La meilleure mort qui soit

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Eresh
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La meilleure mort qui soit

Message par Eresh » 14 sept. 2012, 22:51

La mort est le terme de la vie, il est difficile d'en douter. Il n'est pas difficile, en revanche, d'en déduire qu'elle est au moins un moment dont il faut se préoccuper, sinon l'objectif-même de nos existences. Aussi, je vous pose une question que je me suis souvent posée à moi-même : quelle est la meilleure façon de mourir ?

Tous les critères sont bons à prendre. Par exemple, certains penseront qu'il vaut mieux mourir en sachant que l'on est en train de mourir. Autre exemple, certains penseront qu'il vaut mieux mourir avec quelqu'un à son chevet. N'hésitez pas à idéaliser la mort : c'est bien la mort idéale que l'on recherche ici.

Quels sont vos avis ? Ne lésinez pas sur les détails !
Pour en savoir plus sur moi, c'est ici !

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Re: La meilleure mort qui soit

Message par Beliefs » 15 sept. 2012, 00:15

Mhmmmm la mort, sujet intéressant.

Ce que je peux dire, c'est que la mort ne m'effraie absolument pas. Seule la souffrance a le pouvoir de m'effrayer. J'ai côtoyé la mort, je l'ai apprivoisée et si je devais me suicider, je sais comment je le ferais, du coup la vie a un poids tellement plus faible ! :-)

La meilleure façon de mourir? Oh ça existe? J'espère que je ne me dessécherai pas dans mon fauteuil à bascule, la peau de Sharpeï, les os tout arthrosés et la bouche sèche. Avant 70 ans, j'espère que la vie sera terminée pour moi.

Ah trouvé! La meilleure mort pour moi serait par sacrifice. Mais genre un sacrifice utile, pas un truc religieux à la noix. Je fais régulièrement des rêves (cauchemars) où je dois combattre le mal, protéger des vies fragiles (côté héroïque fantasmé qui se fait plaisir dans l'inconscient). Je me réveille alors courbaturée, le sommeil pas réparateur. Souvent j'ai pensé à ce que ma vie s'achève, tellement souvent d'ailleurs. La fatigue chronique donne cette envie d'en finir yes. J'aimerais être dans une situation risquée où je n'aurais pas peur de sauver des vies. Oué ça se serait top, je m'imagine écorchée, pissant le sang mais continuant à faire tout ce que je peux pour autrui. L'adrénaline étant telle que la douleur physique ne se fait pas ressentir. Dans mon enfance, j'ai vécu des sensations semblables, ça me manque je crois. J'avais cette sensation tellement agréable d'exister pour une raison bien précise : protéger les plus faibles et m'oublier totalement. J'aimais alors m'entraîner à la dure tel un camp militaire. Travailler physiquement jusqu'à l'épuisement, défoncer mon cerveau jusqu'à la limite, ne pas manger pendant plusieurs jours, me donner des ordres juste pour me mettre à l'épreuve, juste pour me détacher au maximum des addictions. Personne ne m'obligeait réellement à le faire, tout ce que je voulais c'était être plus forte que toutes ces merdes que j'ai pu côtoyer et qui pensaient qu'à leur petite tête insignifiante. Je veux rester Grande à côté d'eux et il m'apparait clair qu'ils ne m'arrivent pas à la cheville. Ils ne sont pas capables de faire le centième de ce que je peux faire, presque tout domaines confondus (ah bé oui je suis largement perfectible!!). Et pour ça, j'ai Bon !

Voilà comment je souhaite mourir. Un cancer fulgurant serait un choix plutôt lâche. Et la lâcheté, je la maudis :-)

Et toi Eresh, tu ne le dis pas? :-)

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Re: La meilleure mort qui soit

