Sommes-nous voués à la solitude ?

Vous voulez parler -ou entendre parler de l'asexualité ? Faites-nous part de ce qui vous passe par la tête, comment vous ressentez votre asexualité, votre relation aux autres, comment tout ceci influence votre vie.
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PassionA
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Sommes-nous voués à la solitude ?

Message par PassionA » 28 mars 2019, 10:58

Bonjour tout le monde :mrgreen:

Non, il ne s'agit pas de faire un topic larmoyant sur la solitude mais plutôt de se poser ensemble la question de savoir pourquoi l'asexualité, par ses caractéristiques en opposition avec une certaine doctrine sociale sexuelle et par le positionnement méfiant que nous prenons vis à vis des relations, est un facteur important de solitude.
J'aimerais avoir votre avis, est-ce que c'est un état de fait qui ne peut changer ou est-ce que nous avons le pouvoir de remédier à cette situation (personnellement aussi bien que collectivement) ?

Quand je parle de solitude, je voudrais qu'on distingue les trois cas de figure qui m'apparaissent : solitude désirée, solitude acceptée, et enfin solitude subie ou isolement.

Par exemple, je suis quelqu'un de solitaire. Je l'ai toujours été et j'ai toujours désiré un espace solitaire dans ma vie. Je n'ai besoin de personne car je suis bien avec moi-même, ainsi pour moi toute relation est un bonus. Mais ça n’exclut pas qu'une partie de ma solitude est acceptée, parce que je me suis rendu compte en essayant d'avoir des relations plus intimes que ça ne fonctionnait pas, alors j'ai arrêté de courir après ce qui me semblait être impossible. Ça n'exclut pas non plus qu'une partie de ma solitude est subie, en particulier quand j'ai senti le rejet de certaines personnes du fait de mon asexualité, des personnes avec qui au delà de ça je m'entendais à merveille.

Donc voilà, je vous pose la question de votre regard vis à vis de la solitude que vous vivez, si vous êtes OK pour en parler, et surtout si vous avez quelque chose à ajouter/commenter surtout n'hésitez pas ! :)

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Re: Sommes-nous voués à la solitude ?

Message par Baelfire » 28 mars 2019, 11:29

Wow ! Ca c'est de la question...

Déjà c'est quoi la solitude ? Sur le nombre d'inscrits ici pas un n'en aura la même conception. Peut-être que si on partait sur les bases de ta définition de la solitude ça pourrait faire avancer le shmilblick ?

Je vais citer Robin Williams "J’ai toujours pensé que le pire truc qui pourrait nous arriver c’est de finir sa vie tout seul. Mais c’est faux. Le pire truc, c’est de finir sa vie entouré de personnes qui nous font nous sentir seul."

Sur le principe j'ai envie de te répondre "oui". Nous sommes voués à la solitude. Tous. Parce que tout le monde est unique. Parce qu'aucune existence ne ressemble à une autre. Parce que passer l'arme à gauche ça se fait seul
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Re: Sommes-nous voués à la solitude ?

Message par choooj » 28 mars 2019, 12:38

Pas le temps de détailler tout de suite, mais ce sujet m'inspire.

Je rajouterais deux autres formes de solitude : singularité/atypisme, et (parce qu'en réalité dans tous les cas cités on n'est jamais vraiment seul) la solitude ultime : celle que je vous souhaite de connaître le plus tard possible bref les derniers instants.

Bon c'était histoire de rajouter encore un peu plus de bonne humeur au caractère intrinsèquement festif du sujet :P :lol: .

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Re: Sommes-nous voués à la solitude ?

Message par Evanescente » 28 mars 2019, 12:40

J ai toujours pensé qu il valait mieux être seul(e) que mal accompagne(e).

Pourtant, sans doute pour faire comme tout le monde, être « normale », j ai voulu avoir des petits copains. J ai accepté le premier quand il m a proposé un rendez vous, car j avais sans doute le souvenir des autres élèves qui me traitaient d anormale. Pour ce que ça a donné... Quant au deuxième, je l ai volontairement cherché parce que juste avant, il y avait eu le mariage de ma sœur. Donc j’ai bien été influencée au cours de ma vie.

