Mon asexualité suivie de quelques questions sur le sujet

N'ayez pas peur, passez nous dire un petit bonjour, faites-vous connaître !
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Azerty
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Message par Azerty » 02 juil. 2005, 09:07

Heimdall a écrit :Je sais pas pour vous, mais moi je n'ai jamais eu besoin de tout ça pour me sentir bien, et même très bien, ni pour déconner, ni pour quoi que ce soit. Souvent, quand j'essaye de définir mon état, j'ai envie de dire "imbécile heureux" ... peut-être que je suis déjà assez bien comme ça et que mon bonheur n'a pas besoin d'artifices pour fonctionner ?
C'est le but de ma vie de devenir une imbécile heureuse !
Le bonheur sans artifices ? Mais le bonheur peut aussi être plein de petits artifices... (que sont les artifices ? une voiture ? un chien ? un(e) compagnon/compagne ?)
Jullianna a écrit :je bois très peu d'alcool
Bah, si je comprends bien, ça fait 4/4 maintenant... Est-ce que ce forum va fonder une théorie ? :? :D

léa
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Message par léa » 04 juil. 2005, 17:05

on peut dire alors que je deviendrai l'erreur statistique! Je ne bois pas particulierement beucoup d'alcool mais quand je vais dans un party j'en bois assez pour que mes faculté sois affaiblie là ( ne vous en faites pas, je ne prends pas le volant par la suite :P)

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Message par frederic » 05 juil. 2005, 05:51

léa a écrit :on peut dire alors que je deviendrai l'erreur statistique! Je ne bois pas particulierement beucoup d'alcool mais quand je vais dans un party j'en bois assez pour que mes faculté sois affaiblie là ( ne vous en faites pas, je ne prends pas le volant par la suite :P)
Ha bon, je commencais a me demander si l'hypothese ne devenait pas trop vraie. Ouf, je suis rassuré, il n'y a pas que ceux qui sont d'accord qui répondent :)
Fred
C'est pas tant ce que l'on fait qui compte que ce pourquoi on le fait.

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Message par frederic » 05 juil. 2005, 06:03

AZERTY a écrit :
Heimdall a écrit :mon bonheur n'a pas besoin d'artifices pour fonctionner ?
Le bonheur sans artifices ? Mais le bonheur peut aussi être plein de petits artifices... (que sont les artifices ? une voiture ? un chien ? un(e) compagnon/compagne ?)
Hum :shock:
Je suis surpris là.
Pour moi un artifice reste un artifice, c'est à dire quelque chose d'artificiel et qui n'a pas d'effet durable. Ca permet de passer les mauvais moments, mais c'est définitivement pas un bon investissement pour le moyen et le long terme. Quand a savoir ce qu'est un artifice, et bien selon moi ca depend de l'oeil de celui qui regarde (l'artifice est dans l'oeil du "beholder" comme dirait les anglos). Une compagne sera pour moi un artifice si je suis avec elle pour une raison principale autre que pour mon plus grand bonheur personnel, par exemple pour paraitre normal face aux autres, ou pour son bonheur à elle, etc.
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Message par frederic » 05 juil. 2005, 06:32

Heimdall a écrit : Je pense aussi qu'il y a une corrélation; je me demande si ça n'a pas à voir avec la manière dont on "prend notre pied";
:idea: C'est interessant comme hypothese de fond. C'est un peu comme si certaine personne avait besoin de fortes stimulations pour avoir du plaisir et prendre leur pied, alors que d'autres se contentent simplement de stimulations plus modestes. Pour ma part, j'ai horreur :x de l'excès de stimulation. Peut-etre que je me suis reprogrammé inconsciemment pour ne plus rechercher la stimulation sexuelle? :shock: Bon, voilà que je me raconte encore des histoires d'inconscients omnipotents qui prennent le controle...

Mais je me demande si l'inverse n'est pas vrai aussi, a savoir, si c'est pas le fait que je n'aime pas l'alcool ni le sexe qui m'amene a prendre mon pied d'une maniere calme et sereine. Enfin, les deux cotes de la causalité me semble possible. Il y a un lien.
Heimdall a écrit : Souvent, quand j'essaye de définir mon état, j'ai envie de dire "imbécile heureux"
Bon, moi je n'ai pas encore atteint ton niveau de zénitude.
As-tu pensé te faire moine dans un temple au tibet? avec acces a Internet, bien entendu ;)
C'est pas tant ce que l'on fait qui compte que ce pourquoi on le fait.

