Q-KIGE (Écriture d'invention): Thème 1

Vous avez écrit un poème, une histoire ? Vous dessinez, ou bien encore créez de la musique ? Venez, et faites-nous partager vos oeuvres d'art !
Avatar de l’utilisateur
Sleepless Knight
Straight-A Student
Messages : 1459
Inscription : 21 janv. 2015, 12:09
Localisation : I'm everywhere
A aimé : 21 fois
A été aimé : 190 fois
Contact :

Q-KIGE (Écriture d'invention): Thème 1

Message par Sleepless Knight » 06 févr. 2017, 06:40

Bonjour à tous ! Et bienvenu dans la première édition de de Quelques grammes d'écriture, un kilo d'invention (Q-KIGE pour les intimes).

Les règles du jeu sont simples:
-Le but est d'écrire en fonction d'un thème proposé. Tous est accepté tant que c'est inspiré du thème
-Vous ne devez pas dépasser les 1000 mots (les histoires de mille et un mots sont acceptées :p).
-Un thème reste d'actualité pendant 2 semaines.
-Tout le monde peut participer ! À vrai dire, tout le monde est invité à la faire.

Bien sûr, ce topic n'échappe pas à la charte du forum :).

Notre premier thème est: L'arrivée d'un nouveau voisin.
Un grand merci à Hestia pour avoir proposé ce thème.

Si vous avez des questions, posez les ici: viewtopic.php?f=15&t=7809

Bonne chance et amusez vous bien ! :o
Suffer the pain of discipline or suffer the pain of defeat.

Avatar de l’utilisateur
Baelfire
BadAce
Messages : 3356
Inscription : 01 oct. 2013, 21:01
Localisation : Juste ici...ou ailleurs
A aimé : 566 fois
A été aimé : 804 fois

Re: Q-KIGE (Écriture d'invention): Thème 1

Message par Baelfire » 06 févr. 2017, 11:55

L'arrivée d'un nouveau voisin.


-Je vais mourir !

Davina n’en pouvait plus, elle suait à grosses gouttes dans son legging. Véronique essayait de faire bonne figure mais elle n’était pas de meilleure humeur. Elle jeta un coup d’œil aux environs tout en cherchant un souffle d’air passablement frais. La ville de Fort de France offrait tout l’exotisme et la chaleur dont on pouvait rêver. En cette période de Noël les palmiers étaient agrémentés de guirlandes. En tant qu’exposantes pour le marché de Noël, les deux copines étaient calées dans un petit chalet mal placé. Aucun client potentiel ne venait s’aventurer vers leur stand.

-Je fais une pause !

Davina cessa de pédaler et s’essuya avec une serviette éponge. Leur concept d’appareil à raclette dont la chaleur était produite non pas par de l’électricité mais par un pédalier (manuel ou automatique) était innovant et génial. Manger de la raclette sans prendre un gramme et en gardant la forme. Elles étaient les premières à y avoir pensé et elles étaient persuadées que ça ne pouvait que fonctionner. Véronique appuya rageusement sur un bouton du poste et le « tou tou you tou » stoppa net.




Les notes d’une musique toute proche et entraînante se firent alors entendre.



Elles s’interrogèrent du regard réalisant en même temps que le chalet voisin était à présent occupé… Passant leurs têtes par la petite fenêtre mitoyenne elles virent un hommes au t-shirt ciglé « Ben » s’affairer à préparer des cocktails tout en dansant.

- Pas mal le déhanché !!

Les deux copines s’empressèrent d’aller voir Ben qui le accueillit chaleureusement.

-Bienvenue bienvenue ! Alors voisines ça marche les affaires ? Vous vendez quoi ?

Véronique et Davina expliquèrent ce qu’elles faisaient mais les clients commençaient déjà à envahir le stand de cocktail. Davina recula légèrement et vit son enseigne « Mojitos de Noël ».

-Ouais en fait c’est un mojito normal à la place d’une ombrelle on met juste un père noël vous voyez.

Ben fit un petit clin d’œil aux filles et leur servit un mojito qu’elles burent avec plaisir. Puis il s’accouda au comptoir

- Le truc c’est que dans un moment ils vont se plaindre parce qu’il n'y a rien à grailler.

