Aimeriez-vous ne plus être asexuel ?

Vous voulez parler -ou entendre parler de l'asexualité ? Faites-nous part de ce qui vous passe par la tête, comment vous ressentez votre asexualité, votre relation aux autres, comment tout ceci influence votre vie.
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didou
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Re: Aimeriez-vous ne plus être asexuel ?

Message par didou » 11 déc. 2016, 22:57

J'abonde assez dans le sens de @Piccolo: j'ai toujours trouvé que les organes sexuels humains n'avaient franchement rien d'esthétique (je dois me répéter par rapport à d'autres sujets :mrgreen:)
Règle n°1 : pas avant le mariage. Règle n°2 : ne pas se marier

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adoru-san
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Re: Aimeriez-vous ne plus être asexuel ?

Message par adoru-san » 12 déc. 2016, 00:58

Piccolo a écrit : A partir du moment où tu filmes/dessines du sexe, ça peut difficilement être "classe et glamour".
C'est pas faux... Enfin forcément, en tant qu'A non attiré par la chose sexuelle (bah oui, des A qui s'intéressent au sexe, même s'ils n'ont pas de libido, ça existe, n'est-ce pas ^^), c'est difficile de trouver ça glamour XD Mais croyez-le ou non, certains S le voient parfois comme ça...
Perso, même si je ne vois pas comment on pourrait enlever l'aspect dégoûtant des parties génitales et de l'acte sexuel, j'estime qu'on peut tout de même le représenter de façon plus belle, ou à la rigueur moins dégueu ^^ (et surtout, moins violente... porn, again)

EDIT : et moi j'abonde dans votre sens à tous les deux :mrgreen:

Ramón

Re: Aimeriez-vous ne plus être asexuel ?

Message par Ramón » 12 déc. 2016, 11:10

Bah les personnes non-A (mêmes les plus sexuelles) m'ont toujours dit qu'un pénis+testicules comme les lèvres+clitoris c'étaient particulièrement laids. Il semblerait que ce soit assez partagé comme sentiment. D'ailleurs, il semblerait que pratiquer sa sexualité se fait globalement "dans le noir" dans mon entourage et sans toucher le sexe de l'autre avec autre chose que son propre sexe.
Comme quoi, il y aurait un côté "naturellement" répulsif à la chose. Il faudrait que je relise Platon sur le sexe, il me semble que c'est chez lui que l'on trouve une des premières critiques de la sexualité (hors reproduction).

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Re: Aimeriez-vous ne plus être asexuel ?

Message par adoru-san » 12 déc. 2016, 12:53

Intéressant comme avis, Mr Nya ! Je vois en tout cas finalement qu'il y a beaucoup de S qui ont tout de même un dégoût naturel (ou pas ?) pour ce qui se trouve entre leurs jambes (et entre celles des autres)...
Pourtant, c'est quand même un autre son de cloche que j'entends ces dernières années, donc je doute que ce dégoût soit partagé par tout le monde (à mon grand dam), notamment par les fervents défenseurs de la cause sexuelle (les Pro-S quoi ^^). J'en veux pour preuve cet article sur madmoiZelle vantant les mérites de cette émission sur l'éducation sexuelle en Suède (ou Norvège ? je sais plus) où l'on n'a pas peur de montrer un vrai pénis et un vrai vagin, de façon rigolote (enfin, si on veut bien trouver ça rigolo oO); ou encore le psy/sexologue que j'avais vu à une époque, qui quand je lui ai fais part du fait que je trouvais les appareils génitaux "moches" (et j'admet que je n'ai pas été particulièrement gentil en disant cela) a poliment montré son désaccord.
Bon du coup on part sur un autre sujet... j'imagine qu'il doit bien y avoir un topic là-dessus dans le forum, non ?

Ramón

Re: Aimeriez-vous ne plus être asexuel ?

