Présentation bien trop longue

N'ayez pas peur, passez nous dire un petit bonjour, faites-vous connaître !
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Iloy
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Présentation bien trop longue

Message par Iloy » 07 déc. 2018, 23:10

Bonjour tout le monde !

Je m’appelle Maxime (iloy), j’ai 25 ans depuis peu, je suis physiquement un mâle. J’habite actuellement à Nice, à l’occasion je regagne la Provence Verte. Je me suis déjà baladé quelques fois sur ce forum, puis je me suis décidé cet après-midi à m’y inscrire.

C’est un peu gênant ; en fait j’ai besoin aujourd’hui de parler, un peu égoïstement, raconter ce que je ressens et où j’en suis. Je suis désolé de confondre ce topic avec une séance chez une psychologue, aussi je vais essayer de faire court et je vais découper tout ça pour ceux qui ne souhaitent pas tout lire. Ne lisez pas tout, franchement, ne vous infligez pas ça, ça n’en vaut pas la peine. Vraiment, désolé.

I Avant l’asexualité

Mes parents m’ont raconté qu’en CE1 ou CE2, j’avais une petite amie. Je ne la quittais jamais à la récré, et on était toujours main dans la main. Cet amour, je ne m’en souviens pas. Mais j’aime bien l’idée d’être main dans la main, peut-être que « ce souvenir » m’a construit.
Avant la Première, avant mes 16 ans, je n’ai aucune vie sexuelle, aucune libido, rien. Oh, tout fonctionne et c’était assez ennuyeux certains matins.

Attention passage sur la masturbation !

Puis un jour d’été, par accident, j’ai découvert la masturbation. Je crois que je me baignais nu, puis en attrapant mon sexe, j’ai remarqué qu’il y avait une réaction. J’ai essayé sous la douche de voir où ça me menait, en inventant un certain mouvement. C’est mon plus beau souvenir sexué ; la jouissance n’est pas toujours égale à elle-même et je suis souvent déçu. J’ai les jours suivants réexpérimentés, puis j’en suis venu à essayer les sites pornographiques, mais non ; il n’y avait rien là-bas que je n’avais envie de voir, rien de beau.

Avec le temps, j’ai continué mon affaire sur des images d’anciens Playboy puis sur les hentais, et puis exclusivement sur des hentais où les hommes sont absents. Et ce qui m’intéresse dans ces textes, ce n’est pas l’acte, ce n’est surtout pas le visuel de ces moments, les fluides, non, c’est le scénario, ce qu’il y a avant l’acte, ce qui est mignon ; j’ai tendance à chercher l’original, le fantasme et surtout l’esquisse, que ça soit un maximum imagé.

C’est toujours le cas aujourd’hui et je continue de pratiquer l’onanisme, par plaisir, par détente, mais avant tout dans une fonction utilitaire : j’ai peur d’un mauvais réveil. Donc, j’ai un calendrier.

Fin du passage sur la masturbation !

Bref, tout cela me faisait penser que j’étais hétérosexuel. Mais j’ai vu petit à petit mes amis draguer, avoir des copines, ou désespérer profondément de ne pas en avoir, et moi je restais là. Je ne parlais que de loin aux filles, parce que je ne voulais pas qu’elles croient que je les drague. Je me disais « un jour, il y en aura une dont je serai amoureux ». Du coup, j’étais dans un groupe uniquement masculin et ça m’allait très bien.

Un jour, une fille de ma classe m’a embrassé sur la joue en Terminale puis a disparu. Cela m’a profondément choqué. Déjà, je l’ai très mal pris, je me suis senti agressé, j’étais paralysé. Mais c’est surtout après, je ne savais pas quoi faire. Comme je suis plutôt gentil, je me disais « bon, je pourrais lui dire que je veux bien marcher avec elle », je n’osais pas lui dire non, mais je ne voulais pas être avec elle. Ce n’avait rien d’esthétique, c’était autre chose. Finalement, je n’ai rien fait, par lâcheté. Puis j’ai compris qu’elle s’était moquée de moi, que c’était un pari. C’est le sort qu’on réserve aux gentils, oui. Et ça m’a rassuré.