C’est alors qu’une idée commune frappa nos trois protagonistes. Quelques coups de haches plus tard le mur mitoyen n’existait plus et leurs deux chalets ne formaient plus qu’un tout comme leur enseigne « Mojitos et raclette ». Nuts, un pote de Ben était venu se joindre à eux.

Image

C’est ainsi que les clients affluèrent profitant à la fois de la fraîcheur d’un cocktail de la chaleur d’une raclette et de la convivialité d’un pédalier collectif…Ce fut le meilleur Noël qu'ils passèrent...sans neige mais avec des glaçons dans les cocktails.

Les gens qui pensent que l'amour est plus important que l'argent devraient essayer de rembourser leur prêt immobilier avec de gros bisous.

Avatar de l’utilisateur
PassionA
Avenator
Messages : 1555
Inscription : 12 janv. 2017, 20:32
Localisation : Côte d'Azur
Pronom : Ka nama kaa lajerama
A aimé : 398 fois
A été aimé : 419 fois

Re: Q-KIGE (Écriture d'invention): Thème 1

Message par PassionA » 06 févr. 2017, 14:21

L'arrivé d'un nouveau voisin

21 Juin

Mon cher Jonas,

Je t'envoie ce courrier immédiatement après les événements de cette nuit, espérant qu'il arrivera vite à travers l'océan puisqu'il me serait impossible de tenir une conversation téléphonique dans mon état de fébrilité. J'ai également envoyé tous les documents collectés et tous mes travaux à l'université de Miskatonic, cependant ici nous n'avons accès aux colis postaux que par intermittence et j'ai peur que cela prenne des mois.

Je suis vraiment navré pour notre prise de bec en avril dernier, je ne pensais vraiment pas ce que j'ai dit ! Il me semblait alors si évident de devoir m'installer sur place plutôt que de prendre un hôtel sur la côte. Je voulais me fondre dans le décor, ressentir ce que les habitants vivaient au quotidien et non me complaire dans ce que je considérais comme une luxueuse et méprisante distance à l'égard de l'île. J'aurais dû te faire confiance et changer mes plans pourtant, comme je m'en veux ! Ah, mon ami, je crains que la fabuleuse promesse apportée par ces relevés topographiques n'ai altéré mon jugement d'ordinaire si prudent.

Au début, tout démarrait si bien. Cette modeste bicoque louée au sud du village à côté d'un champ d'oliviers avait les allures d'un paradis azuré dans la douceur du printemps méditerranéen. Les gens du village, tu sais comment sont les insulaires, ont mis un peu de temps à s'habituer à l'incongruité de ma présence mais en moins d'un mois je connaissais chaque habitant par son prénom et pouvais reconnaître chaque visage souriant tandis que partageais avec eux les célébrations de la Liberazione. Et puis je t'avais parlé de ce garçon, Anselmo, qui venait me rejoindre d'abord timidement pendant mes fouilles et que, avec patience et détermination, je formais comme apprenti. Oh, par tout ce qui est bon ! Jonas, si tu savais, j'ai si peur pour lui maintenant !

La dernière fois que l'on s'est parlé tu me trouvais fatigué par des nuits agités, exaspéré à l'évocation des banalités, sur mes gardes au moindre souffle de vent. Je ne le comprenais pas alors, mais l'emprise de cette découverte devenait de plus en plus forte sur moi. Ai-je vraiment eu les propos d'un fou ? Pourquoi n'ai-je pas voulu le croire ? Ce que j'ai mis à jour dans les décombres de cette tombe flirte pourtant avec le surnaturel, j'en suis convaincu, ma science et mes échanges avec le laboratoire d'Arkham n'ont fait que le confirmer. Les gravures sur cette flûte en os dont je t'ai parlé ne sont pas un travail humain... elles ne sont pas nées de l'imagination débridée de l'un des nôtres, comme je pouvais le penser, et elles sont d'une origine bien plus ancienne et obscure que les étrusques. En outre mes doutes étaient fondés : il s'agit d'un os humain, de l'humérus droit d'une jeune femme, précisément ! Et ce n'est qu'un objet parmi les centaines que j'ai déterré. Il y a eu ici, j'en ai la preuve, un culte millénaire et effroyable. Et que sont donc ces étranges motifs représentant un corps humanoïde difforme et horriblement étranger ?

