Autiste et asexualité

Vous voulez parler -ou entendre parler de l'asexualité ? Faites-nous part de ce qui vous passe par la tête, comment vous ressentez votre asexualité, votre relation aux autres, comment tout ceci influence votre vie.
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yuna22
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Re: Autiste et asexualité

Message par yuna22 » 10 janv. 2018, 19:53

Je me reconnais beaucoup dans tes ressentis par rapport à la solitude, que j'affectionne plus que tout et la fatigue que tu décris dans les discussions de groupe! :)
Quand aux doutes du diagnostic je me dis que c'est peux être normal quelque part de passer par là après des années de questionnements incessants. Faut dire qu'à force de jouer les caméléons en société on ne sait plus qui l'on est vraiment...Mais je pense que si un professionnel spécialisé dans le domaine de l'autisme voit des signes typiques du syndrome en nous et que ça colle parfaitement avec notre vécu, et ce depuis la petite enfance, il n y a pas de raison de douter...Nous autres Aspergers réfléchissons énormément et nous avons besoin de savoir, donc c'est d'autant plus important d'avoir des avis extérieurs qui nous permettent d'être fixés sur ce point, d'autant plus que malheureusement il n'existe pas (du moins pas encore) de test médical qui peut détecter l'autisme.
Personnellement le terme Asperger ne me dérange pas et j'utilise indifféremment celui-ci ou autiste. Le spectre autistique est tout de même très hétérogène et en plus de ça la plupart des gens ne connaissent pas ou presque pas l'autisme. Et les médias qui veulent faire de d'audience continuent à faire véhiculer les stéréotypes soit de l'asperger qui est un génie dans son domaine de compétence en prenant soin de faire passer les "mauvais côtés" à la trappe ou alors celle au contraire de l'autiste qui est idiot (je force un peu le trait mais c'est ça en résumé). On ne montre que très rarement le spectre dans son ensemble, ce qui serait une meilleure chose à mon sens, car le problème c'est qu'après les gens en ont une vision fragmentée et se laisseront plus facilement manipuler (par les faits divers entre autre), renforçant ensuite encore plus leurs à priori sur l'autisme.

C'est très intéressant de lire un témoignage comme le tien d'une personne qui est à la fois autiste et schizophrène et je comprend un peu mieux l'impact que ça peut avoir sur la vie quotidienne. Une psychiatre m'a diagnostiquée schizo-affectif, mais je ne pense pas l'être. Elle m'a dit que je ne pouvais pas être Asperger puisque je parlais et c'est elle-même qui avait abordé le sujet (no comment), mais semblait tout de même un peu embêtée avec mon cas.
Quand as-tu su que tu su que tu étais schizophrène ou plutôt comment t'en étais-tu rendue compte? Je n'ai jamais eu de délires ni d'hallucinations ou ce genre de choses. Par contre durant des longues périodes j'étais très anxieuse, bien plus que maintenant, car je savais que j'étais différente et on me le reprochais ensuite, mais ça je pense que c'est plutôt une conséquence directe. Et comme j'ai aussi vécu de longues années de harcèlement scolaire durant mon enfance et mon adolescence ça laisse forcément des traces.

Pour ce qui est de l'acceptation de soi, c'est très juste. Il faut apprendre à s'aimer comme on est et ça c'est le plus grand pas, mais c'est le plus difficile.
Cela fait une année à peine que j'ai entrepris ma démarche diagnostique et je me sens déjà très différente sur ce plan là et fière du chemin parcouru. Houlà c'est vrai quand on a l'impression de jouer un rôle au début d'une relation (et ce, qu'elle que soit la nature de cette relation) c'est voué à l'échec...D'ailleurs je ne pense pas que ce soit un hasard si j'ai réussi à me faire de amis dans mon enfance alors qu'après ça a foiré. A l'époque je n'arrivais tout tout simplement pas à faire semblant, donc ils étaient en quelque sorte obligés de m'accepter tel que j'étais et ça faisait un sacré tri! Ce qui n'était pas plus mal.

Et comme formation je vais commencer une formation de masseuse qui durera deux ans en tout (mais je pourrais déjà bosser pour qqn la première année, dans un SPA par ex) qui aura lieu un week-end par mois, mais le plus grand travail je devrais le faire à la maison. Et j'espère un jour pouvoir devenir indépendante. Je suis consciente que ce sera dur et stressant mais j'y suis préparée. A la base je suis bijoutière mais comme tout métier artistique c'est très difficile d'en vivre, alors c'est pour ça que j'aimerais avoir une autre formation en complément, qui me plait et dans laquelle je pourrais m'épanouir! :) Et je vois régulièrement une coach qui est elle-aussi Asperger et elle m'aide énormément!
Et toi? Tu es dans quel domaine?

