Expliquez-moi !

Vous avez des questions sur l'asexualité ?
C'est ici que ça se passe.
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Guito14
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Re: Expliquez-moi !

Message par Guito14 » 06 mars 2009, 15:44

J'aime me prendre la tête 8-)

Et comprendre est le meilleur moyen d'accepter. A mon avis.
Je ne cherche pas à comprendre le monde, mais à me comprendre moi. Ce n'est pas la même chose.

Accepter l'altérité... c'est à dire la "reconnaissance de l’autre dans sa différence" reviendrait donc à accepter l'asexualité. Comme je l'ai dit dans le dernier billet de mon blog, l'accepter ne me dérangerait pas si ça ne m'empêchait pas de vivre une vie de couple, pour le moment en tout cas...

Certains ont tranché... mais je n'ai pas encore atteint ce niveau de sagesse... un jour peut-être...
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Re: Expliquez-moi !

Message par perplexe » 06 mars 2009, 16:59

J'aime me prendre la tête (...)
Oh, mais je ne te le reproche pas. Je suis moi-même expert ès prise de tête.
Là, où cependant tu me sembles faire fausse route (ce n'est que mon avis et ce n'est ni une attaque, ni une démonstration supplémentaire d'intolérance), c'est lorsque tu dis qu'accepter l'altérité reviendrait à accepter l'asexualité. Il me semble que précisément, ce hiatus est à l'origine de notre incapacité à nous comprendre et probablement la raison majeure pour laquelle mes (je le maintiens, innocentes) objections sont reçues toujours comme autant d'agressions gratuites.

En effet, à mes yeux, la sexualité est une forme d'acceptation ultime de l'altérité - dans la mesure où elle représente, dans la réciprocité, une version plus ou moins aboutie de l'accueil de l'autre dans ce que l'on a de plus intime, de plus animal et donc de plus imparfait et peut-être de moins glorieux, mais aussi dans la mesure où elle est par nature le don unique fait à un autre de ce que l'on ne partage pas avec quiconque l'on croise.
Par effet de miroir, l'asexualité devient a contrario (mais à mes yeux seulement [!!!] et je ne juge pas, ni ne condamne) une forme de refus de l'altérité... Une forme plus ou moins aboutie de sa négation. Il y a hiatus à compter de l'instant où un refus d'altérité revendique le droit à l'altérité.

Métaphoriquement, on considère souvent que le sexe est un langage. Par la pratique de ce langage, bien sûr, on envoie un message à l'autre et un message au monde. Ce message dit à l'autre : "tu es celle ou celui qui a le courage et la bonté de m'accueillir en toi et je suis celui ou celle, qui exclusivement, en toute humilité, t'accueille en moi" - et ce message dit au monde : "je fais partie de toi et j'accepte ton imperfection".
Ce n'est pas rien.

Et pour poursuivre sur le thème du langage... Si je parle français et que je me trouve parachuté au cœur d'un pays où l'on ne parle pas le français, je peux vivre seul dans l'attente de l'hypothétique et très hasardeuse rencontre d'un francophone, je peux considérer que le monde est inadapté "à moi" et revendiquer ma francophonie ou je peux aller vers l'autre, accepter l'altérité et par jeu d'échange, apprendre son langage autant qu'il apprendra le mien.
Mais peut-être n'est-ce pas possible avec le sexe... Je ne le sais pas. Et personne ne le sait.

Ce que je sais pourtant, moi, c'est que bien avant d'être une "simple" partie de plaisir, le sexe réclame un immense effort.

Voilà... Rien qu'un avis, un regard porté sur le monde...

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Re: Expliquez-moi !

Message par ingénue » 06 mars 2009, 17:13

Ce n'est plus un forum mais un bras de fer ce topic.
J'aime les confrontations mais elles sont stériles ici et les longues tirades alambiquées de perplexe sont fatigantes de lieux communs et d'incompréhension.
Ce sera mon dernier post sur ce topic puisque ça ne sert à rien de dicuter avec perplexe qui devrait plutôt s'appeler "sûr de lui". Il est convaincu d'être le seul à avoir raison et que nous ne sommes que de pauvres idiots.
Je reste convaincue que perplexe a un problème d'ordre sexuel mais qu'il n'ose se l'avouer et a engagé ce bras de fer pour se dédouaner, se convaincre lui même.
Modifié en dernier par ingénue le 06 mars 2009, 19:21, modifié 1 fois.