Message par Svane » 15 sept. 2012, 01:09

Ah trouvé! La meilleure mort pour moi serait par sacrifice. Mais genre un sacrifice utile, pas un truc religieux à la noix. Je fais régulièrement des rêves (cauchemars) où je dois combattre le mal, protéger des vies fragiles (côté héroïque fantasmé qui se fait plaisir dans l'inconscient). Je me réveille alors courbaturée, le sommeil pas réparateur. Souvent j'ai pensé à ce que ma vie s'achève, tellement souvent d'ailleurs. La fatigue chronique donne cette envie d'en finir yes. J'aimerais être dans une situation risquée où je n'aurais pas peur de sauver des vies. Oué ça se serait top, je m'imagine écorchée, pissant le sang mais continuant à faire tout ce que je peux pour autrui. L'adrénaline étant telle que la douleur physique ne se fait pas ressentir. Dans mon enfance, j'ai vécu des sensations semblables, ça me manque je crois. J'avais cette sensation tellement agréable d'exister pour une raison bien précise : protéger les plus faibles et m'oublier totalement. J'aimais alors m'entraîner à la dure tel un camp militaire. Travailler physiquement jusqu'à l'épuisement, défoncer mon cerveau jusqu'à la limite, ne pas manger pendant plusieurs jours, me donner des ordres juste pour me mettre à l'épreuve, juste pour me détacher au maximum des addictions. Personne ne m'obligeait réellement à le faire, tout ce que je voulais c'était être plus forte que toutes ces merdes que j'ai pu côtoyer et qui pensaient qu'à leur petite tête insignifiante. Je veux rester Grande à côté d'eux et il m'apparait clair qu'ils ne m'arrivent pas à la cheville. Ils ne sont pas capables de faire le centième de ce que je peux faire, presque tout domaines confondus (ah bé oui je suis largement perfectible!!). Et pour ça, j'ai Bon !
Beliefs a tout dit...

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Re: La meilleure mort qui soit

Message par Oups » 15 sept. 2012, 08:41

Beliefs a écrit :Ce que je peux dire, c'est que la mort ne m'effraie absolument pas. Seule la souffrance a le pouvoir de m'effrayer.
Je ne vois que je ne suis pas seule à être ainsi :wink:
La meilleure mort pour moi serait par sacrifice. Mais genre un sacrifice utile
Je pense que mon idée rejoint la tienne, que c'est juste le vocabulaire qui change : mourir pour une cause, que ma mort puisse servir à un tournant des choses afin qu'il y ait beaucoup moins de souffrance animale (humains compris). C'est Gandhi qui m'a inspiré sur cette voie :

"Il y a beaucoup de causes pour lesquelles je suis prêt à mourir mais aucune cause pour laquelle je suis prêt à tuer." (Gandhi)
"Les êtres vivants ont été créés pour être aimés.
Les choses pour être utilisées.
La raison pour laquelle le monde est un chaos.
C'est qu'aujourd'hui les choses sont aimées.
Et que les êtres vivants sont utilisés."

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Re: La meilleure mort qui soit

Message par Alban » 16 sept. 2012, 15:11

La mort idéale pour moi c'est de mourir d'une mort naturelle, sans souffrances donc. C'est comme si on rentrait dans un sommeil profond sans réveil.

Après, pareil, je ne tiens pas trop à dépasser les 70 ans mais ça c'est fort possible. Avec la pollution qui, à mon avis, ne s'arrangera pas, le vieillissement de la population ne durera pas.
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Re: La meilleure mort qui soit

Message par Eresh » 16 sept. 2012, 16:25

Beliefs a écrit :Et toi Eresh, tu ne le dis pas? :-)
À vrai dire, en ce qui me concerne, je n'ai que des idées ; contrairement à vous, je n'ai pas encore décidé de ma réponse, malgré mes années de réflexion sur le sujet. Néanmoins je peux déjà vous décrire quelques unes des situations que j'ai imaginées.

Tout d'abord, il y a comme pour Oups, Svane et toi le martyr. Je me suis souvent dit que si j'en avais l'occasion, je mourrais pacifiquement pour une grande cause. D'ailleurs, j'aime profondément le principe de Gandhi que Oups nous a cité : "Il y a beaucoup de causes pour lesquelles je suis prêt à mourir mais aucune cause pour laquelle je suis prêt à tuer." J'y adhère totalement. Je suis d'un pacifisme assez extrême. Je l'ai d'ailleurs déjà vécu jusqu'à en être blessé physiquement ; je me plais à dire que mon pacifisme est gravé dans ma chair, même si évidemment ça ne fait pas encore de moi un héros qui arrive à la cheville de Gandhi !

