Questions morales couples A/S

Pour les personnes impliquées dans un couple sexuel-asexuel, ayant besoin de soutien ou voulant partager.
fiffi
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Re: Questions morales couples A/S

Message par fiffi » 23 juil. 2018, 00:17

Ne soyez pas honteux ni l' un ni l' autre ; vous avez juste une orientation sexuelle différente , ce n' est pas de votre faute .

Je vous souhaite de trouver un compromis pour que votre couple perdure .

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Baelfire
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Re: Questions morales couples A/S

Message par Baelfire » 28 juil. 2018, 12:23

Ecureuil je te suggère de te mettre en contact avec Ekta. Elle vit la même situation que ta compagne avec son chéri S qui semble ressentir les mêmes choses (ou à peu près) que toi.

Sinon, vous faites de votre mieux et c'est ce qui compte. Alors évitez (même si c'est pas facile) de culpabiliser.

Bienvenue
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isley
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Re: Questions morales couples A/S

Message par isley » 21 févr. 2019, 16:35

Salut, nos messages se ressembles beaucoup...ou en est tu?

En passant, a ceux qui lui disent ( ''le sex c'est pas si important'', ''tu n'as qu'à te servir de ta main '' ...etc)
Permettez moi de vous dire qu'un besoin naturel ne s'oublie pas comme ça ....
et que la masturbation n'a rien d'épanouissant....
Imaginez un manque, qui vous travail le jour et la nuit, au boulot, en soirée, qui vous rend aigrie, vous empêche d'être tendre....
La masturbation allege le fardeau un peu mais le désir est de nouveau la après 5 minutes...rien a voir avec une vrai relation...
Pour le vivre personnellement je trouve que vos commentaires manquent particulièrement d'empathie.

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Grignoteuse de bouquins
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Re: Questions morales couples A/S

Message par Grignoteuse de bouquins » 21 févr. 2019, 17:23

En fait , ici de base ce n'est pas un forum classique où il y a une majorité de S . Nous , on ne ressent pas de désir sexuel , donc je peux comprendre que certains commentaires manquent "d'empathie" , puisqu'on ne peut pas ressentir la même chose que toi . Si tu parles avec quelqu'un qui ressent du désir comme toi , tu le trouveras sûrement plus empathique a ce niveau là . Tu peux comprendre qu'on a pas la même vision que toi et donc pas les mêmes "conseils" a donner , ou les mêmes choses a dire .

Sinon , en passant , un besoin se définit par le fait que tu meurs si tu ne le remplis pas . Donc manger est un besoin . Le sexe est une envie , plus ou moins forte , si tu ne l'a pas tu es frustré mais pas mort ;) .
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isley
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Re: Questions morales couples A/S

Message par isley » 21 févr. 2019, 18:54

Je sais où je suis oui, et j'ai choisit la section particulière du forum avec soin....une sorte de section ''mixte''...
Et j'essaye de comprendre et surtout de trouver une solution pour moi. Des compagnons de gens ''comme vous'' doivent bien avoir des astuces....enfin j'espère....

Tu joue sur les mots avec envie/ besoin.
Et tu prend un raccourci en utilisant un besoin primaire.
Prenons un autres exemple, tu ne te lave plus, ça gratte, tu pue...tout le temps....
Ta vie en sera elle affectée? Au travail, en famille etc...
Pourtant ce n'est qu'une ''envie'' de se laver....
Tu ne mourra pas non plus...
Et bien moi dans ma tête et entre mes jambes, je ressens cette envie...(pas de me laver .... :D enfin je me comprend :void: ...enfin je crois)

La frustration est reconnue comme un trouble psychique qui peut mener a l'agressivité, trouble cognitifs, pertes confiance, etc...elle est nécessaire pour se construire dans l'enfance, mais par contre a l'âge adulte répétée et constante....Ce n'est pas anodin....
Je vis un peu ça comme une torture lente ..

