Témoignage

Vous voulez parler -ou entendre parler de l'asexualité ? Faites-nous part de ce qui vous passe par la tête, comment vous ressentez votre asexualité, votre relation aux autres, comment tout ceci influence votre vie.
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Arcanix
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Témoignage

Message par Arcanix »

Bonsoir

J'ai parcouru les différents échanges du forum pendant un petit moment avant de me décider à sauter le pas. Ça risque d'être un peu long, je m'en excuse par avance. Il me semblait important d'apporter quelques éléments sur ma trajectoire afin d'éclairer mon point de vue et mon expérience.

Âgé maintenant de 30 ans, je n'ai jamais eu le moindre rapport sexuel ni la moindre relation sentimentale sérieuse (hormis quelques amourettes de collégien). Je précise que je ne ressens pas vraiment de vide ou de manque dans ma vie. J'ai toujours vécu comme ça et j'ai du mal à envisager autrement mon existence. Durant 99% de mon temps, je n'y pense tout simplement pas. Les propos qui suivent sont le condensé des 1% restant de crise existentielle qu'il m'arrive parfois de traverser comme en ce moment. C'est aussi pour retrouver ma tranquillité d'esprit que je rédige ces lignes.

Le point d'inflexion dans ma trajectoire se situe autour de mes 17 ans où j'ai décidé après une période un peu compliquée de me retirer temporairement du marché matrimonial afin de me réfugier dans la littérature et le travail scolaire. Jusque-là, je n'avais jamais eu l'impression d'être un garçon très différent des autres si ce n'est d'être un peu réservé sur le plan sentimental avec les filles.

Ce  « renoncement » (selon le terme que j'employais à l'époque) a sans aucun doute contribué à m'amener vers de très très longues études. Ma vie étudiante s'est déroulée de manière particulièrement ascétique. J'ai développé une obsession du contrôle de mon temps, de mon corps et de mon alimentation assez fréquente dans les études type prépa. Durant toutes ces années, je n'ai cessé de définir ma situation amoureuse comme transitoire : « On verra ça après le master » puis « on verra ça après la thèse ».

Pourtant, force a été de constater au fil des années que la question de la sexualité creusait un gouffre de plus en plus béant entre le reste du monde et moi. On touche là à toutes les normes sociales qui font de la sexualité un passage obligé des relations amoureuses et définissent la masculinité par ses performances dans cet exercice. Or s'il est encore acceptable pour un homme d'être maladroit à 15 ans, cela devient franchement ridicule à 30. La sexualité constitue pour moi un sport ésotérique auquel je ne connais rien. Et comme j'ai besoin de contrôler ma vie et mon corps, je vois de moins en moins l'intérêt de prendre le risque de me faire humilier dans une pratique que je ne maîtrise pas. En revanche, il m'arrive parfois de me dire que je finirais peut être par rencontrer une personne compréhensive et patiente capable de m'accompagner dans cet apprentissage.

Au final, je me définissais il y a quelques semaines encore comme un hétéro cisgenre un peu bizarre qui a arrêté de vivre à l'âge de 17 ans ; comme un vieux garçon affublé de la sexualité d'un collégien dans les mauvais jours mais, le plus souvent, comme un intellectuel pur vivant dans sa tour d'ivoire au-dessus de ces basses considérations biologiques.