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Re: Expliquez-moi !

Message par Guito14 » 06 mars 2009, 17:27

Si on considère que l'altérité est la différence, alors là où je ne suis pas d'accord avec toi ... c'est que justement ce langage sexuel est le même chez les deux partenaires : la communication se passe par la relation sexuelle. Je suis d'accord avec toi pour dire que c'est un langage qui peut dire beaucoup. L'asexualité n'est pas un refus de l'altérité, c'est un autre langage, car, sinon, le sexuel est alors lui aussi dans un refus de l'altérité en rejetant l'asexuel.

Le sexe est un langage qui ne me parle pas. Si on suit cette parabole, alors je veux parler un langage intellectuel et social (on en revient toujours là...) : être en osmose et complémentaires sur les concepts de vie et du vivre ensemble, sur les pensées de tous les jours, fusionner les esprits au lieu de fusionner les sexes.
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Re: Expliquez-moi !

Message par Jullianna » 06 mars 2009, 18:12

perplexe a écrit : Et comme un bon nombre de ceux qui me répondent ici, me semblent : soit effectivement très jeunes, soit peut-être "juste" très jeunes dans leur façon d'aborder et d'analyser le monde
tu serais surpris si tu savais l'âge moyen des participants à ce topic :lol:
perplexe a écrit : Maintenant, puis-je oser m'interroger discrètement, et sans passer pour un ignoble injurieux, et sans vous juger et sans vous demander de changer, sur votre conception particulièrement négative de la sexualité ?
Chacun a la perception qu'il veut de la sexualité ... certains s'en fichent, et d'autres la glorifie ! et au milieu, il y a des tas de conceptions nuancées...
perplexe a écrit : J'ai pour ma part fait l'amour très souvent, ces (disons...) quinze dernières années et c'est vrai, j'ai connu un grand nombre de partenaires, toutes et tous très différents les uns des autres, mais... J'ai toujours considéré le sexe comme un moment de vrai partage... Et je pense que je n'ai jamais traité personne comme...
Visiblement, ta conception de la sexualité relève plutôt du domaine du jeu ... jeu dans le sens où ce n'est pas forcément rattaché à un sentiment amoureux j'entends ... mais à un bon moment de vrai partage (car on touche à l'intimité ... ).
tu me rappelles quelqu'un que j'ai croisé ..... il faut multiplier les expériences, aller à la découverte de chaque chose qui existe ... puisqu'elles existent ... alors, il faut essayer ... tout est à portée de chaque être humain .... alors autant en profiter...

Personnellement, je conçois très bien que la sexualité puisse être un jeu entre les partenaires ... ça ne me choque pas ... , que ça puisse être une forme de langage indispensable à certains, ok ... que ce soit relié à un sentiment amoureux (c'est beau) ... mais il faut concevoir aussi que ce ne soit pas la manière de s'exprimer (amoureuse ou pas) de certaines personnes ...

Tu dis que la communication passe par le langage sexuel ... je suis d'accord, l'asexualité en fait partie et cette communication là, mieux vaut parler le même langage ... parce que c'est un échange intime ... qui touche au plus profond de soi ... (je reprends tes idées, là) . Cela n'a rien à voir avec d'autres langages ... qu'on apprend pour communiquer avec d'autres ... et qui n'ont rien d'intimes.

