L' origine de l' anxiéte humaine

Tout commence avec de grandes idées ; venez partager vos opinions sur les sujets les plus divers.
Répondre
Avatar du membre
Caute
Adepte
Messages : 216
Enregistré le : 22 août 2015, 06:18
A aimé : 122 fois
A été aimé : 9 fois

L' origine de l' anxiéte humaine

Message par Caute » 25 sept. 2015, 00:12

Hypothèse d’une anxiété propre à Spinoza

« […] face au danger, à la menace, Spinoza ne manque pas de faire valoir qu’il existe une alternative, à savoir : la fuite, la mise hors d’atteinte, ou l’affrontement, l’engagement, et que l’une et l’autre requièrent une égale force d’âme.

Faut-il en conclure que, quand il s’agit des hommes et même dans la conduite ordinaire de la vie (loin de ces champs de bataille qui font peu de place à l’équivoque ou à l’ambiguïté), la sagesse va universellement dans le sens de l’évitement, de la réserve préventive, etc., mais, en outre, qu’une anxiété, propre à Spinoza, y pousse jusqu’à l’excès, jusqu’à faire écarter, a priori, tout autre choix ?

Nous tenons cette conclusion pour très probable. On peut d’ailleurs expliquer cette anxiété par l’enchaînement d’une connaissance et d’un affect : pour avoir trop bien mis au jour les causes de la haine et de la tristesse au sein de la nature humaine, au point de faire de l’envie une propriété de celle-ci, Spinoza serait entré dans la conviction qu’il n’est de salut que dans la séparation d’avec ses « pareils », ses « semblables ».

Selon nous, cette explication, rien moins que « psychologique », se soutient. Toutefois, il faut noter que si une anxiété propre à Spinoza – une anxiété en quelque sorte motivée et par l’expérience et par la théorie – l’a conduit à ne concevoir l’existence qu’à bien des égards sous l’aspect du retrait prudent, de la séparation d’avec des humains trop humains, et donc foncièrement dangereux, s’ajoute à cela une autre cause que l’explication que nous venons de proposer dissimule par le fait même de présupposer que Spinoza s’inclut lui-même parmi les « égaux », qu’il se tient pour « semblable » aux autres hommes.

Or ce n’est, selon nous, aucunement certain : Spinoza connaît sa valeur, se considère comme un homme libre et comme sans véritables pareils quant à la force de l’esprit […], et donc, si l’on s’en remet à la leçon du second corollaire de la proposition 55 [de la partie III] (1), se considère à ces divers titres comme nécessairement séparé de l’humanité commune, quoi qu’il en ait. » (Des vues de Spinoza pp. 335-336 – PUPS 2001) Jean-Pierre Juillet

« Nul n’envie la vertu d’un autre, sauf d’un égal. » Spinoza.
On ne peut pas dire en même temps une chose et l' expliquer

Répondre

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 2 invités