Alors qu en fait, ça me stresse d être avec quelqu’un. Je ne me sens vraiment à l aise que quand je suis seule.

Je ne sais pas trop si ma solitude est désirée ou acceptée, peut être les deux. Mais en tout cas, en tête à tête avec soi même, qu est ce qu on respire !

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Re: Sommes-nous voués à la solitude ?

Message par Iloy » 28 mars 2019, 13:37

C'est un sujet longtemps non-pensé de mon côté. Déjà parce que je reste très attaché à mes parents et à ma soeur, je vais vivre souvent chez elle et ma vraie maison est chez eux.

J'ai commencé à y penser à mes 25 ans (donc il y a quelques mois), parce que 1/4 de siècle, tout ça. Et parce que j'ai tendance à considérer que je peux complètement être dans le cas de ces personnes qu'on retrouve morte des mois après. Donc ce n'est pas vraiment de la solitude, mais j'aimerais bien une personne pas loin, plutôt j'espère qu'il y aura une sorte de détecteur de crise cardiaque dans les maisons du futur ^^
Des androïdes ménagers qui peuvent soigner et appeler les urgences !

Mais sinon je ne peux pas dire que j'ai une solitude subie ou désirée, je vis seul, je le constate, mais je m'en moque assez. Par contre, je ne sais pas si je suis capable de vivre autrement, même si mon tempérament fait qu'en cas j'essayerais.

Dans un scénario que j'avais écrit, j'avais fait un "moi alternatif" en 2036. Il vivait seul dans un deux pièces (dont une interdite à la visite !), mais qui était attaché à un autre appartement plus grand d'une amie avec qui il vivait au quotidien, pour manger, se confier, faire des activités, à minima dire bonjour/bonsoir, selon les envies de chacun. C'est une vision qui me plaît. Que je ne cherche pas non plus.

Donc voilà, je ne sais pas si effectivement l'on doit parler de "solitude", de "liberté" (référence à deux chansons écrites par Moustaki :mrgreen: , intéressant ce choix des mots). Puis il y a toujours cette pensée chez moi où le fait de vivre à deux (ou plus) n'a rien à voir avec la sexualité ; en somme j'aimerais bien vivre avec mes amis et ma famille dans une sorte de grand bourg, même avec des gens qui sont juste de bonnes connaissances, ce que je vais appeler des gens vrais. Pas besoin de fanfreluche pour vivre sous un même toit et être bien comme ça. A l'expresse condition que j'ai un endroit réservé.

Quant à la solitude en dehors de la question du "toit" et du "couple normal", personnellement j'ai mes amis sur Facebook (d'ailleurs l'immédiate disponibilité des amis par internet permet de se sentir moins seul sûrement), des connaissances hors de chez moi. A ce niveau, l'asexualité ne m'apparaît pas avoir d'influence sur mes relations sociales. J'ai pas l'impression que mes barrières "anti-drague" (qui ne sont pas des attitudes méfiantes, mais plutôt des attitudes marginales) me limitent.
Mais je peux voir comment le fait d'agir en hérisson peut conduire à la solitude.
Baelfire a écrit :
28 mars 2019, 11:29

Je vais citer Robin Williams "J’ai toujours pensé que le pire truc qui pourrait nous arriver c’est de finir sa vie tout seul. Mais c’est faux. Le pire truc, c’est de finir sa vie entouré de personnes qui nous font nous sentir seul."
C'est une belle citation :)
J'aurais tant aimé cependant, gagner pour vous, pour moi perdant, avoir été peut-être utile

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Re: Sommes-nous voués à la solitude ?

Message par choooj » 28 mars 2019, 19:02

Je définirais la solitude comme l'absence d'échange avec autrui, et également le rapport que l'on développe avec soi-même en l'absence d'échange avec autrui.