Elle est sans dout là la différence ... c'est une communication intime ... et tout dépend de notre perception de l'intimité ...
il faut beaucoup d'effort pour comprendre la place de son intimité qui n'est pas la même pour chaque individu. En écrivant cela, je pense aux adeptes du nudismes ... je ne crois pas qu'accepter l'autre tel qu'il est ... exige qu'on le comprenne... il y a des notions qui nous échappent ... et ce n'est pas grave ... si on ne comprend pas tout . Il faut juste en toute humilité se dire, il y a des gens ainsi... ils existent..

tant qu'on cherche à comprendre les autres à partir de ses paramètres personnels ... désolée, mais ça devient "mission impossible" ... et pas seulement pour ce qui représente une belle joute verbale depuis quelques jours ... il en est de même pour beaucoup de sujets ... et généralement qui ont leurs fondations sur l'intimité, ou la perception de la vie que chacun porte en soi.

Et bon, pardonne-moi, c'est une chose que je dis sans intention de blesser 8-)

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Re: Expliquez-moi !

Message par perplexe » 06 mars 2009, 18:26

Guito14 a écrit :Si on considère que l'altérité est la différence, alors là où je ne suis pas d'accord avec toi ... c'est que justement ce langage sexuel est le même chez les deux partenaires : la communication se passe par la relation sexuelle. Je suis d'accord avec toi pour dire que c'est un langage qui peut dire beaucoup. L'asexualité n'est pas un refus de l'altérité, c'est un autre langage, car, sinon, le sexuel est alors lui aussi dans un refus de l'altérité en rejetant l'asexuel.

Le sexe est un langage qui ne me parle pas. Si on suit cette parabole, alors je veux parler un langage intellectuel et social (on en revient toujours là...) : être en osmose et complémentaires sur les concepts de vie et du vivre ensemble, sur les pensées de tous les jours, fusionner les esprits au lieu de fusionner les sexes.
Je t'entends bien... Et une fois de plus (@ingénue et tous les autres - il ne s'agit pas d'un bras de fer et encore moins d'un bras de fer stérile, mais d'un échange tout simplement, on parle, il dit ce qu'il pense, je dis ce que je pense et ça ne va pas plus loin), je ne conteste pas du tout ton (je ne sais comment l'appeler) "désintérêt", mettons, pour les choses du sexe. Non, pas du tout. Et tu me détromperas (sans m'agresser) si je dis n'importe quoi, mais j'ai le sentiment que tu en fais une question de robinet ouvert ou fermé en quelques sortes : tu vois ? C'est quand tu dis "au lieu de", un peu comme si, à partir du moment où les sexes fusionnent, on ne pouvait plus se trouver dans l'osmose et la fusion des âmes et des esprit. Un peu comme si c'était en définitive l'un ou l'autre...
Mais je me trompe peut-être...
Tu m'expliqueras. Sincèrement, je le vois juste comme une autre façon de penser et ça m'intéresse. C'est tout.

A ce propos (et sans suggérer pour autant la supériorité d'une façon d'être sur l'autre), c'est une évidence grosse comme tout, mais il y a aussi que si on y regarde de plus près, ceux que vous appelez "S" sont en réalité "A" la plupart du temps. Pour prendre l'exemple que je connais le mieux, à savoir moi-même, eh bien j'ai beau avoir une vie sexuelle active, je passe néanmoins (... je ne sais pas, je n'ai jamais chronométré, mais disons ...) 95% de mon temps (au moins !!) à n'être engagé dans aucune activité sexuelle.
Mais ça, c'est enfoncer une porte ouverte... C'est seulement pour me justifier quand je dis que ce n'est pas soit l'un, soit l'autre selon moi - et ça, sans remettre en cause ce que tu es, bien sûr. Voilà.

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Re: Expliquez-moi !

Message par Guito14 » 06 mars 2009, 18:44

Le terme "désintérêt" est juste.

Je me suis peut-être mal exprimé, c'est pas "au lieu de", car ce n'est pas exclusif. D'ailleurs, dans mon prochain post sur le blog, je mentionne la philosophie platonicienne de l'amour, qui se répartie sur trois niveaux, dont le premier est l'attirance physique et sexuelle pour atteindre le troisième qui est purement intellectuel. Disons que sur ce modèle, je cherche à entamer directement au deuxième étage... le premier me semblant facultatif, animal, ou tout ce qu'on veut, je le rejette.