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Re: Autiste et asexualité

Message par Evy » 11 janv. 2018, 21:47

Oh... j'ai un petit souci et j'ai dû récrire TOUT mon message, j'ai mis trop longtemps à l'écrire, non sérieux je n'ai jamais mis aussi longtemps pour écrire un message, ça fait des heures que je suis dessus, je n'ai même pas mangé :cry:
yuna22 a écrit :
10 janv. 2018, 19:53
Je me reconnais beaucoup dans tes ressentis par rapport à la solitude, que j'affectionne plus que tout et la fatigue que tu décris dans les discussions de groupe! :)
Ha... la solitude, le repos, la tranquillité, la liberté :D
yuna22 a écrit :
10 janv. 2018, 19:53
Quand aux doutes du diagnostic je me dis que c'est peux être normal quelque part de passer par là après des années de questionnements incessants. Faut dire qu'à force de jouer les caméléons en société on ne sait plus qui l'on est vraiment...Mais je pense que si un professionnel spécialisé dans le domaine de l'autisme voit des signes typiques du syndrome en nous et que ça colle parfaitement avec notre vécu, et ce depuis la petite enfance, il n y a pas de raison de douter...Nous autres Aspergers réfléchissons énormément et nous avons besoin de savoir, donc c'est d'autant plus important d'avoir des avis extérieurs qui nous permettent d'être fixés sur ce point, d'autant plus que malheureusement il n'existe pas (du moins pas encore) de test médical qui peut détecter l'autisme.
Je pense aussi que c'est normal de douter à un moment, surtout que même nous nous arrivons en thérapie avec de fausses images de ce qu'est l'autisme ou le syndrome d'Asperger, au fond nous avons aussi une image erronée de ce qu'est l'autisme et du coup nous nous y reconnaissons pas. Mais fainelemnt, lorsque l'on apprend ce qu'est vraiment l'autisme, c'est plutôt cool en fait, on peut enfin être soi-même en se disant ha il y a donc une raison au fait que je ne me reconnaisse pas dans le comportement des autres.
yuna22 a écrit :
10 janv. 2018, 19:53
Personnellement le terme Asperger ne me dérange pas et j'utilise indifféremment celui-ci ou autiste. Le spectre autistique est tout de même très hétérogène et en plus de ça la plupart des gens ne connaissent pas ou presque pas l'autisme. Et les médias qui veulent faire de d'audience continuent à faire véhiculer les stéréotypes soit de l'asperger qui est un génie dans son domaine de compétence en prenant soin de faire passer les "mauvais côtés" à la trappe ou alors celle au contraire de l'autiste qui est idiot (je force un peu le trait mais c'est ça en résumé). On ne montre que très rarement le spectre dans son ensemble, ce qui serait une meilleure chose à mon sens, car le problème c'est qu'après les gens en ont une vision fragmentée et se laisseront plus facilement manipuler (par les faits divers entre autre), renforçant ensuite encore plus leurs à priori sur l'autisme.
Ha les médias, ce qui est étonnant c'est qu'ils arrivent encore à faire de nouveaux machins basés uniquement sur les clichés... Je ne connais pas d'Asperger qui correspondent à ces clichés, il n'y a pas de "génies" Asperger qui n'ait pas de difficultés sociales, même ceux qui se sont fait une place dans leur milieu ont des difficultés ou des comportements inappropriés, la seule chose à faire c'est d'apprendre, apprendre et surtout accepter ses erreurs et puis l'idiot existe encore moins... vu que les Aspergers n'ont pas de déficience mentale... naïve, innocente, je l'ai été, mais idiote, certain m'ont peut-être mis cette étiquette dans mon dos, mais dans ce cas il ne sont pas très malins, vu qu'ils n'ont eux-mêmes rien compris à la situation.
C'est vrai que l'on devrait parler un peu plus de tout les cas du spectre dans son ensemble, j'avais vu ou lu un truc sur l'autisme (vraiment l'autisme sans y mettre Asperger) et il y disaient que des parents croient que leur enfant peuvent guérir ou faire des progrès hallucinants très vite, parce que l'on a trop parler du syndrome d'Asperger spécifiquement, en même temps je crois pas que ces gens là aient bien compris ce qu'était Asperger non plus :roll:
yuna22 a écrit :
10 janv. 2018, 19:53
C'est très intéressant de lire un témoignage comme le tien d'une personne qui est à la fois autiste et schizophrène et je comprend un peu mieux l'impact que ça peut avoir sur la vie quotidienne. Une psychiatre m'a diagnostiquée schizo-affectif, mais je ne pense pas l'être. Elle m'a dit que je ne pouvais pas être Asperger puisque je parlais et c'est elle-même qui avait abordé le sujet (no comment), mais semblait tout de même un peu embêtée avec mon cas.
J'ai bien rencontré dans mon parcours des psy qui m'ont dit qu'Asperger n'existait pas et qu'il fallait prendre sur soi, que je ne savais pas gérer les choses, et cela après avoir eu mon diagnostique officiel :shock:
Bon en même temps quand on sait le peu de choses qu'ils étudient sur l'autisme à l'uni et qu'il faut faire des cours par après, voir après, après, ma psychologue officielle, celle qui s'occupe de coacher celle qui me voit le plus souvent est doctorante en psychologie est a essayé de faire passer plusieurs cours à l'unil sur l'autisme et ça n'a jamais passé, pourtant ça aurait été des cours qui n'aurait pas fait partie du tronc commun de la formation et choisi par les élèves, mais non, il lui ont refusé tout ses cours :(
yuna22 a écrit :
10 janv. 2018, 19:53
Quand as-tu su que tu su que tu étais schizophrène ou plutôt comment t'en étais-tu rendue compte? Je n'ai jamais eu de délires ni d'hallucinations ou ce genre de choses. Par contre durant des longues périodes j'étais très anxieuse, bien plus que maintenant, car je savais que j'étais différente et on me le reprochais ensuite, mais ça je pense que c'est plutôt une conséquence directe. Et comme j'ai aussi vécu de longues années de harcèlement scolaire durant mon enfance et mon adolescence ça laisse forcément des traces.
J'ai mis un temps fou pour répondre à cette question sans raconter toute ma vie. Mes premiers symptômes sont arrivés à 15-16 ans tout doucement, mais je ne m'en rendais pas compte car un schizophrène ne se rend pas compte qu'il est malade, car croire ce qu'il se passe dans son cerveau est vrai est quelque chose de normal, tout le monde s'y fie. J'ai eu ma première décompensation à mes 17 ans, mais je ne me suis pas rendue compte de mon état et en plus je croyais que c'était normal et que ça arrivait à tout le monde de croire des choses, du coup je n'en ai parlé à personne jusqu'à que j'aie une autre décompensation peu avant mes 24 ans où j'ai dû être hospitalisée, mais je n'ai fait que deux semaines, une pour maladie, une pour diminuer les médicaments et j'ai passé mes examens juste après et je les ai réussi :D