C'est complètement par hasard que je suis tombé sur la notion d'asexualité malgré ma familiarité avec la sociologie du genre. Je me suis rapidement rendu compte à la lecture des témoignages que je cochais la plupart des cases :
  • Il m'arrive régulièrement de tomber amoureux de femmes sans aucune arrière-pensée sexuelle tout en sachant pertinemment que je m'imagine difficilement vivre en couple et que je m'enfuirais certainement en courant s'il commençait à se passer quelque chose entre nous. Ces relations finissent quasi systématiquement en amitié un peu ambiguë de mon côté. (Aromantisme ?)
  • J'ai une activité sexuelle solitaire que je considère moins comme un plaisir que comme une mauvaise habitude (pour s'endormir, évacuer une bouffée de stress ou d'excitation). Un détail m'est apparu rétrospectivement significatif. Depuis mon adolescence, je me suis toujours formellement interdit de me caresser en pensant à l'un de mes crush. Elles étaient « sacrées » comme si ces deux sphères étaient radicalement séparées et que cette pratique était dégradante pour elles (personne ne donne son consentement pour figurer dans ces actes sexuels imaginaires).
  • J'ai quelques fantasmes/pensées sexuelles que je n'ai aucune envie ou intention de réaliser. Certaines de ces rêveries sont mêmes devenues homosexuelles ces dernières années sur le mode du : « C'est peut-être moins compliqué avec des types inconnus ».
  • Les coups d'un soir ne m'intéressent pas du tout. Je n'envisage pas la sexualité en dehors d'une relation amoureuse. C'est antinomique par rapport au point n°1 mais on ne gère pas toujours ses contradictions...
Au final, j'ai encore un peu de mal à digérer cette « révélation » même si elle ne bouleverse pas fondamentalement le regard que je portais sur mon existence. C'est d'abord un soulagement de se rendre compte que l'on n'est pas tout seul dans cette situation (même si l'image du génie solitaire était plutôt sympa), qu'elle a aussi sa normalité malgré sa marginalité statistique et qu'elle n'a dès lors aucune raison d'être vécue sur le mode de la honte.

Et c'est dans le même temps une source d'inquiétude et de trouble. Ce qui est le plus déstabilisant pour moi, c'est que je n'avais jamais envisagé que ma situation puisse constituer une (non) orientation sexuelle à part entière. J'ai d'ailleurs toujours pas mal de doutes dans ma tête. Je sais que les A détestent ce genre de questions mais je ne peux m'empêcher de me les poser : comment puis-je être certain de ne pas être attiré par les relations sexuelles avec un tiers alors que je ne sais même pas ce que c'est ? N'est-ce pas simplement le produit d'une peur infondée, le fruit de toutes les contraintes hétéronormatives qui pèsent sur les rapports entre les hommes et les femmes ?

Derrière, c'est aussi une question d'irréversibilité qui est soulevée. Tant que la situation était définie comme un train manqué à l'adolescence, elle laissait ouverte une possibilité – plus ou moins illusoire – de changement. Si elle relève d'une forme d'asexualité et d'aromantisme, je risque fort d'avoir quitté une forme de solitude sociale pour en embrasser une autre beaucoup plus définitive.

En espérant que ce témoignage pourra être utile à certains et certaines. Encore désolé pour la longueur, étant extrêmement pudique quant à ma vie privée, je n'avais personne à qui confier ces remarques. Dans ce type de situation, on finit par cacher le fait de n'avoir rien à cacher...
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Walther
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Re: Témoignage

Message par Walther »

Bienvenue!
Ton post semble venir du coeur.

Pour ta question concernant sur l'asexualité qui serait définitive, sache que rien n'est jamais définitif, tout peut changer, donc ce n'est pas par ce que tu te sens A aujourd'hui que ça le sera toujours.

Asexualité, je pense que oui, mais pour l'aromantisme je dirai que non d'après tes écrits, mais sache que c'est toujours à toi de te définir, pas aux autres, on ne peut que t'aider dans la compréhension de toi-même.
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fiffi
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Re: Témoignage

Message par fiffi »

Bonjour Arcanix .

Je ne pense pas que tu sois aromantique ; tu préfère fuir les femmes dont tu tombes amoureux parce que tu n' imagines pas d' avoir des relations sexuelles avec elles . On peut être attiré romantiquement mais pas sexuellement . Tu as raison de ne pas te forcer si tu sens que tu n' en pas envie , cela t' évites une mauvaise expérience .

Tu n' as pas besoin de savoir ce que sont les relations sexuelles pour savoir si elles t' attirent ou non . Je n' ai jamais sauté en parachute et cette expérience ne me manque pas et ne m' attire pas . je n' ai jamais été en Argentine ou au Mexique et pourtant ces pays m' attirent . Ta solitude n' est pas irréversible ; tu as encore beaucoup de temps pour faire des rencontres .