Évidemment les S ne sont 24h/24h à pratiquer le sexe... Tout comme il y a des A qui ont des rapports sexuels, même si ce n'est pas mon cas, il y a des exemples sur ce forum. La différence se place plus sur un état d'esprit que sur la pratique. A mon tour de poser une question : penses-tu que que s'il n'y avait jamais de sexe entre ta (ton) partenaire et toi, vous seriez toujours ensemble ?



P.S. : Et ne trouves-tu pas que lorsque tu évites les jugements de valeur dans tes propos la discussions est plus sereine ?
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Re: Expliquez-moi !

Message par brigadoon » 06 mars 2009, 20:24

Perplexe, je me demande s'il n'y aurait pas un point sur lequel il faudrait s'entendre et qui, à mon avis, fait que chacun s'enferme dans ses convictions.
Lorsque tu dis que tu es A pendant 95 % du temps, tu veux dire que tu n'es pas en activité sexuelle, mais tu es quand même S pendant ce temps, tu n'es pas A. Pas plus qu'un A qui a une activité sexuelle n'est S pendant le temps de l'acte.
Il me semble que tu considères l'asexualité comme un vide qui correspondrait à une sexualité qui n'aurait pas été trouvée. Et donc, il deviendrait simple, en faisant quelques efforts, d'accéder à la sexualité. Mais l'asexualité n'est pas un vide. C'est une plénitude autant qu'une sexualité épanouie, mais une plénitude différente.
Tu sembles considérer l'asexualité comme quelque chose de négatif. Alors que c'est une superbe richesse. Et je dois dire que c'est ce qui me blesse, plus que le ton que tu emploies.
La sexualité est une richesse pour les sexuels.
L'asexualité est une richesse pour les asexuels.
Mais on ne peut pas remplacer l'une par l'autre.
Et c'est vrai que ce serait agréable de pouvoir échanger des idées en toute sérénité.

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Re: Expliquez-moi !

Message par perplexe » 08 mars 2009, 20:23

@brigadoon - Je ne crois pas que ce que vous appelez "asexualité" soit un vide, je ne crois pas que ce soit quelque chose de négatif, particulièrement. Je ne crois pas qu'il s'agisse d'une tare à traiter ou d'un défaut ou de quoique ce soit de ce tonneau. Bien au contraire. Si nous nous rencontrions, d'ailleurs, vous pourriez constater de vos yeux qu'aucune volonté d'agresser, de provoquer ou de vous "réformer" ne m'anime.

A ce propos, je vais même vous dire plus, car je suis en mesure de concevoir sans aucune difficulté qu'on puisse avoir peu à pas de goût pour le sexe ou comme le fait Guito, qu'on manifeste, dans un désir actif de "sublimation" - ou non, car rien n'est obligatoire, une forme de "désintérêt" pour la chose.

Je ne le conteste pas. Je ne le conteste pas, parce que je sais bien sûr qu'on ne conteste pas un goût, un penchant, un intérêt ou un désintérêt, appelez ça comme vous voulez; et je vais vous dire mieux encore : je ne conteste pas plus qu'on puisse matérialiser ce "non-goût" ou ce "non-intérêt" dans une espèce plus ou moins aboutie et plus ou moins décidée de "non-pratique" - et ce, d'abord, je n'oserais jamais dire le contraire, parce qu'on fait bien ce qu'on veut de sa vie et que ça ne regarde personne et ensuite, comme vous le soulignez à juste titre aussi, parce que cette "non-pratique", qu'elle soit parfaite ou non, ne se traduit pas fatalement par un épanouissement amoindri.

Cette idée ne me heurte pas : on a d'ailleurs tous dans son entourage (ou on a tous croisé à un moment donné) quelqu'un qui quelqu'en soit le motif et qu'on recherche ou comprenne ce motif ou non d'ailleurs, n'a pas de sexualité et n'en est pas moins heureux, pas moins complet, pas moins épanoui pour autant. Tout cela est entendu.
Et je ne cherche pas à m'en convaincre plus que je n'en suis déjà convaincu.
Je vous l'assure et si je vous l'assure, vous ne devez pas en douter.