Néanmoins, il est résolument faux que je n'ai pas peur de la mort. Elle m'obsède. Depuis mes 10 ans, pas un jour n'est passé sans que je pense à elle. Cependant, de quelle façon ai-je peur de la mort ? J'ai tendance à croire - n'y voyez aucun irrespect, je suis conscient de peut-être me tromper et je vous écouterai avec sincérité si vous n'êtes pas d'accord - qu'une personne qui affirme "je n'ai pas peur de la mort" n'y a pas assez réfléchi. Mais avoir peur de la mort, ce n'est pas avoir peur d'être mort. Avoir peur de la mort, c'est avoir peur du passage à l'état de mort, et non de l'état lui-même - du moins dans mon cas. Je me demande "ce que cela fait de mourir". Il y a bien sûr un grand nombre de possibilités, difficile de se fixer.

J'imagine mes facultés de mouvement, de perception, de mémoire et de réflexion fuir et s'effacer les unes après les autres, sans que je puisse faire quoi que ce soit pour les retenir. J'imagine savoir être en train de mourir, sans avoir la possibilité de réunir mes forces de pensée pour une dernière prière, ni même pour une simple réaction psychologique à cette idée. J'imagine ne pas même être capable de comprendre jusqu'au bout ce que signifie "mourir" quand je songe "je suis en train de mourir". Tout cela, crucifié à mon lit d'hôpital, très loin de tout ce qui serait - ou pas - à mon chevet, incapable de le voir, l'entendre, le palper. J'imagine toute mon attention focalisée sur la mort, et pourtant incapable de se focaliser. J'imagine être mort avant d'avoir pu me donner intégralement à l'Absolu, avant de lui avoir consacré ma vraiment dernière intention. Cette idée d'agonie, à laquelle il me semble que nul ne puisse échapper, me terrifie au plus au point. Elle me cause des angoisses métaphysiques dignes de Lovecraft. Et je les laisse me torturer, je les y pousse même, car nulle lâcheté n'est permise en philosophie - il faut aller droit dans la gueule du loup, comprendre vraiment, affronter la vérité.

Ce n'est bien sûr pas ma seule interprétation de la mort. Il y a aussi la mort "feu d'artifice", opposée à celle que je viens d'écrire. La mort serait une sorte d'extase si puissante qu'elle est au delà du plaisir comme de la douleur. La transe de toutes les transes. L'ultime et incomparable explosion du ressenti. Sa violence me fait peur, mais moins que celle de l'hypothèse précédente, qui est tout simplement inouïe, annihilante. Il m'est impossible de concevoir plus violent - il m'est peut-être impossible de concevoir cette violence-même. La mort-feu d'artifice me semble beaucoup moins violente, car ce qu'elle nous fait subir nous est extérieur : il s'agit certes d'une perception incommensurablement forte, au delà de tout ce qui est connu, mais il ne s'agit que d'une perception ; ce n'est pas une décomposition de notre être.

J'ai aussi l'idée très tenace qu'à la mort notre perception du temps disparaît. Les conséquences en sont extrêmement intéressantes. À supposer que nous ayons bien une perception du temps (j'en doute souvent), dans le cas de la mort-décomposition cette perception s'estomperait logiquement, avec nos autres facultés (et dans un ordre que nous ignorons bien entendu). Aussi, notre dernier instant de perception nous paraîtrait éternel. Subjectivement, notre temps s'arrêterait, tout simplement, et nous serions éternellement bloqués dans l'instant. Si notre dernier instant est un instant de plaisir, plaisir éternel ! Si c'est un instant de douleur, douleur éternelle. Et ainsi de suite, bien qu'il faille - évidemment ! - nuancer chaque sensation, car existe-t-il un plaisir sans douleur ou une douleur sans plaisir ? Je crois que les choses sont bien trop complexes pour être classifiées, surtout aussi simplement.

D'ailleurs, cela me mène à une autre idée qui m'effraie un peu, bien que pas autant que celle de la mort-décomposition - je suis tout à fait prêt à l'affronter. Il s'agit de l'idée selon laquelle une mort sans souffrance serait impossible. En effet, est-il possible de mourir sans passer par un infarctus ou un AVC ? Je n'en ai pas l'impression et les deux, pourtant, sont réputés extrêmement douloureux. "Mourir dans son sommeil, avec un doux rêve" : c'est un fantasme. Rien n'y change, même lorsqu'on dort on sent la douleur.