En te lisant , il me semble que tu es trop dans le contrôle de toi-même ainsi que dans l' inquiétude . Il y a une norme héthéronormative et il y a la réalité . Tout le monde , surtout les hommes ne sont pas aussi performants qu'ils le disent en public et les femmes peuvent accepter les maladresses quel que soit ton âge .

L' important est que tu t' acceptes la majeur partie du temps . Je me demandais pourquoi tu ne peux pas lâcher prise de temps en temps ; si tu juges cette question trop intrusive , n' y réponds pas .

je te souhaite de t' accepter mieux et de trouver des réponses qui te permettront ' avancer sereinement . comme le dis Walter , nous sommes prêts à t' aider dans ce sens .
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Re: Témoignage

Message par Guadiana »

Arcanix a écrit : 19 févr. 2021, 21:42 Bonsoir

J'ai parcouru les différents échanges du forum pendant un petit moment avant de me décider à sauter le pas. Ça risque d'être un peu long, je m'en excuse par avance. Il me semblait important d'apporter quelques éléments sur ma trajectoire afin d'éclairer mon point de vue et mon expérience.

1) Âgé maintenant de 30 ans, je n'ai jamais eu le moindre rapport sexuel ni la moindre relation sentimentale sérieuse (hormis quelques amourettes de collégien). Je précise que je ne ressens pas vraiment de vide ou de manque dans ma vie. J'ai toujours vécu comme ça et j'ai du mal à envisager autrement mon existence. Durant 99% de mon temps, je n'y pense tout simplement pas. Les propos qui suivent sont le condensé des 1% restant de crise existentielle qu'il m'arrive parfois de traverser comme en ce moment. C'est aussi pour retrouver ma tranquillité d'esprit que je rédige ces lignes.

2) Le point d'inflexion dans ma trajectoire se situe autour de mes 17 ans où j'ai décidé après une période un peu compliquée de me retirer temporairement du marché matrimonial afin de me réfugier dans la littérature et le travail scolaire. Jusque-là, je n'avais jamais eu l'impression d'être un garçon très différent des autres si ce n'est d'être un peu réservé sur le plan sentimental avec les filles.

3) Ce  « renoncement » (selon le terme que j'employais à l'époque) a sans aucun doute contribué à m'amener vers de très très longues études. Ma vie étudiante s'est déroulée de manière particulièrement ascétique. J'ai développé une obsession du contrôle de mon temps, de mon corps et de mon alimentation assez fréquente dans les études type prépa. Durant toutes ces années, je n'ai cessé de définir ma situation amoureuse comme transitoire : « On verra ça après le master » puis « on verra ça après la thèse ».

4) Pourtant, force a été de constater au fil des années que la question de la sexualité creusait un gouffre de plus en plus béant entre le reste du monde et moi. On touche là à toutes les normes sociales qui font de la sexualité un passage obligé des relations amoureuses et définissent la masculinité par ses performances dans cet exercice. Or s'il est encore acceptable pour un homme d'être maladroit à 15 ans, cela devient franchement ridicule à 30. La sexualité constitue pour moi un sport ésotérique auquel je ne connais rien. Et comme j'ai besoin de contrôler ma vie et mon corps, je vois de moins en moins l'intérêt de prendre le risque de me faire humilier dans une pratique que je ne maîtrise pas. En revanche, il m'arrive parfois de me dire que je finirais peut être par rencontrer une personne compréhensive et patiente capable de m'accompagner dans cet apprentissage.

5) Au final, je me définissais il y a quelques semaines encore comme un hétéro cisgenre un peu bizarre qui a arrêté de vivre à l'âge de 17 ans ; comme un vieux garçon affublé de la sexualité d'un collégien dans les mauvais jours mais, le plus souvent, comme un intellectuel pur vivant dans sa tour d'ivoire au-dessus de ces basses considérations biologiques.