Cependant, il n'en reste pas moins qu'à l'origine de mes petites interrogations - initialement confuses, certes, mais qui s'affinent à mesure que nous échangeons, il y a précisément un point sur lequel vous revenez vous-même : ce point (et c'est ce que je refuse d'admettre sans me poser de questions depuis le début et pardonnez m'en, ce qu'en dépit de mes efforts, je ne parviens pas à concevoir - et j'aimerais mais je n'y arrive pas), c'est qu'il puisse s'agir, lorsqu'on n'est pas dans une démarche active d'abstinence, d'autre chose que d'une sexualité "non trouvée".

Un simple problème de définition, vous voyez ?

A mes yeux en effet, pour vous parler très franchement, il n'y a aucune honte à n'avoir pas trouvé. Et il n'y a rien de choquant (mais vraiment rien !) dans le principe qu'on ait si peu de goût ou si peu d'intérêt pour le sexe qu'on ne souhaite pas ou même, mieux encore, que l'idée ne vienne pas spontanément ou comme issue d'une réflexion, d'entamer la recherche.

Ce n'est ni honteux, ni choquant, ni condamnable et pas plus qu'il serait honteux, choquant ou condamnable de s'estimer dans l'incapacité, pour quelques motifs que ce soit, conscients ou non, d'entamer cette recherche - laquelle recherche, j'en conviens, n'a au surplus rien de nécessaire.

Je le comprends et le tolère. Et je comprends et tolère que ce n'est pas forcément douloureux. Et je comprends et tolère qu'il n'y a pas par suite un automatique "épanouissement moindre". Et je comprends et tolère que cela puisse n'affecter en rien votre équilibre, votre richesse, votre intelligence, votre sensibilité, votre humanité... Tout ce que vous voulez... Pas de problème pour moi... Voilà. D'ailleurs, je comprends et tolère aussi, que pour vous et pour d'autres, cela puisse être parfois même la condition d'un épanouissement supérieur. Voyez ?

En revanche, maintenant, cette contestation du "non trouvé" (parce que "non cherché" ou peut-être pour d'autre, de "l'abandonné" qui est peut-être légitime, je l'ignore, je ne la comprends pas, dans la mesure où, évidemment, à moins d'un concours de circonstances, on ne trouve pas ce qu'on ne cherche pas) me chagrine un peu dans ce que j'ai de rationnel.
Et je crois sans vous insulter et sans insulter vos convictions, qu'un "manque de goût" pour une activité humaine, quelqu'elle soit, peut toujours s'exprimer comme étant une appréciation "non trouvée" de l'intérêt des autres pour cette activité.
Ça n'a rien d'insultant, de choquant ou d'intolérable.
Et ça ne fait pas de vous un être humain incomplet, puisque, bien sûr, ça n'a rien d'illégitime.

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Re: Expliquez-moi !

Message par brigadoon » 08 mars 2009, 20:48

Une sexualité non trouvée.
Tu sembles penser qu'on se dit asexuel après avoir juste essayé une ou deux fois, mais beaucoup d'asexuels ont eu un parcours très longs et très difficile. Sans doute que pour les sexuels, la recherche d'une sexualité épanouissante n'est pas un long fleuve tranquille, mais pour les asexuels, la recherche d'une asexualité épanouissante ne l'est pas davantage.
Si on s'autorise à se dire asexuel, et à penser que l'asexualité pourrait être innée, c'est souvent après des années, voire des dizaines d'années, de recherches sur nous-même.
Bien sûr, on pourrait continuer à chercher et à chercher encore, mais où serait l'intérêt de choisir la souffrance alors qu'on peut choisir l'épanouissement. Je dirais même que continuer à chercher quelque chose qu'on sait ne pas pouvoir trouver, reléverait de la pathologie.
Je ne dis pas que l'on choisit l'asexualité, mais qu'on choisit de ne plus la combattre parce qu'il y a une donnée qui ne change jamais, on se sent asexuels, on est asexuel, tout en nous est asexuel.
Et il n'y a que lorsqu'on l'accepte qu'on peut accéder à l'épanouissement.