J'ai bien d'autres réflexions à propos de la mort, mais celles-ci sont, je crois, les plus intéressantes. Seule la mort-décomposition m'inflige une réelle terreur. Cela ne signifie pas que je ne suis pas capable d'affronter ma peur, de faire comme si elle n'existait pas, pour mourir volontairement s'il le faut. D'ailleurs, si je n'avais pas peur de la mort, un tel acte aurait-il beaucoup de valeur ? C'est incertain. Néanmoins, en ayant tout ceci en tête, est-il possible de mourir sans ressentir une incommensurable terreur monter ? C'est cela, peut-être, qui me fait le plus peur, plus encore que la mort-décomposition elle-même : j'ai peur d'avoir peur quand je mourrai. C'est cette peur, au fond, qui m'a servi de moteur pour autant réfléchir à la mort. Comme disait l'autre, "philosopher, c'est apprendre à mourir" : je ne me servirais pas de cette citation comme d'une définition, mais elle n'est pas totalement dans le faux. Je VEUX - j'y tiens peut-être plus qu'à toute autre chose - m'être préparé à la mort, vraiment, avant de mourir en effet. Et j'espère que ma méthode est la bonne : affronter la sensation d'agonie dans toutes les formes imaginables, jusqu'à avoir tout prévu et s'être habitué à tout, s'être pour ainsi dire mithridatisé contre la peur. Et je crains, souvent, que rien ne suffise à y parvenir, pas même ma méthode. Je crains qu'il soit impossible de se préparer à la mort. Mais peu importe, au moins, j'aurai fait tout ce qui était en mon pouvoir. La mort le mérite : étant le terme de la vie connue, elle est nécessairement ce qui importe le plus en elle, peut-être même notre raison d'être.

Mais revenons au sujet lui-même. L'une de mes multiples idées est donc le martyr. Simple, efficace. Un peu facile, aussi : il est peu probable que nous ayons l'occasion de mourir d'une façon si altruiste. Et c'est peut-être la plus paresseuse des façons de devenir un héros, de gagner la noblesse d'âme. En effet, n'est-il pas plus difficile de vivre pour l'autre que de mourir pour lui ? Donner sa vie, ce n'est aucunement la perdre ; la perdre, c'est la perdre pour tous, donc la voler, et l'empêcher d'être réellement utile. La véritable martyr n'est pas celui du sacrifice menant à la mort, mais celui du sacrifice qui dure de très nombreuses années et ne trouve délivrance que dans la mort. Leur point commun est leur aspect volontaire, mais l'un est autrement plus héroïque que l'autre, quoi qu'il soit aussi beaucoup moins visible - et du même coup encore plus immense.

Quelles autres façons de mourir, donc ? Étrangement, j'ai conçu le désir intermittent de mourir des mains de celle que j'aime. Quitte à la tuer simultanément, si c'est aussi ce qu'elle veut. C'est une mort que je trouve très esthétique. De plus, c'est peut-être la moins solitaire de toutes les morts - or le fait que nous soyons toujours seuls face à la mort n'est-il pas l'un de ses aspects les plus terribles ? Cette mort, voulue pour sa beauté, cet assassinat-suicide exécuté purement par amour, est peut-être un moyen d'exorciser la mort elle-même. (Note importante : il est bien entendu qu'ici, la mort serait consentie d'un côté comme de l'autre. Le meurtre est tout simplement hors de question. Et ce n'est pas du tout une euthanasie que je cherche ici ; dans le cas présent, je préfère une mort franche et sincère comme celle causée par un poignard.)

Et puis, il y a bien entendu le fantasme déjà évoqué plus tôt : celui de la mort onirique. Mourir sans s'en rendre compte, dans la douceur d'un songe. Rappel : ce n'est pas la mort que je veux. C'est une des nombreuses morts que j'ai imaginées.

Enfin, je me suis souvent dit que la meilleure façon de mourir (en dehors du martyr, sur lequel on ne peut pas compter) était peut-être la mort prévue à l'avance. Pas le suicide, non, la mort réellement inéluctable, sans aucun espoir de rémission, mais dont la date serait connue. Est-il possible de mieux se préparer à la mort que dans un tel cas ? La pièce de Ionesco Le roi se meurt tend personnellement à me montrer que non. Aussi, les condamnés à mort ont peut-être une chance insoupçonnée...

J'ai certainement eu beaucoup d'autres idées, mais elles ne me viennent pas en tête à présent. Je reposterai si nécessaire, donc ! ;)
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Re: La meilleure mort qui soit

Message par Alban » 16 sept. 2012, 17:19

Pour ce qui est de mourir en Martyr, c'est loin d'être dans mes pensées... Il y en a déjà eu deux avec le prénom Alban, je ne vais pas en rajouter un troisième (même si on dit: "jamais deux sans trois" :mrgreen: ).