J'ai grandi dans un certain isolement et j'ai acquis très jeune la capacité à me "nourrir" (en informations et expériences) par moi-même. En plus d'être son propre partenaire de vie, l'expérience de la solitude amène progressivement à s'émanciper des autres.
Le concept de solitude est connecté à la notion d'indépendance. Mais soyons honnêtes, les solitaires capables d'inférer à partir de leur seule expérience ne courent pas les rues. Dans notre société où nous sommes abreuvés d'informations nous bénéficions indirectement de l'expérience des autres. L'échange avec autrui est toujours présent sous une forme indirecte et différée. Je ne sais pas si je serais capable de vivre en totale autarcie comme un Robinson.

Solitude heureuse ou subie renvoie à la notion de bien-être. On peut être bien avec soi-même si on a l'esprit en paix (sans névroses, sans troubles d'humeur par exemple) et que l'on apprend à s'apprécier. Les personnes qui trouvent leur solitude pesante ont soit des comptes à régler avec leur passé, soit juste besoin de s'apprivoiser.

Même si je suis bien seule, je ne considère pas pour autant avoir atteint ma pleine complétude. J'ai besoin d'altérité. Dans une version soft je la trouve auprès de relations amicales (soft parce que je partage avec eux des valeurs ou une culture commune).
Mais il m'arrive plus rarement de me mettre totalement hors zone de confort. La situation la plus extrême a été de devenir parent. Etre responsable d'une autre vie suppose de penser non seulement à soi mais aussi de façon collective. L'isolement n'est plus possible.
Il est intéressant d'examiner pourquoi certains se sentent agressés dans une cadre de vie communautaire alors que pour d'autres c'est parfaitement gérable.

Je reviendrai plus tard compléter.

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Re: Sommes-nous voués à la solitude ?

Message par PassionA » 28 mars 2019, 19:59

Je me retrouve beaucoup dans ce que tu dis @Choooj. On peut être solitaire et avoir envie d'altérité, au moins au sein de relations amicales. Si je ne ressens pas le besoin des autres, en revanche j'en ai l'envie, le désir, car c'est bon pour moi et ça m'évade. Pour moi c'est clair que vivre en collectivité est une épreuve, mais je sais que possiblement il existe quelques personnes avec lesquelles je peux m'entendre suffisamment bien pour la réussir - je me dis que tout est question de respect et de définir les limites. Il y a une part de psychologique vis à vis de mauvais souvenir d'enfance, mais également une part de manque d'expérience vu que j'ai commencé à vivre seul très tôt (à mon grand bonheur vis à vis de ma situation parentale, j'ai pu quitter mes parents à 16 ans).

Pour répondre à @Baelfire, je ne voulais pas influencer votre compréhension personnelle de la solitude et donc j'ai essayé de rester dans le flou concernant toute définition. L'important je crois est d'avoir un retour de chacun vis à vis de ce questionnement que tout le monde a un jour dans sa vie, et qui se pose en général assez tôt chez les personnes asexuelles. D'autre part, je me pose sérieusement la question de savoir si l'espace communautaire ace n'est pas en soi déjà une réponse apportée à cette solitude. Donc oui, je défini la solitude par rapport au manque de relation, ainsi je crois qu'il existe plusieurs niveau de solitude en fonction des attentes de chacun vis à vis des types de relations qu'on veut avoir dans sa vie. Il est vrai, comme le dit Choooj, qu'internet est une réponse indirecte à une certaine solitude - et pour ma part elle comble très souvent mes maigres désirs, raison pour laquelle je participe à ce forum.

@Iloy J'aime beaucoup l'idée de vivre ensemble mais séparément. En fait j'avoue que je ne vois pas comment même je pourrais vivre autrement si jamais je devais vivre en collectivité. Je crois que d'avoir quelques espaces commun est une solution élégante à la solitude car ce sont des espaces de partage, mais le préambule pour moi est d'avoir envie de voir ces personnes au quotidien - ce qui n'est pas simple.