Message par Ramón » 13 déc. 2016, 13:55

Chaque sujet est imbriqué malheureusement, l'atomisation, la sectorisation de chaque élément, c'est compliqué sur un forum, et ça n'a (à mes yeux) de pertinence que dans les classifications scientifiques ou littéraires. Maintenant, à la modération de nous dire si nous nous écartons vraiment trop.
Disons que la question du dégoût ou du goût pour le sexe s'incorpore bien dans le fait que l'on aimerait ou non changer d'orientation si on le pouvait. A... discuter.
Et il y aura toujours une personne pour répondre à la question sans s'intéresser à la discussion, recentrant automatiquement le sujet. Je ne sais pas si c'est vraiment dommageable du coup.

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Re: Aimeriez-vous ne plus être asexuel ?

Message par adoru-san » 13 déc. 2016, 14:18

Le grand sage a parlé ^^ Je suis tout à fait d'accord avec toi.
Après, je me dis que quand on est visiteur sur le forum et que l'on est intéressé par un sujet particulier, c'est plus facile de parcourir le topic si celui-ci reste concentré sur ce sujet, que de devoir lire toutes les divergences des participants à la discussion ^^' (ce qui au final embrouille plus qu'autre chose, en plus de faire perdre du temps)
Mais ça ne veut pas dire que la digression est une mauvaise chose, surtout quand elle est tout de même lié au sujet comme tu l'as mentionné ;)

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Re: Aimeriez-vous ne plus être asexuel ?

Message par Aphélie » 14 déc. 2016, 14:33

adoru-san a écrit : J'en veux pour preuve cet article sur madmoiZelle vantant les mérites de cette émission sur l'éducation sexuelle en Suède (ou Norvège ? je sais plus) où l'on n'a pas peur de montrer un vrai pénis et un vrai vagin, de façon rigolote (enfin, si on veut bien trouver ça rigolo oO); ou encore le psy/sexologue que j'avais vu à une époque, qui quand je lui ai fais part du fait que je trouvais les appareils génitaux "moches" (et j'admet que je n'ai pas été particulièrement gentil en disant cela) a poliment montré son désaccord
*débarque comme un cheveu sur la soupe* Pour le coup, je suis quand même plutôt d'accord avec Madz. C'est important d'offrir une bonne éducation sexuelle à tous, y a beaucoup trop d'ados qui deviennent sexuellement actifs sans avoir la moindre idée de ce que cela signifie (je sais pas si vous avez déjà vu des perles doctissimo, mais c'est pas triste parfois - et encore, on est pas les plus mal lotis en France). C'est peut-être pas très glamour, mais il me semble que c'est plus important de donner à chacun ces bases là que de jouer la carte du politiquement correct. Combien d'adolescentes se retrouvent enceintes jusqu'au cou parce qu'elles étaient convaincues que la méthode du retrait était tout à fait efficace ? C'est juste un exemple, mais honnêtement, l'éducation sexuelle est importante. Et ça pourrait être aussi l'occasion de parler d'autres orientations, y compris bien entendu l'asexualité.

Du coup je vais en profiter pour revenir un peu au sujet initial vu que c'est ce qui m'avait attirée sur ce topic. Ça fait quelques jours que je me pose la question et je pense être arrivée à une "conclusion". Ma première réaction allait plutôt dans le sens où oui, si je pouvais, je préférerais ne pas être asexuelle. Pourtant, je suis probablement l'une des ace qui vit le mieux son orientation. Je m'accepte très bien. Je n'ai pas peur d'affronter une existence solitaire si j'y suis vouée. Je suis ouverte sur le sujet. Alors pourquoi cet élan, si je le vis si bien ? Et puis en me posant la question autrement, j'ai réalisé qu'avant tout, j'aimerais que l'on n'aie pas même à me poser la question. Personne ne demande à quelqu'un d'hétérosexuel s'il aimerait ne plus l'être, tout simplement parce que c'est considéré comme la "norme". S'il en était de même avec l'asexualité, je serais parfaitement en paix avec moi-même. Mais c'est très loin d'être le cas, et c'est surtout ça qui me fatigue.

