Cynisme

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Red-Devil
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Cynisme

Message par Red-Devil »

Un salarié doit il visé un travail bien fait ?
Plaire à ses supérieurs hiérarchiques ou, au moins, ne pas leur poser de problèmes est autrement plus efficace.

Un intellectuel doit il dire ce qu'il pense ?
Répéter ce que racontent ses voisins professionnels est infiniment plus prudent.

Un homme politique doit il œuvrer au bien commun ?
Soigner son image et sa communication est bien moins risqué.

Ce sont des exemples des nouvelles normes comportementales générées par le cynisme ambiant.
Croire à sa fonction sociale est devenu le signe d'une pathétique naïveté.
Comme si chacun ne poursuivait pas son strict intérêt personnel au mépris de valeurs désormais surannées.
Quand tout le monde triche ou presque, bien sot est celui qui demeure honnête.
Gare à ce "demeuré" qui s'écarte du mode de vie dominant de l'époque : Il sera pris pour un lâche, un prétentieux, un archaïque, un bigot, un idéaliste ou un crétin.

Pour reprendre la géniale formule du regretté Philippe Muray, nous devenons des "mutins de panurge".

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LeDisparu1
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Re: Cynisme

Message par LeDisparu1 »

Alors, j'adore ta petite composition. Elle pose le doigt sur un problème qui me préoccupe de temps en temps chaque fois à nouveau. - Ma solution provisoire pour ce problème n'est pas la tienne. Mais néanmoins je ne crois pas que je sois malhonnête ou réaliste(ce mot, c'est pour moi presque une injure et retient le même sens que la malhonnêteté - seulement les idéalistes se preservent le coeur jeune et ouvert). Alors, j'essaie de plus en plus abandonner ma habitude presque réflexive de me mettre contre les conventions. Souvent, ca ne change rien et je moissone plutôt le mal que le bien. Par exemple - et cet un exemple bien petit -, j'aime bien de contrarier mes professeurs en les contredisant constamment dans des discussions en séminaire. Mais bien sûr je ne change pas les opinions de mes profs et la seule chose que je gagne, c'est de les préjuger contre moi, et ca, c'est de gagner rien de tout. Alors, cet esprit de contradiction s'exert dans beaucoup de domaines de ma vie...

Mais de plus en plus, je me tais au lieu de parler et je m'adapte plus regulièrement aux conventions. Parce que, la solution idéale comme je l'envisage maintenant, c'est de devenir plus Mozart et de s'éloigner de Beethoven. J'adore Mozart; il était toujours originel et chaque pièce respire d'une fraîcheur profonde, d'une jeunesse éternelle, d'une honnêteté cristalline. Mais Mozart est resté dans les conventions musicales de son temps. Il a joué dans un jeux fiévreux avec ces conventions, c'est vrai, mais il ne les a pas abandonnés. - Alors, je crois, ou plutôt, j'espère qu'on peut s'attacher aux conventions, se mettre dans l'intérieur des conventions, et en même temps transfigurer ces conventions, les illuminer de l'intérieur et ainsi les surpasser presque imperceptiblement, mais néanmois: les surpasser. N'oublions pas: la vraie beauté vient de l'intérieur.

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