6) C'est complètement par hasard que je suis tombé sur la notion d'asexualité malgré ma familiarité avec la sociologie du genre. Je me suis rapidement rendu compte à la lecture des témoignages que je cochais la plupart des cases :

7)
  • Il m'arrive régulièrement de tomber amoureux de femmes sans aucune arrière-pensée sexuelle tout en sachant pertinemment que je m'imagine difficilement vivre en couple et que je m'enfuirais certainement en courant s'il commençait à se passer quelque chose entre nous. Ces relations finissent quasi systématiquement en amitié un peu ambiguë de mon côté. (Aromantisme ?)


8)
  • J'ai une activité sexuelle solitaire que je considère moins comme un plaisir que comme une mauvaise habitude (pour s'endormir, évacuer une bouffée de stress ou d'excitation). Un détail m'est apparu rétrospectivement significatif. Depuis mon adolescence, je me suis toujours formellement interdit de me caresser en pensant à l'un de mes crush. Elles étaient « sacrées » comme si ces deux sphères étaient radicalement séparées et que cette pratique était dégradante pour elles (personne ne donne son consentement pour figurer dans ces actes sexuels imaginaires).


9)
  • J'ai quelques fantasmes/pensées sexuelles que je n'ai aucune envie ou intention de réaliser. Certaines de ces rêveries sont mêmes devenues homosexuelles ces dernières années sur le mode du : « C'est peut-être moins compliqué avec des types inconnus ».


10
  • Les coups d'un soir ne m'intéressent pas du tout. Je n'envisage pas la sexualité en dehors d'une relation amoureuse. C'est antinomique par rapport au point n°1 mais on ne gère pas toujours ses contradictions...


11) Au final, j'ai encore un peu de mal à digérer cette « révélation » même si elle ne bouleverse pas fondamentalement le regard que je portais sur mon existence. C'est d'abord un soulagement de se rendre compte que l'on n'est pas tout seul dans cette situation (même si l'image du génie solitaire était plutôt sympa), qu'elle a aussi sa normalité malgré sa marginalité statistique et qu'elle n'a dès lors aucune raison d'être vécue sur le mode de la honte.

12) Et c'est dans le même temps une source d'inquiétude et de trouble. Ce qui est le plus déstabilisant pour moi, c'est que je n'avais jamais envisagé que ma situation puisse constituer une (non) orientation sexuelle à part entière. J'ai d'ailleurs toujours pas mal de doutes dans ma tête. Je sais que les A détestent ce genre de questions mais je ne peux m'empêcher de me les poser : comment puis-je être certain de ne pas être attiré par les relations sexuelles avec un tiers alors que je ne sais même pas ce que c'est ? N'est-ce pas simplement le produit d'une peur infondée, le fruit de toutes les contraintes hétéronormatives qui pèsent sur les rapports entre les hommes et les femmes ?

13) Derrière, c'est aussi une question d'irréversibilité qui est soulevée. Tant que la situation était définie comme un train manqué à l'adolescence, elle laissait ouverte une possibilité – plus ou moins illusoire – de changement. Si elle relève d'une forme d'asexualité et d'aromantisme, je risque fort d'avoir quitté une forme de solitude sociale pour en embrasser une autre beaucoup plus définitive.

14) En espérant que ce témoignage pourra être utile à certains et certaines. Encore désolé pour la longueur, étant extrêmement pudique quant à ma vie privée, je n'avais personne à qui confier ces remarques. Dans ce type de situation, on finit par cacher le fait de n'avoir rien à cacher...
1) Agée également de 30 ans jamais eu de relation et même pas d'amourettes de collège. Les seules relations que j'ai eu c'est avec mes cousins qui me faisaient des attouchements.

2) A 17 ans, je me sentais déjà différente des autres. Dès le lycée, la plupart des mes copines ont perdu leur virginité et ont eu des copains. Une copine m'a avoué en seconde quelle se masturbait, je ne voyais pas l'utilité de la masturbation.

3) Je n'ai pas été très douée au études, j'ai arrêté à la licence. J'avais l'angoisse de ne pas entrer dans le monde du travail avant mes 30 ans. Donc les études qui s'éternisent c'était pas pour moi. Sauf si j'avais envisagé d'être médecin, avocat etc... Un métier où on est bien payé et on est pas au chômage.