Déjà, et je ne vais rien vous apprendre, mais on a un souci de visibilité qui est énorme. Rien qu'en terme de représentation, on peut aujourd'hui en trouver de plus en plus pour ce qui est des homosexuel-le-s et même des bi/pan (c'est pas encore la fête, mais il y a des efforts qui vont dans ce sens). Niveau asexualité par contre... prout. Je ressens une peine monstrueuse quand je lis les témoignages de toutes ces personnes qui pensaient être brisées, avoir un problème, et ce parfois pendant des années, avant de pouvoir enfin mettre un nom dessus et de comprendre qu'elles n'étaient pas seules, que ça n'avait rien d'anormal. Parce que je suis aussi passée par là, parce que quand j'ai consulté une sexologue et que j'ai demandé si je pouvais être ace, elle m'a répondu un "non" résonnant, sans explications ni rien, comme si c'était juste impossible d'être asexuel. Parce que le sexe est partout, et que j'ai trop souvent eu des conversations avec des personnes de la vingtaine qui se sentaient mal d'être encore vierges même si elles n'avaient aucun désir de passer à l'acte, simplement parce qu'on place une pression monstre sur le fait d'être sexuellement actif. Tout ça me rend dingue. Je ne parle même pas des polémiques au sein de la communauté lgbt, dans laquelle on est sensés se serrer les coudes, se sentir accueillis, et où nombreux pensent que les hétéro/ace, aro/hétéro ou aro/ace n'ont pas du tout leur place. Ou de la classique question "mais est-ce que tu as déjà essayé au moins ?" qu'on te pose parfois lorsque tu fais ton coming out, parce que tu as le droit de savoir que tu es hétéro sans avoir jamais eu de relations, mais pour toute autre orientation, il te faut justifier d'une expérience pour qu'elle soit valide.

Pour ma part, si j'avais su plus tôt que cette orientation existait, et si j'avais accepté plus tôt que c'était la mienne, je pense qu'il y a beaucoup de choses que j'aurais faites différemment et je me serais épargnée pas mal de peine. Je n'ai, par exemple, pas de regrets quant au fait que ma première relation (qui a quand même duré plusieurs années) se soit finie à cause de ça, à vrai dire, je regrette plutôt de ne pas y avoir mis fin plus tôt, d'avoir cédé à la pression du "devoir conjugal" alors que je n'en avais aucune envie pendant si longtemps, de ne pas avoir plus tôt su dire non sans culpabiliser et me sentir en tort. Je ne ferais plus l'erreur aujourd'hui, mais j'étais encore très jeune quand cette relation a débuté - peut-être que si j'avais eu de vrais cours d'éducation sexuelle et qu'on m'avait parlé d'asexualité, j'aurais pu l'éviter à l'époque aussi. Enfin, avec des si on met Paris en bouteille, et je n'ai pas envie de ressasser le passé, mais c'est une cause que j'ai envie de soutenir pour l'avenir en tout cas.

Et donc voilà, c'est autant de choses qui s'accumulent, et qui font que c'est tentant de choisir la solution de facilité. Et ça peut paraître fou, mais pour moi il est beaucoup plus aisé d'admettre que je suis panromantique qu'asexuelle, il y a d'ailleurs plusieurs personnes autour de moi qui ne connaissent que mon orientation romantique et n'en sauront jamais plus parce que je sais qu'elles ne comprendraient pas qu'on puisse vouloir se passer de sexe, et que j'ai pas la foi de me justifier sans arrêt. Donc, non, je n'ai pas envie de ne plus être ace, mais dans l'idéal j'aimerais surtout ne plus avoir de raisons d'en avoir envie.
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Re: Aimeriez-vous ne plus être asexuel ?