@Evanescente Moi aussi il m'est arrivé d'avoir voulu avoir une petite copine (ou un petit copain) et comme toi c'était plutôt des expériences ridicules liées au fait que je voulais me persuader que j'étais normal et capable. En fait ce qu'il s'est passé c'est que je n'ai pas tenu plus de quelques jours. Je me sens bien à l'aise le problème n'est pas là, en revanche je ne ressens pas le besoin de l'autre et si l'autre ne motive pas sa présence, et bien je continue tout seul sans sourciller. Bref, on me trouve vite trop distant, ou alors moi je les trouve trop collant... et c'est sans parler du sexe qui a toujours été un soucis.

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Re: Sommes-nous voués à la solitude ?

Message par clotaire » 28 mars 2019, 22:04

Sujet intéressant !
Je me sens très proche de ce que décrit Iloy, d'ailleurs j'avais ouvert un sujet sur le logement il y a assez longtemps, dans lequel j'avais décrit un idéal un peu pareil. Enfin si je ne l'ai pas écrit je l'ai pensé très fort, je ne sais plus, faudrait retrouver ça ;-)

Sinon, je suis dans une situation de solitude largement acceptée… Mais qui est en train de changer, la relation de couple m'est tombée dessus l'année dernière et la vie commune très bientôt ^^ Je ne cache pas que c'est un vrai saut dans l'inconnu pour moi, je suis très curieux d'essayer, plutôt confiant dans ma capacité à m'adapter et dans le respect mutuel de nos besoins d'indépendance. Enfin bref, tout arrive, et à presque 36 ans j'ai envie de répondre NON à ta question, PassionA :-)
[ou alors, si on pense à la solitude ultime comme chooj, c'est forcément oui et pour tout le monde, mais du coup l'échange a moins d'intérêt^^]

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Re: Sommes-nous voués à la solitude ?

Message par fiffi » 29 mars 2019, 00:17

Je suis une personne solitaire . Je préfère être seul que mal accompagné ; cet état d' esprit me permet d' accepter facilement mon célibat tout en me permettant d' espérer rencontrer la " bonne personne " . J' ai été aussi mis à l' écart à cause de ce célibat ; les gens ne sachant pas ou me classer me colle l' étiquette de bizarre et se méfie de moi : un gars sans femme est peut-être dangereux .

Ceci étant dit , je me pose des questions entre le lien entre solitude et asexualité . Je ne m' inscrit plus dans des clubs ni ne mêle à des groupes . C' est vexant qu' on me demande pourquoi je ne suis pas marié . Suis-je perçu comme un imbécile incapable de séduire tout seul une femme ?
D' ou mon questionnement : si je n' avais pas été asexuel , aurais-je été moins solitaire ?

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Re: Sommes-nous voués à la solitude ?

Message par Baelfire » 29 mars 2019, 08:45

@PassionA : D'ac je comprends mieux :)

Pour ma part je ne me sens rarement seule (même dans ma tête on est plusieurs :p) mais en plus je ne le suis pas. Et au cas où je me mettrais à en douter il faut voir ce qui se passe si j'essaye de disparaître plus d'un jour sans avoir prévenu.

Après j'ai la chance d'avoir un bel entourage et des passions qui sont tout à fait compatibles (indispensables même) avec le fait de se sociabiliser.

Amoureusement je n'ai aucun soucis à être avec quelqu'un. Il y a toujours une période pendant laquelle il faut trouver son équilibre mais ça se fait. Je peux aussi (surtout même) être célibataire.

A mes yeux le fait d'être seul (subi ou choisi) c'est une question de caractère. Pas d'orientation sexuelle. Si vous n'avez pas une envie particulière de vous sociabiliser c'est logique que vous restiez en solo. Fifi je suis persuadée que tu peux trouver une supère répartie pour qu'on te fiche la paix avec ton statut matrimonial du genre "c'est parce que ta femme est prise. Tant pis pour moi" ou "parce que tu es mariée. Dommage pour moi". C'est dommage de te priver d'activités à cause de ça.

Je me permets de mettre un petit "attention" tout de même. J'en vois beaucoup qui associent ça avec le fait d'être ou de ne pas être en couple. Je ne vais pas vous dire que ça ne joue pas mais c'est loin d'être déterminant.