Les années ont passé et me voilà en L3. Peu de temps avant, j’ai découvert Miyazaki et il a complètement changé ma vision des choses, avec ces histoires d’héroïnes qui ne cherchent pas le sexe et l’amour, voire qui n’ont aucune histoire d’amour. Il m’a aussi donné envie d’avoir des amies, j’étais las des mâles. Puis je considérais qu’à cet âge, tout le monde était déjà en couple. Je n’avais toujours pas pensé à ma sexualité, « j’attendais la fille », mais ça ne voulait rien dire. Manque de chance, une de mes amies a commencé à me draguer. Alors j’ai profité de la seule soirée étudiante de ma vie pour me détruire socialement, à la fin tout le monde applaudissait ma folie mais je n’étais plus bancable pour autre chose qu’une amitié un peu particulière. Quant à cette dame, elle ne m’a plus parlé pendant une année, puis est revenue pour disparaître à jamais.

Je me suis trouvé quelques amis un peu geek (ce qu’en un sens je suis), quelques amies pour parler un peu et l’année s’écoula très bien. J’écrivais, je m’enfermais chez moi, j’écrivais et j’écrivais.

II L'âge du questionnement : J’ai un problème mais je m’en moque, globalement

Je suis parti avec un très grand ami en Norvège ; la réputation des boîtes de nuit d’Oslo où les hommes se font draguer l’intriguait. L’étape était prévue. Je lui avais promis que j’irais avec lui, parce qu’il avait peur d’être seul au bar. Puis j’ai eu peur de me faire draguer, j’ai eu peur m’ennuyer. Et j’ai tout fait pour lui faire comprendre que je n’irai pas en boîte de nuit, et finalement personne ne l’a fait. Je m’en veux un peu.

C’est à partir de ce moment-là que j’ai commencé à penser ma sexualité, enfin plutôt à mon refus de sexualité. Officiellement jusque-là, la raison auprès de ma famille, de mes amis c’était « pour ne pas rater mes études, je ne m’y intéresse pas ; je chercherai l’amour une fois ma situation stable, avec un emploi ». J’avais déjà à décaler ça : « d’abord ma carrière, après je fonde une famille ».

Je croyais être malade, avoir un problème. Mais rien de grave : je m’en fichais royalement ; ces choses-là ne m’avaient jamais importé alors pourquoi ça m’importunerait ? Mais je commençais à subir le regard des autres, de ma famille, de mes collègues et surtout de la société. J’évitais les conversations sur le sexe, quand je ne les comprenais même pas. Je restais dans l’indolence, mais le trouble me creusait.

Je croyais être malade, car la question de la sexualité n’était qu’une au milieu d’un nombre faramineux d’inadaptations. Pas pour parler aux gens, même si je suis un peu timide. Je n’ai aucun problème avec l’individu, mais la société… Tous mes maux viennent de la société. La faute à l’écriture, la faute à la lune…

J’ai fini par voir que je ne comprenais pas les sexuels, que j’évitais les films où le sexe est trop visible, que je m’ennuyais terriblement devant, que je ne comprenais pas un de mes amis qui en crevait de ne pas être en couple.

Et je me suis rendu compte que les œuvres, les chansons tournaient souvent autour de l’amour. J’ai regardé toutes mes écrits, mes nouvelles, mes poèmes, mes récits et là surprise : dans toutes ses histoires, aucune relation amoureuse ou sexuelle. J’étais dégoûté, parce que c’était complètement incohérent.

Ça commençait à me peser lourd, et c’est il y a quelque chose comme trois ans que j’ai découvert que je n’étais pas un asocial, que je n’étais pas malade ou fou, mais asexuel. C’est grâce à la vidéo de Pouhiou, youtubeur que j’aimais bien regarder car d’un point de vue sociologique le sexe m’intéresse.

III Asexuel ?

Quand j’ai trouvé ce mot, je l’ai fait mien. Je l’ai vu avant tout comme une solution miracle pour me définir, sans que ça ne soit forcément vrai. Je n’allais le dire qu’à mes meilleurs amis, pour tester le chaud, le froid. Réception plutôt positive : ils s’en moquent. Pour la famille, et pour moi, je gardais l’idée qu’un jour il faudrait bien que je sois en couple. Mon père veut que notre nom perdure. Puis avec le temps, j’ai vu que j’étais réellement asexuel. En même temps, c’est une galaxie, je ne sais même pas si on se comprend profondément bien entre nous.

IV Qui je suis ?