Mais je suis sortie de l'hôpital avec le diagnostique suivant: "Vous êtes trop stressée, ça peut arriver à tout le monde d'avoir des hallucinations avec un gros stress" En fait avoir des hallucination ou des délires naturellement n'est pas un phénomène rare en soi, c'est d'en avoir sur une longue période qui l'est et comme je ne m'étais pas rendue compte que c'était la même chose que ce que j'avais en temps normal, mais en plus important, ben pour tout le monde j'avais eu des symptômes pendant un moment et voilà. Mais comme mes psy sont bons et qu'ils savent que l'on peut avoir des symptômes de la schizophrénie sans en être un, ils ont creusés et en fait j'ai appris à faire la différence entre ce qui existe uniquement dans mon cerveau et ce qui existe dans le monde réel avant d'avoir mon diagnostique :D
Mais ça ne m'a pas empêché de devoir retourner à l'hôpital pour un plus long séjour lorsque j'avais 26 ans, séjour duquel je suis ressorti avec le diagnostique de schizophrène, c'était donc il y a 1 an et demi alors que ça fait 10 ans que je vois des psy, mais ma schizophrénie est considérée comme légère, je n'ai que peu de symptômes et surtout j'échappe complètement aux traits de caractères typiques des schizophrènes, le plus dingue c'est que j'ai rencontré un autre Asperger-schizophrène est lui aussi avait les traits de caractère d'Asperger et pas du schizophrènes.
yuna22 a écrit :
10 janv. 2018, 19:53
Pour ce qui est de l'acceptation de soi, c'est très juste. Il faut apprendre à s'aimer comme on est et ça c'est le plus grand pas, mais c'est le plus difficile.
Cela fait une année à peine que j'ai entrepris ma démarche diagnostique et je me sens déjà très différente sur ce plan là et fière du chemin parcouru. Houlà c'est vrai quand on a l'impression de jouer un rôle au début d'une relation (et ce, qu'elle que soit la nature de cette relation) c'est voué à l'échec...D'ailleurs je ne pense pas que ce soit un hasard si j'ai réussi à me faire de amis dans mon enfance alors qu'après ça a foiré. A l'époque je n'arrivais tout tout simplement pas à faire semblant, donc ils étaient en quelque sorte obligés de m'accepter tel que j'étais et ça faisait un sacré tri! Ce qui n'était pas plus mal.
C'est clair que d'apprendre à s'aimer c'est dur, mais c'est surtout parce que ça ne fait pas partie de notre société.
Oh oui, en fait ça va vite, en fait quand quelqu'un nous aide un peu sur le chemin c'est quand même bien plus facile, même si ça reste dur.
Oui, nous ne sommes pas fait pour jouer un rôle, ce n'est pas dans notre nature et en plus on est pas très doué pour ça :roll:
Mes amis aussi viennent d'il y a longtemps dans ma vie, j'ai beau avoir essayé, je ne suis clairement pas du genre à me faire des amis partout où je vais c'est rare que je trouve quelqu'un avec qui ça se passe bien et entre Asperger c'est pas simple non plus, nous sommes peu, tous différents et n'avons pas les mêmes centres d'intérêts.
yuna22 a écrit :
10 janv. 2018, 19:53
Et comme formation je vais commencer une formation de masseuse qui durera deux ans en tout (mais je pourrais déjà bosser pour qqn la première année, dans un SPA par ex) qui aura lieu un week-end par mois, mais le plus grand travail je devrais le faire à la maison. Et j'espère un jour pouvoir devenir indépendante. Je suis consciente que ce sera dur et stressant mais j'y suis préparée. A la base je suis bijoutière mais comme tout métier artistique c'est très difficile d'en vivre, alors c'est pour ça que j'aimerais avoir une autre formation en complément, qui me plait et dans laquelle je pourrais m'épanouir! :) Et je vois régulièrement une coach qui est elle-aussi Asperger et elle m'aide énormément!
Et toi? Tu es dans quel domaine?
Oh c'est cool, je vois que comme moi, tu ne correspond pas du tout au clichés des Aspergers dans tes intérêts.
Je sais que beaucoup de gens disent l'indépendance c'est dur, tu es sûr que tu prête a tout gérer, ... mais finalement pour un Asperger c'est pas si mal, il y a tellement peu de métier où ils acceptent de nous faire une place en acceptant nos spécificités que finalement on est un peu obligé de faire notre petit chemin nous-mêmes.
J'ai fait une formation en entreprise de créatrice de vêtements, mais je ne peux pas travailler, si je le faisais je ferais arrêt maladie sur arrêt maladie voir hospitalisation sur hospitalisation, et là mes psy me disent non ce n'est pas une vie, vous êtes un être humain vous avez le droit a une vie convenable :D
Je suis donc à l'AI, et puis ça ne fait pas longtemps que ça va mieux, j'ai fait mes premiers "longs" trajets en train seule depuis ma dernière hospitalisation, donc il y a un an et demi, juste là pour les fêtes, c'étaient une grande réussite pour moi, entre l'autisme et la schizophrénie, mon stress est quasi toujours haut.
Mais j'ai quand même des projets ambitieux, je vais essayer d'ouvrir un petite boutique en ligne pour vendre mes créations, je n'en vivrai pas, mais ça me fera une petit activité dont je serai fière.
J'ai envie d'écrire des livres, j'ai les sujets, mais je n'arrive pas encore à écrire des personnages, ça me prendra encore longtemps (oui oui, j'ai une petite affection pour les projets les plus durs pour moi)
Et j'ai aussi un blog que je tiens depuis 4 ans, sur Asperger, sur la schizophrénie, sur ma vie en général, ce que j'ai envie d'écrire quoi, ce n'est absolument pas dans un but lucratif et ce n'est pas là-bas que l'on trouve des articles poussés sur ces thèmes, mon but est juste de montrer la vie que j'ai, essayer de casser les clichés sur les autistes et les schizophrènes. J'ai quelques lecteurs réguliers, bien que moi je ne sois absolument pas régulière dans ma rédaction, j'écris vraiment quand j'ai quelque chose à dire qui me paraît important ou pas c'est à voir.
Telle une plume, je me suis laissée envolée par delà les frontières de ce forum et suis en train de revenir sur mes pas.