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Re: Questions morales couples A/S

Message par fiffi » 22 févr. 2019, 00:29

Nous ne manquons pas d' empathie , nous ne sommes pas attiré par le sexe et , comme le souligne Grignoteuse , nous avons du mal à comprendre un ressenti que nous n' avons pas , comme toi tu dois avoir du mal à comprendre notre ressenti .

Ton effort de compréhension est louable mais il n' y a pas d' astuce pour les couples A\S . Il faut que tu comprennes que nous ne souffrons ni de frustration , ni de manque d' envie ou de besoin . l' asexualité est une orientation sexuelle et il est difficile de concilier deux orientations sexuelles différentes .

Il te faudra faire un double effort de connaissance :
- connaitre l' asexualité en général , c' est assez simple , c' est une personne qui ne ressent pas d' attirance sexuelle .
- connaitre le ressenti exacte de ta compagne . Pour cela , il n' y a qu' une seule solution le dialogue car il n' y a quelle qui puisse te renseigner . Le spectre de l' asexualité est vaste et nous ne sommes pas des juges qui assignons une place sur ce spectre .

Pour être efficace dans nos conseils , il nous manque l' avis de ta compagne . Que ressent-elle ? OU se situe t-elle sur le spectre et se définie -t' elle comme asexuelle ? Ces réponses ne se trouveront que dans un dialogue au sein de votre couple et je vous souhaite de trouver un compromis acceptable pour vous deux .

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Re: Questions morales couples A/S

Message par artnow » 15 mai 2019, 11:59

PassionA a écrit :
11 juin 2018, 08:58
Ecureuil6 a écrit :
11 juin 2018, 06:19
- "Forcer" des rapports réguliers : S'il est certain que l'un nous deux doit faire des concessions, j'ai parfois envie de lui demander de se laisser faire, de temps en temps, même si elle n'en a pas très envie. Je suppose que cela doit la dégoûter à long terme ( ou peut serais-je dégouté avant ?), mais cela marche-t-il pour certains couples ?
Puisque tu abordes la question de morale, ce que tu décris là c'est du viol.


De façon générale, je pense qu'il FAUT que vous en discutiez tous les deux et non que tu gardes ça pour toi. Il faut que vous trouviez tous les deux une solution qui vous conviennent, soit un arrangement soit une séparation.