4) Moi aussi, un sport étranger dont je ne connais pas la pratique. Pour un homme, j'avoue que c'est plus de pression. En tant que femme, j'ai quand même peur de ne pas aimer l'acte si un jour je me maries. Car je compte le faire au cas où. Même le bisous avec la langue me paraît être un truc hyper compliqué. J'ai peur de ne pas être à la hauteur.

5) Je me définies toujours comme une hétéro cisgenre. Et j'aimerais faire encore plus femme. Je trouve mes traits du visage et mes pieds masculins.

6) Moi aussi "par hasard", je suis tombée sur l'asexualité et je me suis reconnue tout de suite mais parfois j'ai des doutes car je manque d'expériences affectifs et sexuels.

7) Je ne tombe pas amoureuse mais parfois il m'arrive d'être attirée par des hommes. Moi aussi je pense m'enfuir en courant si il y a une proposition sexuelle car je ne veux pas passer à l'acte comme ça.

8) Ma seule pratique sexuelle est de me retenir d'uriner. Le peegasm. Je n'aime pas la masturbation.

9) Moi aussi j'en avais. Suite à des évènements traumatiques que j'ai vu devant moi enfant. J'ai vu deux membres de ma famille du même sexe faire des choses. Entre mes 15 ans et 23 ans, je regardais ça régulièrement dans des films x, je suis retombée en 2019 et j'ai arrêté de nouveau en septembre 2020. C'est un jour que des souvenirs de ce passé sont revenus. Je ne suis pas attirée pas les femmes et ne souhaitent pas avoir des rapports avec elle. Moi aussi je pensais qu'avec des inconnus très lointain c'est moins compliqué car ton entourage n'est pas au courant. J'aime pas fantasmer sur des gens à côté.

10) Exactement comme toi. Coucher avec un parfait inconnu c'est niet. Je ne comprends pas ceux qui multiplient les relations.

11) J'ai digéré tout de suite mais je reste la solitaire. Beaucoup d'aces ont une vie sexuelle et sont en couple.

12) Je me pose la même question de toi. Et si un jour j'ai des relations et que j'aime ça, serais-je asexuelle toujours? L'asexualité est un statut moins figé que l'homosexualité ou l'hétérosexualité.

13) Beaucoup d'aces sur ce forum sont en couple et bien entourés socialement. Je pense que notre solitude n'a rien à voir avec notre "orientation sexuelle". Perso je serais sexuelle, je serais aussi seule et même célibataire. Je plais peu aux hommes et j'ai une personnalité très effacée.

14) Je te comprends tout à fait. Les gens ne peuvent pas comprendre sauf s'ils sont dans notre cas. J'ai parlé de l'asexualité à ma soeur et mon cousin mais pas aux autres proches. On a peur du jugement, du rejet.
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Re: Témoignage

Message par Arcanix »

Merci pour vos messages

Pour répondre rapidement à Fiffi, disons que j'ai eu la mauvaise idée de vouloir régler des comptes familiaux à travers ma scolarité et de m'engager dans un secteur professionnel (la recherche scientifique) sans débouché. Dans ce genre de situation dont on ne maîtrise pas l'issue, il est tentant de se rassurer à travers le contrôle du seul paramètre sur lequel on a prise : sa personne et son comportement quotidien. C'est une manière de s'assurer qu'on est sur le bon chemin et en général c'est le corps qui prend. Je précise que je suis quand même devenu beaucoup plus souple (à mon échelle) au fil des années.
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Re: Témoignage

Message par Orchis »