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Re: Autiste et asexualité

Message par yuna22 » 12 janv. 2018, 02:08

Ah mince pour ton message, je me fais régulièrement avoir aussi! L'idéal quand on écrit un message aussi long est d'en faire une copie sur un éditeur de texte...Et mea culpa pour ce que j'avais dit précédemment! je ne m'en rend compte que maintenant après avoir relu plus attentivement ton message, la personne qui m'a diagnostiquée était un psychiatre et non un médecin (ce qui n'est pas entièrement faux dans l'absolu mais cela peut induire en erreur).
Evy a écrit :
11 janv. 2018, 21:47
Je pense aussi que c'est normal de douter à un moment, surtout que même nous nous arrivons en thérapie avec de fausses images de ce qu'est l'autisme ou le syndrome d'Asperger, au fond nous avons aussi une image erronée de ce qu'est l'autisme et du coup nous nous y reconnaissons pas. Mais fainelemnt, lorsque l'on apprend ce qu'est vraiment l'autisme, c'est plutôt cool en fait, on peut enfin être soi-même en se disant ha il y a donc une raison au fait que je ne me reconnaisse pas dans le comportement des autres.


Je n'aurais pas dit mieux! Ca fait un bien fou de pouvoir enfin mettre un nom sur ce pourquoi on est différent et tout ce que ça implique. En fait plus je m'informe au sujet de l'autisme et plus je découvre des parallèles en lien avec ma propre vie où je me dis "ah bon ce n'est pas normal d'avoir X réaction à un moment donné?" :lol:
Evy a écrit :
11 janv. 2018, 21:47
Je ne connais pas d'Asperger qui correspondent à ces clichés, il n'y a pas de "génies" Asperger qui n'ait pas de difficultés sociales, même ceux qui se sont fait une place dans leur milieu ont des difficultés ou des comportements inappropriés, la seule chose à faire c'est d'apprendre, apprendre et surtout accepter ses erreurs et puis l'idiot existe encore moins... vu que les Aspergers n'ont pas de déficience mentale... naïve, innocente, je l'ai été, mais idiote, certain m'ont peut-être mis cette étiquette dans mon dos, mais dans ce cas il ne sont pas très malins, vu qu'ils n'ont eux-mêmes rien compris à la situation.
Non à vrai dire moi non plus. Des personnes Aspergers que j'ai rencontrées jusqu'ici (environ une quinzaine), aucune que j'ai vues ne correspond au profil type de l'Asperger, montrée dans les médias. Ou alors pour certaines seulement en partie...Encore que, les symptômes se manifestent toujours de façon différentes selon les personnes car autisme ou non nous sommes tous différents et ça les gens ont malheureusement aussi tendance à l'oublier.
En effet les "idiots" sont rarement ceux qu'on croit. Je dirais même et je suis même persuadée, qu'à force de réfléchir et d'analyser les comportements humains beaucoup d'entres nous feraient par exemple de biens meilleurs psychologues, et ce même sans diplôme que beaucoup qui exercent actuellement!
Evy a écrit :
11 janv. 2018, 21:47
C'est vrai que l'on devrait parler un peu plus de tout les cas du spectre dans son ensemble, j'avais vu ou lu un truc sur l'autisme (vraiment l'autisme sans y mettre Asperger) et il y disaient que des parents croient que leur enfant peuvent guérir ou faire des progrès hallucinants très vite, parce que l'on a trop parler du syndrome d'Asperger spécifiquement, en même temps je crois pas que ces gens là aient bien compris ce qu'était Asperger non plus :roll:
Hahah oui j'ai aussi lues des choses comme ça! Mais le truc c'est que les non-autistes ne se rendent pas compte à quel point ces enfants arrivent passé un certain âge à intérioriser les symptômes de l'autisme, d'où cette impression qu'ils progressent très vite et en très peu de temps comme si ils franchissaient tout à coup une sorte de "pallier". Je ne sais pas si tu as lu "L'autisme une autre Intelligence de Laurent Mottron" qui en fait mention et décrit très bien ce phénomène! Je dis ça car j'ai vécu exactement la même chose durant ma petite enfance et je l'ai payé cher. Comme j'étais devenue à peu près "normale" en apparence je devais me comporter aussi comme tel. Mes parents ne niaient pas vraiment mon autisme mais étaient vraiment très surpris lorsque je leur ai décrit toutes les difficultés que j'ai vécues dans ma vie scolaire et aussi plus tard professionnelles car elles n'étaient pas visibles. Et puis bon je n'en parlais pas beaucoup non plus car je préférais résoudre les choses par moi même de mon côté. A présent je me rends compte que ce n'est pas toujours bon de tout garder pour soi, lors j'essaye de plus parler de mes sentiments et de m'ouvrir à mes proches.
Evy a écrit :
11 janv. 2018, 21:47
J'ai bien rencontré dans mon parcours des psy qui m'ont dit qu'Asperger n'existait pas et qu'il fallait prendre sur soi, que je ne savais pas gérer les choses, et cela après avoir eu mon diagnostique officiel :shock:
Bon en même temps quand on sait le peu de choses qu'ils étudient sur l'autisme à l'uni et qu'il faut faire des cours par après, voir après, après, ma psychologue officielle, celle qui s'occupe de coacher celle qui me voit le plus souvent est doctorante en psychologie est a essayé de faire passer plusieurs cours à l'unil sur l'autisme et ça n'a jamais passé, pourtant ça aurait été des cours qui n'aurait pas fait partie du tronc commun de la formation et choisi par les élèves, mais non, il lui ont refusé tout ses cours :(
Purée je n'ai pas été l'uni mais ça ne me donne pas envie d'y mettre les pieds! Tant d'incompétence ça me... :x Mais heureusement pour toi que tu as trouvé une bonne psy qui me semble être très à l'écoute et active aussi dans le domaine de l'autisme ça fait plaisir à voir!
Evy a écrit :
11 janv. 2018, 21:47
J'ai mis un temps fou pour répondre à cette question sans raconter toute ma vie. Mes premiers symptômes sont arrivés à 15-16 ans tout doucement, mais je ne m'en rendais pas compte car un schizophrène ne se rend pas compte qu'il est malade, car croire ce qu'il se passe dans son cerveau est vrai est quelque chose de normal, tout le monde s'y fie. J'ai eu ma première décompensation à mes 17 ans, mais je ne me suis pas rendue compte de mon état et en plus je croyais que c'était normal et que ça arrivait à tout le monde de croire des choses, du coup je n'en ai parlé à personne jusqu'à que j'aie une autre décompensation peu avant mes 24 ans où j'ai dû être hospitalisée, mais je n'ai fait que deux semaines, une pour maladie, une pour diminuer les médicaments et j'ai passé mes examens juste après et je les ai réussi :D
Mais je suis sortie de l'hôpital avec le diagnostique suivant: "Vous êtes trop stressée, ça peut arriver à tout le monde d'avoir des hallucinations avec un gros stress" En fait avoir des hallucination ou des délires naturellement n'est pas un phénomène rare en soi, c'est d'en avoir sur une longue période qui l'est et comme je ne m'étais pas rendue compte que c'était la même chose que ce que j'avais en temps normal, mais en plus important, ben pour tout le monde j'avais eu des symptômes pendant un moment et voilà. Mais comme mes psy sont bons et qu'ils savent que l'on peut avoir des symptômes de la schizophrénie sans en être un, ils ont creusés et en fait j'ai appris à faire la différence entre ce qui existe uniquement dans mon cerveau et ce qui existe dans le monde réel avant d'avoir mon diagnostique :D
Mais ça ne m'a pas empêché de devoir retourner à l'hôpital pour un plus long séjour lorsque j'avais 26 ans, séjour duquel je suis ressorti avec le diagnostique de schizophrène, c'était donc il y a 1 an et demi alors que ça fait 10 ans que je vois des psy, mais ma schizophrénie est considérée comme légère, je n'ai que peu de symptômes et surtout j'échappe complètement aux traits de caractères typiques des schizophrènes, le plus dingue c'est que j'ai rencontré un autre Asperger-schizophrène est lui aussi avait les traits de caractère d'Asperger et pas du schizophrènes.
Ouf eh bien avec ce qui t'es arrivé c'est incroyable que tu aies réussi tes examens! je ne trouve pas mes mots, pour tout ce que tu as du traverser, ça du être très difficile à vivre... Et en effet le diagnostique que tu as reçu à la sortie de l'hôpital me parait bien léger, c'est le moins que l'on puisse dire! Encore heureux, comme tu dis que tu as affaire à des bons psys, d'autant plus qu'une schizophrénie légère ne doit pas être évidente à diagnostiquer.
Et oui apparement le coté Asperger semble prédominer! :P Mais peut-être serait-ce légèrement différent si il s'agit d'une forme de schizophrénie plus sévère?
Evy a écrit :
11 janv. 2018, 21:47
Oh c'est cool, je vois que comme moi, tu ne correspond pas du tout au clichés des Aspergers dans tes intérêts.
Je sais que beaucoup de gens disent l'indépendance c'est dur, tu es sûr que tu prête a tout gérer, ... mais finalement pour un Asperger c'est pas si mal, il y a tellement peu de métier où ils acceptent de nous faire une place en acceptant nos spécificités que finalement on est un peu obligé de faire notre petit chemin nous-mêmes.
J'ai fait une formation en entreprise de créatrice de vêtements, mais je ne peux pas travailler, si je le faisais je ferais arrêt maladie sur arrêt maladie voir hospitalisation sur hospitalisation, et là mes psy me disent non ce n'est pas une vie, vous êtes un être humain vous avez le droit a une vie convenable :D
Je suis donc à l'AI, et puis ça ne fait pas longtemps que ça va mieux, j'ai fait mes premiers "longs" trajets en train seule depuis ma dernière hospitalisation, donc il y a un an et demi, juste là pour les fêtes, c'étaient une grande réussite pour moi, entre l'autisme et la schizophrénie, mon stress est quasi toujours haut.
Mais j'ai quand même des projets ambitieux, je vais essayer d'ouvrir un petite boutique en ligne pour vendre mes créations, je n'en vivrai pas, mais ça me fera une petit activité dont je serai fière.
J'ai envie d'écrire des livres, j'ai les sujets, mais je n'arrive pas encore à écrire des personnages, ça me prendra encore longtemps (oui oui, j'ai une petite affection pour les projets les plus durs pour moi)
Et j'ai aussi un blog que je tiens depuis 4 ans, sur Asperger, sur la schizophrénie, sur ma vie en général, ce que j'ai envie d'écrire quoi, ce n'est absolument pas dans un but lucratif et ce n'est pas là-bas que l'on trouve des articles poussés sur ces thèmes, mon but est juste de montrer la vie que j'ai, essayer de casser les clichés sur les autistes et les schizophrènes. J'ai quelques lecteurs réguliers, bien que moi je ne sois absolument pas régulière dans ma rédaction, j'écris vraiment quand j'ai quelque chose à dire qui me paraît important ou pas c'est à voir.
Oui c'est loin d'être facile mais je me dis que le plus important, c'est de trouver notre voie et la passion fera le reste et peut importe qu'on puisse en vivre ou non et tant pis si ça ne plait pas aux autres. Il s'agit de notre propre vie et non de la leur...Le pire de tout est de se forcer au delà de ses limites et cela ne peux que nous nuire tant sur le plan physique que psychique.