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Message par Heimdall » 08 juil. 2005, 12:30

frederic a écrit :
Heimdall a écrit : Souvent, quand j'essaye de définir mon état, j'ai envie de dire "imbécile heureux"
Bon, moi je n'ai pas encore atteint ton niveau de zénitude.
As-tu pensé te faire moine dans un temple au tibet? avec acces a Internet, bien entendu ;)
:!: ça dépend, bien sûr, du type de connection internet qu'ils ont ! :wink:

Non, en fait, leur philosophie de la vie ne me va pas. Je les trouve un peu ... défaitistes : si j'ai compris le principe derrière les philosophies Zen et Bouddhistes, il faut toujours à un point où à un autre se détacher de ce qui pourrait nous apporter de la peine.
Je préfère me débrouiller pour obtenir ce que je veux, quite à oublier ce que signifie la peine si elle me tombe dessus. C'est un principe fondateur dans ma vie.

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Message par frederic » 09 juil. 2005, 14:29

Heimdall a écrit :si j'ai compris le principe derrière les philosophies Zen et Bouddhistes, il faut toujours à un point où à un autre se détacher de ce qui pourrait nous apporter de la peine.
Je préfère me débrouiller pour obtenir ce que je veux, quite à oublier ce que signifie la peine si elle me tombe dessus. C'est un principe fondateur dans ma vie.


Hiemdall, j'avoue que là je suis impressionné! :shock:
Ca m'a beaucoup fait réfléchir.
Oui, oui, tu as totalement raison. Je vois qu'il ne faut pas se detacher de ses peines, ni non plus s'y complaire. Il faut plutot entreprendre des actions concretes pour remedier aux problemes qui nous causent de la peine. Moi ca m'a pris un temps fou pour comprendre tout ca! Et encore, j'en suis encore au b-a-ba de la mise ne pratique... bon, mon cas est quand meme rechappable ;)

Mais au fait, que veux tu dire par oublier ce que signifie la peine si elle te tombe dessus??

Fred
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Message par Heimdall » 13 juil. 2005, 11:04

frederic a écrit :
Mais au fait, que veux tu dire par oublier ce que signifie la peine si elle te tombe dessus??

Fred
Ah, en voilà une colle! Une manière d'expliquer cela, c'est d'imaginer que tu a deux choses qui conduisent à la peine; un peu comme si tu avit une porte qui conduit à ce que tu ressent. Dans un cas normal, automatiquement, la porte s'ouvre sur les sensations que l'on regrouppe sous "peine"; comme la douleur, la honte, l'oppression, le chagrin, etc.

Un des trucs qu'il peut m'arriver de faire, c'est de changer les règles, et de détourner mon attention, je choisis que la porte va s'ouvrir sur autre chose que la peine. Mais, il faut l'admettre, c'est pas facile.

Sinon, quand je me rend compte que tout ce que j'ai pu tenter pour quelque chose a échoué, et qu'il ne me reste plus aucun moyen de réussir, alors je me permet d'utiliser la renonciation. Mais pas définitivement. Jusqu'ici, chaque fois que j'ai regagné assez de volonté, je me remet au travail, je réessaye quand même; quitte à devoir encore retomber sur un échec, puis encore recommencer. Et jusqu'ici, je n'ai jamais échoué assez de fois de suite pour renoncer à quelque chose définitivement.

Une dernière chose, c'est d'être d'accord, en paix avec toi-même. J'ai des objectifs bien précis dans ma vie, je sais ce que je veux, et j'y resterai accroché, toujours. D'ailleurs, ces objectifs existent depuis ma petite enfance, donc si ils disparaissaient (sans être remplis), ils laisseraient un tel vide que je ne serais plus la même personne.