On peut être A et en couple. Mais être en couple c'est pas forcément le Saint Graal! J'ai fait récemment ce que j'aime bien appeler "une thérapie de couple". La vie a fait que je me suis fortement rapprochée d'amis, membres de la famille en couple. Sur le papier c'est vachement bien ! Quelle chance ils ont ! Et puis d'extérieur quand vous les regardez ça a l'air tellement épanouissant.

Ce qui est intéressant ce sont les dessous de tout ça. Involontairement je suis partie en exploration sous-terraine.

Qu'est ce que j'ai découvert ? De le tristesse, de la résignation, des conventions étouffantes, des "ben lui/elle ou un(e) autre de toutes façons...", des "les hommes/femmes sont comme ça on y peux rien" des "je fais mon devoir" "j'ai des obligations" "nos familles ne seraient pas d'accord" "on s'entend bien c'est peut-être l'essentiel" "je sais pas si il/elle prendrait soin de moi si je me cassais une jambe" "je pense qu'il/elle boit trop mais j'ose pas lui dire. Et puis c'est quoi la normalité pour consommer de l'alcool ?" " à nos âges on ne peut plus se permettre de reculer" .

Le monde est fou !!!

N'enviez pas ces gens là. Ils sont plus seuls que si ils étaient célibataires. Ca doit être horrible à supporter. Tu m'étonnes qu'il y aie des déprimés! Les psys ont encore de beaux jours devant eux...Si vous ne savez pas quel métier faire tapez là dedans. Vous ne manquerez pas de clientèle.

Je ne dis pas que tous les couples sont comme ça mais c'est plutôt fréquent. Dites vous toujours que même si les apparences sont superbes il ne vaut mieux pas trop savoir ce qui se passe en coulisses...Histoire de préserver un peu de magie.

Bref après cette expérience eh bien je me suis dit que vraiment, vraiment j'avais énormément de chance.

Etre en couple c'est génial. Je kiffe ça ! Mais parce qu'il y a de la conviction, de la passion, de l'envie, de la fusion. C'est ça le St Graal à mes yeux. Et ça existe je l'ai fait plusieurs fois. En plus c'est le modèle que j'ai eu à la maison. Impossible donc pour moi de faire moins bien et me de résigner à quelque chose de "pas beau mais pratique" ou de médiocre.

D'ailleurs il faut être très prudent avec ça. Parce que les mômes, ils ont beau dire "je ferais jamais comme mes parents pas question", ils reproduisent souvent le même schéma que celui qu'ils ont eu à la maison. Attention au modèle du couple que vous allez encrer dans la tête de vos progénitures.

Tout ça pour dire que rester fidèle à ce qui vous rend (ou vous rendra) heureux c'est bien l'essentiel. Et la solitude est bien souvent nécessaire pour se construire

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Re: Sommes-nous voués à la solitude ?

Message par Olib » 29 mars 2019, 13:49

Je ne considère pas mon asexualité comme étant un facteur déterminant dans ma solitude.

Mon asexualité n'a pas d'impact au niveau relationnel amical. On peut ressentir l'aspect "solitude" dans le sens où l'on peut se priver de parler de son asexualité à son entourage. A titre personnel, cela ne me pèse pas. Avec mes ami.e.s, nous ne parlons que très rarement de sexualité, je n'ai donc pas l'impression de me censurer. Et je ne ressens pas le besoin de faire un coming out.

Au niveau relationnel de couple, elle a pu être un facteur déterminant (mais pas pour toutes mes relations) dans la séparation. Mais de toute façon, je pense que ces relations étaient vouées à l'échec, asexualité ou non, donc on peut considérer qu'il s'agit alors d'un mal pour un bien. Tant mieux si cela permet d’accélérer le processus de séparation quand celui-ci est inévitable.
Pour construire une nouvelle relation : eh bien oui forcément mon asexualité joue dans la difficulté de trouver "la bonne personne". Mais j'ai envie de dire "comme n'importe quelle autre caractéristique". Toute forme d'attirance, et tout trait de caractère, et tout souhait majeur de vie (avoir des enfants ou pas, etc.) est un facteur qui va diminuer les possibilités de former un couple. Alors, certes, il y a des caractères, des souhaits, des attirances, qui sont dans la norme; et d'autres qui ne le sont pas, comme l'asexualité. Et dans ce cas, la probabilité de former un couple est encore + faible. Mais pour moi l'impact de l'asexualité ne va pas plus loin que ça. J'ai un caractère naturellement plutôt solitaire mais qui n'a rien à voir avec mon asexualité. Je n'ai pas construit de méfiance particulière vis-à-vis des relations de couple d'une manière générale.
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Re: Sommes-nous voués à la solitude ?