[mode historien/on] Ils sont Saint Alban de Verulanium (premier Martyr d'Angleterre), mort en 283 puis canonisé en 993 et Saint Alban de Mayence, martyrisé en l'an 406. [mode historien/off]
(Ne me demandez pas où je vais chercher tout ça, c'est ancré dans ma mémoire après l'avoir lu quelque part puis l'Histoire et moi, c'est une belle aventure :) )
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Re: La meilleure mort qui soit

Message par Piccolo » 16 sept. 2012, 19:28

Je n'ai aucune envie de mourir, le plus tard sera le mieux. Je ne me vois pas mourir d'ailleurs.

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Re: La meilleure mort qui soit

Message par Beliefs » 16 sept. 2012, 21:34

Eresh, tu es d'une prolificité plus que rarissime. Déjà que les mecs c'est genre concis-pragmatique, toi tu bats tous les records ;-)

On parle de martyr, bizarre je ressens pas ce mot là... le mot martyr me fait penser au fait de subir involontairement. Mais ça c'est lié à sa polysémie (balaise ce mot, oué oué j'trouve aussi, jviens d'l'apprendre ;-)). Je pense au martyr du génocide, pas au martyr religieux.

Pour l'aspect pacifique, je suis pas du tout ça (ahah). Je n'espère aucunement la paix dans le monde. Paix à mon âme, seulement. Je peux être d'une cruauté stoïque aussi. Et oui. Mais je réserve cela à ceux qui le méritent. Oh, moi j'suis pour la peine de mort, ça ferait un peu plus peur aux humains pour les forcer à ne pas mal se conduire (la religion a ce même dessein, et c'est très bien. La philo aussi note). Oui chacun a le droit à l'erreur, mais personne n'a le droit de ne pas regretter d'avoir fait du mal. C'est dit. Du coup, j'adhère pas à la phrase de Gandhi. C'est trop le sens du martyr qui se laisse faire, plutôt le style "bouc émissaire". Puis bon, ça passe toujours mieux au yeux du monde de se faire passer pour un gardien de la paix sans animosité, ça fait rêver le monde. On lui accorde alors la qualité du sage, sérénité. Moteur du bouddhisme. Une quête sans fin.

Tiens, moi aussi c'est à l'âge de 10 ans que j'ai commencé à penser à la mort ! Je n'oserais exprimer les circonstances, trop choquant je pense. Et elle ne m'a plus quittée non plus. Je crois sincèrement avoir suffisamment approché la mort pour savoir qu'elle ne me fait pas peur. J'ai ce côté désabusé, intouchable qui me permet de supporter les pensées les plus insoutenables. Ce doit être mon côté mort ça. Bah oui, une partie de moi est déjà morte. Du coup, c'est plus facile. Ce que ça fait de mourir? J'aurais envie de dire que je sais mais ce serait trop présomptueux. Les NDE sont le fruit d'une hallucination lorsque le cerveau s'épuise en apport d'oxygène (suffit de faire le parallèle avec les étranglements jouissifs auxquels s'adonnent quelques tordus).

La mort a plusieurs vitesses:

1) Tu reçois une balle en plein coeur. Les nerfs afférents amènent l'info au cerveau, mais les efférences n'ont pas le temps de réagir, l'hémorragie a déjà entraîné la personne dans le coma. C'est rapide, indolore. Si l'organe touché n'est pas central, alors souffrance assurée.
2) L'exsanguination. Ce qui fait mal c'est la coupe de la peau. Le sang qui s'écoule ne fait absolument pas mal. Cela conduit lentement à l'hypotension artérielle, le corps s'affaiblit, la mort est lente et indolore.
3) Le cancer. Divers et variés. Bénins à malins. Lents à fulgurant. La plupart du temps, c'est douloureux, surtout en phase terminale. Pas pour rien que l'euthanasie est alors permise.
4) La vieillesse. Encore plus lent comme processus. Ce qui fait mal c'est tous les bobos d'à côté (arthrose, insuffisance cardiaque, rénale et compagnie). Il arrive souvent que les personnes âgées meurent pendant leur sommeil.