Message par Frejya » 14 déc. 2016, 15:28

Aphélie a écrit : Parce que je suis aussi passée par là, parce que quand j'ai consulté une sexologue et que j'ai demandé si je pouvais être ace, elle m'a répondu un "non" résonnant, sans explications ni rien, comme si c'était juste impossible d'être asexuel.
Alors, je l'avais déjà dit sur un autre topic, mais encore une fois, les sexologues ont pour but d'avoir une clientèle, donc à moins de tomber sur une personne vraiment honnête et de bonne foi, ce qui est rare dans ce milieu sachant les cou***** en or qu'ils se font à chaque séance, aucun ne risque de dire à la personne qui vient la consulter qu'elle est asexuelle. Car si la personne est asexuelle, il n'y a pas de problème à régler et donc pas de client et pas de pognon. En plus c'est pas remboursé par la sécu si je ne me trompe pas?
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Re: Aimeriez-vous ne plus être asexuel ?

Message par adoru-san » 14 déc. 2016, 16:25

Frejya a écrit : Alors, je l'avais déjà dit sur un autre topic, mais encore une fois, les sexologues ont pour but d'avoir une clientèle, donc à moins de tomber sur une personne vraiment honnête et de bonne foi, ce qui est rare dans ce milieu sachant les cou***** en or qu'ils se font à chaque séance, aucun ne risque de dire à la personne qui vient la consulter qu'elle est asexuelle. Car si la personne est asexuelle, il n'y a pas de problème à régler et donc pas de client et pas de pognon. En plus c'est pas remboursé par la sécu si je ne me trompe pas?
Personnellement, je serais encore plus méchant... De mon point de vue, il ne s'agit pas juste d'une question d'argent, mais d'impossibilité pour le sexologue de remettre en cause ses convictions. Je veux dire, il s'agit tout de même de gens qui s'intéressent BEAUCOUP au sexe, ont œuvré à la libération sexuelle et à faire rentrer dans les esprits que "le sexe, c'est normal, et ce sous toutes ses formes même ce qui est considéré comme déviant" et "l'abstinence, c'est pas bien ça créé des déviances comme la pédophilie -d'ailleurs, la religion c'est pas bien aussi-", et ont pour l'écrasante majorité été formés à l'école freudienne qui voit l'humain comme un animal centré sur ses pulsions sexuelles (d'où la libido qui est vue comme la "pulsion de vie", source du besoin d'inspiration et de création de l'être humain... permettez-moi de dire LOL :lol: ). Bref, dans leur tête, tout individu se doit d'avoir une sexualité, et même la plus active possible (mon psy qui me dit sans sourciller que se masturber 7 fois par jour, c'est normal... :facepalm:)
Donc forcément, quand t'as quelqu'un qui débarque à son cabinet en disant : "bonjour, je n'aime pas le sexe, je suis peut-être asexuel ?", pas étonnant d'avoir droit à un déni en bonne et due forme... Autant dire : "bonjour, tout ce que vous et vos collègues avez appris et étudié jusqu'ici est basé sur des idées complètement fausses, j'en suis la preuve vivante."
Quand je vois toutes les idées reçues que ça a véhiculé chez les gens (dixit la pression que raconte Aphélie et que la plupart d'entre nous ont subie), je me dit qu'on n'est pas sorti de l'auberge :ouhla:

Et Aphélie, j'ai beaucoup apprécié ton témoignage d'une exactitude rare. Oui, l'asexualité est quasi-invisible dans les combats menés actuellement, oui c'est affreux d'avoir à se justifier de ne pas aimer le sexe, je suis moi aussi horrifié d'entendre que des personnes ont dû se forcer par "devoir conjugal" ou "pression sociale" parce que trop peur de ne pas être normal, alors que le postulat devrais être simple pour tout le monde : tu as envie, ou tu n'as pas envie... et les deux se valent.
C'est juste intolérable aujourd'hui d'avoir à se justifier de ne pas vouloir de relations sexuelles, et de subir autant de pression de vouloir les refuser.
Et c'est encore plus triste de t'entendre dire qu'à cause de ça, tu serais capable de ne plus vouloir être asexuelle... Non pas que tu doive t'en sentir fière, mais comme tu dis, on ne devrais même pas avoir à se poser la question (ou plus exactement, on ne devrait pas avoir à se remettre en question là-dessus).