Mais donc, il n'y a pas de honte, si je fais quelque chose, j'assume entièrement ce que j'ai fait, au moins en moi (ce qui veut dire que je peut tout me laisser passer, tant que ça n'interfère pas avec ma conduite à long terme). Par rapport aux autres, c'est différent; j'ai malheureusement appris que l'on ne peut pas toujours assumer ce que l'on a fait, parce que pafois ça cause beaucoup de problèmes; enfin, j'ai du mal à m'extraire du rôle que j'ai joué jusqu'ici, parce que ma vie est confortable, et que je n'arrive pas à faire un pas vers le changement; c'est peut-être aussi parce que certains de mes traits de caractère et de mes objectifs sont si fixes, inflexibles, que j'ai du mal à changer pour certaines choses. Rien n'est parfait ... mais c n'est pas trop grave, j'arrive quand même à assumer des changements progressifs, donc je ne suis pas bloqué.

Hmm, j'ai beaucoup parlé de moi, là, mais toi, qu'est-ce que tu penses d tout ça ? Comment tu régule (ou régulais ) ta vie ?

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Message par frederic » 19 juil. 2005, 17:55

Salut Heimdall
Heimdall a écrit : Par rapport aux autres, c'est différent; j'ai malheureusement appris que l'on ne peut pas toujours assumer ce que l'on a fait, parce que pafois ça cause beaucoup de problèmes; enfin, j'ai du mal à m'extraire du rôle que j'ai joué jusqu'ici, parce que ma vie est confortable, et que je n'arrive pas à faire un pas vers le changement; c'est peut-être aussi parce que certains de mes traits de caractère et de mes objectifs sont si fixes, inflexibles, que j'ai du mal à changer pour certaines choses.
Je ne comprends pas vraiment ce que tu veux dire ici :?
Pourquoi au juste on ne peut pas assumer ce que l'on fait en regard des autres?
Tu parles de changement, comme quoi par exemple, et pourquoi??
Heimdall a écrit : Comment tu régule (ou régulais ) ta vie ?
En ce qui me concerne, j'ai remarque que lorque j'essaie trop de reguler ma vie, alors je me la rend insupportable, elle devient dominee par les peurs et le souci de sécurité qui l'accompagne. Je dois donc surtout réguler le régulateur, et veiller a me laisser vivre un peu, et a arreter d'etre si exigent envers moi-meme. Ce n'est pas facile. Je suis comme dans une auto et j'ai deux pedales, une pour accelerer et une pour freiner. Lorsque j'accelere, je me permets de vivre plus intensement, mais alors des fois je me dirige vers des activites auto-destructrices, et j'ai peur. Alors je freine, et j'avale mes desirs et mes impulsions naturelles. Mais alors je fais des crises d'angoisse. Entre ces deux extremes, il y a la juste mesure que j'ai peine a atteindre parfois.

Fred
C'est pas tant ce que l'on fait qui compte que ce pourquoi on le fait.

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Message par Heimdall » 20 juil. 2005, 00:50

frederic a écrit :
Heimdall a écrit : Par rapport aux autres, c'est différent; j'ai malheureusement appris que l'on ne peut pas toujours assumer ce que l'on a fait, parce que pafois ça cause beaucoup de problèmes; enfin, j'ai du mal à m'extraire du rôle que j'ai joué jusqu'ici, parce que ma vie est confortable, et que je n'arrive pas à faire un pas vers le changement; c'est peut-être aussi parce que certains de mes traits de caractère et de mes objectifs sont si fixes, inflexibles, que j'ai du mal à changer pour certaines choses.
Je ne comprends pas vraiment ce que tu veux dire ici :?
Pourquoi au juste on ne peut pas assumer ce que l'on fait en regard des autres?
Tu parles de changement, comme quoi par exemple, et pourquoi??
En fait c'est assez simple; un exemple : je pourrais te raconter absolument tout sur ma vie, sans omettre aucun détail, en expliquant tout, mes pensées, mes motivations; ce serait le comble de l'honnêteté.
Mais même si je suis un idéaliste, je suppose quand même qu'on ne fait quasi jamais ça, pour de bonnes raisons; pourtant tout ce que je peux penser ou faire, quelque part, si je dois le dissimuler comme ça, je ne "l'assume pas"; j'ai peut-être mal choisis mes mots sur ce coup là.