La pendaison est à double tranchant car si le coup du lapin se fait correctement c'est indolore mais si la dislocation vertébrale ne se fait pas bien, la moëlle épinière n'est pas comprimée suffisamment et là ça fait un mal de chien! C'est très bien pour dissuader le suicide par pendaison. Je sais comment on maximise les chances d'y arriver mais je les tairai, bien entendu!

Bon, tout ce que je viens de raconter ne sont que le fruit de mon expérience et de mes recherches. Le prouver, je ne le peux qu'en partie.

Lorsque tu seras au chevet de ta mort, tu ne te poseras plus toutes ces questions. Maintenant si tu es en train de parler de suicide... là c'est toute autre chose et même si je m'y connais pas mal là-dedans, il est clair et net que je ne te donnerai aucun conseil pour y arriver, je ne cautionne pas que les bons éléments aient le désir d'être mort. Ah non !!! :P

En clair, il n'est pas très utile de s'obnubiler de la mort :-) Tant que ça ne mine pas, pas de souci. Si ça mine, faut s'éloigner de ces pensées et se dire qu'aujourd'hui tout va bien dans le meilleur des mondes possibles.

La pièce d'Ionesco "le roi se meurt", j'ai du la lire mais je n'en ai rien retenu (lol).

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jaf
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Re: La meilleure mort qui soit

Message par jaf » 17 sept. 2012, 01:17

Vivre avec la mort, nous y sommes tous condamnés. Je ne me souviens plus du jour où j'ai pris conscience de ma qualité de mortel ; j'étais très jeune, ça c'est certain.

Je ne tiens pas à gâcher ma vie en y pensant sans cesse. Et pourtant, chaque jour, cette idée me traverse l'esprit. Avant 40 ans, c'était plus une inquiétude qui m'habitait, une angoisse face à l'inconnu. Mais je n'y croyais pas, l'heure me paraissait encore lointaine. Maintenant, je m'aperçois que j'ai longtemps vécu dans l'illusion de mon invincibilité, du « Ça n'arrive qu'aux autres. ». Je pense alors aux Stoïciens qui disaient : embrasse ton fils tous les matins comme s'il allait mourir dans la journée.
Je suis désormais confronté à la vieillesse de mes propres parents, à la détresse des fins de vie, à la réalité de leur proche disparition. La mort ne me paraît plus un imaginaire inaccessible.

La meilleure mort, s'il en est une, est tout simplement celle qui m'évitera la déchéance intellectuelle, physique ou morale. Tant de personnes sont détruites avant la fin ! Quelle tristesse de voir un intellectuel frappé de dégénérescence cérébrale, un corps dévasté par l'agression d'un cancer, et que sais-je encore ? Naturel ou provoqué, un départ dans la dignité est préférable à tout autre.

Mon ego disparaîtra, c'est certain, mais la parcelle de vie qui l'habite me semble indestructible. C'est peut-être là que se trouve l'éternité, hors du temps et de l'espace.
Cette conscience m'aide à combattre l'effroi. C'est essentiel, car vaincre ses peurs est le secret de la Sagesse.

Ne baissons jamais les bras.
Jaf
A l'écoute.

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Re: La meilleure mort qui soit

Message par vince16 » 25 sept. 2012, 19:58

Ma mort idéale (premier jet)

Je m'endore, et je ne me réveille jamais.
Mes proches on acceptaient que j'allais partir et ne sont pas plus tristes que ça.
J'ai mis de l'argent de coté de façon à payer mes funérailles.
Une belle cérémonie d'enterrement a lieu.
Les proches se retrouve après et passe un bon moment ensemble autour d'un repas.
Mes organes ont été récupérés et servent à des vivants (toujours en états, he oui il était encore solide le vieux !)
L"héritage ne pose pas de problème.

et

Je meure heureux...