Après pour l'article de MadZ, c'est plus l'aspect "vouloir montrer des sexes en live dans une émission d'éducation pour enfants" que je critiquais, parce que personnellement j'aurais trouvé ça très gênant (et ça aurait sans doute contribué à mon dégoût pour le sexe, cf notre petite digression plus haut sur le dégoût inspiré par les parties génitales.) Donc au final, j'aurais trouvé juste ça contre-productif, pour une émission qui veut parler du sexe de la façon la plus large possible. Mais je ne remets pas en cause le fait qu'il faudrait une éducation sexuelle différente, plus ouverte (et plus parlante que les schéma explicatifs des livres de SVT :mrgreen: ), qui aborderait aussi la question des différentes sexualités, dont l'asexualité :)

Ramón

A

Message par Ramón » 14 déc. 2016, 16:28

"Le petit homme
Construit des cages pour tous ceux
Qu'il connaît.
Tandis que le sage,
Contraint de baisser la tête
Quand la lune est basse,
Passe ses nuits à semer des clés
Pour les magnifiques
Et bruyants
Prisonniers."

"Celui qui sèment des clés", Hafiz.

Le grand singe a parlé adoru-san ;-D
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"ça me fatigue". Fatiguant, c'est bien le mot qui correspond le plus à mon expérience Aphélie, et bien le seul pour lequel je ne serai pas contre troquer cette vie contre une nouvelle. Et j'ai l'avantage d'être un homme plutôt "viril" (dans la pleine étymologie du mot), donc que l'on évite plus facilement les réflexions sur ma personne.

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Re: Aimeriez-vous ne plus être asexuel ?

Message par adoru-san » 14 déc. 2016, 16:35

C'est tout à fait l'image que je me faisait de toi sur la photo :D (aie non patapé)
Et ce petit bout de prose est magnifique, au passage ;)

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Re: Aimeriez-vous ne plus être asexuel ?