Il y a quelque chose de malsain sur cette île et chez ses habitants ; Ils cachent un secret terrible ! J'ai passé tout le mois de juin dans les champs en jachère du sud-est de l'île sous la chaleur accablante, étouffante et moite de ce pays maudit. Je revenais le soir dégoulinant de sueur et empestant le moisi à ce vieil appentis de ferme aménagé en maison poussiéreuse et insalubre dans laquelle je vis maintenant, et trop heureux de pouvoir me libérer de cette odeur insupportable fut-ce pour quelques heures je rejoignais le pub du village pour me délasser et jouer une partie de carte à l'occasion. Mais depuis la fête nationale il y avait quelque chose de changé dans l'air et les hommes étaient tous subitement rappelés à la maison à la nuit tombé. « N'est-ce pas curieux ? Demandais-je alors à Anselmo. Alors que c'est le meilleur moment de la journée ? » Mais il se contentait de hausser les épaules, à la manière impertinente d'un adolescent désintéressé.

C'est hier soir seulement, pris par l'envie incontrôlable d'une promenade nocturne au réveil d'un songe turbulent que je me suis aventuré dans la douceur de la nuit estivale sans même me souvenir qu'il s'agissait du solstice. Éclairé par une pleine lune tenace dans ce ciel austère, j'entendais au loin le ressac inquiétant des vagues qui venait se mêler aux bruissements agités des oliviers dans une imperturbable et de plus en plus pernicieuse psalmodie tandis que je me rapprochais d'un cairn inexploré que l'abrupte différence de température entourait d'un mince voile élimé de brume chatoyante et électrique. Dans ce fond délétère il me semblait entendre une mélodie, oh mon ami ! cette même cantilène fluette et agaçante dont je t'ai parlé alors que j'étais en folie et qui accaparait mes rêves troublés depuis le jour où j'ai posé le pied sur ce rocher de misère. Elle se propageait dans le brouillard glacé autour du tumulus recouvert de caillasses et de fientes et résonnait en moi tel l'appel funeste et mystérieux d'une horreur en devenir, une intangible panique sourde à toute raison mêlée à un élan absurde qui me poussait toujours plus à me diriger vers le site archaïque où jadis étaient organisés de terrifiant rituels impies. C'est alors que je les vis, organisés autour du triste monticule en une procession extrêmement mal cadencée, les êtres livides et désarticulés tels des fantômes perpétrant l'antique circumambulation de leur épouvantable nemeton, ceux qui étaient encore quelques heures auparavant les membres sournois de mon inepte lieu d'adoption exécutaient au rythme de la flûte une païenne danse macabre accoutrés de sanglantes peaux de bêtes n'occultant aucunement leur pudeur. Mais le sentiment apocalyptique de terreur qui me saisissais n'était pas tant lié à cette pauvre assemblée pantomime qu'à l'objet abjecte de leur indigne célébration, car après que j'essuyais mes joues humides et mon front en sueur je distinguais sur une épineuse et perverse construction d'osier à la forme tordue et à la fois ridiculement humanoïde le malheureux Anselmo ligoté, renversé tête à l'envers, le corps dénudé recouvert d'une boue immonde renvoyant sous la lumière assassine de la lune scélérate les mêmes caractères hermétiques et indescriptibles que mes macabres découvertes, alors que jusque dans ses yeux aux orbites vides dégoulinait le sang encore chaud de son bras droit hideusement mutilé.

Avatar de l’utilisateur
Yaya
Altruiste
Messages : 1179
Inscription : 27 mars 2008, 15:45
Localisation : Y a quelque chose en moi de... Picardie ^^
A aimé : 53 fois
A été aimé : 80 fois

Re: Q-KIGE (Écriture d'invention): Thème 1

Message par Yaya » 06 févr. 2017, 14:43

L'ARRIVEE D'UN NOUVEAU VOISIN

Caro sursauta dans son lit, le coeur battant la chamade. Elle se demanda ce qui l’avait réveillée de manière aussi brutale. Quelle chose dans sa tête lui disait que c’était en rapport avec un bruit, un gros bruit.