Message par fairytale » 30 mars 2019, 01:29

Pour ma part, la question me fait penser en premier lieu à la solitude d'avoir une vision du monde et de ma vie idéale un peu décalée. Je me sens fatiguée de vivre sans cesse dans les mêmes implicites sociaux : besoin de sexe, de relations / sentiments amoureux, de mariage, d'enfant. J'en ai marre et je m'ennuie. Sur ce point-là, me retrouver parmi vous est une vraie bouffée d'air frais : je n'aurais pas aimé me retrouver dans un autre ghetto conceptuel où tout le monde aurait été anti-couple, par exemple. J'aime la diversité de vos points de vue. Ca me fait vraiment du bien.

Outre le dessèchement intellectuel, j'ai un autre problème : j'ai du mal à m'écouter, à déterminer ce que je veux vraiment faire de ma vie. Je me sens parasitée par la vision consensuelle. J'ai peur parce que je crois qu'au fond, j'aimerais m'en écarter. Mais je me sens seule sur ce cheminement, seule et sans repère. Peut-être est-ce le lot de tout le monde, après tout ? J'ai quand-même l'impression que dans ce monde, on se sent moins seul avec certaines caractéristiques qu'avec d'autres... à moins que ça ne soit une question de rencontres, d'entourage.

D'ailleurs, dilemme : choquer mon petit monde familial ou entrer dans le moule consensuel ? La question a l'air débile, je suis libre après tout, mais je me sens déjà marginale sur d'autres points et j'en ai assez de me faire remarquer. J'ai toujours aspiré à me faire oublier, à me fondre dans la masse, à faire ce que je veux en toute discrétion. En vain : faire ce que je veux, on dirait que c'est comme agiter un drapeau rouge en hurlant : "Eh, regardez-moi, je fais plein de trucs bizarres et j'en suis fière !!!"

Du coup, j'ai l'impression d'être seule dans le sens où je me sens incomprise, et j'ai l'impression que c'est partiellement insoluble. Partiellement, parce qu'il existe des lieux comme celui-ci, et des gens ouverts d'esprit sur mon chemin. Mais ça ne me suffit pas toujours.

Après, je me demande : le sentiment de plénitude (qui fait disparaître la sensation de solitude), n'est-il pas à chercher ailleurs que dans les relations humaines ? Bon, là, je vais y aller mollo, j'ai peur de trop m'égarer. Mais grossièrement, je pensais un peu spiritualité. Croire qu'il existe quelque part, pourquoi pas en chacun de nous, quelque chose de plus beau et de plus grand qui nous rassemble.

Sinon, pour redescendre un peu sur Terre, au niveau des relations humaines justement : je cherche ma limite. Je sais que j'ai besoin d'interactions, mais j'ai remarqué qu'il y a toujours un moment où je sature (sauf bien sûr si je me retrouve seule avant), et où j'ai besoin de retrouver ma solitude, pour retrouver le contact avec mon espace intime dans ma tête.

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Re: Sommes-nous voués à la solitude ?