Message par Aphélie » 14 déc. 2016, 17:26

Frejya a écrit :Alors, je l'avais déjà dit sur un autre topic, mais encore une fois, les sexologues ont pour but d'avoir une clientèle, donc à moins de tomber sur une personne vraiment honnête et de bonne foi, ce qui est rare dans ce milieu sachant les cou***** en or qu'ils se font à chaque séance, aucun ne risque de dire à la personne qui vient la consulter qu'elle est asexuelle. Car si la personne est asexuelle, il n'y a pas de problème à régler et donc pas de client et pas de pognon. En plus c'est pas remboursé par la sécu si je ne me trompe pas?
Pour le coup, je pense pas, parce qu'à la fin de la séance la sexologue m'a fait comprendre que je n'étais pas prête à entamer une thérapie (en même temps j'y étais allée en traînant les pieds et elle a bien dû le voir) et m'a plutôt incité à réfléchir à tout ça avant de me lancer dans quelque chose que je ne voulais pas réellement faire - si c'était juste une question d'argent elle ne m'aurait pas ainsi "congédiée". Du coup, j'ai plutôt l'impression qu'elle a simplement et directement éliminé cette possibilité, ce qui à l'époque m'a laissée encore plus en proie au doute.
(Et non, c'est pas remboursé par la sécu je confirme.)
adoru-san a écrit :C'est juste intolérable aujourd'hui d'avoir à se justifier de ne pas vouloir de relations sexuelles, et de subir autant de pression de vouloir les refuser.
Et c'est encore plus triste de t'entendre dire qu'à cause de ça, tu serais capable de ne plus vouloir être asexuelle... Non pas que tu doive t'en sentir fière, mais comme tu dis, on ne devrais même pas avoir à se poser la question (ou plus exactement, on ne devrait pas avoir à se remettre en question là-dessus).
Je n'ai pas encore parcouru le topic dans son ensemble, juste les dernières pages, mais j'imagine que c'est la raison pour laquelle pas mal d'ace souffrent de leur orientation et aimeraient pouvoir en changer. Au final, je suis clairement pas dans les plus mal lotis, parce que je le vis plutôt bien. C'est la société que j'aimerais changer plus que moi-même (oui, c'est très utopique mais si on va au fond du problème c'est bien de ça qu'il s'agit). Je pense que si demain on me proposait une "solution miracle" je choisirais quand même de rester telle que je suis ;)
Après pour l'article de MadZ, c'est plus l'aspect "vouloir montrer des sexes en live dans une émission d'éducation pour enfants" que je critiquais, parce que personnellement j'aurais trouvé ça très gênant (et ça aurait sans doute contribué à mon dégoût pour le sexe, cf notre petite digression plus haut sur le dégoût inspiré par les parties génitales.) Donc au final, j'aurais trouvé juste ça contre-productif, pour une émission qui veut parler du sexe de la façon la plus large possible. Mais je ne remets pas en cause le fait qu'il faudrait une éducation sexuelle différente, plus ouverte (et plus parlante que les schéma explicatifs des livres de SVT :mrgreen: ), qui aborderait aussi la question des différentes sexualités, dont l'asexualité :)
Je me souviens d'avoir eu un livre plutôt bien fait pour enfants sur l'imagerie du corps humain, sans photos, mais avec des dessins assez réalistes/explicites, et ça ne m'a jamais choquée - déjà il n'y avait pas du tout l'angle sexuel, et puis c'était vraiment fait de façon pédagogique et j'y ai appris plein de choses (définitivement plus qu'à l'école, rétrospectivement). Dans ton cas, le dégoût du sexe était déjà présent, donc au-delà de la gêne occasionnée (mais ça, c'est culturel aussi, si on en parlait plus ouvertement y aurait sûrement moins de malaise ?) je pense que ça n'aurait pas fait une grande différence. Pour les autres en revanche, s'ils ne sont pas sex-repulsed je ne pense pas que ce soit voir des photos qui va les bloquer (sinon qu'est-ce que ce sera en vrai ? :lol:), et puis au pire ça fera plus de personnes dans nos rangs :mrgreen:
Mr.Nya a écrit :"ça me fatigue". Fatiguant, c'est bien le mot qui correspond le plus à mon expérience Aphélie, et bien le seul pour lequel je ne serai pas contre troquer cette vie contre une nouvelle. Et j'ai l'avantage d'être un homme plutôt "viril" (dans la pleine étymologie du mot), donc que l'on évite plus facilement les réflexions sur ma personne.
Small blessings, je suppose. C'est vrai qu'en tant que femme je me retrouve souvent face à des gens qui pensent avoir leur mot à dire sur la façon dont je vis ma vie. Du coup, j'évite la case "salope", mais je tombe dans celle de "frigide" ; on n'y gagne jamais quoiqu'il arrive.

Et oui, ton poème est parfaitement à-propos !
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Re: Aimeriez-vous ne plus être asexuel ?

Message par adoru-san » 14 déc. 2016, 20:33

Oui, du coup ce que j'ai dit paraît un peu stupide ^^' (enfonçage de portes ouvertes quoi XD)
Cela dit, il me semble que certaines personnes qui ont répondu à ce topic disaient souffrir vraiment de ne pas ressentir de désir sexuel et veulent vraiment connaître ce que c'est. On pourrait toujours dire que c'est à cause de la pression sociale ("pourquoi tout le monde ressent ce désir et pas moi ?", c'est une forme de pression sociale, après tout), mais je ne suis pas dans leur tête pour le savoir ^^' Et ça n'en fait pas moins une requête légitime :)