De mon point de vue, ton raisonnement défie le sens des réalités. Ce n'est pas vrai que se passer de sexe est un "sacrifice" aussi grand que de se laisser violer. Le sexe est juste un petit plaisir et non quelque chose d'obligatoire pour vivre, et il y a toujours la masturbation. Si tu ne désires pas t'en passer c'est un autre problème et il vient de toi et non d'elle. Si tu te sens frustré uniquement à cause du sexe, c'est parce que la culture de notre société promets que la sexualité est un exutoire à nos tensions et qu'elle est source d'épanouissement - ce qui est contradictoire puisque la source des tensions n'est pas résolue, juste dérivée. Aborder la sexualité comme un absolu peut être en soi la cause de cette frustration, mais il y a autant à parier que la source n'est pas là et il peut être bon de ton côté de déterminer avec exactitude l'origine de cette frustration dans ta psyché plutôt que de te focaliser sur la sexualité comme-ci c'était l'unique solution - d'un point de vue personnel ce sera plus épanouissant pour toi.
Désolé PassionA mais je me sens obligé de réagir car ta réponse me choque vraiment. N'y vois rien d'agressif, je sais que tu es de bonne foi, mais :
- Viol : peut-être pourrait-on éviter une inflation des termes qui finissent par polariser la compréhension. Peut-on vraiment mettre en équivalence consentir à quelque chose que l'on fait à contre cœur avec une personne aimée, et une attaque physique violente et soudaine perpétrée souvent par des inconnus dans des lieux publiques ? Je conçois que le premier cas puisse provoquer aussi des traumatismes à la longue mais n'y aurait-il pas quelques degrés d'écart ?
- "Se passer de sexe n'est pas un sacrifice aussi grand (...) le sexe est juste un petit plaisir (...)" : de ton point de vue oui, mais qu'en sais-tu pour un sexuel ? En se référant à quoi pourrait-on prétendre que se forcer à l'abstinence quand on n'est pas fait pour ça ne provoque pas autant de souffrance que de se forcer aux relations sexuelles quand on n'en a pas envie ?
- "... et il y a toujours la masturbation" : même si ça dépanne un temps, ça n'a à mon sens rien à voir. Tel que je le vis, une relation sexuelle est un partage intime et, si possible, amoureux, pas une simple "évacuation physiologique". Pendant l'acte, il y a pour moi autant de plaisir à donner du plaisir qu'à en recevoir et le plaisir échangé a un effet démultiplicateur que n'a pas celui que l'on peut se donner tout seul tristement dans son coin. C'est un peu comme si l'on ramenait le plaisir d'un repas de fête en famille au seul fait de "manger du foi gras et de la dinde", et dire que l'on peut se passer de ses proches pour manger du foie gras et de la dinde.
- "... si tu ne désire pas t'en passer c'est un autre problème et il vient de toi et non d'elle" : NON ! C'est bien un problème qui vient de deux personnes impliquées dans une relation. Cette façon d'externaliser la question vers le sexuel est en quelque sorte ce que ma propre épouse a tendance à faire insidieusement. Avec ce genre de logique, je pense que je vais finir par la tromper sans me cacher et lui dire "si tu le vis mal c'est ton problème pas le mien. Moi ça ne me pose pas de problème...".
- "Si tu te sens frustré uniquement à cause du sexe, c'est parce que la culture de notre société promets que la sexualité est un exutoire (...)" : Si le désir sexuel était juste un artifice social, bon nombre de mammifères n'auraient pas de relations sexuelles. De plus, la promotion de l'épanouissement sexuel par notre société remonte aux années 60, et dans la société occidentale uniquement : une paille dans l'histoire de l'humanité dont les sociétés ont été globalement plutôt répressives vis à vis de la sexualité.
- "(...) déterminer avec exactitude l'origine de cette frustration dans ta psyché" : je note que les asexuels se battent pour faire valoir que leur orientation n'est ni une pathologie ni une anomalie. Peut-être ai-je mal lu, mais je sens poindre dans ton propos une tendance a assimiler le désir sexuel à un fonctionnement anormal de la psyché. J'espère me tromper.
- "d'un point de vue personnel ce sera plus épanouissant pour toi" : d'un point de vue personnel, une vie érotique équilibrée est très épanouissante. En ce qui me concerne je réfute le "plus" qui induit une hiérarchisation arbitraire de valeurs.
Désolé d'avoir été un peu long.
Cordialement,

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Re: Questions morales couples A/S

Message par Baelfire » 15 mai 2019, 14:43

Dans l'ensemble je suis carrément d'accord avec Passion A. Il y a réellement un soucis d'éducation et de conditionnement par rapport au sexe : il faut en vouloir tout le temps et surtout de toutes les manières possibles et imaginables.

Le contraire est considéré comme anormal voir impossible, inexistant. On ne veut même pas envisager cette possibilité.

De là en découlent les problème d'abus, de mépris du consentement, de sexisme, de sacralisation excessive, de mépris de son corps et de celui des autres et j'en passe..Ces maux terribles dont notre société souffre. 0n est passés d'une extrême à l'autre. Et les extrêmes ce n'est jamais équilibré.

Avant c'était "le sexe c'est mal" et maintenant "le sexe c'est indispensable". Bad trips !!