Pour le changement, aussi simplement, révéler à ta famille et à tes amis que tu es asexuel; c'est vrai qu'il y a des côtés genants à la situation où tu es toujours en train de cacher ton asexualité, mais il y en a d'autres qui sont agréables, par exemple mener une vie presque normale. Encore une fois, je pense que dans beaucoup de cas, révéler son asexualité peut plus être causé par un cas de conscience, c.a.d. on ne peut plus supporter de ne pas être honnête avec ceux que l'on aime, mais, en ce qui me concerne, je n'ai pas vraiment d'idée quant aux réactions qu'auront mes proches; jusque maintenant je n'en ai vraiment parlé qu'avec une personne qui l'a bien pris, mais ce n'est pas représentatif, je savais bien que je pourrais en discuter avec. Donc, je dois choisir entre rester encore un peu dans mon cocon (faut bien avouer que la vie est facile pour le moment), ou changer ça, au risque de tout chambouler dans sa vie, et comme je ne sais pas à quel point ça peut tout changer ...
Dans le fond, je crois qu'après un certain temps la situation se tasserait, mais c'est toujours les premiers moments qui sont durs(, et je n'ai jamais aimé aller faire me faire piquer chez le médecin non plus, c'est un peu le même principe, douleur forte pendant 2 sec, diffuse pendant 2 jours après).

Je crois que le changement est souvent bon, et dans ce cas si je suis sûr qu'il le sera, mais il me faut encore trouver assez de motifs de me lancer; comme je suis pragmatique, je me dit que ce serait quand même plus simple dans quelques semaines ou mois quand le sujet sera un peu plus connu, histoire de ne pas passer pour un extraterrestre. L'idéal (le plus simple) serait que ce soit la personne en face de moi qui aie envie d'engager la converation sur le sujet, parce que là ça veut dire qu'elle est prête à comprendre ton histoire, et elle s'y intéresse même. On peut toujours espérer (et ce n'était pas ironique :wink: ).

frederic a écrit : En ce qui me concerne, j'ai remarque que lorque j'essaie trop de reguler ma vie, alors je me la rend insupportable, elle devient dominee par les peurs et le souci de sécurité qui l'accompagne. Je dois donc surtout réguler le régulateur, et veiller a me laisser vivre un peu, et a arreter d'etre si exigent envers moi-meme. Ce n'est pas facile. Je suis comme dans une auto et j'ai deux pedales, une pour accelerer et une pour freiner. Lorsque j'accelere, je me permets de vivre plus intensement, mais alors des fois je me dirige vers des activites auto-destructrices, et j'ai peur. Alors je freine, et j'avale mes desirs et mes impulsions naturelles. Mais alors je fais des crises d'angoisse. Entre ces deux extremes, il y a la juste mesure que j'ai peine a atteindre parfois.
Mais alors tu étais constamment borné/cerné par des crises d'angoisse ou de peur ? Et quand tu parle d'angoisse, pourrais-tu être plus précis, si cela ne te pose pas de problème, bien sûr ? Etais-ce des crises d'angoisse par rapport à la vie, des crises existancielles, ou autre chose ?

POur les activités auto destructrices, ça dépend de la personne, qu'est ce que tu vois comme une activité auto-destructrice ? Parce que ça peut aller de la simple envie d'envoyer chier ton patron jusqu'à bien pire.

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Message par frederic » 20 juil. 2005, 21:13

Heimdall a écrit : je pense que dans beaucoup de cas, révéler son asexualité peut plus être causé par un cas de conscience, c.a.d. on ne peut plus supporter de ne pas être honnête avec ceux que l'on aime
Je suis entièrement d'accord. Il n'y a pas de presse ni aucune raison pour crier son asexualité sur les toîts. Pour ma part, j'en ai parlé avec une seule amie, il n'y a pas si longtemps, en partie pour voir sa réaction, mais aussi parce que je voulais qu'elle sache car je me doutais dans le fond de moi qu'elle avait peut-être un petit béguin pour moi, et cet espoir qu'elle cherissait me derangeait. Et puis je savais que ca resterait secret. Ca s'est fait dans d'excellentes conditions et le ciel ne m'est pas tombé sur la tête! :) Et depuis notre amitié semble renforcie. Pour mes parents, je n'ai pas encore osé. Ca viendra surement.