C’est à ce stade de ses réflexions, qu’elle entendit dans l’appartement du dessus un bruit de quelque chose qu’on trainait par terre avec difficulté.

Il semblerait que ses nouveaux voisins soient arrivés et que ceux-ci faisaient déjà fi des bonnes convenances dès leur premier jour d’emménagement.

Elle regarda son réveil. 1 h 30 du matin ! Bordel 1 h 30 !!! Non mais allo quoi ! On fait pas du rangement à cette heure de la nuit !

Résignée, la jeune femme ouvrit le tiroir de sa table de chevet, en extirpa des boules quiès et armées de ceux-ci, se rallongea dans son lit et plongea aussitôt dans les bras de Morphée.

Dans la nuit du lendemain, le même scénario se reproduisit. Bruit assourdissant comme si quelqu’un sautait à pieds joints de tout son poids, puis ensuite le bruit de quelque chose qu’on trainait. Et ce toujours à 1 h 30 du matin !

Caro prit sur elle pour ne pas monter chez ses voisins et se promit que demain, en rentrant du travail, elle irait les voir pour leur demander de défaire leurs cartons et ranger leurs affaires avant 22 h, faute de quoi, elle serait contrainte d’appeler les flics.

Troisième nuit... 1 h 30... Rebelote...

La jeune femme, s’attrapa la tête entre les mains et regarda son plafond. Pourquoi n’avait-elle pas été les voir comme elle se l’était jurée ? Parce qu’elle avait passé une sale journée et qu’elle ne se sentait pas le courage d’aller expliquer à ses nouveaux voisins du 4ème qu’ils ne vivaient pas seuls dans l’immeuble.

Mais trop c’est trop...

Après avoir mis une tenue plus décente que sa nuisette, elle grimpa les marches qui la séparaient de ses voisins. Le trajet était court mais dans sa tête avaient déjà défilé plusieurs scénarios, allant du gentil couple bisounours au couple de psychopathes.

Une fois devant l’appartement 16, elle posa son doigt sur la sonnette et appuya un bref moment. Rien...

Elle insista un peu plus longuement sur la sonnette et tendit l’oreille. Il lui sembla entendre un léger bruit comme le froissement d’un vêtement. Est-ce qu’on l’épiait derrière l’oeil de boeuf ?

Elle pouvait comprendre qu’on ne veuille pas lui ouvrir. Après tout, on était en plein milieu de la nuit, et une inconnue sonnait à votre porte... Elle-même n’ouvrirait pas !

La jeune femme inspira un grand coup, et se rapprocha de la porte.

«Bonjour... Désolée de vous déranger à cette heure tardive. Je suis votre voisine du dessous. Je sais que vous emménagez, mais est ce qu’il vous serait possible de faire un peu moins de bruit la nuit ?»

Elle se tut. Mais c’est le silence qui lui répondit...

Cette situation stérile devenant de plus en plus oppressante, elle décida de redescendre chez elle pour essayer de sauver les quelques heures de sommeil qui lui restait.

Et c’est au moment, où elle tourna les talons, qu’elle entendit la porte grincer derrière elle.

Son coeur se mit à battre la chamade. La jeune essaya de le calmer en se retournant et ne put s'empêcher de faire un bond en arrière en voyant des doigts décharnées et ridées tenir le battant de la porte.

Et ensuite tout alla très vite...

Dans l’embrasure de la porte retenue par la chaînette de sécurité, la moitié d’un visage blafard ressemblant à une vieille pomme toute ridée apparue dans la noirceur de l'appartement et lui offrit la moitié d’un sourire édenté.

Un «bonjour» grinçant fusa de derrière la porte et la vieille dame lui promit de faire moins de bruit à l’avenir avant de refermer la porte sur une Caro des plus tétanisée.

Elle du prendre sur elle même pour bouger et tout en redescendant vers son étage, se mit à douter de ce qui venait de se passer... Etait-ce réel ou le fruit de son imagination ?

Sa réponse arriva dans la nuit suivante à 1 h 30...