Je n’ai jamais eu de relation sexuelle. Je n’en vois pas l’intérêt. J’ai un chat castré qui essaye à l’occasion de me violer la jambe, mais rien de plus.
Je suis donc asexuel aromantique en pratique. Je n’ai jamais été attiré par quelqu’un de réel jusqu’à présent, j’ai été fasciné par des personnages imaginaires et j’imagine bien une relation romantique avec des personnes que je fantasme. Qu’importe le sexe et le genre. On se prend la main, on se serre l’un contre l’autre (pas trop fort pour les hommes), et ça s’arrête à ça, pas de bisous, du quotidien, rien d’autres.

Mais j’ai remarqué que je pouvais avoir envie de saisir la main de certaines personnes, très rarement, et qu’un certain ami pouvait me manquait. Pas un manque qui me torture et aucune jalousie dans tout cela.

Je suppose que je suis asexuel panromantique, mais à un degré bien particulier.

J’ai noté que je préférais m’imaginer en femme lorsque je rêve d’histoires romantiques. Dans une société idéale d’équité où l’âge serait figé dans la vingtaine, j’aurais aimé être femme. Quand je suis présent dans mes récits, j’alterne, avec une préférence. Dans la France d’aujourd’hui, la question ne se pose pas, et même la nature n’a pas été très galante avec le corps féminin. Puis je corresponds bien davantage au genre masculin, à des stéréotypes bien ancrés.

Aujourd’hui, dans ma vie de tous les jours, j’ai des amis que je choisis, des femmes et des geeks, des gens avec qui je peux parler sans avoir des réflexions machistes. Pas trop du moins. Pour éviter la drague, je ne sors pas dans les lieux chauds et surtout je ne me mets pas particulièrement en valeur, j’essaye de vite me jeter dans la « friendzone », si vous me permettez cette expression.

V Pourquoi je suis là aujourd’hui ?

J’ai fini par avouer à mes parents mon asexualité. Ils m’ont pris pour fou. Puis comme toute chose, ça s’est calmée, mais c’est un feu qui couve désormais. J’ai eu des problèmes dans ma vie, à cause de l’écriture particulièrement, et j’ai repris des études pour devenir professeur en collège et en lycée, un pis-aller à une vie chimérique d’écrivain.

J’ai eu un stage récemment, dans un collège. Mon tuteur a demandé à un gamin turbulent de 4e de venir à la fin du cours. Face à face, il a commencé à lui dire « alors, à ton âge, tu t’intéresses aux filles, hein ? », « je sais pas » a répondu le gamin en rougissant. Mon tuteur a commencé à lui raconter que s’il se conduisait en imbécile, il ne pourrait pas draguer les filles, et que forcément il voulait draguer les filles, car il était un homme, et ce genre de choses. Moi, j’ai fondu. J’ai toujours été assez lâche et solitaire, j’ai laissé faire, je n’ai rien dit, et puis quand le gamin est parti, j’ai vite changé de sujet. Je me suis vu dans ce gamin, et pourtant…

Au même moment, j’ai voulu écrire un texte érotique, parce que « ça se vend bien » et parce qu’il m’en faut bien un. Une petite nouvelle d’amour avec du fantastique. Et très vite, je n’ai pas pu. Pas que j’en sois incapable, mais le scénario a dévié malgré moi sur une relation asexuelle. Je l’ai diffusée dans mon cercle de lecteurs (ma famille, quelques amis), ils ont tous aimée (évidemment). Mais personne ne l’a vu comme une relation asexuelle, personne n’a vu qu’il s’agissait d’un de mes fantasmes, personne n’a vu que le personnage n’avait pas de genre.

D’un côté, c’est magnifique, l’universalité.

De l’autre, j’ai l’impression que personne ne me comprend. J’ai essayé de définir l’amour tel que je le ressens : une amitié d'esprit et de corps attirée vers la fusion.

Puis j’ai eu 25 ans, et l’idée de vieillir seul commence à m’atteindre. C'est un drame sans solution

Ce matin, cours sur le genre et le sexe pour nous, étudiants-professeurs. Je parle à une étudiante car on travaille ensemble, j’entends derrière « mais quel dragueur », ça vient d’un de mes collègues que j’apprécie. Je réponds avec humour « notre professeur de théorie du genre ne va pas aimer ça ». Deux heures plus tard, je parle encore à une étudiante, et le même avec un autre collège : « décidément quel succès auprès des filles ce Maxime ». Je réponds toujours avec le sourire « vous allez vous calmer, bande de sales hétérosexuels ». Evidemment, ils ne savent pas.