On dirait dans ton cas qu'il y a une personne particulièrement importance pour toi et a qui tu hésites a révéler ton asexualité.
Heimdall a écrit : Mais alors tu étais constamment borné/cerné par des crises d'angoisse ou de peur ? Et quand tu parle d'angoisse, pourrais-tu être plus précis, si cela ne te pose pas de problème, bien sûr ? Etais-ce des crises d'angoisse par rapport à la vie, des crises existancielles, ou autre chose ?
Pour ma part, l'angoisse prend la forme d'une douleur intense au niveau de l'estomac, du plexus, douleur qui souvent me paralyse. À l'époque ca pouvait durer une demi-journée. Par chance, je n'avais pas en plus la crise de larmes, ni le souffle court, comme cela arrive pour d'autres. Et je conservais relativement la tête froide, même si c'était extrêmement désagréable. Le plus étrange est que je n'ai jamais su exactement quel était l'objet de mes angoisse. Ca restait entièrement inconscient, ce qui me traumatisait d'autant plus. Ceci me porte a croire qu'elles étaient de nature existencielle. Souvent l'angoisse finissait par se transformer en un mal de bloc ou une migraine intense. Depuis j'ai appris a relaxer, et j'arrive a faire cesser mes crises d'angoisse comme mes crises de migraines... enfin la plupart du temps.

J'ai repensé à ta question concernant la manière dont je régule ma vie, et je crois avoir oublié un élément important, il s'agit de ma tendance à me culpabiliser si je ne fais pas ce que je devrais faire. Donc j'ai tendance à réguler ma vie par culpabilisation, ce qui n'est certes pas souhaitable, je m'en rends parfaitement compte en ce moment. Par ailleurs, il me semble aussi possible que cette culpabilisation puisse être en partie responsable des crises d'angoisse qui m'ont assailli. Il y a comme une petite lumière qui vient de s'allumer dans ma tête :idea:
Heimdall a écrit : POur les activités auto destructrices, ça dépend de la personne, qu'est ce que tu vois comme une activité auto-destructrice ? Parce que ça peut aller de la simple envie d'envoyer chier ton patron jusqu'à bien pire.
Pour ma part, mon activité auto-destructrice de prédilection a été le jeu sur ordinateur. J'ai toujours été un très grand joueur. Mais c'était contrôlé. Puis j'ai fini par perdre la mesure de ce contrôle, a me coucher a des heures pas possibles, a ne plus manger normalement, a fuir mes responsabilités, a m'isoler de mes proches et a laisse ma compagne d'alors sur la carreau, en somme, a fouttre ma vie en l'air.

Etrangement, mon asexualite date de cette epoque... :?: J'ai peut-etre brûlé une partie de mon cerveau dans la drogue, car il faut bien l'avouer, le jeu vidéo, c'etait devenu une vraie drogue pour moi. Et ca rejoint une de tes intuitions il me semble, concernant un lien possible entre la drogue et l'asexualité...

D'autres activités autodestructrices du meme genre: le jeu d'argent, la drogue et l'alcool, la gloutonnerie.
C'est pas tant ce que l'on fait qui compte que ce pourquoi on le fait.

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FCK
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Qui sommes-nous?

Message par FCK » 06 août 2005, 14:57

Salut! FCK, 30 ans, Perpignan (France).

Je suis homo-asexuel depuis 3 ans 1/2, je ne bois pas d'alcool, j'ai des rapports aussi compliqués et problématiques que vous avec le monde et les Autres, le même type d'angoisses existentielles et de questions métaphysiques... :roll:
Je le dis sous le ton de l'humour mais j'avoue que j'ai lu tous les messages de ce forum avec un sentiment à la fois affectueux et un peu douloureux, un peu comme si je voyais mes frères et soeurs confronté(e)s aux mêmes obstacles que moi. Enfin, je ne veux surtout pas me lamenter (c'est pas vraiment mon genre!), y'a pire comme dans la vie que d'être asexuel (ou croîre l'être)! :!:
Etre "A", c'est comme être gay, black, juif ou autre: ça n'est ni gênant ni douloureux en soi, ça peut l'être dans le rapport aux autres et à la société (assumer sa différence, appartenir à une minorité, faire face à l'intolérance de certains).