Le lendemain, samedi, elle alla récupérer son courrier et tomba sur sa voisine du 2ème, celle au dessous de chez elle. Comme c’était la reine des potins de l’immeuble, elle pourrait peut-être la renseigner sur sa nouvelle voisine.

Mais quelle ne fut pas sa stupeur quand celle-ci lui indiqua que personne n’avait emmenagé. En effet, après chaque départ d’un locataire, le propriétaire de l’immeuble refait l’appartement à neuf. Et les travaux n’avaient pas encore été effectués !

Caro lui indiqua que ce n’était pas possible, que tous les soirs à 1 h 30 elle entendait un gros boom et ensuite le raclement de quelque chose qu’on traine au sol.

«1 h 30 ?» lui demanda la voisine avant de blêmir...

«Quoi ? qu’est ce qu’il y a ?», Caro commença à sentir la panique gonflée en elle.

« Il y a une dizaine d’année, en pleine nuit, je crois que c’était aux alentours de 1 h 30 / 2h, une vieille dame est morte dans son lit dans l'appartement n°16. Après que les pompiers soient intervenus et que son décès a été constaté, ceux-ci l’ont soulevée pour la mettre sur un brancard. Je ne sais pas ce qui s’est passé, mais toujours est-il qu’il paraîtrait que le brancard s’est brisé et que le corps de la malheureuse est tombé au sol, qu’ils auraient pris un drap comme brancard et qu’ils l’auraient trainé jusqu’à l’ascenseur. Enfin, je dis ça je dis rien. J’étais pas présente... mais allez savoir...»

Caro ne chercha pas à savoir... Sa décision était prise, dès demain, sa voisine du dessus aurait un nouveau voisin !

Et la voisine du 2ème de se gausser d'avoir sauter sur l'occasion de coller la frousse à sa jeune voisine du 3ème, qui semblait avoir une araignée au plafond, et qui faisait un peu trop de bruit à son goût...
Dernière édition par Yaya le 08 févr. 2017, 10:44, édité 5 fois.
"Ne suivez jamais les traces du malheur, il pourrait bien se retourner et faire volte-face" (dicton japonais)

Avatar de l’utilisateur
Hestia
Altruiste
Messages : 1134
Inscription : 25 avr. 2016, 22:28
Localisation : Suisse
Pronom : Iel
A aimé : 162 fois
A été aimé : 240 fois
Contact :

Re: Q-KIGE (Écriture d'invention): Thème 1

Message par Hestia » 06 févr. 2017, 14:50

L'arrivée d'un nouveau voisin

Bien installée sur son vieux canapé Molly lisait un livre quand elle entendit la mélodie du générique de sa série préféré raisonner à ses oreilles. Surprise, elle referma son bouquin et le posa à côté d’elle, puis prit son téléphone portable ; posé sur la table basse. Elle jeta un rapide coup d’œil sur le nom du contact qui l’appelait, et reconnaissant celui de son amie, elle y répondit.

- Salut Céline, comment vas-tu ? Questionna Molly.
- Bien et toi ? Répondit Céline.
- Ça va, merci.
- Super ! Sinon, j’ai une grande nouvelle a t’annoncer.
- Ah et c’est quoi ?
- J’ai un nouveau voisin.
- C’est cool.

En vérité Molly désirait poursuivre sa lecture, et espérait que sa conversation avec Céline ne dure pas trop longtemps. Mais ne voulant pas blesser son amie, elle n’osa pas lui dire que la nouvelle ne l’intéressait pas vraiment.

- Oui et tu sais quoi, je lui ai parlé.

Molly soupira tout en observant son livre.

- Je te félicite. Dit Molly.
- Tu sais ce qui est super, c’est que j’ai réussi à le convaincre d’accepter de venir manger chez-toi.

A cette annonce Molly se leva d’un bond.

- Quoi ? Mais qu’est-ce qui t’a pris de l’inviter chez-moi ?
- Parce que je sais que tu vas adorer le rencontrer.

Molly pivota vers sa gauche.
- Et qu’est-ce qui te fait croire cela ? Demanda-t-elle en faisant quelques pas.
- Et bien mon nouveau voisin, c’est Richard Dean Anderson.