Pour ma part je suis au RI et mon dossier AI est actuellement encore en cours mais j'essaye de ne pas trop me focaliser là-dessus de vivre l'instant présent et de profiter du temps que j'ai à ma disposition! Ma psychiatre que j'ai actuellement n'est franchement pas terrible. Selon elle ma formation ne vaut rien car ne serait pas ou pas assez rentable sur le plan financier, du moins à court et moyen terme. Pour elle c'est...une occupation. Ce serait préférable, que je suive plutôt une formation dispensée par l'AI dont je ne sais même pas en quoi ça va consister exactement. Elle n'a jamais été très clair là-dessus, ni sur le reste d'ailleurs...Je la garde uniquement pour des raisons administratives et je pense en changer une fois que j'aurais une réponse pour mon dossier. Ou peut-être même avant, j'hésite encore. Je ne la voie pas très souvent et ma coach m'apporte le soutien psychologique nécessaire. J'en discuterais aussi avec mon assistant social que je verrais à la fin du mois car j'ai l'impression qu'elle me met exprès les bâtons dans les roues et elle a aussi tendance à me rabaisser...
Tes projets m'ont l'air vraiment géniaux, et espère vraiment que tu pourras les mener à bien! Et comment s'appelle ton blog? J'ai bien envie d'y aller jeter un oeil! :) J'adore écrire aussi, des histoires fantastiques mais rien de vraiment très sérieux. J'ai arrêté il y a déjà un bon moment et il faudrait que je m'y remette un de ces jours!...Enfin je me dis ça mais je devrais trouver un peu de temps libre entre toutes mes autres activités! ^^

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Re: Autiste et asexualité

Message par yuna22 » 15 févr. 2018, 12:04

(@ Evy, suite de notre discussion)
Evy a écrit :
15 févr. 2018, 09:57
Oh pauvre message qui s'est perdu, il est certainment dans le paradis des messages maintenant, je vais allumer une bouie pour que son âme soit en paix
:lol:

Ce que je voulais dire aussi par rapport au sport d'équipes (dans mon feu message! :lol: ) c'est que les profs de sport, entre autre, mettent le faire play là où ça les arrange bien et si tu sors de leur cadre tant pis pour toi. Même si ce n'est non intentionnel comme pour nous les autistes.