Pour l'aromantisme, il faudrait déterminer si ce que tu ressens est bien un sentiment amoureux et pas une admiration/attirance esthétique/fantasme/squish(=attraction platonique) sur quoi tu colles la définition "sentiment amoureux" parce que... bah... tu n'as pas la moindre idée de ce qu'est un sentiment amoureux. :roll:
(si tu perçois de la lassitude dans ces lignes, c'est parce que j'évoque mon expérience)
(de mon côté, je n'établissais pas vraiment de lien avec l'objet de mon... euh... intérêt, juste une espèce d'admiration à distance raisonnable suivie d'une fuite éperdue en cas d'intérêt de la partie opposée)
(je n'ai pas creusé plus que cela en fin de compte, vu que je n'ai pas besoin de cela pour vivre et qu'en plus, je ne comprends pas grand-chose aux "jeux" amoureux des gens)
Arcanix a écrit : 19 févr. 2021, 21:42comment puis-je être certain de ne pas être attiré par les relations sexuelles avec un tiers alors que je ne sais même pas ce que c'est ? N'est-ce pas simplement le produit d'une peur infondée, le fruit de toutes les contraintes hétéronormatives qui pèsent sur les rapports entre les hommes et les femmes ?
En matière de sexualité et de psychologie, je dirais qu'on n'est (hélas) jamais certain de rien ; dans ce domaine, on est assez éloigné d'une démarche scientifique.
En plus, tu trouveras toujours quelqu'un pour te donner de (mauvaises) leçons.
Si tu n'as pas eu de rapports sexuels, des gens te diront que tu ne peux pas savoir.
Si tu en as eu un et que tu n'es pas enthousiaste, ce sera parce que tu es tombé sur un "mauvais coup".
Si tu as couché avec la planète entière et que tu n'es pas enthousiaste, c'est parce que tu n'as pas attendu "La Bonne Personne" avec qui tout se passera bien.
Si tu as couché avec la planète entière et avec "La Bonne Personne" et que tu n'es pas enthousiaste, c'est que tu as un traumatisme à résoudre (et vu que tout le monde a des traumatismes et des frustrations....).
Le "questionnement" s'applique aussi (avec adaptation) à un.e homo qu'on veut rendre hétéro, un.e pansexuel.le qu'on veut faire rentrer dans le "droit chemin"(=hétérosexualité), etc.
Bref, tu trouveras toujours matière à questions et tu ne seras pas sorti de l'auberge.
(A voir si ce genre de questions n'est justement pas engendré par les contraintes hétéronormatives :wink:)

Si le terme "asexuel" convient à ton ressenti actuel, ne te mets pas martel en tête. Adopte-le sans chercher à avoir la preuve absolue (qui n'existe pas en ce bas monde).
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Re: Témoignage

Message par Mj01 »

Pourtant, force a été de constater au fil des années que la question de la sexualité creusait un gouffre de plus en plus béant entre le reste du monde et moi. On touche là à toutes les normes sociales qui font de la sexualité un passage obligé des relations amoureuses et définissent la masculinité par ses performances dans cet exercice. Or s'il est encore acceptable pour un homme d'être maladroit à 15 ans, cela devient franchement ridicule à 30. La sexualité constitue pour moi un sport ésotérique auquel je ne connais rien. Et comme j'ai besoin de contrôler ma vie et mon corps, je vois de moins en moins l'intérêt de prendre le risque de me faire humilier dans une pratique que je ne maîtrise pas. En revanche, il m'arrive parfois de me dire que je finirais peut être par rencontrer une personne compréhensive et patiente capable de m'accompagner dans cet apprentissage.
Bienvenue dans mon monde mais du côté femme. Une femme de trente ans qui n'a jamais couché c'est tout aussi ridicule surtout pour les gens qui se disent "normaux". Les commentaires pour me définir par ceux-ci pour ce cas de figure ne manque pas... vierge marie, femme frigide et tous les classiques.
Tout ceux à qui j'en ai parlé m'ont dit que c'était uniquement parce que je n'avais pas trouvé le bon et j'en passe.
La peur de l'humiliation pour le jour où ce qui doit arriver arriverait je sais ce que sais.
Je suis toujours en mode recherche sur moi et ne suis pas la plus apte à répondre à tes questions mais je peux te dire que je me reconnais beaucoup dans ce que tu as dis.