Pourtant j’ai besoin d’en parler depuis ce stage, je me sens mal, je laisse des indices. Avec Prudence. « Quelque chose qui n’existe pas, ça ne doit pas être important. » C’est ce que j’ai toujours pensé. « Puis on est tous différent, l’asexualité ce n’est qu’une case qui nous enferme. » Donc je n’allais pas vers les autres LGBT. Maintenant, je pense qu’il y a une cause à défendre. Comprendre… comprendre profondément ce qu’on ressent, c’est trop demander, je ne les comprends pas moi-même parfaitement et pourtant je baigne dans leur monde. Mais savoir qu’on existe, nous entendre, nous admettre, oui. Toutes ces réflexions ont fini par me peser.

Merci.
J'aurais tant voulu vous aider, vous qui semblez autres moi-même, mais les mots qu'au vent noir je sème, qui sait si vous les entendez ?

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Re: Présentation bien trop longue

Message par fiffi » 07 déc. 2018, 23:46

Bienvenue Iloy ,

j' ai tout lu et ça en valait la peine , on a déjà lu des pavés ici . Il arrive que l' on éprouve le besoin de se confier et ici , on comprendra ton asexualité , même si on a tous une manière différente de la vivre .
Il y a aussi des points communs , je me suis parfois retrouvé sur certains points de ton témoignage .

Ton récit relate bien les étapes de l' asexualité , de la découverte d' une différence à la découverte de l' asexualité et sa phase de questionnement .
Je te souhaite de passer à la phase d' acceptation et d' une meilleur connaissance de ton ressenti . :-)

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Re: Présentation bien trop longue

Message par Olib » 08 déc. 2018, 08:57

Bienvenu Iloy ! J'ai tout lu aussi et ça en valait la peine ! Merci pour ce beau témoignage :)
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Re: Présentation bien trop longue

Message par PassionA » 08 déc. 2018, 12:22

Bienvenue et merci de ton témoignage :)

Donc si je résume : ace, aro, et possiblement agenre ?
On va ouvrir un Triple A club :)

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Re: Présentation bien trop longue

Message par Iloy » 08 déc. 2018, 13:59

Merci de vos réponses :D
PassionA a écrit :
08 déc. 2018, 12:22
Donc si je résume : ace, aro, et possiblement agenre ?
On va ouvrir un Triple A club :)
Ace, c’est juste une personne qui s’identifie à l’asexualité, c’est ça ? J’ai regardé la définition, mais le « c » me perturbe. :?

Oui, asexuel, ça c’est sûr désormais.

Pour le reste, je ne sais pas. C’est compliqué.

Pour le romantisme, j’ai du mal à définir ce que je ressens. Je ne sais pas si c’est de l’amour, si c’est juste une reproduction sociale… Puis il y a une différence gigantesque entre ce que j’imagine en rêve et la réalité.

Même chose pour le genre. Pendant très longtemps, je ne me suis pas posé la question, il y a tellement d’avantages au genre masculin ; ce que je ressentais, je n’allais pas en faire la publicité, tout l’inverse. Je ne parle pas de moi normalement. Mes collègues ne savent absolument rien ou de rares bribes de mon passé, de qui je suis, de ce que je fais. Ça ne regarde que moi, ça ne les intéresse pas et je ne veux pas les ennuyer avec ça.

Ces questionnements sont restés très intérieurs, avec l’idée aussi qu’en société j’avais tout intérêt à entrer dans le moule. Je trouvais ça égoïste de s’individualiser, de se séparer du groupe avec un « non, moi je ». D’autant que je n’ai pas envie de m’aliéner mes collègues. Surtout depuis que le genre est devenu un sujet de moqueries.

Sauf que maintenant ça commence à me peser, toutes ces réflexions que j’entends, toutes ces esquives que je fais. Surtout avec ce que mon professeur-tuteur a dit au gamin. Là où je répondais dans un flou « hétérosexuel » à toutes les remarques, en les traitant de « beaufs », elles me font de plus en plus de mal, comme si elles me niaient et que soudainement j’avais envie d’exister…
J'aurais tant voulu vous aider, vous qui semblez autres moi-même, mais les mots qu'au vent noir je sème, qui sait si vous les entendez ?

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Re: Présentation bien trop longue

Message par ParaNoise » 08 déc. 2018, 16:13

Eh bien bienvenue!
Pour le romantisme, (et pour tout en fait j'imagine et de ce que j'ai compris), il y a ce qu'on s'imagine, et ce qu'on désir. Donc tu peux très bien "fantasmer" (que ce soit un fantasme ou non, hein) une relation romantique, sans pour autant en désirer vraiment une.