Et c'est vrai nous sommes "plus spécialistes" de nature parce que notre neurologie est faite ainsi. Pour ce qui est de l'intérêt de la psychologie chez les Aspergers, je suis bien consciente que les personnes que je connais ne sont pas représentatives de tout le spectre. On dit qu'il y a autant de personnes autistes que d'autismes (entendre par là "types" d'autismes) et je trouve ça totalement vrai. Même si je suis d'un naturel très solitaire j'aime aussi découvrir de nouvelles personnes ou simplement discuter avec elles sur les forums (comme je fais aujourd'hui! :) ) pour découvrir d'autres façons de réfléchir et d'aborder le monde et étendre ainsi mes connaissances. Et encore merci pour le compliment et il est valable aussi pour toi. Ton témoignage est, je trouve, d'une sensibilité rare et remue des choses en moi. Nous n'avons pas le choix, mais malgré tout je trouve que nous autres Aspergers avons une bonne résilience...

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Re: Autiste et asexualité

Message par Svane » 15 févr. 2018, 14:45

Oh, je n'avais jamais vu ce sujet, merci à Clotaire de l'avoir évoqué dans le sujet sur la douance.

Je suis atteinte du syndrome d'Asperger, j'ai été diagnostiquée dans l'enfance.

J'ai eu la chance de rencontrer quelques Asperger au cours (haha j'avais écrit "court", au cours de ma courte vie donc !) de ma vie, j'ai remarqué davantage de rapport particulier à la sexualité ou bien d'orientations "moins fréquentes" dans cet échantillon. Que ce soit l'asexualité ou l'hypersexualité ou bien des pratiques "un peu atypiques" (BDSM, etc) et les sensorialités particulières jouaient énormément (hyperesthésie).

Mon asexualité a toujours été une évidence pour moi, je ne voyais même pas en quoi ça ne pourrait pas exister. Les années ont passé, pré-adolescence, adolescence... Rien. Cela m'a confirmé l'évidence profonde que je ressentais vis-à-vis de ça. Je ne pense pas en avoir souffert véritablement, j'étais tellement différente des autres (grande, en avance physiquement, en avance intellectuellement, maturité émotionnelle supérieure à la moyenne des gens de mon âge, syndrome d'Asperger (avec tout ce que ça comporte dans mon cas : la marche atypique, l'honnêteté enfantine désarmante pour les autres mais je ne parviens pas à calculer en permanence sur ce plan là en contexte social j'essaie déjà de ne pas avoir de stéréotypies et d'être concentrée sur la voix de mon interlocuteur je n'ai pas une énergie illimitée donc cela me semble déjà pas mal, etc.)) que l'asexualité "en supplément" ça n'était rien de gigantesque à gérer (c'est comme ça que je l'interprète en tout cas, si je n'avais pas été si atypique je pense que j'aurais eu plus de mal à gérer mon asexualité car cela m'aurait paru une montagne comme différence avec la majorité mais là avec tout le reste c'était plus comme être sur une planète voisine voire un autre univers donc un truc de plus ou un truc de moins...).

Mon asexualité -pour moi, en tout cas- n'est pas liée à mon syndrome d'Asperger mais que mon syndrome d'Asperger module mon rapport à la sexualité. Je m'explique : je suis asexuelle mais techniquement je pourrais être en couple et faire l'amour de temps à autre avec mon compagnon (pas d'impossibilité physique et compagnie et certains A font cela). Seulement mon hyperesthésie et ma synesthésie rendent la chose vraiment très difficile à envisager : la peau humaine "grince" (synesthésie) et j'ai vraiment du mal avec les fluides corporels (frissons désagréables rien qu'à l'écrire), ce serait honnêtement de la torture pour moi que de devoir coucher avec quelqu'un. Je n'y vois pas non plus d'intérêt personnellement, je raffole des câlins (tous les types de câlins ont des noms parfois d'animaux pour moi) mais je n'ai absolument pas envie de toucher le corps nu de quelqu'un (rien que d'écrire j'ai dû me stopper pour avoir le réflexe de me boucher les oreilles car cela grinçait énormément et m'a fait mal dans les dents). Je raffole du coton en revanche et je pourrais honnêtement passer 6h à faire un câlin à quelqu'un portant du coton. J'ai connu des aspies qui ne pouvaient même pas prendre dans leurs bras durablement autrui parce que cela leur était insupportable.

Je pense qu'on a une orientation et une inclinaison (ou non) vers l'affectivité et compagnie mais nos particularités modulent tout cela pour le peaufiner. C'est peut-être en cela qu'il est plus difficile d'être A + d'autres particularités (comme Asperger) car notre marge d'action et de compromis est forcément plus restreinte, et ce, qu'on le veuille ou non.
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Re: Autiste et asexualité

Message par Evy » 15 févr. 2018, 15:46

Ha Svane... Je me retrouve beaucoup dans ton texte, pour moi ce n'est ni être Asperger ni être asexuelle qui était connu de moi dès mon plus jeune âge, c'était d'être pour l'égalité des sex, au point que je n'ai compris que le mariage entre deux personnes non hétéro n'étais pas acquis seulement lorsque j'ai rencontré un homosexuel qui me l'a dit... C'était tellement évident pour moi que cela existait que je me suis jamais posée la question.

Pour l'asexualité, pour moi aussi ce n'est qu'une différence en plus, je ne l'ai absolument pas aml vécu, les seuls moment de ma sexualité que j'ai mal vécu sont ceux où j'ai essayé d'avoir une sexualité pour me sentir normale. Je ne le vis pas mal et je n'ai pas de pression de l'entourage pour que cela change, au contraire mon entourage me prend comme je suis, d'ailleurs je n'ai que peu besoin de parler de mon asexualité car pour moi ce n'est pas compliqué à vivre. Il y a d'autres difficultés qui me sont bien plus pesante que cela et je ne suis pas comme certains sur le forum à penser que la société tourne autour du sex, lorsqu'il y a des messages sexuels, je me sens juste pas concernées, même si je trouve plus beau de se concentrer sur des choses qui me paraissent plus profondes que la sexualité.

Je fais partie de ces Aspergers qui ne peuvent faire des câlins avec tout le monde, il faut que je me sente proche et que soit mon instinct qui décide de faire un câlin et non ma pensée, si j'y pense, le câlin est mort en tout cas de mon côté car je me pose alors plein de question.

