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Caeeli, Les mains bleues

Posté : 19 nov. 2008, 02:28
par chiarina
Bonjour,
Voici une nouvelle avec laquelle je voulais expliquer à mes amis garçons comment une fille amoureuse pense. Or, comme mes amies filles ne s'y sont pas du tout reconnues, je suis restée seule avec mes angoisses, et avec un personnage un peu étrange et semble-t-il fort dérangeant pour les S... En effet, j'y ai projeté bien de mes traits d'asexuelle qui s'ignorait alors!

Il y a plusieurs références à des chansons médiévales et à de la littérature arthurienne poussée, n'hésitez pas à m'écrire personnellement si vous voulez des explications sur des détails, la référence de cds où vous pouvez entendre les chansons, ou si vous voulez des éclaircissements sur ma vision du récit, auquel j'ai volontairement laissé une part d'ombre. En message personnel s'il-vous-plaît, je ne voudrais pas vendre de punch à ceux qui ne l'ont pas encore lu... :wink:
http://www.fanfiction.net/s/4393661/1/C ... ins_Bleues

Re: Caeeli, Les mains bleues

Posté : 19 nov. 2008, 04:07
par chiarina
ah non, j'ai posté deux fois... :oops:

Re: Caeeli, Les mains bleues

Posté : 19 nov. 2008, 10:12
par Syd
Ce n'est pas grave ;) Je l'ai supprimé mais en fait, tu peux supprimer ton message toi-même quand personne n'y a répondu, en cliquant sur l'image Image

Je lirai ton écrit plus tard, là je n'ai vraiment pas le temps ;)

Re: Caeeli, Les mains bleues

Posté : 21 nov. 2008, 19:26
par LeDisparu1
J’ai lu ton récit mais je ne suis pas sûr comment le commenter. À vrai dire, j'étais un peu dégoûté par la vision de vie qui semble étalée dans ton récit.

Caeeli n’est pas une héroine pour moi, elle est plutôt une anti-héroine. En lisant les premiers paragraphes j’étais encore capable d’éprouver empathie pour elle mais à partir de cette phrase: “Au fond, j’aurais voulu qu’il m’ignore toujours…pour que je puisse l’aimer toujours” j’ai commencé par être répugner de sa façon de regarder la vie. C'est, d'abord, une façon pessimiste, mais elle lui manque même cette certaine hauteur noble et tragique qui appartient au pessimisme en sa meilleure forme d’apparence. Je crois que son pessimisme lui fournit seulement le prétexte pour mieux expérimenter sa capricieuse convoitise et son désir pour la domination. Mais je vais expliquer cela un peu plus tard.

L'idée de Caeeli comme anti-héroine m'est vraiment venue la première fois quand elle rêvait de soigner Lancelot. Je crois que cette scène est en contradiction avec les pensées virginales qui circulent plus tôt dans la tête de Caeeli. Dans les premiers paragraphes du récit, Caeeli nous laisse ressentir la grandeur mystique de son célibat - rappelons-nous seulement ces phrases-ci: “appellant le silence, la solitude, la souffrance physique…. les banquets me sont insupportables… s’aimer, croire s’aimer, s’entre déchirer, se vautrer dans leur basse humanité en gémissant d’aise… des apparences, des illusions que se donnent les amants… l’amour terrestre mènera à tous les tourments de l’univers.” La scène quand elle rêve de soigner Lancelot n’est pas une illustration romantique de la abnégation, mais une délectation auto-érotique qui a la frivolité même de se déguiser en acte d’abnégation. Dans cette scène, Caeeli se perd dans des rêves très physiques: elle serre la main de Lancelot, elle la presse contre sa joue, elle la couvre de baisers… mais elle fait toutes ces choses, dans son rêve, pendant que Lancelot reste inconscient, pendant qu'il ne se peut pas rendre compte de ce qui se passe, pendant qu'il ne peut pas devenir active et participer dans ce débordement de désirs physiques qui rongent l'âme de Caeeli. En autre mots, elle l’exclut quand elle se procure un sentiment de satisfaction corporelle: il est seulement un moyen pour qu’elle se peut gratifier elle-même. C’est l’auto-érotisme le plus parfait et le plus horrifiant. Arrivé à ce point, j'ai voulu jeter ton récit à la poubelle.

J’ai trouvé deux expressions dans des endroits différents de ton récit qui montrent, à mon avis, toute l'erreur de Caaeli. Les-voilà: “Il m’enrage de passion” et “Je voudrais être un ange!”.
Caeeli est déchirée entre son désir corporel pour Lancelot et ses tentatives célibataires. Mais ces tentatives sont plutôt faites à contrecoeur, sans que, derrière, il y ait une volonté decidée; ainsi elle retombe dans l’auto-érotisme, comme son rêve le dépeind. Elle ni exprime ses besoins corporels devant Lancelot, ni s'engage-t-elle clairement dans la voie de la chastété . Au lieu de ça, elle prend une voie détournée: l’auto-érotisme; une voie qui la dirige à la fin du récit vers le couvent. Cette dernière décision, elle ne le prend pas avec plaisir et bonheur, mais elle le fait seulement pour fuir, pour s'assurer que son enfoncement tranquille dans l’auto-érotisme ne soit plus jamais disturbé.

Le désir caché de concentrer sa vie amoureuse sur sa propre personne, et, ainsi, d'exclure Lancelot, se révèle aussi dans beaucoup d'autres phrases qui parlent de la ressemblance, surtout physique, que Caeeli constate entre elle-même et Lancelot. Par exemple: “J’ai longtemps rêvé… que je puisse l’adorer comme un jumeau, comme une part de moi-même. Qui pourrait adorer ses traits comme je le fais? Ils sont trop miens, trop parfaitement miens…”

Qu’est-ce que le mobile de cet auto-érotisme de Caeeli? Un désir insatiable pour la domination, la puissance. Quand on relit la scène où Lancelot s’adresse à Caeeli pour lui offrir le mariage pour la seconde fois, on voit très net qu’elle est la maîtresse de cette situation, qu’elle la construit – consciemment ou inconsciemment – par une choix rusée de mots et des gestes, qu’elle la dirige pour augmenter sa propre satisfaction au maximum: Lancelot s’accroupant à ses genoux, et elle le repoussant. Elle doit être ravie par ça. Elle est victorieuse, finalement.

Voilà pourquoi je pense qu'avec Caaeli, on n’aurait pas pu créer une anti-héroine plus grande qu’elle.

Re: Caeeli, Les mains bleues

Posté : 21 nov. 2008, 20:13
par chiarina
:shock:

Re: Caeeli, Les mains bleues

Posté : 21 nov. 2008, 23:06
par Verne
chiarina a écrit ::shock:
Heu... +1

Mais ça prouve au moins que l'interprétation personnelle peut mener à des choses... inattendues...