la phrase qui suit est aussi brillante que 2.
Ton esprit est coincé dans le tien. (Avec un sourire si possible... Je suis méchante désolé... Je ne me sens drôlement pas coupable... No wonder why)

3. Ah tiens, encore une nouvelle mode en matière de sexualité!! Par contre celle-ci est beaucoup moins fun que d'être bi, c'est quoi l'intérêt en fait??
Mwais tellement tu veux pas essayer de suivre la mode aussi? Non c'est pas assez hipster pour toi?

4. Mais non, t'inquiètes, c'est parce que t'as pas rencontré THE ONE, l'élu, celui qui te fera changer d'avis!
Mais tout à fait "THE ONE" idéal serait asexuel aussi!!

5. Ah merde, y'a peut-être des médecins qui peuvent t'aider! T'as déjà vu un psy pour ça?
Si le médecin est asexuel aussi ya moyen d'avoir un rancard B)

ps: Pardonnez moi mon côté hum... Plutôt cru, c'est la vieillesse qui fait ça (oups c'était pas ça l'expression? x) )

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Re: Comment aborder le sujet?

Message par BBB » 11 nov. 2017, 13:34

XD pour le dernier message.
L’aborder je pense ça dépend vraiment des gens auprès de qui tu dois l’aborder. Moi pour avoir eu à m’outer de 10 milliards de trucs je commence à avoir un peu l’habitude. C’est plus facile quand les personnes sont déjà un peu renseignées et politisées sur le sujet.
Ma méthode c’est j’explique ce que c’est, je déconstruis les idées reçues pendant quelques mois et ensuite je m’oute. Ça permet de déblayer le terrain et aussi d’avoir le temps de voir comment réagit la personne et si c’est vraiment une bonne idée de s’outer.
En plus si tu fais bien le boulot la personne va elle-même te poser la question une bonne demi-douzaine de fois durant la période jusqu’à ce que tu sois prêt·e à lui répondre «oui, en effet, je suis ça». C’est plus simple, parfois il suffit d’un silence et de rougir, même pas besoin de prendre son courage à deux mains et de dire «au fait tu sais je suis ça».
Bon après des fois on tombe sur des personnes qui captent vraiment rien et alors faut s’outer plus explicitement, mais c’est quand même une méthode économique quand on est timide ou qu’on a trop de trucs dont on doit s’outer.

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Re: Comment aborder le sujet?

Message par cyclodocus » 15 nov. 2017, 15:25

comment aborder le sujet ?
mais tu n'as pas à l'aborder, tu n'as pas à t'expliquer
sauf si tu désires aller plus loin dans la relation intime avec la personne en face
laisse les gens penser ce qu'ils veulent
il y a 25 ans, tout le monde a pensé que la cougar hyper sexy se payait un jeunot de 10 ans de moins en pleine forme
ben c'était tout le contraire
on a laissé dire. personne n'aurait compris

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