Mais je pense que mon rapport aux genres est aussi diférent, pas dans le sens d'être non binaire ou même agenre, mais dans le sens que je ne me reconnais absolument pas dans le schéma classique de ce que l'on attend de la femme, je suis bien loin de tout ça, pourtant je ressemble à une femme, mais je me reconnais vraiment dans le schéma de la femme Asperger et pas du tout dans celui de la femme non-autiste et ce dès mon plus jeune âge, même si j'aimais jouer à la poupée ou aux Barbies, je ne me suis jamais reconnue dans la description de la femme, ni dans celle de l'homme, ni même dans celle du cliché de l'Asperger, je me suis reconnue comme appartenant vraiment à la femme Asperger, chose qui est très différente même si on y rajoute qu'un mot, lorsque j'ai appris que la femmes Asperger avait son propre schéma de pensée différent de celui de l'homme Asperger.

Je me considère comme une humaine avant tout, mais je ne me considère comme ne faisant pas partie de la communauté non-autiste. Je peux échanger avec eux, mais je ne serai jamais comme eux.
Telle une plume, je me suis laissée envolée par delà les frontières de ce forum et suis en train de revenir sur mes pas.

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Re: Autiste et asexualité

Message par Natsu » 15 févr. 2018, 19:53

Je ne savais pas que la synesthésie pouvait être douloureuse...

Pour ma part, j'ai les particularités physiques et sensorielles des TSA (Troubles du Spectre Autistique), l'hyperesthésie (hyperacousie sévère, hyperosmie, hypersensibilité à la douleur, au toucher), l'hypermnésie, le handicap social et professionnel (nécessité de routines, nécessité de tout planifier dans les détails, fatigue chronique), les difficultés (difficulté à faire la bise, à échanger des politesses, à comprendre le second degré), certains symptômes pendant l'enfance, et, malgré tout, pas de diagnostic, ou plutôt un diagnostic "peut-être". Les professionnels du CRA ne sont pas parvenus à un consensus pour diverses raisons (absence d'un regard professionnel pendant l'enfance, ou de témoignage objectif, enfance compliquée, des traumatismes, et le HPI qui complique le tout) et je me retrouve "le cul entre deux chaises". Je ne peux chercher aucune aide vis-à-vis de professionnels spécialisés, même si j'ai les mêmes problèmes que les aspies. Je ne peux pas non plus entrer dans le groupe de discussion dédié aux aspies et organisé par le CRA de ma région, et qui m'aurait permis d'échanger avec d'autres personnes comme moi. Bref :(

Donc, voilà, pour ceux-celles qui se demandent si j'ai la légitimité à intervenir sur ce topic, c'est "peut-être que oui, peut-être que non".

Une chose est certaine, moi et mon compagnon sommes tous deux "atypiques" ou "neuro-atypiques", et nous n'avons apparemment pas, ou très peu, de désir sexuel. Parfois, le désir vient en cours de route. Cependant, pour moi, ce n'est pas le désir sexuel qui motive mes initiatives au lit. Les relations sexuelles font du bien à mon corps, et, en plus, cela m'aide à m'endormir (sans doute par la production d'ocytocine dans le cerveau). Et puis, la relation sexuelle est avant tout, pour moi, une explosion sensorielle, c'est peut-être là que se situe le désir, si désir il y a, dans la sensorialité. Pour lui, même sans désir initial, il y trouve du plaisir si ce n'est pas trop fréquent. Du coup, nous avons tout de même une sexualité active sans problème. J'ai, pour ma part, une gêne à regarder des scènes sexuelles dans les films ou séries, alors que lui s'en fiche.

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Re: Autiste et asexualité

Message par Svane » 15 févr. 2018, 20:02

C'est intéressant que tu soulignes le fait de ne te sentir ni parmi les neurotypiques (pour ceux qui ne connaissent pas ce terme, neurotypique désigne simplement les "non-autistes", rien de plus) ni parmi les aspies. Je ressens également un peu ça même si dans mon cas je fonctionne un peu plus comme un asperger homme (jamais voulu des poupées et de tous les jeux de simulation, je démontais mes jouets pour essayer de fabriquer d'autres objets et c'est perçu comme un comportement masculin en tout cas) que comme une asperger femme (centres d'intérêts restreint moins marqués etc même si avec les années j'ai appris à "m'universaliser" pour rendre les conversations davantage possibles) donc on peut me rapprocher de ce profil. Je ne me sens ni femme ni homme même d'un point de vue général mais je suis une femme physiquement (et au niveau vestimentaire aussi) en mon for intérieur je n'ai jamais cherché à me dire que j'étais femme ou bien homme. Je suis, et cela me suffit. J'imagine que c'est la même chose pour énormément d'aspergers (j'en ai rencontré beaucoup dans ce cas).

Je suis cependant bien obligée d'admettre que les personnes avec lesquelles le courant est le mieux passé étaient asperger et surdouées. Je n'ai jamais éprouvé "les contraires s'attirent" mais j'ai éprouvé toute ma courte existence "qui se ressemble s'assemble" alors je ne cherche pas à contrarier mon être.

Les moments où j'ai mal vécu mon asexualité c'est de songer que je ne pourrais pas rendre pleinement heureux quelqu'un qui ne serait pas A. Hormis cela, je me sens bien avec celle que je suis (sur la composante asexuelle).

Je n'ai pas été claire dans mon allusion aux aspies qui ne pouvaient pas prendre autrui dans leurs bras. Je ne pourrais pas du tout prendre des inconnus dans les bras (et je pense que peu d'aspies le peuvent) mais je songeais à des Asperger que j'ai rencontré qui ne pouvaient pas prendre dans leurs bras la personne la plus proche d'eux, c'était pour illustrer le fait que les sensorialités particulières peuvent donner tout un tas d'expressivités du spectre affectif.

C'est le plus important de se considérer humaine avant toute autre chose :). Tâcher d'être soi (Humains) est déjà beaucoup !

Natsu, as-tu essayé d'aller prendre l'avis d'un psychiatre spécialisé sur le syndrome d'Asperger en libéral ? Les CRA ont parfois du mal à diagnostiquer des adultes car, lorsqu'il y a un QI au-dessus de la moyenne, on compense parfois de façon brillante. Ayant a minima de forts traits autistiques, tu es tout à fait légitime pour poster sur ce topic à mes yeux.