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Re: Expliquez-moi !

Message par alias47 » 08 mars 2009, 22:21

Bonsoir perplexe. Comment vas-tu ce soir? Nous voudrions te connaitre davantage. Quel métier exerces-tu? Quelles sont tes passions dans la vie ? Nous voudrions également monter un fan-club qui comprendra différents thèmes dont tu fera partis bien entendu. Avec plusieurs produits dérivés.... bref toute la panoplie !! :lol:
Aller à toi la parole.
Salutations distingués

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Re: Expliquez-moi !

Message par perplexe » 09 mars 2009, 01:44

@guito -J'en ai déjà beaucoup écrit aujourd'hui, donc je reviendrai plus tard pour répondre à ton message... Mais pour répondre en trois mots et très vite à ta questions : "Pourrais-je ne pas avoir de relations sexuelles avec ma compagne ?" la réponse est : "Oui, bien sûr, sauf que le cas échéant, nous aurions une relation différente... Pas moins riche, pas moins vraie, pas moins intense... Juste différente..." Et le cas échéant, le première question qui me viendrait à l'esprit serait "Pourquoi ?" et la seconde, bien plus importante encore, "Que faire et comment m'y prendre pour que ça change ?"
Après,
@guito & brigadoon -Je le répète, celui qui se pose d'autres questions ou celui qui ne se pose aucune questions, ou celui qui au terme d'un cheminement long et douloureux, décide de cesser de se poser ces questions pour accéder à une forme d'épanouissement n'est ni moins complet, ni moins riche, ni moins intéressant pour autant. Cela étant, tout ça, c'est un peu l'histoire de la poule qui fait l'œuf et une autre façon de dire la chose, c'est aussi d'affirmer qu'au terme d'un cheminement (trop) long et (trop) douloureux, un individu est bien fondé à baisser les bras, sans que pour autant, cela fasse "nature" ou "identité"... Il est bien fondé à en éprouver un soulagement aussi.
Bref... Je reviendrai pour faire une vraie réponse à Guito, s'il le souhaite, mais je crois que j'ai mes réponses...

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Re: Expliquez-moi !

Message par brigadoon » 09 mars 2009, 15:20

perplexe a écrit : c'est aussi d'affirmer qu'au terme d'un cheminement (trop) long et (trop) douloureux, un individu est bien fondé à baisser les bras, sans que pour autant, cela fasse "nature" ou "identité"... Il est bien fondé à en éprouver un soulagement aussi.
On en est toujours au même point sur la manière de voir les choses. S'arrêter dans une recherche, n'est pas obligatoirement baisser les bras.
Tu me fais penser à ces personnes, il y a quelques années, qui considéraient que quelqu'un était instable, et donc à rejeter, lorsqu'il changeait de travail parce qu'il était de bon ton de choisir son conjoint, sa maison, son employeur, au début de l'âge adulte, et de s'y tenir jusqu'à la vieillesse.
Savoir arrêter quelque chose lorsqu'on sait que continuer ce quelque chose peut être stérile, voire même nuisible, est une expression de bonne santé mentale.

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Re: Expliquez-moi !

Message par Taz » 09 mars 2009, 17:36

Alias47, je veux bien faire parti du fan-club. Où puis-je me procurer la casquette rose fluo à l'effigie de perplexe dont tu m'as parlée ? Au fait perplexe, tu fais les autographes aussi ?
La pureté de la vie n'a de valeur que dans les yeux de ceux qui la contemplent.
- Proverbe Islandais -

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Re: Expliquez-moi !

Message par perplexe » 09 mars 2009, 19:27

Ah ! Enorme ! Formidable… Je n’ai pas fait tout cela pour rien finalement.
Car grâce à vous, brigadoon, je viens enfin de comprendre vraiment ce qui me chiffonne depuis le début. Et ce qui me chiffonne, je vais vous le dire, c’est la revendication identitaire.