A l’annonce du nom de l’acteur qui a interprété les deux personnages de ses deux séries favorites, Molly s’assit sur le fauteuil qui se présentait à elle.

- Non, tu me fais marcher.
- Non, je suis sérieuse, je suis la voisine de Mac Gyver. Mais je dois t’avouer qu’il est plus vieux que dans la série.
- Ce qui est normal vu que Mac Gyver date d’il y a plusieurs années.
- Oui mais quand même, c’est bizarre de le voir vieux.
- Moi c’est le fait qu’il soit ton nouveau voisin que je trouve bizarre.
- Tu ne me crois pas ?
- Je n’ai pas dit ça.
- Mais tu penses que je te fais une blague.
- Oui on peut dire ça.
- Dans ce cas, tu verras que je te dit la vérité ce soir.
- OK ! On mange pizza et on se regarde un épisode de Star Gate, comme d’habitude ?
- Pourquoi pas, il trouverait ça amusant.
- Qui ça ?
- Et bien Richard voyons!
- Si tu le dis.

Molly salua son amie avant de raccrocher et de reprendre sa lecture.

Plusieurs heures plus tard, après avoir commandé des pizzas et sortit le coffret de DVD de Star Gate, Molly entendit quelqu’un sonner à sa porte. Elle alla la déverrouiller pour ouvrir à Céline ; quand elle s’évanouie et tomba dans les bras de Céline, en voyant Richard Dean Anderson en compagnie de son amie.
Si possible alternez entre l’accord féminin et le langage épicène lorsque vous me désignez à la 3ème personne.

Ramón

Re: Q-KIGE (Écriture d'invention): Thème 1

Message par Ramón » 08 févr. 2017, 10:23

L'arrivée d'un nouveau voisin par Jean-Michel Tagadatsointsoin.

J’étais toujours le front soucieux, singulier parmi tous, lors de ces pompeuses démonstrations d’ennuis auxquels s’adonnaient les pontifes universitaires qui pensaient, prétentieux, distribuer des savoirs déjà surannés.
Et tous les adoraient, et tous les mystifiaient, tel l’aiglon ne comprenant pas encore l’impérieuse nécessité de prendre son envol pour dominer ces cieux si capricieux.

Un jour, mon côté gauche se peupla d’un obscur individu aux yeux azurs, aux cheveux or et au teint albâtre. Etrange beauté slave. Encore un de ces frivoles venus me dispenser sermons et merveilles sur l’écrasante sociabilité dont tout homme doit se gargariser pour véritablement rayonner.
Il ne dit mots pourtant. Ne manifestait aucun de ces soubresauts que l’étudiant avide d’intelligence inflige à ce qui supporte son séant, à ses stylos. N’étendait jamais son regard hors de ses cahiers où il dessinait. Oui, il dessinait. Aux heures lugubres où je noircis mon dernier ouvrage du plus somptueux des souvenirs, je m’interroge toujours. Quel Diable était-il, quelle implacable force le soutenait, lui qui dessinait les discours de nos hiérophantes ? Lui que je n’ai jamais vu faillir.
A de rares occasions nous échangeâmes quelques mots. Il me racontait la vie tout entière faite de fureurs et de mystères à travers ses dessins. Il me demandait (pourquoi ce privilège, je ne le sais) alors si l’entendement humain était suffisamment aiguisé pour subir le courroux d’une passion froide, la vitalité d’un astre nouveau. Si nos semblables auraient un jour l’odieuse capacité de se comprendre divinités. De modeler les mots à nouveau pour en faire les symboles de la grâce.
Jamais il n’eût de réponses, jamais je n’aurais pu lui en offrir une. J’étais le seul à jouir de sa personne, j’étais le seul à pouvoir retranscrire les perles qu’il dessinait. Celles gravées jusqu’à la conclusion sur ce front des lors immaculé. Celles qui m’ont permis de connaître l’adulation de mes pairs. Celles qui toujours font couler des larmes sanctifiées.