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Re: Autiste et asexualité

Message par Piccolo » 15 févr. 2018, 20:22

Natsu a écrit :
15 févr. 2018, 19:53
difficulté à faire la bise
Ça je n'aime vraiment pas non plus, je trouve ça un peu stupide physiquement (surtout quand il peut y avoir jusqu'à quatre bises) et vraiment pas hygiénique.

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Re: Autiste et asexualité

Message par yuna22 » 15 févr. 2018, 21:37

Pour moi mon rapport au genre n'est non plus pas le même que celui des neurotypiques et je me retrouve énormément dans vos écrits. Comme toi Evy l'égalité entre les sexes était qqch pour moi qui allait de soi et je ne me posais même pas la question en fait, avant de savoir que cela était loin d'être acquis. Et comme toi Svane j'ai vraiment du mal avec les fluides corporels et bien que je n'ai que très peu d'expériences dans le domaine c'est ce qui me pose le plus problème dans les relations sexuelles. Par contre je n'ai pas cette synesthésie au niveau du toucher et le contact de la peau ne me dérange pas en soi. J'adore être serrée dans les bras et les pressions fortes mais en revanche j'ai horreur des frôlements. Et si qqn me touche au moment où je m'y attend pas je le vis comme une agression, je dois me "préparer" à l'avance pour entrer dans l'espace personnel de l'autre, ou inversement.
en effet l'autisme n'est pas la cause de l'asexualité, car sinon il y aurait que des autistes asexuels, or c'est loin d'être le cas. Cela dit nos hypersensiblités sensorielles, entre autre, ont une grande influence sur notre façon d'aborder la sexualité et que en plus de notre absence de désir nous donne encore moins envie de pratiquer le sexe. Finalement on s'en rend bien compte que beaucoup de conditions doivent être réunies et encore plus que chez les neurotypiques (asexuels) pour avoir des relations sexuelles et ce, même si on ressent du plaisir ou que l'on a envie de faire plaisir à son partenaire, ou encore pour avoir des enfants...

Je connais des Aspergers qui sont, au contraire qui sont très portés sur le sexe même si ce n'est pas la majorité mais peut-être que ceux-là sont hyposensibles au niveau du toucher et/ou de l'odorat et sont en recherche de sensations de ce type. Enfin c'est juste une hypothèse, mes raisonnements ont souvent tendance à être décousus! On parle beaucoup d'hypersensibilité dans l'autisme mais très peu d'hyposensiblité (le livre "Questions Sensorielles et Perceptives dans l'autisme d'Olga Bogdashina en fait mention mais ce n'est pas courant dans les livres que j'ai lus à ce sujet) et je trouve ça dommage car la question mériterait d'être plus creusée.

Et Natsu, pour ce qui est du CRA j'aurais tendance à aller dans le même sens de Svane, d'aller voir un psy en libéral spécialisé dans l'autisme et le HPI, afin d'avoir un deuxième avis. Car en effet le HPI peut compliquer le choses et il n'est pas impossible que le CRA soit passé à côté, surtout que d'après ce que j'en sais les CRA ne sont pas tous égaux en matière de connaissance de l'autisme, ni de la façon dont ils font leurs évaluations.

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Re: Autiste et asexualité

Message par Natsu » 15 févr. 2018, 22:04

Svane a écrit :
15 févr. 2018, 20:02
Natsu, as-tu essayé d'aller prendre l'avis d'un psychiatre spécialisé sur le syndrome d'Asperger en libéral ? Les CRA ont parfois du mal à diagnostiquer des adultes car, lorsqu'il y a un QI au-dessus de la moyenne, on compense parfois de façon brillante. Ayant a minima de forts traits autistiques, tu es tout à fait légitime pour poster sur ce topic à mes yeux.
yuna22 a écrit :
15 févr. 2018, 21:37
Et Natsu, pour ce qui est du CRA j'aurais tendance à aller dans le même sens de Svane, d'aller voir un psy en libéral spécialisé dans l'autisme et le HPI, afin d'avoir un deuxième avis. Car en effet le HPI peut compliquer le choses et il n'est pas impossible que le CRA soit passé à côté, surtout que d'après ce que j'en sais les CRA ne sont pas tous égaux en matière de connaissance de l'autisme, ni de la façon dont ils font leurs évaluations.
Pourquoi pas, mais je n'ai plus la motivation. Je suis allée près de dix fois au CRA pour des tests, questionnaires, entretiens, de deux heures à chaque fois. A l'époque, j'habitais à 2 heures de transports en commun du CRA, donc cela m'a pris énormément de temps et d'énergie. J'ai attendu 6 mois pour le compte-rendu, avec le délai d'un an 1/2 d'attente pour le premier rendez-vous, cela représente au total deux ans 1/2 de ma vie. Je doute franchement que l'on puisse faire mieux. C'est juste pas de bol, il y a trop d'éléments qui viennent perturber le diagnostic. Déjà que c'est pas facile d'obtenir un diagnostic à l'âge adulte, alors avec tout le reste... J'ai oublié de mentionner le fait que j'ai un carnet de santé presque vide, et je n'avais pas de pédiatre puisque c'est ma mère qui s'occupait de nous médicalement et qui (ne) remplissait (pas) le carnet de santé. Elle m'a bien amenée voir un confrère pour mon retard de langage qui l'a rassurée et c'est tout (rien d'écrit dans le carnet à ce sujet).

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Re: Autiste et asexualité

Message par yuna22 » 16 févr. 2018, 00:06

Je comprend ton ras-le-bol et derrière mon ordi, je ne peux malheureusement pas faire grand chose, sinon t'encourager à renouveler les démarches afin que cette fois-ci tu sois définitivement fixé. Ce qui me stupéfie le plus moi dans cette histoire c'est le CRA qui t'as carrément relâché dans la nature sans autre forme de procès alors que tu sembles présenter des difficultés en lien avec l'autisme. Et même si ils avaient raison dans le sens où te trouves être "juste à la limite" il me semble malgré tout totalement justifié que tu reçoives le soutien adéquat, alors à ta place, même si c'est dur, j'insisterais et là j'en suis sur qu'en toquant à la bonne porte, tes efforts finiront par payer. Un psy en libéral c'est certes payant mais les temps d'attentes sont aussi beaucoup moins longs et je pense qu'un bon psy serait justement capable de faire le tri entre tous ces éléments perturbateurs, dont ton HPI.

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