Et j'ai aussi tout lu! ^^
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Re: Présentation bien trop longue

Message par Dark Majesty » 08 déc. 2018, 18:04

Bienvenue Iloy :D

Je me retrouve assez dans ta partie « qui je suis » (notamment le point qui concerne le chat 😂).

Pour l’incompréhension de ta famille vis-à-vis de ton récit, c’est malheureusement qqch d’assez courant. En lisant un ouvrage, on le comprendra depuis notre point de vue. Certains éléments primordiaux pour l’un passeront totalement inaperçus pour l’autre.
Je pense que c’est « logique » que ton histoire ait déviée vers une relation asexuelle. Lorsqu’on écrit, on a tendance à mettre un peu de nous-mêmes ( et du moins de parler de qqch que l’on connaît). Personnellement, encore plus que la relation sexuelle (que je peux concevoir du point de vue « mécanique ») c’est la relation romantique :shock: que je serai incapable d’écrire.

Si tu veux semer des indices, certains d’entre-nous portent une bague noire (symbolisant notre asexualité).

Et ne t’inquiète pas, ton texte n’est pas le plus long que j’ai lu sur le forum :wink:

N.B: oui ace est le diminutif d’asexuel (terme anglais). :mrgreen:
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Re: Présentation bien trop longue

Message par Liliane27 » 08 déc. 2018, 21:31

Coucou
Welcome à toi sur le forum
J ai aussi tout lu et quand un texte viens du coeur tout ce lis avec une rapidité déconcertante :-)

je pense que ici tu peux compté sur chacun de nous
Si tu as des questionnements etc..... Ou simplement un besoin d'oreilles attentives ( en l'occurrence ici de la lecture attentive:-) :-):-) )

bonne soirée
nous sommes comme nous sommes peu importe le regard d'autrui si ils ne sont pas content tant pis nous sommes des millions sur terre

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Re: Présentation bien trop longue

Message par ginny anne » 09 déc. 2018, 09:35

Bienvenue Iloy

J'ai aussi tout lu. Bravo pour ton témoignage.

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Re: Présentation bien trop longue

Message par Jolanthe » 09 déc. 2018, 15:00

Bienvenue Iloy :)

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Re: Présentation bien trop longue

Message par Iloy » 09 déc. 2018, 17:08

Merci à tout le monde,

Je ne vous cache pas que vos messages me font du bien. Poster quelque chose d'aussi personnel, c'est angoissant, c'est même pour moi le plus difficile avec toute l'appréhension que vient ensuite. Tout s'évanouit lorsque les réponses arrivent.

J'étais en surtension ces derniers temps, je le suis moins.
Dark Majesty a écrit :
08 déc. 2018, 18:04

Si tu veux semer des indices, certains d’entre-nous portent une bague noire (symbolisant notre asexualité).
Afficher une appartenance à une communauté, un signe de reconnaissance, c'est une idée contre laquelle je me serais fermement opposée il y a quelques jours encore. Pourquoi pas, si j'en trouve une qui me plaît. C'est quand même un signe de reconnaissance curieux, le noir, on peut penser à bien d'autres choses avant l'asexualité. :D

Mais mettons que j'en ai une, inévitablement je vais attirer l'attention sur moi et les questions de mes collègues. Ce qui me déplaît, ce dont je crains et ce dont j'ai pourtant un peu envie. Et qu'est-ce que je vais leur répondre ? Je ne sais pas si j'oserais, j'ai peur de leurs réactions et des conséquences... Je peux aussi laisser ça comme un mystère, leur dire de chercher eux-mêmes ou que c'est personnel, mais alors je serais insatisfait. C'est sûrement ce que je vais faire. Un indice après l'autre, mais est-ce que ça apaisera réellement les choses le jour où leur question viendra ?

Et si ils ne disent jamais quoi que ce soit ? C'est tout le paradoxe que je rencontre. Je n'aime pas parler de moi, mais j'ai besoin que mon entourage physique, que je connais bien, le sache. Pour que ça soit un fait et qu'on ne m'importune plus avec la sexualité, pour les faire évoluer, mais aussi pour que j'existe dans mon individualité.
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Re: Présentation bien trop longue

Message par Lilly » 09 déc. 2018, 22:37

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Re: Présentation bien trop longue