Nous nous quittâmes nos études terminées, réussies. L’émail et la prise de mains que nous échangeâmes témoignaient de la fidélité de notre engagement. Je rencontrais le succès quand ses dessins ne restèrent que des dessins. Et si jusqu’alors je vous ai gardé mon fiel à votre égard, lecteurs, c’était pour ne pas ternir l’infini qui m’a été révélé. Vous, race stupide, hagarde, prétentieuse, aveugle. Je vous offre mon premier ressentiment comme j’offrirai bientôt à ce monde mon dernier râle.

Il était ce voisin, déjà si saint, déjà si loin.

Avatar de l’utilisateur
Glaukopis
Apprenti
Messages : 55
Inscription : 13 janv. 2017, 21:20
A aimé : 8 fois
A été aimé : 12 fois

Re: Q-KIGE (Écriture d'invention): Thème 1

Message par Glaukopis » 15 févr. 2017, 01:04

L'arrivée d'un nouveau voisin, ou une semaine vers la lumière

Lundi :
C’était silencieux. Ma chambre était aussi isolée de toute sonorité que si un mur de vide l’emprisonnait – et ce vide se ressentait partout à l’intérieur. Un beau jour, j’entendis des bruits légers de pas, si naturellement émis qu’ils semblaient avoir toujours décoré l’espace aéré que je connais si peu, pourtant ils surgirent là où rien ne se manifestait jamais. Le sol vibra gentiment sous le glissement des meubles ; mais les meubles, je ne les avais pas entendus entrer dans la chambre voisine.
En vérité, c’était sans doute un bien étrange voisin que celui-ci ; un magicien qui se déplace, lui et ses meubles, jusqu’à la chambre voisine comme un fantôme ; un fantôme dont les pieds bruissent dès qu’il y est entré. Le magicien d’une ère où, moi, je ne crois plus en l’extraordinaire.

Mardi :
Les volets étant fermés, l’obscurité a accueilli mon réveil comme chaque matin. Était-ce le lit qui tremblait ? L’hiver, loin derrière moi, ne faisait plus grelotter mon corps abattu et mon esprit perdu dans la léthargie. Non, la perceuse du voisin chahutait ma chambre ; je percevais un choc désagréable dans ma tête et comme l’oscillation d’une gifle sur mes tympans au résonnement inlassable.
Mais quel était ce son doux ? Pourquoi l’appareil monstrueux ne criait-il, ne crissait-il pas contre les parois rugueuses ? Il ne produisait qu’un ronronnement amical, un bourdonnement bienveillant qui eut le don de m’exaspérer tout en éveillant une perception indésirée, qui brisa mon cœur et la tasse de thé entre mes mains maladroites. Pourquoi m’affaiblissais-je ainsi ? J’ai toujours la tête sur les épaules, quand bien même une perceuse tapait sur elle comme sur un gong. Je me repris et ne songeai plus à rien.
Pourtant, cela ressemblait tant à une invitation…

Mercredi :
Un rayonnement solaire d’une puissance à aveugler un saint passait sous la porte de ma petite chambre et des ombres y dansaient. Mon voisin accueillait à l’évidence des visiteurs qui se composaient – aussi bien que j’en pus juger, en me déplaçant rapidement vers la porte – d’une personne et d’un enfant à qui elle tenait la main. Les ombres disparurent ; des éclats de rire jaillirent et des paroles tendres, des mots d’amour chuchotés s’avancèrent timidement jusqu’à mes oreilles –quelque peu honteuses de mon indiscrétion.
Je m’assis lentement et, à ma surprise, ne pus réprimer un sourire en songeant au bonheur qui fleurissait à deux pas de moi. Ce bonheur est-il le mien ? Je ne connais pas l’histoire qui anime ces trois cœurs ; seuls les tons affectueux et les petits cris guillerets bercent les images tombant des étoiles masquées vers mes yeux et les emplissent de leur joie qui m’est depuis ô si longtemps inaccoutumée !