Comme vous, ma libido (qui n'a jamais été très prolifique) s'est progressivement estompée. Il y a des réminiscences parfois mais c'est rare et ne dure pas. Mon entourage me voit comme un "éternel célibataire" mais j'ai réussit à imposer une sorte de distance tacite à ce propos qui fait que plus personne ne s'aventure plus à me poser de questions là-dessus. Par ailleurs, je me suis affirmé et imposé en tant que gay depuis mon adolescence.
J'ai accepté mon asexualité aussi facilement que je l'avais fait pour mon homosexualité, sans angoisses ni culpabilité: en étant intimement convaincu qu'il s'agit d'une chose fondamentalement naturelle. Dans ma nature en tout cas et c'est tout ce qui m'importe. J'ai assez de respect pour moi-même pour ne rien m'imposer que ne je désire vraiment!

Un seul et unique point me dérange cependant: la solitude. Si j'ai des tonnes d'ami(e)s plus merveilleux(ses) et exceptionnel(le)s les un(e)s que les autres, j'aimerais vraiment m'épanouir au sein d'un "couple". L'un(e) d'entre vous avait soulevé la question des rapports avec les sexuels, je ne me souviens plus qui. De mon expérience j'ai appris que former un couple asexuel-sexuel est impossible: par définition, ils ont besoin de sexualité! :D Donc ça ne peut pas tenir longtemps car ils finissent par être trop frustrés.
L'idéal est de former des couples de "A", évidemment. Moi je rêve d'un homme comme moi, avec qui je partagerais des tas de choses, avec qui je pourrais construire une relation stable et durable, basée sur la complicité intellectuelle, l'humour mais aussi l'affection, la tendresse, la douceur. Pas une sexualité "traditionnelle", régulière, car j'en suis incapable mais tout de même, je me dis que le fardeau de la vie doit être plus facile à porter à deux.

Moi aussi j'essaie de réguler et organiser ma vie du mieux que je peux et je tombe parfois dans les excès et la culpabilisation (cf. Frédéric et Heimdall). En revanche, je déteste que l'on me brusque, tous ceux qui tentent de me dominer ou de mettre des limites à mon indépendance me rendent fou de colère et d'agressivité! :twisted:
Je dépense un temps et une énergie considérables pour tenter de décrypter et comprendre les autres et ce monde. J'ai l'impression d'être inapte au bonheur, les plaisirs (comme la sexualité) me sont problématiques. Je crois que je méprise le plaisir quelque part. Etre amoureux rend les gens si bêtes et pathétiques... et le bonheur anesthésie leur intelligence et les rend suffisants et aveugles.

Peut être sommes-nous une sorte "d'avant-garde", les premiers à manifester (même de manière inconsciente, intuitive) leur rejet de cette société ultre-sexualisée, de consommation de masse, même des corps humains. Gaspillage et gâchis colossaux de ressources, d'argent, de matières, de chairs et de corps. Peut être est-ce sain, cette rupture manifeste avec le "monde d'hier", celui de nos parents, des baby-boomers jouisseurs et vindicatifs? En plus d'être A et de ne consommer ni alcool ni drogues, je suis également végétarien, ça me parait comme un aboutissement naturel de mon parcours intellectuel.

La sexualité, comme les valeurs et les objectifs imposés de cette société ne satisfont pas mes apirations, plus absolues, abstraites et intellectuelles. Evidemment, nous faisons "tâche" dans un monde du "tout consommable et jetable" où tout le monde semble vouloir profiter au maximum de tout, vite: quête effrénée et insensée d'achats et de baise.
Nous passons pour des ascètes, avec nos vies tièdes d'intellectuels dont les valeurs vont à contre-sens du tsunami consumériste et jouisseur.

Je viens de me relire et je me surprends! :roll: mon discours semble âmer, pessimiste... :oops: Pourtant, je me vois comme quelqu'un de fondamentalement optimiste et ma vie est très remplie, colorée. Ma vison des choses n'est pas si noire, j'ai juste voulu me lancer dans une tentative d'explication de nos parcours, une piste parmi d'autres. Mais je pense qu'il y a "de ça" dans ce que nous ressentons, même si c'est de l'ordre de l'inconscient, de l'intuitif, pour la plupart d'entre nous. C'est fou comme l'écriture libère des sentiments et des réflexions dont on soupçonnait à peine l'existence en nous... :mrgreen:

Je vous embrasse, mes soeurs et mes frères! :bise: :lurk:

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Re: Qui sommes-nous?