Nous avons une conscience et un libre arbitre. Je ne crois pas que les mammiféres en soient dotés. Si ils s'accouplent c'est à toute fin utile pour se reproduire EUX. Pas parce qu'ils s'ennuient et sont incapables de s'acomplir. Alors la comparaison ne me semble pas judicieuse.
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Re: Questions morales couples A/S

Message par Lucyliane » 15 mai 2019, 15:08

artnow a écrit :
15 mai 2019, 11:59
- Viol : peut-être pourrait-on éviter une inflation des termes qui finissent par polariser la compréhension. Peut-on vraiment mettre en équivalence consentir à quelque chose que l'on fait à contre cœur avec une personne aimée, et une attaque physique violente et soudaine perpétrée souvent par des inconnus dans des lieux publiques ? Je conçois que le premier cas puisse provoquer aussi des traumatismes à la longue mais n'y aurait-il pas quelques degrés d'écart ?
Je suis désolée mais ce point et cette comparaison me gêne réellement. Premièrement il existe une notion de viol conjugal. Il y a un certain respect à avoir pour son compagnon/compagne et ce n’est pas parce qu’on est ensemble que l’on doit tout accepter. Certes le terme est violent car lorsqu’on l'utilise, on pense tout de suite à un affreux fait divers que l’on voit passer à la TV mais quand il n’y a pas de consentement de l’autre et qu’on se force à faire quelque chose ça reste un viol.
Après ce qui me dérange beaucoup c’est de vouloir effectuer une certaine gradation dans ce type de comportement car les gens vont se cacher derrière un “Oui mais heureusement c’est moins violent qu’un inconnu qui t’aurait agressé dans la rue.”. Je ne dis pas que tu es ainsi mais malheureusement ça pourrait laisser la porte ouverte à des formes d’abus en tout genre. Récemment les définitions du DSM-V (Manuel de diagnostic des troubles psychologiques et psychiatriques) ont englobé les personnes qui sont au contact avec des événements traumatiques quotidiens (policiers, pompiers) dans le spectre des états de stress post-traumatiques. Du coup est-ce qu’il y a besoin de se questionner sur une éventuelle gradation à avoir en une agression forte à un instant t ou des petites agressions répétées ? A méditer je pense...

Rien de bien méchant ou agressif dans ce que je t’avance comme argument mais plutôt des pistes de réflexion à ouvrir. Après je peux comprendre que ça ne soit pas évident à comprendre. Je me dis que je n’arrive pas à comprendre les S avec leurs besoins d’avoir des relations sexuelles ou même de ressentir une attirance sexuelle donc je me dis que le raisonnement inverse ne doit pas être évident.
Ne comprenez-vous donc pas ? C'est un mal qui ronge la Galaxie tout entière. On pratique le culte du passé. On stagne !
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Re: Questions morales couples A/S

Message par artnow » 15 mai 2019, 17:25

Je te rassure et je confirme : toute chose obtenue dans un couple par intimidation, chantage ou violence est très loin de ma pratique, et de choses dont je puisse faire l'apologie.

Si j'ai soulevé ce point c'est parce que je n'ai pas vraiment eu l'impression qu'écureuil6 qui a provoqué cette discussion aie non plus le profil "violeur" et que lui opposer ce terme me semblait excessif. D'ailleurs quand il évoque "rapport forcé" c'est pour de lui même récuser la pertinence de cette éventualité. D'une manière générale je ne vois pas pourquoi des sexuels se casseraient la tête à venir discuter poliment avec des asexuels sur ce forum si ils avaient une nature portée vers le viol. Cordialement,

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Re: Questions morales couples A/S