Bah en fait, je pense que si j'avais eu le bouquin dont tu parles, ça ne m'aurait pas dérangé, au contraire ! ^^ J'arrive justement à prendre beaucoup plus de recul quand il s'agit d'un dessin (c'est un peu ce qui a fait que je me suis tourné instinctivement vers la pornographie dessinée, d'ailleurs... quelle erreur >_>' ), et vu ta description il n'y aurait rien eu de choquant. Je n'ai pas vu le bouquin du coup, mais je me dis que c'est typiquement le genre de truc qu'il serait intéressant de présenter aux enfants, oui ^^
Après pour le dégoût et la gêne, il y a sans doute une part de "tabou" culturel oui, mais même à l'époque de mon enfance (90's forever) ça s'était déjà pas mal décoincé à ce sujet, en tout cas dans mon entourage, donc si j'avais vraiment voulu, j'aurais facilement pu trouver quelqu'un à qui en parler (ne serait-ce que ma mère, plutôt ouverte à ce sujet). Je crois plutôt que comme je n'aimais pas le sexe, je n'avais pas envie d'en entendre parler, et donc encore moins envie d'en parler me concernant. (ça ne m'a pas empêché de poser une question à ma soeur une fois, par exemple)
Comme ça a été dit plus haut, je pense que le dégoût (et donc la gêne) pour le sexe est souvent naturelle, on sent ce dégoût ou non durant l'enfance en fonction de notre sensibilité, puis en grandissant et la sexualité se formant (et aussi l'omniprésence de la sexualité dans la société actuelle qui fait qu'on déculpabilise rapidement d'en voir et d'en parler, ce qui me paraît déjà plus triste), on finit par abandonner ce dégoût... ou pas, dans mon cas. (enfin, c'est un peu plus compliqué que ça, vu que j'ai effectivement cessé d'être dégoûté à un moment donné)
En clair, vouloir en parler librement ne suffirait pas à faire disparaître cette répulsion naturelle pour la chose, à la rigueur on la banalise, mais ceux qui n'apprécient pas le sexe se retrouvent finalement mal à l'aise d'en entendre parler tout le temps. Enfin ce n'est que mon ressenti...
Mais je te rejoins sur le fait que quelqu'un de non-révulsé par le sexe n'auras aucun problème avec la vidéo de l'article de MadZ, et encore moins avec le bouquin que tu as mentionné :D C'est juste logique !

Bon du coup, j'ai fait un pavé, j'avais pas prévu, désolé >_<

Ramón

Re: Aimeriez-vous ne plus être asexuel ?

Message par Ramón » 14 déc. 2016, 22:16

"Pour ta pénitence, tu m'écriras cent fois le mot faim et sans fin le mot foi !" a un jour dit Dieu à Raymond Devos. Challenge accepté adoru-san ? (c'est mieux que d'être tapé nan ? ^^)

Peut-être connais-tu déjà cette phrase de Françoise Sagan Aphélie (que malheureusement je ne peux retrouver ni en vidéo, ni dans un ouvrage) : "On a aussi peu de liberté maintenant qu'il y a vingt ans : faire l'amour était alors interdit aux jeunes filles ; maintenant c'est presque devenu obligatoire. Les tabous sont les mêmes." => je trouve qu'elle illustre bien la problématique du sexe dans nos sociétés depuis toujours, entre abstinence, chasteté, pudibonderie victorienne, libertinage pour le libertinage, "libération" sexuelle post 60's. Des tabous naissent phobies, frustrations, "apraxies",...
Et, effectivement, je suis d'accord qu'un ouvrage simple, concis et précis apporte souvent plus qu'un enseignement en classe, dans la mesure où les enseignements sont dédiés à un groupe d'individus et non quelques voire un individu.s. Le discours enseignant, dans la configuration actuelle, n'est adaptée qu'à une minorité en réalité. Je travaille en ce moment avec des enseignants de SVT, et les cours sur l'anatomie, la sexualité, le consentement,... sont... légers, comme si l'évolution de la société civile n'avait pas encore pénétré le monde enseignant et pédagogique (et il y a un paquet de rires gênés comme de rires graveleux ou dégoûtés pendant ces séances, ce qui n'aide pas à la transmission de connaissances).