J'espère que tu trouveras les réponses aux questions que tu te poses!
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Re: Témoignage

Message par Walther »

Mj01 a écrit : 21 févr. 2021, 20:27
Pourtant, force a été de constater au fil des années que la question de la sexualité creusait un gouffre de plus en plus béant entre le reste du monde et moi. On touche là à toutes les normes sociales qui font de la sexualité un passage obligé des relations amoureuses et définissent la masculinité par ses performances dans cet exercice. Or s'il est encore acceptable pour un homme d'être maladroit à 15 ans, cela devient franchement ridicule à 30. La sexualité constitue pour moi un sport ésotérique auquel je ne connais rien. Et comme j'ai besoin de contrôler ma vie et mon corps, je vois de moins en moins l'intérêt de prendre le risque de me faire humilier dans une pratique que je ne maîtrise pas. En revanche, il m'arrive parfois de me dire que je finirais peut être par rencontrer une personne compréhensive et patiente capable de m'accompagner dans cet apprentissage.
Bienvenue dans mon monde mais du côté femme. Une femme de trente ans qui n'a jamais couché c'est tout aussi ridicule surtout pour les gens qui se disent "normaux". Les commentaires pour me définir par ceux-ci pour ce cas de figure ne manque pas... vierge marie, femme frigide et tous les classiques.
Tout ceux à qui j'en ai parlé m'ont dit que c'était uniquement parce que je n'avais pas trouvé le bon et j'en passe.
La peur de l'humiliation pour le jour où ce qui doit arriver arriverait je sais ce que sais.
Je suis toujours en mode recherche sur moi et ne suis pas la plus apte à répondre à tes questions mais je peux te dire que je me reconnais beaucoup dans ce que tu as dis.

J'espère que tu trouveras les réponses aux questions que tu te poses!
Je vais vous répondre, même si j'ai eu plusieurs relations avec des femmes, et bien au bout d'un certain temps, 16ans depuis la dernière, et bien les gens ne vous considèrent pas mieux pour autant.
Pour beaucoup de gens je ne suis juste pas "puceaux", mais comme je ne pratique plus depuis longtemps, c'est presque pareil que rien.
Dans notre société hyper-sexuelle, on a l'impression que le sexe est un genre de compétition, et que pour y arriver, à je ne sais quoi, il faut s'entrainer assidument et continuellement, et que celui qui n'a jamais fait ou ne s'entraine plus, ben il est pas normal.
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Re: Témoignage

Message par clotaire »

Bienvenue Arcanix :-)

merci pour ton témoignage, dans lequel je me reconnais en partie. Je ne trouve pas ta situation ridicule, et d'ailleurs, n'as-tu jamais rencontré des gens un peu comme toi dans ton entourage de docteur ? Pour avoir fait une thèse moi aussi, et évoluer dans le milieu universitaire, des célibataires dévoués à la cause académique j'en ai rencontré un certain nombre, et j'en ai moi-même longtemps fait partie. J'ai eu quelques conversations très intéressantes à ce sujet avec certains d'entre eux ! J'aime ce genre de parcours car je m'y reconnais, et je ne trouve pas ça ridicule du tout !

Autre chose, me concernant, je me suis retrouvé en couple vers mes 35 ans, et je me considère toujours comme asexuel aujourd'hui (aromantique je ne pense pas, mais ça pourrait... ). Du reste je considère que j'aurais aussi bien peu rester célibataire et m'en satisfaire. Bref, la vie peut être passionnante et ne sera pas plus fade avec une orientation comme la nôtre. Il y a toujours des surprises :-)
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Re: Témoignage

Message par Arcanix »

Je ne sais pas s'il y a des variations disciplinaires mais j'ai toujours fait figure de moine même auprès de mes petit·es camarades thésard·es. Et encore, la réalité est bien pire qu'ils et elles ne l'imaginent ;)
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Re: Témoignage

Message par Guadiana »

Arcanix a écrit : 22 févr. 2021, 13:19 Je ne sais pas s'il y a des variations disciplinaires mais j'ai toujours fait figure de moine même auprès de mes petit·es camarades thésard·es. Et encore, la réalité est bien pire qu'ils et elles ne l'imaginent ;)
Tu n'es pas obligé de raconter ta vie non plus.
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