Message par PassionA » 15 mai 2019, 17:48

artnow a écrit :
15 mai 2019, 11:59
Désolé PassionA mais je me sens obligé de réagir car ta réponse me choque vraiment. N'y vois rien d'agressif, je sais que tu es de bonne foi, mais :
Je suis prêt à en débattre, mais la façon de découper ce que je dis en le sortant du contexte pour lui faire dire autre chose... j'apprécie moins.
artnow a écrit :
15 mai 2019, 11:59
- Viol : peut-être pourrait-on éviter une inflation des termes qui finissent par polariser la compréhension. Peut-on vraiment mettre en équivalence consentir à quelque chose que l'on fait à contre cœur avec une personne aimée, et une attaque physique violente et soudaine perpétrée souvent par des inconnus dans des lieux publiques ? Je conçois que le premier cas puisse provoquer aussi des traumatismes à la longue mais n'y aurait-il pas quelques degrés d'écart ?
Ça c'est le discours de la personne qui ne se fait pas violer : "Mais c'est rien, c'est pas grand chose quand on aime vraiment". Comme le fait remarquer Lucyliane, le viol conjugal ça existe et c'est réprimandé par la loi. Aimer l'autre ce n'est pas devoir se soumettre à son plaisir, surtout qu'on ne parle pas d'éplucher des patates mais bien de quelque chose qui touche le corps, l'intime, et qui traumatise.
artnow a écrit :
15 mai 2019, 11:59
- "Se passer de sexe n'est pas un sacrifice aussi grand (...) le sexe est juste un petit plaisir (...)" : de ton point de vue oui, mais qu'en sais-tu pour un sexuel ? En se référant à quoi pourrait-on prétendre que se forcer à l'abstinence quand on n'est pas fait pour ça ne provoque pas autant de souffrance que de se forcer aux relations sexuelles quand on n'en a pas envie ?
Je suis certain qu'un sexuel PEUT se passer de sexe. En fait, l'abstinence est pratiquée par des millions de personnes dans le monde. Qu'un sexuel refuse d'être abstinent, je le conçois complètement, mais ça ne doit pas se faire au détriment d'une autre personne. On en revient aux notions de consentement et de viol. Tout argumentaire du besoin essentiel ne repose sur rien, manger, dormir, sont des besoins primaires essentiels à la survie, faire l'amour non c'est un plaisir. Pour le besoin, qu'on peut appeler libido, il existe une méthode simple quand on n'arrive pas à le réprimer : la masturbation.
artnow a écrit :
15 mai 2019, 11:59
- "... et il y a toujours la masturbation" : même si ça dépanne un temps, ça n'a à mon sens rien à voir. Tel que je le vis, une relation sexuelle est un partage intime et, si possible, amoureux, pas une simple "évacuation physiologique". Pendant l'acte, il y a pour moi autant de plaisir à donner du plaisir qu'à en recevoir et le plaisir échangé a un effet démultiplicateur que n'a pas celui que l'on peut se donner tout seul tristement dans son coin. C'est un peu comme si l'on ramenait le plaisir d'un repas de fête en famille au seul fait de "manger du foi gras et de la dinde", et dire que l'on peut se passer de ses proches pour manger du foie gras et de la dinde.
Faire l'amour est une chose merveilleuse... quand tous les partenaires sont consentants. Il n'y a rien d'autre à dire. Je comprends que l'allégresse ressentie soit plus grande quand on partage cela avec quelqu'un qu'on aime (bizarrement, ça marche aussi comme ça avec d'autre choses que le sexe - bien que ce n'est pas une généralité car pour certaines personnes c'est l'inverse et elles apprécient mieux quelque chose quand elles le font seules), mais on doit s'en passer quand on a pas de partenaire consentant, et la pratique solitaire existe pour se donner du plaisir sans avoir à forcer quelqu'un de non consentant. Pour reprendre ton allusion : "Manger du foi gras et de la dinde en famille c'est merveilleux, sauf pour les personnes végétariennes".
artnow a écrit :
15 mai 2019, 11:59
- "... si tu ne désire pas t'en passer c'est un autre problème et il vient de toi et non d'elle" : NON ! C'est bien un problème qui vient de deux personnes impliquées dans une relation. Cette façon d'externaliser la question vers le sexuel est en quelque sorte ce que ma propre épouse a tendance à faire insidieusement. Avec ce genre de logique, je pense que je vais finir par la tromper sans me cacher et lui dire "si tu le vis mal c'est ton problème pas le mien. Moi ça ne me pose pas de problème...".
Non. Une des personnes annonce qu'elle ne veut pas, elle n'a pas à se forcer. Vouloir la forcer c'est déjà la marque d'un problème sous-jacent de l'auteur qui ne peut pas résoudre une situation conflictuelle sans imposer son idée et son plaisir personnel. Que ta solution soit d'aller voir ailleurs, et bien ça fonctionne : il y a dérivation du problème mais au moins tu n'essayes plus de forcer une personne qui ne le souhaite pas. Pour le problème que ça pourrait engendrer en terme de couple, là ça dépend il y a des personnes très compréhensives.
artnow a écrit :
15 mai 2019, 11:59
- "Si tu te sens frustré uniquement à cause du sexe, c'est parce que la culture de notre société promets que la sexualité est un exutoire (...)" : Si le désir sexuel était juste un artifice social, bon nombre de mammifères n'auraient pas de relations sexuelles. De plus, la promotion de l'épanouissement sexuel par notre société remonte aux années 60, et dans la société occidentale uniquement : une paille dans l'histoire de l'humanité dont les sociétés ont été globalement plutôt répressives vis à vis de la sexualité.
On ne fait pas d'Histoire, on parle d'aujourd'hui. Dire qu'aujourd'hui l'hypersexualité n'est pas un problème social est de l'aveuglement.
artnow a écrit :
15 mai 2019, 11:59
- "(...) déterminer avec exactitude l'origine de cette frustration dans ta psyché" : je note que les asexuels se battent pour faire valoir que leur orientation n'est ni une pathologie ni une anomalie. Peut-être ai-je mal lu, mais je sens poindre dans ton propos une tendance a assimiler le désir sexuel à un fonctionnement anormal de la psyché. J'espère me tromper.
Alors c'est là où tu déformes mon propos. Je disais que penser à l'acte sexuel comme d'un absolu est un prémisse à la frustration, mais qu'il existe surement d'autres causes psychologiques à cette frustration. Accepter qu'on a pas tout ce qu'on veut, tout de suite, et qu'on a pas à devoir forcer les autres pour l'obtenir est un bon début de remise en question, à mon sens. Vouloir traduire psychologie en pathologie/anomalie est un signe de mépris pour le questionnement intérieur, qui est pourtant essentiel dans l'épanouissement personnel.
artnow a écrit :
15 mai 2019, 11:59
- "d'un point de vue personnel ce sera plus épanouissant pour toi" : d'un point de vue personnel, une vie érotique équilibrée est très épanouissante. En ce qui me concerne je réfute le "plus" qui induit une hiérarchisation arbitraire de valeurs.
Encore une fois, propos sorti de son contexte.
Une vie érotique équilibrée n'est épanouissante que si elle l'est avec une personne qui la désire et pour qui c'est épanouissant également. Se focaliser sur la sexualité à tout prix est moins épanouissant que de se remettre en question pour affronter ses frustrations. Il y a bien une hiérarchie et elle n'est pas arbitraire.