Jeudi :
Quelque chose glissa sous ma porte. Je levai les yeux de mes genoux ; un son caractéristique me révéla le déplacement de cartons au-delà du mur et je perçus dans le noir la forme d’une photographie, ayant sûrement glissé des affaires transportées. Je la saisis après que j’eus allumé la lampe.
C’était une famille – un homme, une femme et leur enfant, desquels transparaissait la bonne humeur. Je me rappelai mon frère et ma sœur qui auraient tant voulu garder ce même sourire pour l’éternité. Mais l’éternel, qui peut le saisir ?
Après tout, je me les rappelais tous les jours. À chaque instant. Eux m’ont oublié dans la mort.
Mais que je cesse ! En songeant à ceci, je porterai malheur au voisin.

Vendredi :
Un piano chez mon voisin ? La musique est une lumière qui pénètre l’esprit mieux qu’une âme ne perce une autre – elle évolue dans les consciences sans se corrompre et sans se heurter à l’ignorance. Celle qui se dégageait ce jour-là, d’un instrument dont je ne cherchais plus à expliquer la présence, était morne ou plaintive pour les uns ; pour moi, elle était meurtrière.
Le Lacrymosa brillamment transcrit au piano accablait mon imagination de la figure du phénix en cendres agonisant, suspendue dans le temps effrayant de l’inconnu. Prostré dans la douleur, mon être se refusait à baisser la tête – aujourd’hui je n’étais plus solitaire. Nous avions tous deux perdu les nôtres.
Les mains embrumées par l’adieu du jour, pesant sur les touches harmonieuses, et les mains inquiètes supportant mon front ; ces mains avaient besoin d’être serrées à nouveau.

Samedi :
Des pleurs se faisaient entendre de l’autre côté ; des larmes qui n’appartenaient ni à un homme, ni à une femme – leur voix était humaine et mon humanité ranimée me le murmurait tant et si bien que je les partageais. Quel mal irréparable les avait causées ? L’enfant s’était tu, c’est à peine s’il semblait avoir existé ; les trois figures heureuses de l’image avaient comme perdu leur sincérité.
Mais des faisceaux de lumière brisaient les barrières des volets et l’obscurité délétère de ma chambre ; n’était-il pas temps que tu sortes de ton apathie ?
Avant de sombrer dans mon premier sommeil, je me jurai que nous briserions tous les deux les chaînes du désespoir, insécables pour les êtres abandonnés.

Dimanche :
Les pleurs s’étaient évanouis. Le pas tremblant, je m’avançai jusqu’à la porte et la franchis. Je frappai à celle de mon voisin ; le bruissement d’un vent léger me répondit. Je l’ouvrai à son tour.
La chambre était vide. Rien de tout cela n’avait-il donc existé ? Pourtant, la photographie était bien réelle. Les mêmes visages, l’air sereins cette fois, me contemplaient.
Je m’approchai de la fenêtre grande ouverte et un immense soleil m’accueillit. N’est-ce pas fou, ce que la lumière seule sait accomplir dans le cœur de l’homme ?
"C'était un chevalier pauvre, candide et silencieux, le visage triste et pâle, l'esprit droit et valeureux." Pouchkine

Avatar de l’utilisateur
Sleepless Knight
Straight-A Student
Messages : 1459
Inscription : 21 janv. 2015, 12:09
Localisation : I'm everywhere
A aimé : 21 fois
A été aimé : 190 fois
Contact :

Re: Q-KIGE (Écriture d'invention): Thème 1

Message par Sleepless Knight » 20 févr. 2017, 07:56

Bravo ! Merci de votre participation, je suis contente que le jeu ai du succès ! Vos histoires sont toutes géniales et c'était un plaisir de les lire :).
Un nouveau thème sera posté aujourd'hui.
Bien sûr, vous pouvez continuer à poster vos histoires sur ce thème dans ce topic !
Suffer the pain of discipline or suffer the pain of defeat.

Avatar de l’utilisateur
clotaire
AVENturier de l'A perdu
Messages : 2375
Inscription : 24 avr. 2016, 15:46
Localisation : Auvergne - Rhône-Alpes
Pronom : aime être tutoyé ;)
A aimé : 428 fois
A été aimé : 429 fois

Re: Q-KIGE (Écriture d'invention): Thème 1

Message par clotaire » 20 févr. 2017, 11:40

Merci à tous pour vos histoires, vous avez une sacré imagination !
:-)

Répondre

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 1 invité