Message par Jullianna » 06 août 2005, 22:03

FCK a écrit :.
J'ai accepté mon asexualité aussi facilement que je l'avais fait pour mon homosexualité, sans angoisses ni culpabilité: en étant intimement convaincu qu'il s'agit d'une chose fondamentalement naturelle. Dans ma nature en tout cas et c'est tout ce qui m'importe. J'ai assez de respect pour moi-même pour ne rien m'imposer que ne je désire vraiment!:
Salut FCK et bienvenue :D : tu as trouvé les mots très justes pour parler de ton acceptation de l'asexualité : je me retrouve à 100 % , c'est ça , une chose fondamentalement naturelle ...
et à l'inverse , je dis que la sexualité ne fait pas partie de moi ...
FCK a écrit :.
Un seul et unique point me dérange cependant: la solitude. j'aimerais vraiment m'épanouir au sein d'un "couple". L'un(e) d'entre vous avait soulevé la question des rapports avec les sexuels, je ne me souviens plus qui. De mon expérience j'ai appris que former un couple asexuel-sexuel est impossible: par définition, ils ont besoin de sexualité! :D Donc ça ne peut pas tenir longtemps car ils finissent par être trop frustrés.:
là encore , je suis totalement d'accord ... :)


FCK a écrit :.

L'idéal est de former des couples de "A", évidemment. Moi je rêve d'un homme comme moi, avec qui je partagerais des tas de choses, avec qui je pourrais construire une relation stable et durable, basée sur la complicité intellectuelle, l'humour mais aussi l'affection, la tendresse, la douceur. Pas une sexualité "traditionnelle", régulière, car j'en suis incapable mais tout de même, je me dis que le fardeau de la vie doit être plus facile à porter à deux.:
suis hétéro A , mais le souhait est le même ... :wink:

FCK a écrit :.

Peut être sommes-nous une sorte "d'avant-garde", les premiers à manifester (même de manière inconsciente, intuitive) leur rejet de cette société ultre-sexualisée, de consommation de masse, même des corps humains. :
disons que c'est cette société ultra-sexualisée , qui fait qu'on sort de l'ombre ... je pense que des personnes comme nous ont toujours existé
mais "cachées" sous le terme très vague de célibataires .
comme vous , les homosexuels

or de plus en plus , l'homosexualité ne se cache plus . donc , je crois que les A , ont envi , eux aussi , de vivre leur non-sexualité - sans qu'elle oblige la solitude du coeur .. :cry: .

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Re: Qui sommes-nous?

Message par FCK » 07 août 2005, 03:35

Jullianna a écrit: disons que c'est cette société ultra-sexualisée , qui fait qu'on sort de l'ombre ... je pense que des personnes comme nous ont toujours existé
mais "cachées" sous le terme très vague de célibataires .
comme vous , les homosexuels
Oui, en fait je pense que tu as raison Jullianna... comme l'homosexualité, l'asexualité a probablement toujours existé!
Le fait que notre société soit plus ouverte et tolérante lui permet juste d'émerger, de se déclarer au grand jour.

Comme je l'avais dit, mon hypothèse sur l'origine de l'asexualité en tant que réaction à une société hyper-sexualisée n'était qu'une piste de réflexion parmi d'autres. Ton analyse me paraît plus pertinente! :D

A bientôt j'espère :bise:

diogene
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Re: Qui sommes-nous?

Message par diogene » 07 août 2005, 10:27

Jullianna a écrit: disons que c'est cette société ultra-sexualisée , qui fait qu'on sort de l'ombre ... je pense que des personnes comme nous ont toujours existé
mais "cachées" sous le terme très vague de célibataires .

Diogene répond
OUI oui et oui, j'adhere complètement de plus les Asexuel (du moins dans mon entourage, sont perçu plus tôt comme des innoffensifs
:twisted: puisque refusant le" combat de l'accouplement".... ca glisse même pour certains innocents vers l'impuissance et autre conneries dûes à une ignorance crasse.
J'ajoute que d'être Asexuel à 20ans (ce qui est loin d'être definitif, la vie de demontrera) est sans doute plus difficile que l'être à 45 ans( ce qui a bcp plus de chance de s'inscire dans la durée)
:shock:

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