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Re: Questions morales couples A/S

Message par artnow » 16 mai 2019, 22:41

Bonjour PassionA,

J'ai cité en entête la totalité de ton message lors de ma réponse : justement dans l'intention de ne pas sortir les choses de leur contexte. si je reprends ensuite des points par paragraphe c'est pour être plus précis dans mes réponses.

Ce qui me surprends dans ta réponse, c'est l'impression qu'elle ne s'adresse pas à moi (peut-être à d'autres personnes que tu as connu) car je ne vois pas à quel moment j'ai fais l'apologie de la contrainte sur l'autre dans le couple, c'est même radicalement opposé à mes valeurs. En fait si j'étais dans cet état d'esprit et que je l'envisageais comme solution, je n'aurais même pas besoin de venir sur ce forum.

Puisque les asexuels définissent l'asexualité comme une orientation et que je côtoie aussi des homosexuels dont certains sont devenus des proches, je remarque qu'avec eux les choses sont plus simples : ils ont leur réseau de rencontres, et les hétéros ont le leur. De ce fait quand on se côtoie (je parle ici de mon expérience), c'est plutôt pour l'amitié et passer de bons moments ensemble. Même si ça existe quand même, les rapports homos / hétéros me semblent peu souvent être des problématiques de couple "mixte".