Message par Dark Majesty » 30 mars 2019, 11:54

Sujet intéressant... :D

Je suis assez paradoxale sur ce sujet.🤔

D’un côté, j’ai toujours pensé comme @Evanescente qu’il valait mieux être seule que mal accompagnée. :wink: Je n’ai jamais aimé participer à des travaux de groupes ou avoir un énorme groupe d’amis avec qui parler. En cours, je suis plutôt la fille qui va rester dans son coin et faire ses devoirs, étudier ou lire un bouquin. Quand des ami(e)s viennent me parler, je leur réponds mais si la conversation s’éternise je vais leur demander de me laisser tranquille. Ce n’est pas parce que je n’aime pas la personne mais c’est juste que j’aime être seule. Plus tard, je me suis toujours vue vivre seule (sans compagnon ou compagne). :P
Mais à l’opposé, cette solitude dans la vie communautaire s’accompagne d’un profond sentiment d'accroche avec ma famille. Je ne pourrai pas vivre sans voir ou appeler mes sœurs chaque jour. Et même si je je me vois vivre sans personne du côté sentimental, c’est certain que je me vois vivre avec des enfants. :wink:

Alors pour répondre à ta question, oui je suis voué à la solitude du point de vue vie de couple, mais c’est une solitude qui n’est pas du tout subie (étant ace et aro). Mais, dans le vie quotidienne, non personnellement je ne sens pas vouée à la solitude. Je sais que je verrai ma famille très régulièrement et avec des enfants je ne vivrai pas seule. :mrgreen:
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Re: Sommes-nous voués à la solitude ?

Message par Piccolo » 30 mars 2019, 18:07

Tout dépend de ce qu'on entend par "voué".

Personnellement je n'aime pas trop les situations sociales, donc pour moi la solitude est quelque chose de positif.

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Re: Sommes-nous voués à la solitude ?

Message par Aphélie » 31 mars 2019, 20:50

Je suis d'accord avec Baelfire, pour moi c'est une question de personnalité plus que d'orientation. Je comprends l'idée que l'asexualité peut créer un sentiment de décalage et donc d'isolement, et devenir source d'ostracisme. Mais rien qu'ici on le voit bien, ça n'empêche pas les gens qui le souhaitent de socialiser, d'être entourés, etc. Inversement, je suis pour ma part quelqu'un de très solitaire, mais c'était déjà le cas bien avant que je ne réalise que j'étais asexuelle - à vrai dire mes parents diraient que déjà petite je préférais rester enfermée dans ma chambre que de sortir jouer avec les autres. Donc pour moi elle n'est pas acceptée ou subie, elle est recherchée : ce sont souvent les interactions sociales que j'accepte, voire que je subis. Mais c'est relatif, parce que si je suis bien seule et que je préfère le plus souvent passer un week-end tranquille chez moi que de voir des gens, pour autant je ne dirais pas que je suis isolée ; en vérité je communique beaucoup, même si c'est juste ici sur le forum ou sur discord, il se passe rarement un jour sans que je ne parle avec quelqu'un (plus spécifiquement mes amis les plus proches). Alors à distance, certes, et exclusivement par texte ou presque (pas mon truc, le téléphone) mais pour le coup si on m'enlevait ça je pense que ma solitude me laisserait un autre sentiment. Disons que là je peux me permettre d'être tranquille chez moi sans être coupée du monde pour autant, aller vers les autres quand je veux, sans pression, à mon rythme. Mais pour la plupart des gens que je connais, ça ne suffirait pas.

Du coup je dirais pas qu'on est voués à la solitude. Si je le souhaitais, rien m'empêcherait de devenir un papillon social, je pense pas que mon asexualité y soit un frein comme peut l'être par exemple la timidité ou autres difficultés sociales. Le plus dur pour moi, c'est plus d'accepter le fait que je suis vouée à socialiser, et même en me tenant au strict minimum, c'est souvent plus que je ne le souhaiterais, si ce n'est qu'à cause du travail. Pas de soucis avec mes collègues, je m'entends bien avec tout le monde, je pense même que j'arrive à me faire apprécier sans trop de peine, mais je n'attends rien tant que le moment où je vais retourner à ma tranquillité et mon calme, et l'envie parfois de mettre un casque sur les oreilles avec un carton dans le dos "ne pas m'adresser la parole durant la prochaine heure" ne manque pas. Et c'est quelque chose dont on parle malheureusement trop peu, même si je sais que je ne suis pas seule dans ce cas là.
"Though my soul may set in darkness, it will rise in perfect light, I have loved the stars too fondly to be fearful of the night." ― Sarah Williams

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