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Re: La meilleure mort qui soit

Message par Moonshadow » 01 oct. 2012, 17:48

Je fais parti de ces gens qui sont angoissés face à la mort, et je suis très d'accord avec toi Eresh, quand tu dis
Eresh a écrit :Néanmoins, il est résolument faux que je n'ai pas peur de la mort. Elle m'obsède. Depuis mes 10 ans, pas un jour n'est passé sans que je pense à elle. Cependant, de quelle façon ai-je peur de la mort ? J'ai tendance à croire - n'y voyez aucun irrespect, je suis conscient de peut-être me tromper et je vous écouterai avec sincérité si vous n'êtes pas d'accord - qu'une personne qui affirme "je n'ai pas peur de la mort" n'y a pas assez réfléchi. Mais avoir peur de la mort, ce n'est pas avoir peur d'être mort. Avoir peur de la mort, c'est avoir peur du passage à l'état de mort, et non de l'état lui-même - du moins dans mon cas. Je me demande "ce que cela fait de mourir". Il y a bien sûr un grand nombre de possibilités, difficile de se fixer.
Il me semble que ces angoisses de la mort sont aussi cette pulsion de vie que l'on a, cette force qui nous pousse à faire des choses pour justement ne pas mourir. Cette force en nous qui nous pousse à vivre.
Je l'ai, j'essaie de la garder. En ce moment, je suis dans une phase assez compliqué, donc pas facile facile, mais je pense que si je n'avais pas ces angoisses, je serais déjà bel et bien morte. Je me laisserai mourir sans y penser.

Tu touches un point important, Eresh, quand tu dis que ce qui fait le plus peur c'est le passage à l'état de mourir. C'est intéressant, car ça me renvoie à une notion importante qui est celle de la séparation, le fait de passer d'un état à l'autre, de se séparer d'un état pour être dans un autre, de se séparer de quelqu'un pour être avec quelqu'un d'autre, etc, le changement, en fait. Tu peux dire que je vais loin, je ne sais pas si tu vois le lien que j'y vois, mais je vais quand même continuer. Je pense que ça renvoie à ces peurs que l'on a d'être oublié, que plus rien n'existe à notre propos. Cette peur qui nous pousse à laisser une trace, laisser des traces, dans la vie. D'où viennent ces croyances de vies après la mort à votre avis ? de réincarnation et j'en passe ?

Je m'arrête dans mes délires et je vais essayer de réfléchir à la mort qui me serait idéal. Je pense que j'aimerais justement, comme dis précédemment, avoir pu apporter un peu de bonheurs, un peu de vie partout où je passe, avoir pu ne serait-ce que changer une partie de la vie des autres, garder mon nom dans certaines tètes, ne serait-ce que quelques temps après. Puis finir par m'éteindre sans même que je n'ai eu à y penser, soit dans mon sommeil, soit d'un seul coup. Le must serait dans mon sommeil.

Cessons de penser à tout ça, j'aimerais vivre. Quoique c'est peut-être le fait de penser à la mort qui nous anime aussi de cette poussière de vie. Tant que la mort n'est pas le tout qui hante nos pensées. Dieu sait qu'ça m'est déjà arrivé, j'en ai des nausées rien que d'y repenser.

Jaf, merci pour ton message :)

cmimi

Re: La meilleure mort qui soit

Message par cmimi » 18 nov. 2012, 16:26

Coucou :)

Je n'envisage pas ma mort de manière très glamour :lol: Je souhaite et j'espère que je mourrai trèèèèèèèèès tard, voire détrôner Jeanne Calment :mrgreen: , en (relativement) bonne santé. J'ai encore tellement de choses à connaître et à voir, cela serait bête de mourir prématurément. :D

:bise:

PS : pour le petit côté cynique, je souhaiterais aussi, si un jour je loue mon appart en viager, que mon locataire décède avant moi :mrgreen: Méphisto es-tu là? :void: Je plaisante pour le viager, bien sûr :mrgreen:

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Re: La meilleure mort qui soit

Message par Helie » 26 nov. 2014, 16:59

J'allai dire plein de trucs totalement désordonnés, mais j'ai tout effacé.
Je ne sais même pas ce que c'est que de "vivre" :| .

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Lockarius
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Re: La meilleure mort qui soit

Message par Lockarius » 26 nov. 2014, 22:07

Paisiblement dans son sommeil.

OU

De façon héroïque (en sauvant des vies par exemple).


La mort n'est ni un sujet qui m'intéresse ni un sujet qui m'effraie. Elle viendra quand elle viendra et je ne pourrait pas y faire grand chose, c'est plus la qualité de vie avant que ça arrive qui me turlupine.

J'espère juste que ce sera rapide et sans douleur ou à défaut totalement épique (option hautement peu probable certes) pour emporter un "putin" de dernier souvenir.
Je suis certain que l'Humanité est capable du meilleur.
Reste à passer de la théorie à la pratique...

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