Ce qui complique les choses entre asexuels et sexuels, c'est que nous sommes plus fréquemment amenés à nous retrouver en couple ensemble. Comme j'ai pu le lire, sur ce site, beaucoup d'asexuels annoncent très vite la couleur à leur conjoint (je ne peux que louer cette honnêteté élémentaire et la recommander). Cependant, dans d'autres couples, d'autres asexuels ou demi-sexuels avancent masqués. A coup de diversions et d'excuses bidon ils louvoient jusqu'au mariage et jusqu'à la naissance des enfants. Ce n'est pas forcément une démarche intentionnelle (probablement peu souvent même) mais au bout du compte le mal est fait et il faut ensuite se démerder avec ça. Comme c'est ce que je vis, j'y suis forcément très sensible. Peut-être cela te surprendra-t-il mais c'est ici que parfois la contrainte sur l'autre dans le couple change de camp : quand on entend dans la bouche de la même personne "...le sexe ne m'intéresse pas...", puis à un autre moment "... si tu me trompes, tu retrouveras tes valises sur le pallier..." cela s'appelle du chantage dont l'enjeu pour moi est, soit d'accepter de vivre comme elle contre ma nature (vivre contre sa nature n'est pas moins une souffrance pour un S que pour un A ! je persiste et signe), soit je me retrouve hors de chez moi à ne plus voir mes gamins qu'un W.E. tous les 15 jours.

Ce qui m'agace dans ce que je lis de tes propos et qui m'a fait réagir c'est d'y voir cette même logique "les sexuels n'ont qu'à se comporter comme des asexuels un point c'est tout", puis le déni de la souffrance que ça suppose. J'ai lu tout récemment le témoignage de Saltwater Je me sens totalement en empathie avec lui.

Si j'étais indifférent et brutal avec des intentions d'abus et de viol, ça me préserverais peut-être de souffrir (et encore), mais ça bousillerais mes proches. Comme ce n'est en aucun cas la voix que j'ai choisi, je ne vois pas pourquoi me renvoyer ça à la tête à longueur de lignes.

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Re: Questions morales couples A/S

Message par PassionA » 17 mai 2019, 10:59

artnow a écrit :
16 mai 2019, 22:41
Ce qui me surprends dans ta réponse, c'est l'impression qu'elle ne s'adresse pas à moi
En effet puisque tu cites une réponse à quelqu'un d'autre... je base mes réponses sur ce dont je parlais puisque c'est à quoi tu fais référence. L'auteur originel parlait bien de "forcer" sa partenaire comme d'une possibilité, même si plus tard il est revenu sur ses propos. Si tu voulais une réponse adaptée à ton parcours, je pense que tu n'as pas édité ton message de façon assez clair.