Message par clotaire » 09 déc. 2018, 23:05

Bienvenue Iloy :-)
c'est marrant, moi quand il a pu m'arriver qu'on plaisante sur moi en mode "quel dragueur" dans les situations que tu décris, j'avais plutôt tendance à en rire en mode "ouais t'as vu ça hein", et au fond, quand on n'a pas envie que ce soit sérieux, c'est plutôt heureux que ça passe par une plaisanterie. Je préfère 1000 fois qu'on me dise "quel dragueur" en rigolant, plutôt qu'on vienne me voir discrètement en disant sur un ton sérieux "je vois que t'es un peu timide, si t'as besoin d'un coup de pouce je peux essayer de faire l'intermédiaire (on me l'a déjà faite aussi ˆˆ)

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Re: Présentation bien trop longue

Message par Iloy » 09 déc. 2018, 23:32

clotaire a écrit :
09 déc. 2018, 23:05
c'est marrant, moi quand il a pu m'arriver qu'on plaisante sur moi en mode "quel dragueur" dans les situations que tu décris, j'avais plutôt tendance à en rire en mode "ouais t'as vu ça hein", et au fond, quand on n'a pas envie que ce soit sérieux, c'est plutôt heureux que ça passe par une plaisanterie.
Oui, je réponds normalement avec humour, en les traitant de « beaufs ». Après tout ce sont des blagues très beaufs. Mais contrairement à toi, je sais d'expérience qu'il ne faut pas que je rentre dans leur jeu, parce que vu que je ne suis pas à l'aise là-dessus, je risque de créer un blanc bien gênant. :|

Donc je prends sur moi, je dénigre avec humour puis j'oublie vite. C'est ce que j'ai fait là encore, mais l'accumulation récente, l'envie d'en parler, ça fait que cette matinée m'a marquée. Eux, ils n'ont certainement rien vu.

Après des gens qui ont essayé de s'inventer coach séduction, ça m'est arrivé, mais j'ai un très bon score d'esquive.
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Re: Présentation bien trop longue

Message par Aphélie » 10 déc. 2018, 00:23

Pas de quoi t'excuser, ta présa c'est ton espace, tu l'occupes comme tu le souhaites, n'aie pas peur d'en prendre trop ;)

Miyazaki comme éveil à l'aromantisme, j'approuve :mrgreen: Sans vouloir impliquer pour autant que tu es aro si tu ne penses pas l'être, mais c'est vrai que je me reconnais dans certaines choses (la lassitude face aux représentations romantiques/sexuelles, les personnes avec qui l'on se surprend à avoir des élans tactiles, ou le manque ressenti vis à vis de certains amis etc).

Pour l'épisode en Norvège, tu n'as pas à t'en vouloir : tu n'en avais pas envie, tu n'avais aucune obligation de te forcer. Ton ami est un adulte, il peut prendre ses décisions tout seul, tu n'es pas responsable, et tu n'as pas à t'infliger quelque chose qui te déplaisait pour l'arranger. Te pousser à y aller aurait probablement porté des résultats assez négatifs donc n'aie pas trop de regrets, c'est sûrement mieux ainsi.

Pareillement pour l'histoire avec l'élève, ne sois pas trop dur avec toi. C'est frustrant d'être dans ce genre de situations : frustrant de ne pas oser parler, frustrant de se retrouver dans une telle position en premier lieu, frustrant de se rendre complice malgré nous. Mais il y a un contexte pour tout, et t'exposer n'en vaut pas la peine si la possibilité de conséquences néfastes est présente : c'est ton travail, c'est une zone qui doit rester safe pour toi, tu ne rends service à personne en prenant des risques. Etre dans la communauté lgbt+ ne signifie pas avoir un devoir vis à vis d'elle, même si je comprends le désir de se rendre plus visible, de défendre sa cause. Il faut savoir quand et comment le faire. Idem pour les collègues - c'est fatigant parce que c'est banalisé, parce que c'est récurrent, parce que ça contribue à nous "invisibiliser". Si ça peut te consoler, tu n'es pas seul à expérimenter ce genre de situations, je m'y retrouve confrontée fréquemment aussi, y compris auprès de ma famille qui ne connaît ni de près ni de loin le mot asexualité, et je n'ai aucune intention de les y initier. Parler de l'asexualité, je le fais, mais selon mes termes, avec les personnes qui me paraissent en valoir la peine : lorsque les bienfaits me semblent contrebalancés par les méfaits, je passe. Et ça facilite les choses.

Bienvenue à toi. :)
"Though my soul may set in darkness, it will rise in perfect light, I have loved the stars too fondly to be fearful of the night." ― Sarah Williams

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