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Re: Aimeriez-vous ne plus être asexuel ?

Message par Aphélie » 15 déc. 2016, 03:08

adoru-san a écrit :Cela dit, il me semble que certaines personnes qui ont répondu à ce topic disaient souffrir vraiment de ne pas ressentir de désir sexuel et veulent vraiment connaître ce que c'est. On pourrait toujours dire que c'est à cause de la pression sociale ("pourquoi tout le monde ressent ce désir et pas moi ?", c'est une forme de pression sociale, après tout), mais je ne suis pas dans leur tête pour le savoir ^^'
Oui, ça rejoint ce que je disais, je pense clairement que si on faisait pas tout un foin autour du sexe, cette souffrance serait bien moins présente. Je ne dis pas non plus qu'il n'y a que ça, comme tu le fais remarquer, chacun a ses raisons, son ressenti, son expérience, mais à mon avis ça joue beaucoup et impacte directement tous ces différents aspects.

Le souci avec ce livre, pour bien pensé qu'il fût, c'est qu'il m'est un peu tombé entre les mains par hasard, et que tout le monde n'a pas cette chance. On ne peut pas vraiment compter sur les parents pour se charger d'éduquer leurs enfants sur ce genre de choses, hélas. C'est une bonne chose que tu aies eu des parents ouverts d'esprit sur ce sujet et que tu aies senti que tu pouvais leur en parler, mais je sais que ce n'est pas le cas pour beaucoup de jeunes (pour diverses raisons, je n'accuse pas nécessairement les parents, ce n'est pas toujours évident pour un ado d'aller vers eux pour ce genre de sujets non plus). L'école est malheureusement la seule donnée "sûre" à ce niveau là, d'où le fait que je trouve ça important d'avoir de bons cours d'éducations sexuelles - sans aller jusqu'à "en parler tout le temps" non plus, il s'agit pas de faire 5h par semaine, seulement de donner de bonnes bases. J'avoue que je préfère prendre le risque de mettre mal à l'aise l'un ou l'autre que de laisser une classe dans l'ignorance, les répercussions sont autrement plus sérieuses sur le long terme (partant encore une fois du principe que c'est bien fait et qu'on laisse pas repartir les sex-repulsed avec le sentiment qu'ils n'ont rien compris à la vie, évidemment - et si au contraire ça peut leur permettre de comprendre que leur dégoût n'est pas anormal et mettre un nom dessus c'est une bonne chose aussi).
Mr.Nya a écrit :Je travaille en ce moment avec des enseignants de SVT, et les cours sur l'anatomie, la sexualité, le consentement,... sont... légers, comme si l'évolution de la société civile n'avait pas encore pénétré le monde enseignant et pédagogique (et il y a un paquet de rires gênés comme de rires graveleux ou dégoûtés pendant ces séances, ce qui n'aide pas à la transmission de connaissances).
De la façon dont c'est géré aujourd'hui, on est d'accord que c'est très loin d'être idéal. Le contexte classe n'est peut-être pas idéal quoiqu'il arrive, même avec un programme plus sérieux, mais ce serait déjà un début. C'est toujours mieux que de découvrir la sexualité à travers des films pornos et de penser que c'est réaliste en tout cas.

Et ta citation illustre parfaitement la dualité à laquelle on est confinés, oui. D'un carcan à l'autre, on est toujours trop ou pas assez, on a toujours des comptes à rendre.

Ah, et :
Bon du coup, j'ai fait un pavé, j'avais pas prévu, désolé >_<
Psht, tu n'as peut-être pas encore remarqué, mais je m'entends bien avec les pavés :mrgreen:
"Though my soul may set in darkness, it will rise in perfect light, I have loved the stars too fondly to be fearful of the night." ― Sarah Williams

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