artnow a écrit :
16 mai 2019, 22:41
Ce qui complique les choses entre asexuels et sexuels, c'est que nous sommes plus fréquemment amenés à nous retrouver en couple ensemble. Comme j'ai pu le lire, sur ce site, beaucoup d'asexuels annoncent très vite la couleur à leur conjoint (je ne peux que louer cette honnêteté élémentaire et la recommander). Cependant, dans d'autres couples, d'autres asexuels ou demi-sexuels avancent masqués. A coup de diversions et d'excuses bidon ils louvoient jusqu'au mariage et jusqu'à la naissance des enfants. Ce n'est pas forcément une démarche intentionnelle (probablement peu souvent même) mais au bout du compte le mal est fait et il faut ensuite se démerder avec ça. Comme c'est ce que je vis, j'y suis forcément très sensible. Peut-être cela te surprendra-t-il mais c'est ici que parfois la contrainte sur l'autre dans le couple change de camp : quand on entend dans la bouche de la même personne "...le sexe ne m'intéresse pas...", puis à un autre moment "... si tu me trompes, tu retrouveras tes valises sur le pallier..." cela s'appelle du chantage dont l'enjeu pour moi est, soit d'accepter de vivre comme elle contre ma nature (vivre contre sa nature n'est pas moins une souffrance pour un S que pour un A ! je persiste et signe), soit je me retrouve hors de chez moi à ne plus voir mes gamins qu'un W.E. tous les 15 jours.
Je comprends que ta situation t'est pénible. Cependant on est tous différents et on réagit tous différemment avec notre propre sensibilité. De plus, se comprendre asexuel dans notre société n'est pas une évidence. Puisque l'asexualité est une orientation invisible dont personne ne parlait encore il y a 2 ans (ou alors très incorrectement), la plupart des aces se considèrent par défaut être hétérosexuel/homo/bi. De là, n'ayant pas le même rapport à la sexualité, nous avons forcément des problèmes à ce niveau là dans nos relations. Par exemple, il y a pas mal d'aces qui pensent réellement, avant de se découvrir ace, que les gens exagèrent sur leurs rapports et que le sexe ne sert vraiment qu'à faire des enfants.
artnow a écrit :
16 mai 2019, 22:41
Ce qui m'agace dans ce que je lis de tes propos et qui m'a fait réagir c'est d'y voir cette même logique "les sexuels n'ont qu'à se comporter comme des asexuels un point c'est tout", puis le déni de la souffrance que ça suppose.
Je n'ai jamais dit cela. Je dis juste que le consentement est une obligation morale, sinon c'est du viol. Mon approche est clairement peu empathique pour les sexuels qui viennent pleurer ici qu'ils ne peuvent pas avoir leur dose de sexe, car rien ne les force à vouloir de cette relation si l'absence de sexe est trop dure pour eux. Dans aucun cas ce serait à l'autre de se forcer à avoir des rapports pour faire plaisir. Si tout le reste de la relation, l'amour, les enfants, la vie commune, etc., ne suffit pas... ce n'est pas notre faute. C'est à vous de chercher en vous-même pourquoi vous n'arrivez pas à vous en satisfaire, et si votre bonheur passe par une sexualité alors il faut accepter que ce ne sera pas avec le même partenaire.

Je ne te juge pas et je rends bien compte que cette situation est compliquée pour vous, mais c'est avant tout entre vous que pourrez la résoudre. Il ne sert à rien de dire : "elle veut pas de sexe alors c'est de sa faute, parce que sans sexe moi je peux pas vivre" puisque c'est mort si elle te dit qu'elle ne veut pas de sexe, tu dois faire une croix dessus avec elle. Heureusement, ce n'est pas la seule personne avec qui tu puisses en avoir.

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Re: Questions morales couples A/S

Message par Baelfire » 17 mai 2019, 11:38

PassionA a écrit :
17 mai 2019, 10:59
artnow a écrit :
16 mai 2019, 22:41
Ce qui me surprends dans ta réponse, c'est l'impression qu'elle ne s'adresse pas à moi
En effet puisque tu cites une réponse à quelqu'un d'autre... je base mes réponses sur ce dont je parlais puisque c'est à quoi tu fais référence. L'auteur originel parlait bien de "forcer" sa partenaire comme d'une possibilité, même si plus tard il est revenu sur ses propos. Si tu voulais une réponse adaptée à ton parcours, je pense que tu n'as pas édité ton message de façon assez clair.
J'en profite pour rebondir là dessus. Si on insiste un peu pour que les membres témoignent et se présentent c'est exactement à cause de ça. Chaque histoire est différente et les pistes, conseils, commentaires proposés sont adaptés à cette unicité (je viens peut-être d'inventer un mot là :shock: ). Faire du cas d'un autre son cas personnel est rarement une bonne idée ici. Trop de diversité pour que ça puisse être dans le juste.
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Re: Questions morales couples A/S

Message par clotaire » 17 mai 2019, 11:47

oui, si tu as une problématique personnelle spécifique @artnow, n'hésite pas à ouvrir un sujet dédié pour qu'on en parle, ce forum est fait pour ça !
En attendant bienvenue ici :-)

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