En effet, donc, si j’ai beaucoup de mal à admettre ce principe de revendication, c’est précisément parce qu’à mes yeux, il affirme (et malheureusement favorise) la fixation d’un état de fait, soit autrement dit, fige les choses – raison pour laquelle par parenthèse (mais c’est aussi grâce à cela que j’ai compris), je ne saisis pas et ne me retrouve absolument pas dans votre exemple, au contraire, puisque selon moi, à la lueur de tout ce que j’essaie d’exprimer depuis le début (sans y parvenir apparemment, quoique ma question centrale ait toujours été "Mais pourquoi voulez-vous à toutes forces qu’il s’agisse d’une nature ?"), à la lueur de ce que j’essaie d’exprimer depuis le début, donc, je me situe plutôt dans les pas de celui qui revendique la possibilité permanente d’évolution et de changement, que dans les pas de celui qui tient pour l’acceptation (résignée et) « de bon ton » d’une prétendue stabilité.

Merci mille fois, donc, pour cet exemple.

Grâce à vous en effet, je viens de comprendre que ce qui me chiffonne n’a rien à voir avec ce que vous appelez "asexualité".

Grâce à vous, je viens de comprendre que je serais tout aussi scandalisé d’entendre un hétérosexuel affirmer (et d’ailleurs ça m’est déjà arrivé à de nombreuses reprises) qu’à tout jamais, et parce que, selon lui, cela relèverait de sa nature et de son "identité", il lui serait impossible de se trouver, de se réaliser et de rencontrer le bonheur dans une relation homosexuelle.
Ou le contraire d’ailleurs : un homosexuel (et je l’ai déjà entendu aussi et cela m’a choqué tout autant) affirmant qu’à tout jamais, il lui serait impossible de rencontrer le plaisir hétérosexuel.

Cette fixation me hérisse.
Pour moi, elle revient à dire : je sais de quoi demain sera fait… Alors qu’en réalité, la seule position défendable à mes yeux, consiste à dire : je suis "tel que" à un moment "T" et je tire de cet état une satisfaction suffisante pour supposer que demain encore, je serai "tel que". Mais que puis-je affirmer d’autre ?
Et pour exemple, d'ailleurs, qui suis-je, moi, hétérosexuel de fait (parce qu’engagé dans une relation hétérosexuelle actuellement), pour affirmer que je ne tomberai pas en pâmoison devant un homme d’ici la fin de la semaine ? Qui suis-je, moi, pour affirmer qu’irrémédiablement, que définitivement et sans discussion possible, le bonheur dans l’absence de sexe me sera à tout jamais inaccessible ?
Et pourquoi l’affirmerais-je d’ailleurs ? Et pourquoi affirmerais-je que ce qui est vrai pour moi aujourd’hui, sera toujours vrai pour moi dans vingt ans ? C’est certes probablement le cas, mais pourquoi devrais-je en afficher la certitude et pourquoi éprouverais-je le besoin (en affirmant positivement cette certitude identitaire) de fermer les portes par défaut ?

Non. Décidément, cette légitimation implicite de l’enfermement me déplait.
Elle me déplait car plus que l’affirmation d’un bonheur présent, elle contient la négation de l’existence possible, pour soi, d’un bonheur plus important ailleurs - un bonheur qu'on ne trouvera peut-être jamais, certes, mais un bonheur dont la possibilité ne doit (ou en tous cas ne devrait) pas être "niée" ou "refusée" par prétexte identitaire. Et pour reprendre mon approche d'il y a quelques pages et la réponse que vous apportez selon quoi après un cheminement "long", on est bien fondé à estimer qu'on sait, je vous dirais (mais ça ne vous changera pas, car apparemment vous êtes dans un bonheur présent et j'en suis heureux pour vous) que quand bien même vous auriez fait l'amour cent mille fois, rien après tout, ne vous permet d'affirmer avec certitude, que la cent mille et unième fois ne sera pas différente et ne sera pas en définitive, la bonne.
Modifié en dernier par perplexe le 09 mars 2009, 20:04, modifié 1 fois.

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